Chapter 1
Mon réveil sonna et je me réveillai en sursaut, comme tous les matins au final. Le cœur qui battait trop vite pour une si petite sonnerie. En soupirant, j’attrapai mon téléphone et enlevai le mode avion.
Au moins dix messages d’Élise, ma meilleure amie, s’affichèrent à l’écran.
7:30 – Je suppose que tu ne t’es pas encore réveillée ?
7:37 – Iris, t’as intérêt à être réveillée
7:47 – Tu vas encore rater la première heure de cours…
7:51 – Je pars sans toi
Je regardai l’heure, un peu paniquée : 7:52.
Génial.
Bon… avec un peu de chance, j’arriverais avec seulement cinq minutes de retard. Peut-être.
Je sautai hors de mon lit, enfilai un jean et un pull au hasard, passai trois coups de brosse rapides dans mes cheveux — clairement pas le temps de faire mieux — puis attrapai mon sac. Je sortis de chez moi en courant.
Je passai devant le lycée professionnel à une rue de chez moi. Dommage que je sois dans un lycée privé, beaucoup plus loin. Si j’avais été dans celui-là, j’aurais pu me réveiller à la dernière minute sans stress, sans course contre la montre, sans messages paniqués d’Élise.
Je me retournai pour vérifier que personne ne me regardait courir comme une folle. Et c’est là que je percutai quelque chose devant moi — ou plutôt quelqu’un.
— Putain ! Fais gaffe !
Je me retrouvai par terre, complètement sonnée. Je n’eus même pas le temps de vraiment regarder le mec à côté de moi. Mon cœur battait trop vite, mon cerveau hurlait retard, retard, retard.
Je me relevai aussitôt, presque en trébuchant, et le regardai à peine.
— Désolée, désolée !
Je récupérai mon sac à la va-vite, sans attendre de réponse, déjà prête à repartir en courant.
J’arrivai à la loge du lycée à 8:06.
Parfait.
J’informai la secrétaire de mon retard, la voix encore un peu tremblante. Puis je me tournai. Et là, je vis une silhouette.
Oh… non.
Il ne manquait plus que ça.
Tyler venait d’arriver, en retard lui aussi. Sauf que contrairement à moi, il n’était pas essoufflé, pas décoiffé, pas en train de mourir intérieurement.
Tyler, c’était littéralement un dieu. Magnifique, avec un mélange d’origines complètement fou : une mère brésilienne, un père libanais aux racines italiennes. Le genre de combinaison qui donnait un visage unique, impossible à oublier. Une peau dorée, des traits marqués mais doux à la fois, et ce regard qui faisait perdre tous leurs moyens aux filles.
Il avait du style, une présence naturelle, et tout le lycée semblait graviter autour de lui. Tous les filles étaient à ses pieds.
Il m’avait fait beaucoup de mal.
C’était le premier — et le dernier — garçon que j’avais vraiment aimé. On avait eu une petite histoire pendant l’été de ma fin de troisième. Lui était déjà au lycée. Moi, j’avais des étoiles plein les yeux dès que je le regardais.
Pour lui, j’avais juste été une fille jolie avec qui il avait flirté, parmi tant d’autres. Facilement remplaçable.
J’ai eu énormément de mal a l’oublier, à me désabonner de lui sur instagram, et à le suprimer sur snapchat.
Même maintenant, ça m’arrive encore. Des sortes de rechutes. Des nuits entières à penser à lui, à refaire le passé dans ma tête, à me demander ce que j’ai mal fait. Parfois, je vais voir ses nouveaux posts Instagram, ou ses republications tiktok…
Il m’a fait perdre foi en l’amour. En ce truc qui était censé faire battre le cœur, pas le casser.
Depuis lui, aimer me fait peur.
Je m’efforçai de ne lui jeter aucun regard à la dérobée. Je pris mon billet de retard, puis me dirigeai vers ma salle de cours en pressant le pas.
