Le héros qui voulait l'ombre

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Résumé

Les héros ne sont pas censés trembler. Pourtant, Ciel tremble chaque fois que l’ombre de Dark effleure sa mémoire. Cela a commencé comme un simple détail — un regard trop long, un silence trop dense entre deux affrontements. Mais aujourd’hui, cette présence le dévore. Elle vit dans ses veines, dans le creux de sa gorge, dans la chaleur qu’il tente d’étouffer chaque nuit. Depuis que Dark lui a échappé, Ciel ne dort plus vraiment. Il s’allonge, ferme les yeux… et voit encore cette silhouette noire qui recule dans la brume, cet éclat brûlant sur la peau d’une créature qu’il devrait haïr. Il sait ce qu’il devrait ressentir : la détermination d’un gardien, la colère d’un soldat. Mais ce qu’il ressent réellement… ce qui pulse sous sa peau comme un battement interdit… c’est le désir. Le désir malade de le retrouver. De le toucher encore. De le posséder. Une obsession qu’il cache avec autant de soin que ses blessures. Ciel entend souvent les murmures derrière les portes de l’Ordre : — Le héros est fatigué. — Le héros se surmène. Personne ne comprend. Il n’est pas fatigué. Il est en train de brûler. Et seule une créature née des ténèbres pourrait l’éteindre… ou l’achever. Ce qu’il ignore encore, c’est que cette passion dévorante sera son salut, ou sa perte. Peut-être les deux.

Genre :
Scifi
Auteur :
Aouffa Laetitia
Statut :
En cours
Chapitres :
36
Rating
n/a
Classification par âge :
18+

L' héros lumière

Le vent hurlait comme une bête blessée au-dessus des ruines de la vieille ville. Des éclairs rouges traversaient les nuages sombres, illuminant les carcasses métalliques des immeubles effondrés. La nuit, ici, n’était jamais silencieuse : elle respirait, grondait, observait.

Ciel avançait seul dans le chaos, les bottes écrasant les fragments de verre sous la pluie acide. À chaque pas, l’air vibrait autour de lui — signe de la présence des Ombres.

Il dégaina sa lame lumineuse, le seul artefact encore capable de les repousser.

Un souffle glacé traversa la rue.

Puis une forme.

Une Ombre surgit à sa droite, jaillissant comme un serpent de ténèbres. Sa gueule déformée s’ouvrit dans un cri silencieux. Ciel pivota, sa lame traçant un arc éclatant. La créature se dissipa en une brume noire.

— Il y en a d’autres… murmura-t-il.

Il n’avait pas peur. Ciel ne craignait rien — c’était ce qu’on disait. Le héros bien aimé, l’homme qui marchait sans trembler dans la nuit la plus dense.

Mais ce n’était pas vrai.

La peur existait.

Une seule.

Un seul nom.

Dark.

À cette pensée, son cœur accéléra. Une chaleur troublante lui grimpa le long de la colonne vertébrale. Ses doigts se crispèrent sur la poignée de son épée.

Il entendit un sifflement familier dans son esprit, comme l’écho d’une voix grave. Arrogante. Cruelle.


cette voie dédaigneuse qui avait le don de lui faire imaginer des scènes non innocente

Un autre groupe d’Ombres surgit des décombres. Ciel se mit à tourner sur lui-même, le corps fluide, contrôlé, presque gracieux. Chaque coup était précis, parfait. On aurait pu croire à une scène chorégraphiée, tant son combat ressemblait à une danse.

Mais ce n’était jamais pour elles qu’il dansait.

C’était pour lui.

Une Ombre planta sa griffe dans son épaule. Le sang jaillit. Ciel poussa un grognement, mélange de douleur et… d’un frisson étrange.

Il se redressa brutalement, ses yeux d’un bleu perçant brûlant d’une fièvre qu’il ne comprenait plus.

— Où est-il ? souffla-t-il.

Il acheva la dernière créature dans une explosion de lumière. La pluie s’abattit avec plus de violence, lavant le sang sur sa peau. Ciel resta là, immobile, haletant, les gouttes glissant sur son visage comme des larmes qu’il refusait d’admettre.

Il leva les yeux vers le ciel ravagé.

— Dark… Si tu es là… montre-toi.

Il n’y eut que la pluie pour lui répondre.

Et pourtant, Ciel jura sentir un frisson passer derrière lui. Comme si des yeux invisibles l’observaient. Comme si l’ombre qu’il haïssait — ou désirait — se tenait juste au-delà de sa portée.

Cette pensée l’électrisa.

Il sourit, un sourire dangereux.

— Te cacher ne servira à rien. Je finirai par t’atteindre.

Un grondement secoua les ruines. Au loin, une silhouette noire traversa un toit effondré, trop rapide pour être humaine.

Le monde trembla.

— Dark… répéta-t-il, plus bas, comme un aveu interdit.

La chasse recommençait.