Le Loup Mystique : La Nouvelle Génération

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Résumé

(Tome 2 - La nouvelle génération issue de Mystic Wolf) (Peut se lire indépendamment) L'histoire se poursuit avec les enfants de Devran et Mira, qui sont à la fois mystiques et loups-garous. Étant les quatre seuls spécimens de leur espèce, ils attirent énormément l'attention. Mais lorsqu'un Alpha brutal, bien que terriblement séduisant, déclare la guerre aux territoires voisins, il croise la route des Loups Mystiques, et la situation prend un tournant inattendu. Un changement pour le meilleur ou pour le pire ? Suivez Raine et son ennemi Sköll, le guerrier loup en pleine ascension, alors qu'ils tentent de surmonter les obstacles qui se dressent sur leur chemin et de gérer l'attirance grandissante entre eux, maintenant que Raine est de retour du monde des humains.

Genre :
Romance
Auteur :
HeartMyArt
Statut :
Terminé
Chapitres :
78
Rating
5.0 27 avis
Classification par âge :
18+

Chapitre 1 | Raine

Ils appellent ça le « cœur d'héroïnomane ».

Les effets à long terme d'une addiction à l'héroïne varient. Mais les problèmes cardiovasculaires et les infections respiratoires sont courants. J'ai été témoin des deux pendant un an, alors que je m'occupais de ma grand-mère.

Ma mère a mis très longtemps à retrouver sa propre mère. C'était après qu'elle soit venue vivre avec les loups-garous, là où elle a rencontré mon père... enfin bref, vous connaissez la chanson.

L'enfance de ma mère n'a pas été rose. C'était un vrai cauchemar. Mais elle aimait sa mère malgré son addiction. Alors, quand elle a fini par la localiser, elle a réussi à la sevrer avec le temps.

Et puis, elle nous a laissé entrer dans sa vie.

Grand-mère ne devait pas savoir que nous étions des Mystiques et des loups-garous. C'est le secret le mieux gardé de la communauté des loups. Du coup, Grand-mère n'avait jamais le droit de venir chez nous. C'est nous qui allions la voir dans le monde des humains quand on le pouvait.

Même si elle ne touchait plus à la drogue, ma mère avait beaucoup de traumatismes liés à son passé. Je ne dirais pas qu'elles étaient « proches », mais j'avais toujours eu un lien spécial avec Grand-mère.

Même en sachant tout ce que je sais, je trouvais qu'elle était courageuse d'avoir enfin décroché. Elle s'était battue contre l'addiction pendant plus de 18 ans.

Elle avait déjà fait des cures de désintoxication auparavant. Elle avait eu des périodes de sobriété quand maman était plus jeune, mais ça ne durait jamais. Pas comme la dernière fois.

Ma grand-mère a été sobre pendant la majeure partie de ma vie. On m'autorisait donc à passer des semaines entières chez elle pendant l'été, quand il n'y avait pas d'école.

Tout a changé quand elle est tombée malade.

Le « cœur d'héroïnomane » m'a arraché ma grand-mère en une longue et triste année de déchéance. J'avais convaincu mes parents de me laisser vivre dans le monde des humains pour veiller sur elle.

Ça a commencé par des évanouissements. Les médecins ont diagnostiqué une bradycardie. C'est un rythme cardiaque trop lent qui provoque des vertiges, des essoufflements et des douleurs thoraciques.

Ensuite, ce sont les poumons qui ont lâché. Elle attrapait des pneumonies à répétition.

Elle finissait parfois sous oxygène, mais le pire, c'était la fin. On ne comprenait pas ce qui n'allait pas. Quand les médecins ont enfin trouvé, il était trop tard.

Cette fois, ça a commencé par des jambes gonflées. On a réduit le sel et je lui ai acheté des bas de contention pour l'aider. Puis sont venus les sueurs nocturnes, les douleurs articulaires, la perte d'appétit et encore plus d'essoufflements.

C'était une endocardite. On a détecté cette infection cardiaque bien trop tard.

Je n'ai que 17 ans. Mes parents se sont battus pour m'éviter de voir une femme mourir à petit feu, mais c'était ma grand-mère. Et comme je suis têtue, ils ont fini par céder.

Une année entière dans le monde des humains, c'était toute une aventure pour moi. Tout est si différent et, franchement, c'est parfois pesant. Mais j'ai fini par vraiment aimer mon lycée humain et mes amis humains.

