Sans toi l’obscurité m’engloutit

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Résumé

Ce n’était qu’un deuil. Puis ce fut un retour impossible. Et maintenant… quelque chose de dangereux s’attache à elle. Entre cauchemars , secrets oubliés et regards qui brûlent un peu trop, Sérénya comprend une chose : dans son monde, rien n’est ce qu’il semble être. Et tout commence par un cœur qui n’aurait jamais dû battre.

Genre :
Romance
Auteur :
L’anonyme
Statut :
En cours
Chapitres :
1
Rating
n/a
Classification par âge :
18+

Mon meilleur ami

Je courais vers lui à toute vitesse, les larmes aux yeux. Je m’agenouillai à côté de lui, mes mains tremblaient. Son sang se répandait sur le sol et il crachait du sang. Je frappai le sol de frustration avant de me mettre à pleurer, ma respiration se faisant difficile. Je posai doucement ma tête sur son torse froid. Il caressa mes cheveux, sûrement pour me réconforter… mais comment pouvais-je l’être, sale imbécile ? Je déteste cette situation. Pourquoi tout cela recommence ?

Il prit mon visage entre ses mains, m’embrassa légèrement et dit :

— Sans m’en rendre compte, tu es devenue la personne la plus importante pour moi. Je suis heureux de t’avoir rencontrée, Serenya… N’oublie pas, je t’aime, et je t’aimerai pour toujours.

Un an plus tôt, avant ce drame.

Je me dépêchais de me préparer pour aller à l’école dans les dix minutes qui venaient, avant de risquer d’être refusée à mon cours. J’essayais d’enfiler mon pantalon sans trébucher et de remettre mon chandail du bon côté. Je me fis un chignon rapide avec mes longs cheveux châtains, toujours ébouriffés. Tout s’embrouillait déjà, je déteste quand mon réveil ne sonne pas. Heureusement que Rhys, mon meilleur ami, m’avait appelée plusieurs fois. Il est vraiment un dieu… même s’il ne le sait pas. Il me sauve toujours.

Je descendis rapidement les escaliers, essayant de rester prudente pour ne pas tomber comme une cloche et perdre encore plus de précieuses secondes. Arrivée en bas, j’enfilai mes souliers, pris mon sac et sortis en trombe. Dehors, je continuai de courir. J’avais l’air d’une folle, et en plus mes souliers semblaient vouloir s’échapper de mes pieds, ce qui compliquait ma course.

J’arrivai enfin à l’école, essoufflée de ma course matinale. Rhys, adossé contre le mur, m’attendait à l’entrée. Il s’avança en rigolant de mon apparence négligée. Tout le monde autour nous regardait avec jugement… typique de cette génération à la con.

— T’es sortie d’une porcherie ou quoi ? dit-il en rigolant.

Je ris aussi, en essayant de rattacher mon chignon et de replacer mes vêtements pour paraître un peu plus présentable.

— Dommage, mais non.

Il se calma un peu et nous entrâmes pour marcher vers mon casier. J’ouvris mon cadenas et déposai mon sac à l’intérieur. J’eus l’impression d’avoir oublié quelque chose. Je réfléchis quelques secondes et scrutai mon casier.

— Putain, j’ai oublié ma nourriture… dis-je, désespérée.

Il éclata de rire.

— Tu es vraiment perdue aujourd’hui ! T’as de la chance, j’ai de l’argent.

Il continua à se moquer de moi. Je levai les yeux au ciel, mais un sourire amusé se glissa malgré moi. Je récupérai rapidement mes cahiers et nous partîmes chacun vers nos classes. La matinée se déroula plus calmement… jusqu’à l’heure du midi.


Je me dirigeai vers notre arbre préféré, celui où nos initiales étaient gravées, preuve de notre amitié éternelle. Je m’assis et, en l’attendant, je gribouillai dans mon carnet secret.

Il finit par arriver, sourire aux lèvres.

— Rebonjour, mademoiselle la tête en l’air.

Je levai les yeux de mon carnet et lui souris.

— Tu vas te moquer encore longtemps ?

Il s’assit à côté de moi.

— Jusqu’à la fin des temps. Je croyais que tu voulais juste un repas gratuit… sauf si tu comptes manger des feuilles.

Je ris, mais avant de répondre, Nella débarqua. Cette peste, soi-disant amie de Rhys, mais surtout une sangsue amoureuse de lui. Elle s’arrêta devant nous avec un grand sourire.

— Rhysou !! Je t’ai cherché partout. Tu te souviens ? Tu m’avais promis qu’on allait manger ensemble aujourd’hui… sauf si tu ne tiens pas tes promesses.

Il soupira, mal à l’aise, et se gratta la nuque.

— C’est vrai…

Je serrai les dents. Elle essayait encore de me faire disparaître de sa vie. J’avais envie de l’insulter, mais je me contentai de la fusiller du regard. Évidemment, elle m’ignora royalement.

