Chapitre 1
8 ans :
Mes yeux se sont entrouverts sous le choc. Les murs tournaient autour de moi. J'ai voulu me tenir la tête, mais une force invisible retenait mes mains. La douleur lancinante dans mon crâne et ma vision floue m'ont tiré des larmes. J'ai baissé la tête en gémissant de douleur.
Où étais-je ?
Pourquoi ne pouvais-je plus bouger ?
Où était papa ?
J'étais au parc avec papa. Maman nous avait mis dehors parce qu'on avait mis la maison sens dessus dessous. C'était la plus belle bataille de nourriture de notre vie. Malheureusement, ça n'avait duré que les quarante-cinq minutes où maman était sous la douche. Après ça, elle nous a passé un savon et nous a mis à la porte.
J'ai souri en repensant à sa tête. Elle était tellement agacée qu'elle n'a même pas calculé qu'elle sortait de la douche ; elle s'est mise à nettoyer direct. On regardait tout ça par la fenêtre en ricanant dans notre barbe.
On a jeté un dernier coup d'œil par la vitre, mais on a croisé son regard par malheur. Elle a foncé vers nous. Jamais de notre vie, papa et moi n'avions couru aussi vite ou avec autant de trouille.
Tout ça nous a menés au parc pour manger une bonne glace, parce que la glace, ça répare tout. On rigolait en imaginant ce que maman allait nous faire en rentrant. Franchement, elle avait l'air assez en colère pour forcer papa à dormir sur le canapé... encore une fois.
« Ma puce, c'est pas une camarade de ta classe ? »
Il montrait Stace du doigt, une nouvelle aux cheveux blonds qui était dans ma classe.
« Je peux aller la voir ? »
Ai-je demandé en faisant la moue.
« Et ta glace ? »
A-t-il répliqué en m'imitant.
« Papa ! S'il te plaît, tu peux me la tenir un moment ? Je reviens vite. »
Je lui ai fait les yeux doux, ce qui l'a fait soupirer de défaite. Ça marchait à tous les coups.
« D'accord, mais juste dix minutes. Sinon, je la mange moi-même. »
J'ai croisé les bras en boudant.
« Tu n'oserais pas. »
Il m'a lancé un sourire malicieux.
« Tu veux parier, gamine ? »
J'ai déglouti en secouant la tête. J'avais peur qu'il commence à me chatouiller si je ne filais pas.
« Ton amie s'en va. »
Il me l'a montrée alors que je me retournais. Effectivement, son Papa l'emmenait plus loin.
« Tu viens ? »
Ai-je demandé.
« Tu sais bien que son père et moi, on ne s'entend pas. »
J'ai soupiré et je lui ai fait un bisou rapide sur la joue.
« À dans dix minutes, Papa. »
Il a levé les yeux au ciel en fixant ma glace d'un air sévère.
« Ça va être un vrai test pour ma patience. »
J'ai rigolé avant de partir en trottinant pour rattraper Stace.
« Stace !! »
J'ai appelé. Elle s'est retournée, elle avait l'air ensommeillée.
« Tu vas où ? »
Elle a montré sa main tenue.
« Papa m'emmène à la maison. »
« Bonjour Monsieur Sa... »
Mes mots se sont bloqués dans ma gorge. J'ai compris que cet homme n'était pas son Papa.
« Oh, mais tu es mignonne, toi. »
Mes yeux se sont agrandis et j'ai reculé en trébuchant.
« Stace, sauve-toi, c'est pas ton Papa ! »
Elle m'a regardée bizarrement avant de se tourner vers l'homme. Il s'est approché de son visage pour lui parler.
« Allons, ma puce, ton amie te fait juste une blague. »
Elle m'a regardée à nouveau en fronçant les sourcils.
« C'est pas gentil, Adira. »
J'ai secoué la tête violemment. L'homme m'a lancé un sourire effrayant avant de claquer des doigts. J'ai regardé autour de moi, terrifiée, mais il n'y avait personne pour m'aider. C'est alors qu'un homme en sweat à capuche est sorti des buissons.
J'ai foncé vers lui en agitant les bras pour attirer son attention.
« Monsieur, cet homme essaie d'enlever mon amie, aidez-la s'il vous plaît !!! »
L'homme au sweat a penché la tête vers moi. Tout ce que je voyais, c'était ses dents qui brillaient.
« Elle est pas mal, celle-là, non ? Le boss va l'adorer. »
J'ai reculé d'un pas, pétrifiée de peur. J'ai compris qu'il n'était pas là pour nous aider.
« Exactement. Occupe-toi d'elle pendant que je mets l'autre dans la voiture. »
Il a montré Stace, qui semblait sur le point de s'effondrer. Je suis restée figée en le voyant installer Stace dans la voiture et s'asseoir au volant. Mais j'ai eu encore plus peur quand des mains m'ont attrapée pour me soulever du sol.
Je me suis débattue en essayant de hurler. Une main est venue étouffer mes cris. J'ai donné des coups de pied et de poing pour m'échapper. Ma jambe a frappé quelque chose de dur. L'homme a hurlé de douleur et m'a lâchée.