Grand-mère est morte environ deux semaines après ma remise de diplôme. Je suis restée quelques semaines de plus pour régler les derniers détails avec maman. Elle était descendue me rejoindre pour préparer les funérailles.

Mon père, Devran, est l'Alpha de la Meute du Loup Mystique.

Ma mère, Mira, est humaine. C'est la première Mystique vivante à apparaître depuis plusieurs générations. À l'époque, on pensait que son peuple avait été totalement exterminé.

Ça fait de moi et de mes trois frères et sœurs des Mystiques et des loups-garous à la fois. Nous sommes les premiers de notre espèce, ou du moins les premiers depuis très longtemps.

Aaryn, l'aîné, a 20 ans. Il prendra bientôt la relève en tant qu'Alpha. Ma sœur Ryver est la deuxième, elle a 19 ans.

Ensuite, il y a moi, Raine, et notre petit frère Conan Jr., mais tout le monde l'appelle CJ.

Même si nous pouvons manipuler tous les éléments, chacun de nous a une préférence pour l'un d'eux. C'est notre don le plus puissant.

Aaryn, c'est le feu.

Ryver, c'est l'eau.

Moi, c'est l'air.

Et CJ, c'est la terre.

Ça me fait bizarre de quitter le monde des humains pour rentrer à la maison. Je sais que ça ne fait qu'un peu plus d'un an, mais ça me semble une éternité... et je ne sais pas à quoi m'attendre en rentrant.

La vie a continué sans moi. Qui sait ce qui a changé depuis la dernière fois que j'ai mis les pieds dans notre ville de montagne ?

« Tu ne m'as pas répondu. Est-ce qu'on garde ça ou est-ce qu'on s'en débarrasse ? » Maman a interrompu mes pensées.

J'ai jeté un coup d'œil par-dessus mon épaule alors que je rangeais la bibliothèque. C'était le mini tourne-disque de ma grand-mère. Elle écoutait de vieux tubes et j'avais fini par adorer ça moi aussi en vivant ici.

« Garde-le », j'ai dit en désignant la pile d'affaires que je comptais emporter. J'ai entendu maman ricaner : « Je n'aurais jamais cru voir le jour où ma mère se mettrait à lire des livres. »

J'ai regardé le livre de poche dans ma main et je lui ai adressé un sourire affectueux.

« Vers la fin, elle s'est vraiment passionnée pour les polars. Je ne sais pas du tout pourquoi. » J'ai ri à mon tour en posant un autre livre sur la pile des objets à emmener.

« Je crois que tu as appris à connaître un côté de grand-mère que je n'ai jamais vu. » Maman a eu l'air triste un instant, avant de retrouver son visage de marbre.

« Je ne pense pas qu'on te dise assez souvent quelle mère géniale tu es. Tu n'as jamais eu de bon exemple, et pourtant tu assures vraiment. »

J'ai vu ses grands yeux bleus s'embuer légèrement. Elle s'est levée et m'a serrée par les épaules.

« Allez, ça va. Ne me fais pas regretter d'être une petite nature », l'ai-je taquinée.

« Toi ? Une petite nature ? Tu as le tempérament de feu de ton père », a-t-elle ri en me lâchant.

« Est-ce qu'il y a eu du changement ? Là-bas... » ai-je précisé. Elle était déjà repartie de l'autre côté de la pièce pour faire des cartons.

« Oh, dans mon monde à moi, non. Mais je ne sais pas ce que font les jeunes. Je ne saurais pas te dire », a-t-elle répondu d'un haussement d'épaules. Après une seconde, elle a ajouté : « Sköll a certainement mûri... »

Je pouvais entendre son sourire narquois sans même avoir à la regarder. Sköll est le fils de Jasper, le meilleur ami de ma mère. Son nom se prononce « skohl ». C'est un nom super bizarre, mais ce n'est pas Jasper qui l'a choisi.

Son fils a en fait été trouvé dans les bois. Son nom était gravé sur son brassard en argent... il a une histoire assez étrange.

On ne s'est jamais entendus. On a le même âge et on a grandi ensemble parce que nos parents sont meilleurs amis. Tout ce qu'il savait faire, c'était me harceler et me taper sur les nerfs.

Nous sommes des ennemis jurés et maman le sait très bien.

