Kibō (espoir)

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Résumé

La guerre est déclarée. L'amour naissant s'est métamorphosé... Hayato arrive dans une nouvelle université, prêt à tourner la page. Étudiant en musique, il rejoint l'équipe de hockey avec l'intention de ne pas répéter les mêmes erreurs. Ce qu'il cache, pourtant, pourrait tout compromettre : un charme inexplicable, presque surnaturel, qui attire irrésistiblement les filles... toutes, sauf une. Kasumi, étudiante en littérature et patineuse artistique, elle, fougueuse en apparence, cache ses propres blessures et refuse de laisser quiconque briser ses barrières. Elle le rejette sans hésitation, le juge sans appel. Intrigué par cette résistance, Hayato s'approche. Lentement, inconsciemment, il s'attache. Mais Kasumi n'est pas qu'une énigme : elle est une cicatrice vivante, une mémoire qui refuse de s'effacer. Une parole de trop, un geste mal interprété... et l'équilibre bascule. L'humiliation est publique. La rancune s'installe. Ce qui aurait pu naître devient conflit. Une tension sourde s'installe, faite de regards brûlants et de silences lourds.

Genre :
Romance
Auteur :
Letty
Statut :
Terminé
Chapitres :
45
Rating
5.0 1 avis
Classification par âge :
13+

1. Hayato

Jeudi 31 octobre 2024

Japon, Kyoto, université du Kansai, dortoir des garçons


Plus de retour en arrière.

Au revoir le passé. Maintenant, il est temps d’avancer.

– Hayato ! Ne me dis pas que tu ne vas même pas saluer ton père avant de partir !

Je me retournai vivement et esquissai un léger sourire en apercevant sa mine joyeuse.

– Ça va aller ! Je ne pars pas à la guerre !

J’obtempérai néanmoins et m’approchai de lui.

– Tu nous préviens si tu as des problèmes.

Chichi, râlai-je. J’ai vingt-et-un ans !

– Ça ne change rien, et tu le sais très bien ! me répondit-il gravement.

Ça, pour le savoir, je le savais...

J’aimerais tellement revenir un an en arrière. Ou même neuf ans, là où tout avait réellement commencé.

Les murs blancs de l’hôpital, les regards inquiets sur moi, le vide intersidéral dans ma mémoire, et cette étrange malédiction qui s’était accrochée à moi ; ne pourrais-je pas les faire disparaître d’un claquement de doigts ? Ces lunettes de soleil, signe du poids invisible qui pesait sur mes épaules, étaient le seul barrage entre l’enchantement magique de mes yeux et le regard des femmes. Si mon regard avait le malheur de capter celui de la gente féminin, celle-ci était irrévocablement attirée par moi, sans que je ne puisse rien y changer. C’était une fatalité dont je ne pouvais me démettre.

– Je ferai attention, promis, lui assurai-je.

Il me fixa encore quelques secondes avant de poser une main rassurante sur mon épaule.

– Passe une bonne rentrée. Et un bon retour sur la glace.

Sur ces mots, nous nous quittâmes et je me tournai vers la porte devant laquelle je venais de déposer mes valises sur le palier.

Ma chambre pour les deux années à venir.

Je tournai la poignée et entrai.

Une pièce, tout en longueur, se matérialisa devant moi. Un des deux lits présents était déjà défait, témoignant de la présence d’un autre étudiant. J’avançai le long de la table centrale et fini par apercevoir un jeune homme affalé sur un pouf, près de la fenêtre, les yeux fermés.

– Bonjour ? le saluai-je, ne sachant que faire.

Aucune réaction.

Je répétai ma phrase, mais cette fois-ci avec un volume nettement plus élevé.

Il se réveilla d’un bond, l’air hagard. Perdu, il se redressa lentement en se passant une main dans ses cheveux de jais. La vue troublée, il cligna des yeux pour y chasser le sommeil et essaya tant bien que mal de comprendre ce qui venait de se passer.

– Oh ! Tu es mon nouveau coloc’, s’exclama-t-il lorsqu’il put me distinguer distinctement.

Il se leva avec un grand sourire et se présenta :

– Hiroky Oone. Hiroky comme « grande joie » et Oono comme « grande plaine ». J’étudie l’architecture et il me semble que tu es tout comme moi en troisième année.

Je lui rendis son sourire, détendu par son aura chaleureuse.

– Hayato Chiba. Hayato comme « faucon rapide » et Chiba comme « mille feuilles ». Je suis bel et bien en troisième année, au département musique.

Il enchaîna direct, plein d’énergie :

– J’ai déjà entendu parler de toi. Tout le monde ne parle plus que du nouveau beau gosse musicien qui va intégrer l’équipe de hockey. Tu n’as même pas passé une journée entière sur le campus et tu es déjà une star ! Les filles sont déjà raides dingues sans même t’avoir rencontré. Franchement mec, tu peux me dévoiler ta technique de séduction ? Je suis encore célibataire, ce n’est absolument pas normal !

– Pas de technique, mon charme dévastateur les fait toutes tomber à mes pieds, lui répondis-je, railleur.

Nous nous esclaffâmes et Hiroky, entre deux fous rires, déclara :

– C’est vrai que ton physique est vraiment séduisant, mais il y a toujours des exceptions.

Ha, s’il savait... Je n’avais jamais, au grand jamais croisé une seule fille insensible à ma magie mystérieuse. Les conseils d’Hiroky ne me serviraient malheureusement à rien !

– En tout cas, enchaîna-t-il, je suis ravi d’être ton coloc’. Je sens que l’on va bien s’entendre toi et moi. Et je compte sur toi pour me trouver une jolie fille !

Je souris de toutes mes dents. Son énergie positive était contagieuse et agréable.

– Je n’en doute pas une seule seconde. Cette année va être remarquable !

Je n’en avais même pas idée...

A ce moment-là, je ne me doutais pas encore qu’en rentrant à l’université du Kansai, je venais de débuter une tout autre vie. Une vie composée de secrets, d’épreuves, mais surtout d’amour...




Une dizaine de minutes plus tard et mes affaires un peu prêt rangées, j’attrapai mon gigantesque sac de sport contenant mes patins à glace et mon équipement personnel de hockey, avant d’enfiler ma paire de lunettes de soleil fétiche. Je ne tenais pas à attirer une foule en délire dès mon premier jour dans cette nouvelle université.

– Tu vas à la patinoire ? me demanda Hiroky affalé sur son lit, un livre tendu à bout de bras au-dessus de lui.

– Oui, j’ai rendez-vous avec mon nouveau coach dans une demi-heure. Mais comme je ne suis pas certain de l’emplacement exact de la patinoire, je préfère partir avec un peu d’avance.

– Je peux t’y conduire si tu veux ? me proposa-t-il.

– Ça m’aiderait beaucoup, merci !

Ce n’est pas que j’étais incertain de l’emplacement..., non, c’est que je n’avais absolument aucune idée d’où elle se trouvait.

...

Après avoir évité quelques amateurs de vélos, nous arrivâmes devant l’imposant bâtiment de la patinoire universitaire, entouré d’une multitude d’arbres orangés.

– Je te revaudrai ça Hiroky, confiai-je à mon tout nouvel ami.

– Ce n’est rien. Bon, je te laisse, je dois être au club de théâtre dans une dizaine de minutes. À ce soir !

– À ce soir !

Alors qu’il s’éloignait, je me tournai vers l’entrée de la patinoire, où j’allais dorénavant passer tout mon temps libre.

– Me revoilà..., murmurai-je avant d’entrer.