Ma tête a tapé le béton et ma vision s'est brouillée. La dernière chose que mes yeux ont vue avant le noir complet, c'était mon sang sur le sol. Et la dernière pensée dans mon cerveau embrumé a été :
...Papa, aide-moi...
Mes yeux se sont enfin ouverts quand la douleur a disparu. J'ai regardé mes liens invisibles : c'étaient en fait des chaînes. Mes jambes étaient comme du coton quand je me suis levée. Je pouvais à peine me tenir en m'agrippant aux barreaux à côté de moi.
J'ai regardé autour de moi et j'ai compris que j'étais dans une cage. D'un côté, il y avait un mur, et de l'autre, une autre cage. Une autre fille y dormait. Mes mains étaient menottées au mur derrière moi. Tous mes efforts pour m'échapper étaient inutiles.
J'ai arrêté de bouger quand j'ai aperçu encore plus de cages. La lumière au-dessus de moi clignotait. Ça me laissait deviner qu'il y avait d'autres filles, bien plus que nous deux. Aucune ne bougeait, elles restaient toutes immobiles.
Je voyais qu'elles respiraient, mais rien de plus. Elles semblaient endormies. J'ai continué à me débattre en essayant de ne pas faire de bruit, ce qui était très dur.
Dans tous les films à suspense que papa et moi regardions en cachette, quelqu'un mourait toujours parce qu'il s'était fait attraper en essayant de s'enfuir.
J'ai tordu mes poignets pour les dégager, mais les chaînes étaient à la taille parfaite. Elles m'ont même coupé la peau. En serrant les dents, j'ai réessayé. Mais je ne pouvais même pas décoller mes mains du mur tellement les liens étaient serrés.
J'ai levé la tête et je me suis figée en voyant un garçon. Il avait l'air plus vieux que moi et assez décoiffé, mais je n'en étais pas sûre à cause du manque de lumière. Nos regards se sont croisés. J'ai su qu'il était bien réel.
« H-Hé. »
Il a continué à me fixer en se reculant, un sourcil levé.
« Comment tu es sorti ?... Enfin peu importe, mais tu dois partir d'ici. »
À chaque mot qui sortait de ma bouche, il semblait de plus en plus intrigué par moi.
« Tu m'écoutes ? »
Il a hoché la tête pour répondre, ce qui m'a fait soupirer.
« Tu dois te dépêcher de sortir avant de te faire attraper. »
Il est resté immobile, comme s'il n'en avait rien à faire de ce que je disais.
J'ai bougé un peu en essayant de lui faire signe de la main, mais en me rappelant que j'étais attachée, je me suis contentée de froncer les sourcils.
« S'ils t'attrapent, ils vont te faire du m... »
Le bruit d'une porte en métal qui s'ouvrait violemment m'a coupée. J'ai regardé le garçon, qui était étrangement calme, avec une panique totale. Mes lèvres refusaient de bouger alors que je voulais lui dire de courir. J'ai vu plusieurs hommes en noir descendre les escaliers.
« Ah fiston, je vois que tu es déjà là. Tu en as trouvé une qui te plaît ? »
Je suis restée bouche bée quand le garçon m'a désignée du doigt. Son père — un homme à l'air malfaisant et terrifiant — s'est tourné vers moi.
« Elle devait faire partie de mon édition spéciale... tant pis, on n'y peut rien maintenant. »
...Édition spéciale ?
Il a soupiré avant de claquer des doigts. Deux des hommes en noir ont ouvert la cage et sont entrés. Je ne me suis pas débattue quand ils ont enlevé les chaînes pour examiner mes poignets coupés. Mais je n'arrêtais pas de regarder le garçon ébouriffé.
Une version plus jeune de lui est descendue et a souri de façon effrayante en me voyant.
« Je croyais qu'elle devait être ton édition spéciale, papa ? »
A-t-il demandé à l'homme maléfique.
« Je le pensais aussi, mais c'est le choix de ton frère. »
Le plus jeune a fait la moue avant de se tourner vers moi.
« Elle aurait été encore plus belle dans la collection de papa, tu ne crois pas, grand frère ? »
Le plus grand lui a jeté un coup d'œil de côté puis a secoué la tête. Le père a soupiré et lui a tapoté l'épaule avant de s'en aller.
« Tu sais quoi faire d'elle. »
A-t-il déclaré avant de disparaître en haut de l'escalier. Les frères se sont regardés, leur visage changeant complètement, puis ils ont hoché la tête. Le plus jeune a suivi son père.
L'autre garçon est resté encore un peu. Il me regardait alors que je grimaçais pendant qu'ils nettoyaient mes coupures pour les panser.
Petit rappel : j'ai écrit ceci quand j'étais ado, il y a environ six ans. J'ai essayé de l'éditer au mieux pour faire ressortir son innocence d'enfant.
Si vous trouvez des erreurs, n'hésitez pas à me les signaler !
J'espère que ça vous plaira !!!