« Ne commence pas », l'ai-je prévenue. Son rire m'a fait lever les yeux au ciel. J'ai pris un moment pour regarder le salon de ce tout petit appartement. Tout était soit dans des cartons, soit dehors pour les encombrants. On a donné les meubles qui étaient encore corrects.

La vie de Grand-mère se résumait à quelques cartons. C'est assez triste quand on y pense.

« Ça va ? » J'ai senti la main chaude de maman sur mon épaule. Elle regardait par-dessus mon bras pour comprendre mes pensées. « Oui, elle me manque, c'est tout... et j'ai l'habitude d'être ici. »

Je ne voulais pas que ma famille pense qu'ils ne m'avaient pas manqué, parce que c'était le cas. Mais le monde humain est beaucoup plus rapide que celui des loups. J'avais fini par aimer ce rythme effréné.

Et puis, il y avait un garçon ici. On ne sortait pas ensemble, mais on flirtait pas mal. Je ne peux pas vraiment continuer ça si je me retrouve au milieu de nulle part.

« Ton père ne l'admettra jamais, mais tu lui as terriblement manqué, ma puce. Tu sais que tu es sa préférée... c'est parce que tu lui ressembles. Il est très vaniteux », m'a-t-elle taquinée.

J'ai eu un petit rire. J'ai les cheveux noirs de mon père, alors que ma sœur Ryver a les cheveux blonds de maman. Nous avons tous les yeux bleus, ce qui est frappant, peu importe la couleur des cheveux. Enfin, c'est ce qu'on m'a dit.

« Bon Rainy, je pense qu'on a fini... c'est l'heure de rentrer », a-t-elle dit en utilisant ce surnom que je déteste. C'est l'heure de rentrer...

-

Nous avons ce qu'on appelle des « loups voyageurs ». Ce sont eux qui font les allers-retours entre le monde des humains et notre village pour ramener les provisions chaque mois.

Deux d'entre eux sont venus nous aider à transporter les quelques cartons que je voulais emporter.

Le trajet pour monter la montagne est une vraie tannée, mais nous avons des quads pour faire le plus gros du travail. Il y a aussi des cabanes pour les loups de la frontière, ce qui permet de faire des pauses.

Après tout ça, je me retrouvais enfin devant la maison de la Meute, à contempler son immense structure. J'avais vécu dans un minuscule appartement, mais la maison de la Meute ressemble à un manoir.

C'est nécessaire, il y a des tonnes de gens qui vivent ici.

Voici la répartition :

- Alpha Devran & Luna Mira (Papa/Maman) : Aaryn, Ryver, moi et CJ

- Bêta Diego & Rune : Raven, Blair

- Delta Jasper & Nealin : Conri, Sköll

Ça fait 14 personnes. Bien sûr, nous avons chacun nos quartiers, mais ça fait quand même beaucoup. C'est la tradition que les trois familles dirigeantes partagent le même espace.

La maison est construite en bois de thuya géant. C'est du style rustique chic, si je devais lui donner un nom. Pour moi, on dirait une énorme maison de fraternité humaine.

Toutes les cabanes, les maisons et les meubles de nos loups sont faits avec les arbres de la forêt de ce côté de la montagne. Du cèdre, du pin, ce genre de choses. Et c'est fait main.

Nous avons des charpentiers et des artisans dans notre village.

Dès que je suis arrivée devant la maison, je jure qu'ils sont tous sortis comme une charge de cavalerie. Mon père a été le premier à descendre les marches. Il m'a serrée dans ses bras puissants. J'ai laissé échapper un petit cri quand tout l'air a quitté mes poumons.

« Bon retour à la maison, petite », a dit sa voix grave. Il ne montre jamais ses émotions, mais maman l'a déjà dénoncé, alors je sais que je lui ai beaucoup manqué.

Il a obligé mes frères à rentrer les cartons, alors la suivante à me serrer dans ses bras a été ma sœur Ryver.

Ryver a de longs cheveux blonds ondulés et le même éclat que ma mère. Ses yeux ont un reflet bleu, comme le soleil qui tape sur l'eau. Ses sourcils bien dessinés encadrent son visage.

On est bâties à peu près pareil. Des épaules fines mais des jambes solides. Elle a toujours été d'un tempérament timide, même si je ne sais pas comment elle fait avec ses frères et sœurs tyranniques.

