La Morsure. Tome2. Le Venin.

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Résumé

« Je tourne mon attention vers Jacob. - Mets-toi à genoux. Ici. Je montre le sol devant moi. - Lèche-moi. Il obéit, ses yeux d'acier plantés dans les miens. Quand sa bouche se pose entre mes cuisses, un feu me traverse. Sa langue me goûte, lente d'abord, puis avide, affamée. - Plus fort, grogné-je, ma main s'agrippant à ses cheveux. Plus vite. » Rachel croit toucher enfin le bonheur. Jusqu'au jour où un corbeau surgit de l'ombre, apportant un message glacé : « Je te vois, mia piccola fiamma. » Le passé n'a pas fini de la hanter. .

Genre :
Erotica
Auteur :
Rachelle David
Statut :
Terminé
Chapitres :
25
Rating
4.5 2 avis
Classification par âge :
18+

Prologue



15 Avril 2025, Londres

Tony

Le téléphone tremble dans ma main. Mon cœur cogne trop fort.

La voix, grave et basse, gronde à travers le combiné — plus qu'une menace.

— Comment ça, vous l'avez perdue ?!

Ma gorge se serre. Je déglutis, chaque mot me coûte.

— Oui, monsieur... Sa voiture était garée sur un parking, à la lisière de la forêt d'Epping. Mais aucune trace d'elle depuis trois jours.

Un silence.

Puis la sentence :

— Je devrais vous buter, putain ! Retrouves-la. Je veux savoir si elle va bien. Et vite. Si tu veux continuer à respirer.

— Compris, souffle-je à peine audible.

Il raccroche. Mes mains sont moites, mon estomac en vrac.

Dans l'embrasure de la porte, Ella me fixe. Elle lit ma panique comme on lit un livre ouvert.

— Alors ? Chuchote-t-elle.

Je fais tourner le téléphone dans ma paume, comme une arme froide.

— Le boss... On a merdé, chérie. On l'a perdue.

— T'as appelé Elena ?

— Oui. Rien. Rachel ne l'a pas appelé depuis plus d'une semaine.


Ella


Il passe une main dans ses cheveux, dépité, honteux. Son regard croise le mien, chargé de culpabilité.

— S'il lui arrive quelque chose... je ne me le pardonnerai pas. Rachel est notre amie.

Je m'approche, ferme.

— Oui, bébé. Elle l'est. Mais reprends-toi. C'est aussi notre job. Alors on fait comme toujours : on piste. On trouve. On ramène.

Son regard change, se durcit. Voilà mon Tony.

En quelques heures, on active tout notre réseau : policiers, pompiers, commerçants, barmans.

Londres entier bruisse du nom de Rachel Davis.

Les jours passent.

Le boss nous harcèle. Nous menace. Le couperet tombe. Il arrive.

On a vraiment merdé.

En réalité, ce n'est que le samedi soir que nous nous sommes rendu compte que Rachel avait disparue. Elle n'était pas venue à l'anniversaire de Tony, bien qu'on s'y attendait, mais elle n'avait pas répondu quand j'ai frappé à sa porte. Atlas n'avait pas aboyé.

Et voilà plus d'une semaine qu'ils ont disparus.

Ouais. On a merdé.

Puis l'appel tant espéré, arrive.

Un de mes contacts à l'hôpital Saint-Thomas.

— Mercredi matin, une certaine Rachel Davis a été admise aux urgences, pour une morsure de vipère. On l'a soignée. Elle a repris connaissance jeudi. Vendredi, elle est sortie et a prit un taxi. Je t'envoie les images des vidéosurveillance.

— Merci Sarah. Je n'oublierai pas ce que tu fais pour nous.

Je raccroches, un souffle de soulagement retenus.

— Enfin une piste. Je lance à Tony, qui me dévisage en fronçant les sourcils.

— Elle est partie il y a plus d'une semaine... pourquoi n'est-elle pas rentrée chez elle ?

