Love Asia

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Résumé

À seize ans et demi, Riko quitte le Congo pour la Chine avec ses rêves d'architecte et son innocence en bandoulière. Elle pensait construire des bâtiments ; elle va devenir le jouet d'un empire. Sa rencontre avec Yong n'a rien d'un conte de fées. Il est l'homme de ses rêves les plus fous, mais aussi de ses pires cauchemars. Un homme sans cœur, dont l'âme est aussi sombre que les ruelles de Macao. Pour lui, les seules couleurs qui comptent sont celles de l'argent et du sang. Yong est un monstre, un mafieux craint de tous. Pourtant, Riko est incapable de s'enfuir. "Il est dans ma tête, mais pas dans mes jambes. Pourquoi je ne peux m'échapper ? Pourquoi, malgré le danger, ai-je l'impression de lui appartenir corps et âme ?" Quand les secrets du passé se mélangent à la brutalité du présent et que la vérité commence à déchirer tout ce qu'elle croyait savoir, Riko devra faire un choix : s'effondrer ou embrasser les ténèbres aux côtés de l'homme qui l'a brisée. Entre trahison, passion interdite et secrets de famille... qui est réellement Yong, et pourquoi a-t-il jeté son dévolu sur elle ?

Genre :
Romance
Auteur :
Lil
Statut :
En cours
Chapitres :
7
Rating
n/a
Classification par âge :
18+

Chapter 1

Je tirais ma valise dont les roulettes grinçaient sur le carrelage, ma mère juste derrière moi qui me répétait pour la centième fois :

— J'espère que tu n'as rien oublié !

Les mains sur ses hanches, elle me regardait de haut en bas avec ce regard de maman qui cherche la petite faille, le détail que j'aurais zappé.

— Oui... oui maman, je n'ai rien oublié, je répondais en essayant de ne pas paraître trop impatiente.

— J'espère ne pas devoir payer des kilos en trop, grognait mon père en soulevant mon sac de voyage.

— Mais non papounet !

Je lui ai sorti mon plus beau sourire, celui qui marche à tous les coups pour le détendre, même si au fond de moi, je savais pertinemment ce qui allait se passer avec le poids de mes bagages.

— Bien, allons-y, a-t-il fini par lâcher.

Dans la voiture, sur le trajet vers l'aéroport, je voyais tout défilé par la vitre : les palmiers, les visages familiers, la poussière rouge du pays. J'avais l'impression que tout ce décor devenait déjà mon passé. Je me souvenais encore du jour où j'avais appris pour mon bac. J'étais si heureuse ! J'allais enfin être libre, j'allais pouvoir changer de cap... Mais là, d'un coup, le silence dans l'habitacle rendait tout nostalgique. Je serrais mon passeport contre mon cœur, comme si c'était un trésor.

— Voilà, nous sommes arrivés.

Dès que le moteur s'est coupé, je bondis de mon siège. J'avais besoin de bouger, de fuir cette tristesse qui commençait à monter.

— J'en connais une qui est impatiente de s'en aller ! a plaisanté mon père en déchargeant le coffre.

— Oui... mais... non... hahaha !

Je les ai serrés dans mes bras une fois de plus, sentant l'odeur du parfum de ma mère et la solidité des épaules de mon père.

L'aéroport de Maya-Maya n'avait rien d'impressionnant pour moi, je voyageais souvent. Mais d'habitude, j'avais toujours mes gardes du corps personnels : mes parents. Qui laisserait son ado de seize ans et demi aller à Dubaï toute seule, vous me direz ? Personne. Mais cette fois-ci, c'était le grand saut : j'allais à l'université, à l'autre bout du monde.

« Les passagers à destination de Shanghai, vol Ethiopian Airlines, sont priés de se rendre au quai d'embarquement. »

C'était mon moment. Enfin.

— Pas de garçons ! m'a lancé ma mère avec un doigt levé.

— Oui maman... (on y croit tous).

— Ne dépense pas mon argent bêtement, a rajouté mon père.

— Oui, mais pour ça... on verra papa !

Je dépose ma valise sur le tapis. L'aiguille de la balance s'affole et s'arrête sur un chiffre qui pique : 25 kg en trop. Je le savais ! Mon père m'a lancé son fameux regard noir, celui qui signifie "tu vas me le payer en bonnes notes", avant de sortir son porte-monnaie en soupirant. Je l'ai remercié avec un clin d'œil complice et j'ai passé la sécurité sans me retourner.

Dans l'avion, l'air était sec et recyclé. C'était calme, presque trop calme, car j'étais assise juste à côté d'une jeune mère. Elle avait les traits tirés et ça se voyait : niveau expérience avec les bébés, elle était à zéro. Le petit bout d'homme commençait à s'époumoner.

— Je peux... ?

Je n'ai pas attendu sa réponse. Je l'ai pris dans mes bras. Il était tout chaud, tout petit. Dès que je l'ai bercé, il m'a fait un sourire édenté. Je suis vraiment douée avec les enfants, c'est un don. Une chose en entraînant une autre, je me suis collé les heures de vol avec ce bébé inconnu sur les genoux, laissant les parents dormir comme des loirs. La réaction du père au réveil était hilarante : il a littéralement "beugué" en voyant sa progéniture faire dodo sur une parfaite étrangère.

Après l'escale épuisante à l'aéroport d'Addis-Abeba, où l'on croise les voyageurs du monde entier, j'ai enchaîné les 11 heures vers Shanghai. 20 heures de voyage au total. Je ne vous raconte pas l'état de mes cheveux.

Arrivée à l'aéroport de Pudong, j'étais une épave. Le décalage horaire me frappait le crâne. Le mandarin dans les haut-parleurs ? Du charabia total. Je suis sortie de ce labyrinthe de caractères énigmatiques, suivant les panneaux comme une automate.

L'air de Shanghai m'a giflé le visage : c'était humide, chaud, ça sentait la ville moderne et le bitume. J'avais juste une envie : m'écrouler. Je m'étais prise pour une de ces héroïnes de séries qui, après le voyage, tombent direct sur un lit king-size avec une vue de dingue.

Spoiler : ce n'était pas mon cas. Je devais encore trouver mon logement par mes propres moyens.

— Pas besoin de taxi, je vais me débrouiller ! J'ai déjà pris le métro à Dubaï, je gère

.

Je devais aller à Dexui. Un nom que je n'arrivais même pas à prononcer correctement. J'ai marché, tirant ma valise qui semblait peser une tonne maintenant. Les néons m'éblouissaient, les gratte-ciels semblaient se refermer sur moi. J'ai tourné à gauche, puis à droite, puis... encore à droite ?

Le silence s'est fait autour de moi, loin de l'agitation des grandes avenues. Les rues devenaient étroites. C'est là que j'ai dû me rendre à l'évidence, le cœur battant un peu trop vite dans ma poitrine.

Je me suis perdue.