Sous la neige de Manhattan

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Résumé

La fin d'année approche, et normalement, qui dit décembre dit moi transformée en véritable lutin surexcité. J'adore Noël, les lumières, le chocolat chaud... tout ! Sauf que cette année, petit détail : je suis seule. Enfin... seule avec mon chat Maya, qui juge mes décorations comme si j'étais en train de ruiner sa réputation féline. Manhattan est immense, et trouver l'amour ici relève à peu près du miracle ou d'un algorithme divin que mon appli de rencontres n'a visiblement pas téléchargé.

Genre :
Romance
Auteur :
Jennifer.B.
Statut :
En cours
Chapitres :
6
Rating
n/a
Classification par âge :
18+

Chapitre 1

Aujourd’hui est un jour comme les autres... enfin presque. On est le1er décembre, ce qui signifie officiellement : lancement de laSaison Noélia. Normalement, à cette période de l’année, je suis une véritable fanatique de Noël et du Nouvel An. La fille qui met« All I Want for Christmas »dès le réveil et qui considère les guirlandes lumineuses comme un droit fondamental.

Mais cette année, il y a un petit goût amer dans toute cette magie.Je suis seule. Enfin... seule avecMaya, ma chatte adorée, diva féline aux yeux jugeurs et aux griffes particulièrement démonstratives. Quand je vais mal, elle trouve toujours un moyen de me faire rire, bien souvent en me perforant un pull ou en ajoutant des « trous artistiques » à mes chaussettes. Mais qu’est-ce que je l’aime.

Comme tous les matins, je lui mets son petit collier et attrape sa laisse.Oui, je sais,je promène mon chat comme on promène un chien.Et alors ?Les gens me regardent bizarrement, mais moi je m’en fiche. Maya, c’est ma famille, ma confidente, mon public quotidien. Je ne la laisse jamais seule.

Une fois la star prête, j’attrape un gros carton rempli de décorations de Noël et je file directionma librairie.Chaque année, je la transforme en un petit royaume lumineux. Une vitrine scintillante, des guirlandes partout, une odeur de sapin et de cannelle... Je veux que les gens s’arrêtent, lèvent les yeux, sourient, même juste une seconde.

Plus c’est voyant, plus ça attire les passants.Et si je peux leur offrir un peu de bonheur, même juste en décorant une vitrine, alors ma journée est réussie.

Mais j’avais oublié à quel point ce n’étaitvraimentpas évident de jongler entre la laisse, le carton, et mes clés qui pendouillent comme un grelot de lutin fatigué.Me voilà donc en plein cœur de Manhattan, en train de râler comme une mamie qu’on aurait privée de chocolat chaud.

ZUT, MAYA, NON !

Et évidemment... Maya décide pile à ce moment-là de faire sa folle. Elle tourne, vire, m’enroule dans sa laisse comme si j’étais un rôti de Noël.Résultat ? Je perds l’équilibre, je glisse, etbam me voilà les fesses plantées dans la neige.

Super.Mon carton de décorations s’écrase au sol, s’ouvre en grand, et mes guirlandes, rubans et boules se dispersent partout autour de moi comme un sapin qui aurait décidé de se suicider en plein trottoir. Quel génie, vraiment. Une vraie gourde de compétition. Certaines boules sont même cassées. Fantastique. Je suis bonne pour en racheter.

Tant pis... Je vais déposer ce qu’il reste à la librairie, et j’irai au magasin du coin racheter tout ce dont j’ai besoin. Merci Maya, pour ce magnifique désordre...

Miaou.

Bien sûr. Le petit « miaou » coupable-cute, sa spécialité. La technique ultime.Elle sait très bien que je ne peux pas rester fâchée plus de dix secondes.Évidemment.

Bon, quand faut y aller, faut y aller. Je prends une grande inspiration, je me décide enfin à bouger mon cul gelé de la neige et je me penche pour ramasser toutes mes décorations éparpillées comme un massacre de Noël. C’est là que je remarque Maya, museau au sol, en train de renifler... une paire de chaussures. Deschaussuresqui, au passage, ont clairement coûté plus cher que mon loyer.

