LE PRIX DE LA CENDRE

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Résumé

Haliyah n'a jamais été la fille de son père. Elle était le prix d'une tragédie, un rappel vivant de la femme qu'Eduard avait perdue. Née dans le sang et élevée dans le silence, pendant vingt-trois ans, il ne lui a offert que le dégoût, la traitant comme un fardeau, une erreur. ​À l'aube de ses vingt-trois ans, Eduard se débarrasse d'elle pour de bon. Il la joue au poker, monnayant sa propre chair comme une vulgaire bouteille vide. Il perd. ​Haliyah est désormais la propriété d'un homme. Lui, l'abysse. Riche au-delà de l'entendement et craint au-delà de la mort. Il l'a gagnée, mais il ne lui accorde aucune valeur. ​Pourtant, sous son mépris glacial, son corps de femme fatale éveille une obsession qu'il se refuse d'exploiter. Il ne compte pas l'aimer. Il n'en a pas le droit. Mais il ne la rendra jamais. Il est son maître. Elle est son jouet. ​Prise entre les murs glacés de sa nouvelle prison, Haliyah devra choisir : se consumer dans les cendres de sa vie passée... ou laisser Le Prix de la Cendre forger l'incendie dévastateur de sa propre renaissance. Quand la haine est la seule chose qui les unit, à quel point la chute sera-t-elle douloureuse ?

Genre :
Romance
Auteur :
GeorgesNyx
Statut :
En cours
Chapitres :
1
Rating
5.0 1 avis
Classification par âge :
18+

Chapter 1

Le cœur d'Aliyah tambourinait, moins pour vivre que pour fuir sa cage corporelle.

Ses paumes étaient moites et froides, tandis que son regard, rivé sur le bois sombre de la porte, attendait l'inévitable. L'odeur de l'alcool, rance et menaçante, s'infiltrait déjà comme un poison sous les interstices du seuil.

Le cliquetis du loquet déchira le silence. La poignée tourna. Lentement.

Eduard n’apparut pas ; il déborda, une masse lourde. Ses yeux n'étaient pas rouges, ils étaient deux braises injectées de haine pure.

Son pas, lourd comme une condamnation, résonna sur le parquet.

— « À terre. Maintenant. »

Aliyah sentit son estomac se nouer, un nœud de panique si serré qu’elle crut suffoquer. Ses jambes refusèrent d’obéir. Pas ce soir. Pas encore. Un vœu silencieux qui n'atteignit jamais le ciel.

Il avança. L’odeur de son souffle – vin et cendre – l’enveloppa. Elle n’eut pas le temps d’inspirer. Le revers de sa main frappa. Un son épais, dégoûtant. La douleur explosa, instantanée, mais la surprise fut pire. La honte, l’impuissance, la brisa de l’intérieur.

Il frappa à nouveau. Plus fort. Sa tête cogna le mur, faisant danser des étoiles devant ses yeux. Le goût métallique du sang envahit sa bouche.

Puis vint la botte. Un coup sec, précis, dans les côtes. Le son sourd résonna dans sa cage thoracique, un craquement interne. L'air fut aspiré de ses poumons. Elle ne cria pas ; elle se contenta d'un sifflement désespéré. Il va finir par me tuer...

— « Tu n’es qu’une putain d’erreur, Haliyah. Tu m’as tout volé. » cracha Eduard, sa voix chargée de vingt ans de deuil et de haine.

Aliyah sentit les larmes chaudes couler, non pas de tristesse, mais de fatigue. Une lassitude profonde, l'effondrement de l'âme. Son corps criait, mais son esprit flottait, cherchant l’obscurité, l’échappatoire.

Puis, il s'éloigna. Le bruit du bouchon qu’il ouvrit sur le comptoir fut un glas.

— « Si tu pouvais crever ici… je pourrais enfin me débarrasser de toi… »


Aliyah resta sur le flanc, goûtant la poussière et son sang. Elle était au bord du gouffre, mais ses yeux accrochèrent un éclat au sol.

Le cadre renversé. Le seul vestige d’un passé sans douleur.

Derrière la vitre fêlée, une photo jaunie. Eduard, souriant. Et à son bras, l'étrangère qui lui avait donné la vie et l'avait quittée dans le même souffle : sa mère.

Elle ferma les yeux, s'accrochant au dernier fil de conscience.

« Montre-moi. » Une supplique silencieuse adressée à la femme figée sur le papier. « Montre-moi qui tu étais, Maman. Montre-moi qui il était, Eduard. Avant que tout ne soit réduit à des coups et à la haine. »

Elle s’y noya. Et juste avant de sombrer dans l’obscurité que son corps réclamait, le passé répondit. Un murmure, aussi clair qu'une promesse brisée.

Vingt ans plus tôt...