— Le problème, c’est… commença Rhys, hésitant.

Je soupirai, coupant court.

— Laisse tomber. Je me débrouillerai seule. C’était à moi de ne pas me coucher trop tard.

Il me sourit faiblement et se leva. Nella, triomphante, me lança une grimace discrète.

— Merci ! T’es la meilleure ! Je me rattrape la prochaine fois, promis. Et tu peux prendre l’argent dans mon casier.

Il s’éloigna avec elle. Un mauvais pressentiment me serra la poitrine, mais je chassai cette pensée. J’allai récupérer un billet dans son casier, puis je m’achetai un repas à la cafétéria. Assise seule, je soufflai un « merci Rhys » amer en dévorant ma nourriture.

La journée passa vite. Je ne revis pas mon meilleur ami.

Le soir venu, j’abandonnai mon sac dans le salon, fis mes devoirs, puis m’endormis sur le canapé.

Le lendemain matin, mon téléphone vibra plusieurs fois. Je me levai en sursaut, attrapai l’appareil : six heures pile. J’eus un soupir de soulagement. Encore une fois, Rhys m’avait sauvée.

Je me préparai tranquillement et lui envoyai un message pour le remercier.

À l’école, je le retrouvai à l’entrée. Il m’attendait avec son sourire habituel.

— Aujourd’hui, tu brilles comme une pierre précieuse, majesté.

Il me tendit la main, gentleman jusqu’au bout. Je la pris, rougissante.

— Merci, mon petit champignon venimeux.

Ces petits moments avec lui… j’adorais ça. Surtout quand l’autre peste n’était pas dans les parages. Il est à moi, pensai-je malgré moi, avant de rougir encore plus.

— Ça va ? me demanda-t-il en fronçant les sourcils.

Je dus avoir l’air d’une idiote. Je rougis de plus belle et séparai nos mains.

— Ouais… j’ai juste pensé à quelque chose.

— Et tu veux pas me dire quoi ?

— Pas pour l’instant.

La matinée s’écoula vite. À l’heure du midi, je l’attendis à son casier. Mais quand il arriva, Nella était avec lui.

— Aujourd’hui encore, dit-il, je mange avec elle. On a un travail d’équipe important.

Je les regardai, agacée. Surtout elle. Je soupirai, désespérée


— D’accord, mais ce soir je vais t’appeler.

Il me sourit, chaleureusement.

— OK. Encore merci… et désolé.

Il partit avec Nella. La journée passa terriblement lentement. Rhys était mon seul ami depuis la mort de mes parents. Il avait toujours été là, toujours. La seule personne en qui j’avais vraiment confiance. Les autres ? Impossible. S’approcher d’eux, leur faire confiance, c’était un défi insurmontable. Surtout quand tu sais que tes parents ont été assassinés.

Alors oui, on peut dire que je suis « la meuf solitaire ». Et franchement, c’est merdique. Parce que tu sais que tu peux perdre l’être cher du jour au lendemain. Et malheureusement… je m’étais attachée à cet idiot. Même un peu trop.

La journée se termina enfin, et je pus rentrer chez moi. Je composai son numéro. Il ne répondit pas. Étrange. D’habitude, il décroche tout de suite. Sans doute occupé… ou autre chose.

Mes idées s’emballèrent. J’imaginais mille scénarios. Mon cœur battait trop vite. Dans mon lit, je me retournais encore et encore, incapable de trouver le sommeil. Trois heures. Pas plus.

Fatiguée, stressée, je me levai et me préparai. Après plusieurs heures, j’arrivai à l’école comme tous les autres jours. Mais lui… il n’était pas là.

Un frisson d’angoisse me parcourut. Mes mains devinrent moites, ma bouche pâteuse. Ma respiration s’accéléra. Je mordis l’intérieur de ma joue. J’essayai de l’appeler encore. Plusieurs fois. Rien. Toujours ce putain de répondeur.

Je rentrai dans l’école en courant, cherchai à son casier. Vide. Je décidai d’aller vérifier si Nella était là. Rien non plus. Ce qui était encore plus bizarre : elle venait toujours tôt, rien que pour l’observer. Peut-être qu’elle faisait sa garce ailleurs.

Mais moi… je n’arrivais plus à me concentrer sur rien. Toute la journée, mon esprit était bloqué sur eux. Sur lui.

Dès la fin des cours, je fonçai chez lui. Peut-être qu’il était malade ? Peut-être qu’il dormait ? Mais non. Personne. Aucune trace.

Qu’avait-il fait ? Où était-il ? Dois-je appeler la police ?

Je me fis une promesse : si demain soir, il n’était toujours pas là, si je n’avais toujours pas de nouvelles… alors j’appellerai la police.

Épuisée, je finis par m’allonger dans son lit. Les larmes coulaient toutes seules sur mes joues. Si je l’avais arrêté… pensais-je. Si j’avais dit quelque chose… rien de tout ça n’arriverait.