Elle a essayé de me faire un bisou sur la tête avec ses lèvres roses, mais j'ai esquivé en passant sous ses bras.

« J'ai nettoyé ta chambre. Tout est propre et frais », a-t-elle souri. On a du personnel, mais ma sœur adore faire plaisir aux gens. C'est plus fort qu'elle.

Je rejette la faute sur maman pour ça. Et je blâme Grand-mère d'avoir transmis ça à maman.

C'est seulement quand je suis entrée dans le hall que mon frère est réapparu.

Aaryn a la carrure et l'arrogance d'un Alpha, ce qu'il sera très bientôt. Il est comme mon père. Musclé, des cheveux noirs comme la nuit et des yeux bleu piscine.

« Salut la moche », m'a-t-il taquinée en me faisant un câlin vite fait.

« N'appelle pas ta sœur comme ça », l'a grondé maman. J'ai ri.

CJ, fidèle à son rôle d'ado agaçant, m'a sauté sur le dos. J'aurais fini face contre terre si Aaryn ne m'avait pas rattrapée.

« Tu m'as ramené un truc ? » m'a-t-il demandé direct. « Je n'étais pas en vacances. J'étais en train de trier les affaires d'une morte », ai-je répondu en levant les yeux au ciel.

« Quel manque de tact », a chuchoté Ryver en regardant maman.

Je pense que je suis plus touchée par ce décès qu'elle ne l'est, mais bon. Ce n'est pas qu'elle l'aimait moins. C'est juste qu'elle n'a pas vécu avec elle au quotidien depuis ses 17 ans, mon âge.

Mais moi, je l'ai fait récemment.

Le visage de CJ s'est décomposé. « Grand-mère avait ce super tourne-disque », a-t-il rappelé comme s'il posait une option dessus. « Il est déjà à moi. Ne t'avise même pas d'y toucher », l'ai-je prévenu du doigt. Il a commencé à s'éloigner alors j'ai crié : « Je suis sérieuse ! »

Comme on traînait encore près de la porte, papa nous a poussés plus loin à l'intérieur. « C'est bien calme par ici », ai-je remarqué. Les autres membres de la maison n'étaient pas encore venus me saluer.

« Oui, c'est le jour du marché. On a forcé tout le monde à y aller cette fois pour qu'on puisse avoir un moment tranquille... ce dont j'ai besoin », a grommelé papa.

« Tu t'es encore épuisé ? Refile le boulot à Aaryn. C'est à ça que sert le transfert de pouvoir », ai-je dit en boudant. Je voulais qu'il se repose.

« Il ne va pas me voler mon titre tout de suite », a-t-il dit en tapant dans le dos de son fils. Ils se ressemblent comme deux gouttes d'eau. Maman dit qu'ils auraient pu être jumeaux quand papa avait l'âge d'Aaryn.

« Mais tu pourrais lui donner plus de responsabilités », lui ai-je rappelé.

« C'est un maniaque du contrôle. Il ne me laisse jamais rien faire », a grogné Aaryn. « Papa ! » j'ai ri.

« Je le ferai quand tu te tiendras correctement. Il passe son temps à courir après les louves au lieu de prendre ses études au sérieux », a commencé l'Alpha Devran en grondant mon frère... ce que j'avais provoqué.

Il me lançait des regards noirs pour la peine.

« Je viens littéralement de finir deux ans d'entraînement. Comment ça, je ne suis pas sérieux ?! » s'est-il indigné.

« On ne va pas commencer ça ici ? » Maman a posé sa main sur le bras de papa, ce qui le calme toujours instantanément. Il l'a serrée contre lui et lui a embrassé la tête.

On a tous commencé à se disperser dans différentes pièces, alors maman a crié : « Dîner de famille ce soir ! Vous avez intérêt à être là. »

Je savais que c'était pour moi. Ils m'accueillaient vraiment comme si je revenais de la guerre.

La cuisine de maman me manque. On a du personnel, mais c'est une sacrée cuisinière et je parie que pour mon retour, c'est elle qui sera aux fourneaux. Je la connais trop bien.

Quand j'ai entendu la porte d'entrée s'ouvrir en grand et un brouhaha de voix s'engouffrer à l'intérieur, j'ai su que tout le monde était rentré du marché.

Genre... vraiment tout le monde.