Maya, qu’est-ce que tu fais encore ? Viens ici...

Je relève les yeux pour découvrir à qui appartiennent ces chaussures de luxe. Et là. OH MY GOOD.

Il fallait vraiment que ce passant soit aussi canon ? Grand, blond, yeux bleus glacés, peau couleur caramel... et des fossettes. Des fossettes, bordel. Quand il sourit, je jure que j’ai entendu les cloches de Noël sonner quelque part derrière moi.

Je crois que je vais m’évanouir.Mais genre vraiment.Tout de suite.

D’un coup, j’aperçois sa pomme d’Adam bouger, comme s’il s’apprêtait à parler.Et effectivement :

— Besoin d’un coup de main, mademoiselle ?—Moi ? Mademoiselle ? Oh, quel honneur vous me faites là... Je m’entends déjà dérailler. Heu... oui, si ça ne vous dérange pas. Comme vous le voyez, ma matinée commence très mal. Et mince, me voilà encore en train de trop parler... Je... désolée... Je...Il arque un sourcil, amusé.

— À ce que je vois, vous aimez discuter de bon matin ?

_ Oui, désolée ! Disons que je n’ai pas l’habitude de parler à un humain... enfin, je veux dire, à un homme... enfin bref, vous voyez quoi...Mais merde Noélia, qu’est-ce que tu fabriques bordel...

Je me maudis intérieurement. Sérieusement, pourquoi ma bouche est-elle en modeturbo?Il me regarde comme si j’étais une extraterrestre fraîchement débarquée de la planète Gaffe. Et honnêtement ? Je ne peux même pas lui en vouloir. Dans cet état, je ressemble clairement à un OVNI avec un chat en laisse.

— Ne vous en faites pas. Au fait, moi c’est Justin... et vous êtes ?—Noélia. Enchantée, Justin. C’est un joli prénom, j’aime beaucoup. Comme le chanteur... Justin Bieber.

Justin cligne des yeux, puis un coin de sa bouche se relève lentement — cette faussette... Seigneur.

Vous êtes bien la première personne qui fait appel à ce chanteur en me regardant... Très intéressant, vraiment.

Je sens mes joues chauffer comme si j’avais avalé un radiateur.

Je suis désolée ! C’est vraiment sorti tout seul. Je veux dire... vous ne lui ressemblez pas. Pas du tout. Vous êtes bien trop canon pour ça...

Je m’arrête. Je réalise. Je veux m’évaporer.

MERDE.

Voilà. C’est dit.Là, j’ai officiellement atteint le niveau « embarras maximum ».Plus haut, il faut un permis. Justin rit. Pas un petit rire moqueur, non. Un rire franc, chaud, qui résonne dans ma cage thoracique comme un sapin qu’on illumine. Et moi ? Je suis en train de mourir. Mais avec le sourire.

Je suis désolée, vraiment. Venez... suivez-moi. On va déposer les décorations dans ma librairie, elle est à cinq minutes d’ici.— Très bien, je vous suis. Donc, vous êtes libraire?dit-il, un sourcil levé avec une élégance insolente.—Oui, effectivement ! Je sens mon mode bavardage se réactiver comme un interrupteur cassé. C’est ma passion depuis tellement d’années...Je trouve ça vraiment génial que vous suiviez vos rêves et que vous viviez de votre passion.

Mon cœur fait un petit salto arrière. Ce mec est gentil, en plus d’être canon ?C’est illégal.

Et vous, que faites-vous dans la vie ?dis-je, toujours avec mon moulin à paroles en mode turbo.Il presse légèrement les lèvres, l’air de quelqu’un qui cherche ses mots.— Oh, ce n’est pas trop passionnant, vous savez...—Vous n’êtes pas obligé de m’en parler, si vous ne le voulez pas, vous savez...

Même si intérieurement je suisen train de mourir d’enviede savoir.Vu son corps d’Apollon, il doit faire un métier physique. Pompier ? Athlète ? Danseur ?Arrête, Noélia, tu divagues complètement là. Je me mords la lèvre. Mon imagination n’a absolument aucune limite.