Mes yeux gonflèrent à force de pleurer, et j’étouffai mes sanglots dans ses draps, qui sentaient encore son odeur. J’y enfouis mon visage, respirant ce parfum qui m’apaisait autrefois. Puis je finis par m’endormir, brisée, le cœur lourd.

Samedi matin. Pas d’école. Je me réveillai en sursaut. Je regardai autour de moi : aucune trace de lui. L’inquiétude me broyait le ventre.

Je sortis du lit et ouvris la fenêtre. Dehors, la pluie tombait sans fin. Un rideau gris et froid. Comme si le ciel lui-même partageait ma détresse.

Je me préparai un café bien noir. J’allais en avoir besoin. Ce serait une journée d’horreur sans lui. Que faire ? Avant, on aurait passé la journée collés l’un contre l’autre, à regarder des films nuls en dévorant des tonnes de bouffe. Mais maintenant… il n’était pas là.

Mon téléphone vibra. Je me jetai dessus. Une notification inutile. Une application que je n’utilisais jamais. Je jetai le portable à côté de moi, agacée, et passai une main dans mes cheveux en bataille.

Puis la vérité m’éclata au visage : je l’aimais.

Je ne pouvais pas vivre sans lui. Je voulais qu’il soit à moi, rien qu’à moi. Sentir son parfum, sa chaleur, son souffle. Et je savais… je le savais au fond de moi : ses sentiments pour moi, ce n’était pas seulement de l’amitié.

Mon téléphone sonna de nouveau. Cette fois, mon cœur manqua un battement.

C’était Rhys.

Je fixai l’écran, les yeux écarquillés. Un message. Mon souffle se bloqua. Puis je me levai d’un bond, sortant de l’appartement en courant.


Arrivée devant un immeuble Je montais rapidement les escaliers, la sueur perlait sur mon front, mon souffle était court et saccadé. Mon corps était glacé et tremblait de peur. S’il vous plaît, faites qu’il ne saute pas… je dois arriver à temps.

Quelques minutes plus tôt, mon meilleur ami d’enfance m’avait annoncé par message qu’il allait se suicider aujourd’hui, sur le toit de son immeuble.

J’arrivai enfin sur le toit. Je respirai fort, essayant de reprendre mon souffle, mes yeux cherchant désespérément mon ami. Quand je l’aperçus, il était sur le bord, trempé à cause de la pluie. Je m’approchai de lui. Je ne voulais pas le perdre, pas lui.

— S’il te plaît, reste avec moi ! Ne m’abandonne pas ! criai-je, les larmes aux yeux. La pluie cachait et refroidissait mes larmes chaudes.

Il se tourna vers moi et sourit amèrement.

— Tu sais, j’ai été heureux que tu sois dans ma vie. Et j’aurais aimé vivre plus longtemps avec toi.

Il fit une pause et planta ses yeux dans les miens. Je restai figée devant lui, incapable de bouger, glacée par la peur. Puis il reprit :

— Je t’aime, Serenya. Pas seulement en ami, mais en quelque chose de plus fort, que j’ai voulu garder enfoui… mais maintenant, cela ne sert plus à rien. J’aurais voulu finir ma vie avec toi, voir notre futur. Mais malheureusement, ma curiosité m’a amené proche de la mort. Maintenant, je dois mourir pour sauver ce que j’ai de plus cher… et c’est toi.

Je le regardai, bouche bée, les lèvres tremblantes. Qu’a-t-il découvert ? Pourquoi fait-il cela ?

— Pourquoi ? demandai-je d’une voix rauque, en posant doucement ma main sur son poignet gelé. Je ne savais même pas s’il pleurait.

— Je ne peux pas te le dire, mais je te promets que tu seras en sécurité. J’ai fait un pacte. Je sais trop de choses pour rester en vie. On finirait par me torturer pour me soutirer des informations qui pourraient mettre en péril notre pays… ou même notre planète. Si tu savais ce qui se passe réellement dans ce monde…

Je compris très vite que je ne pourrais pas l’arrêter. Il était déterminé. Mais comment pouvait-il être sûr de me protéger ?

— Comment peux-tu en être certain ?

Il me regarda et soupira. Il retira doucement ma main de son poignet.

— C’est compliqué à expliquer. Mais tu comprendras, et plus tôt que tu ne le penses. N’oublie pas… je t’aime. Et je serai là, à te protéger du ciel. Enfin… j’espère. Mais n’oublie pas : je t’aime.

Il me sourit.

Je n’eus pas le temps de l’empêcher. Il sauta.

— RHYS !!! criai-je, avant de m’effondrer au sol. Les larmes coulèrent, et je hurlai de douleur et de tristesse d’avoir perdu la seule personne qui me comprenait.

Maintenant, que vais-je faire ? Je t’aime aussi… Rhys.