Avalon

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Résumé

Camelot est tombée. Symbole d’un temps passé, il ne reste aujourd’hui que des cendres de ce qui fut jadis le joyaux de la couronne des Pendragons. Alors qu’une ère sombre arrive et s’installe sur le royaume tout entier, il demeure cependant, au coeur de la forêt, une lueur : Le prince Arthur. Forcé à l’exil, ce dernier cherche à reprendre ce qui est sien, mais une telle quête ne s’entreprends pas en solitaire et Arthur aura plus que jamais besoin d’alliés, mais plus encore, d’amis sur lesquels compter.

Genre :
Fantasy
Auteur :
ManonSeguin
Statut :
En cours
Chapitres :
6
Rating
n/a
Classification par âge :
16+

Prologue

Certaines journées sont faites pour mal commencer : On se retrouve à mettre un pantalon troué au mauvais endroit, on se cogne l’orteil contre la vieille table miteuse de l’auberge dans laquelle on loge ou on se prends un coup de poing qui ne nous était pas destiné alors que deux ivrognes n’ayant toujours pas décuvé se battent juste à côté. Vous me direz, il y a bien des façons de mal commencer sa journée, mais Arthur avait très certainement le mérite d’être le champion - toute catégorie confondue - des matinées pourries. 

Agenouillé à même le sol, sur un tapis fait de paille, de boue et de poussières, ligoté tel un rôti et menacé d’une lame plus rouillée que le chico de ma grande-tante Gertrude et à ma connaissance, personne n’aime être ligoté comme un gigot. Personne.

Vous vous dites certainement que cela ne pourrait pas être pire, mais en réalité ce n’est que le début d’un long récit que je m’apprête à vous raconter, car contrairement à lui, moi je ne suis pas ligoté car je suis , et je cite mot pour mot les brigands nous ayant sortis de nos lits de bon matin, “trop maigrichon pour être une menace”. Outre le manque de respect flagrant envers ma personne et le fait que je sois profondément blessé dans mon âme, je…

— C’est quand tu veux, Merlin ! entends-je beugler.

Je disais donc : Outre le manque de respect flagrant envers ma personne et le fait que je sois profondément blessé dans mon âme, je…

— Merlin !

— Est-ce que vous pourriez avoir la délicate attention de me laisser finir mon récit ? C’est important ! soufflé-je.

— Tu sais ce qui est aussi important ? Le fait que j’aimerai beaucoup que ma tête reste fixée sur mes épaules.

— Vous m’avez dit de n’intervenir que lorsque je verrai le signal.

— Eh bien le voici ton signal.

— Je ne vois pas en quoi beugler mon nom au milieu de malfrats est un signal convenable. Nous devons réellement retravailler vos propositions de plans cafardeux, car je le repète : ceci est un plan cafardeux.

— Est-ce que tu sais faire autre chose que te plaindre à longueur de journée, druide ?

— Je sais vous supporter et croyez-moi, ce n’est pas une mince affaire, Votre Altesse.

Certaines journées sont faites pour mal commencer, la mienne par exemple : Tout allait bien, je menais une existence heureuse et paisible puis il a fallut que je le rencontre, lui. Depuis, rien ne va. Jamais. Je suis entraîné dans tous les bourbiers possibles et le pire dans tout cela ? C’est qu’il paraît y prendre un malin plaisir. C’est une sorte de tortionnaire rusé et mesquin.

— Vas-tu donc te décider à nous sortir de là ? insiste-t-il en me fixant du regard.

— C’est vous qui avez dit que vous laisser capturer serait une bonne idée pour trouver cet endroit.

— Oui, eh bien maintenant je regrette. Agite donc tes petites mains de fée et… continue-t-il de m’ordonner.

— Vous n’avez donc aucune pitié pour le sacré, c’est une catastrophe, pesté-je, Je vous l’avais dit : C’est une mauvaise idée et j’insiste sur le mot “mauvaise idée” !

— Ca fait deux mots, me coupe-t-il en faisant mine de compter.

Si ce n’était pas pour la promesse faite, je vous l’abandonnerai sur le chemin, moi, votre Prince Arthur Pendragon.

— Allez Merlin, on s’active, on s’apprête à me décapiter !

— Parce que vous croyez que j’ai des sorts tout fait dans ma manche ?

— Ce n’est pas le cas ? La dernière fois tu as sortie un pétard tellement gros que tu as transformé les ivrognes de la taverne en feu d’artifice.

— C’était involontaire de ma part !

— Tu es vraiment un magicien de pacotille, poursuit-il en soupirant.

— Et vous êtes vraiment le pire otage qu’il m’ait été donné de sauver.

— Parce que tu préférerais que les rôles soient inversés peut-être ?

A tout bien y réfléchir, en pesant le pour et le contre…

— Je n’ai rien dit, vous faites merveilleusement bien la demoiselle en détresse, Votre Altesse, Continuez.

Et c’est lui qui doit sauver le royaume. Eh bien, mes aieux, on n’est pas sortie de l’auberge comme qui dirait ma grande-tante Gertrude.