Les vidéos arrivent, elles défilent. On y voit Rachel, fragile silhouette à la sortie de l'hôpital, grimper dans un taxi. Puis le noir. Plus rien.

La piste, le taxi.

Tony traque la compagnie.

Trouve le chauffeur.

— Le mec jure l'avoir déposée près de la forêt d'Epping. Exactement là où sa voiture attendait. Et Atlas n'était pas avec elle. Bordel...

Les jours s'étirent, vides. On scrute, on fouille, on s'use. Le boss martèle dans la tête de Tony : "retrouve-la."

Il dort peu. Je tiens la barre. Ensemble, on n'est plus que deux silhouettes collées aux écrans.

Puis, un soir, un son fend le silence. Un aboiement, clair, familier. Atlas.

On bondit de nos chaises.

La porte s'ouvre. Et elle est là.

Tony


Rachel. Vivante. Changée.

La peau dorée d'un soleil étranger, le regard plus dur, plus calme aussi.

Elle tient Atlas en laisse. Et à ses côtés... un homme. Sa main posée au creux de ses reins, comme une marque de possession.

Je n'attends pas. Ma voix explose :

— Putain, Rachel ! Quinze jours ! On a cru que t'étais morte ! Où t'étais, bordel ?!

Elle recule, surprise.

— Je suis désolée, Tony... Je devais aller à Séville. C'est une longue histoire.

Ses yeux brillent d'un éclat nouveau, une lumière que je ne connais pas.

— Séville ? Et ils ont pas le téléphone là-bas ? J'explose.

L'homme se rapproche, protecteur. Sa main reste, ferme, à sa taille.

— Ne lui parle pas comme ça. Elle t'a dit qu'elle était désolée.

La rage me monte au visage.

— Et toi t'es qui, bordel ? Retire ta main d'elle, avant que je te la coupe.

Rachel s'interpose.

— Tony, Ella... je vous présente Jacob. C'est mon ami. Il va rester vivre avec moi.

Pardon ?

Jacob ne bronche pas. Juste un sourire, fin, provocateur.

Mon poing me démange.

Ella me retient, m'apaise d'un geste.

Rachel s'avance, ses excuses dans le regard.

— Je sais... Vous avez dû être morts d'inquiétude. J'aurais dû prévenir. Pardonnez-moi.

Elle raconte, en hâte : la morsure, l'hôpital, Atlas retrouvé par... Mr Thomson. Une invitation à Séville. Une parenthèse.

Et aucun appel.

Ma voix se brise, basse, presque menaçante :

— Pas une seule fois tu n'as pensé à nous tenir au courant ?

Elle détourne les yeux.

— Je m'en veux, Tony. Je me ferais pardonner. Demain ? Autour d'un verre ?

Et son sourire, malgré tout, me désarme.

— Mmm... d'accord. Mais c'est toi qui ramènes le vin.

Elle rit. Nous étreint.

Puis disparaît avec Jacob dans son appartement.

Je reste figé, mâchoires serrées. Je n'aime pas ce mec.

Quand la porte se referme, je m'affale contre le meuble d'entrée.

Je rallume mon portable. Compose le numéro.

— Vous l'avez retrouvée ?

Je reprends contenance.

— Oui, patron. Elle est à son appartement. Elle va bien.

Un silence. J'ai l'impression d'entendre un soupire.

— Explique...

— Elle était à Séville. Avec un certain... Mr Thomson. Elle est revenu avec un connard d'américain, Jacob, apparemment c'est juste un ami ...

Un souffle étouffé, la colère retenue.

— Rachel à Séville ?

— Elle m'en dira plus demain soir...

Il grogne et souffle.

— Trouve-moi tout sur ce Thomson et cet américain. Et Tony... fais en sorte d'être son seul ami.

Mon estomac se retourne.

— Oui, monsieur.