Au bord du précipice (MxM)

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Résumé

- T'embrasse tous tes potes comme ça ? - Tous ceux qui sont assez débiles pour le demander. Introverti, Ryan commence ses études à la fac sans se douter que sa rencontre avec le solaire Victor va chambouler sa vie autant en bien qu'en mal.

Genre :
Romance
Auteur :
senyppa
Statut :
En cours
Chapitres :
26
Rating
5.0 1 avis
Classification par âge :
18+

Chapitre 1

Dans la vie, rien n’est définitif sauf la mort.

L’humain, et en ce qui me concerne l’homme, est plein de surprises. Je ne suis une personne à laquelle on ne s’intéresse pas et je fais tout ce qu’il faut pour que ça reste ainsi.

Mais évidemment, avec Victor, ça ne s’est pas passé comme ça.

Nous avons changé, l’un et l’autre. L’un grâce ou à cause de l’autre. Lui aussi, j’imagine, ne s’attendait pas à ce chamboulement dans sa vie lorsqu’il est entré à la fac. Lorsque nous nous sommes rencontrés.

Victor sait mettre tout le monde à l’aise. Il a un sourire qui rayonne à des kilomètres autour de lui. Tout le monde aime Victor.

Je ne lui ai jamais demandé pourquoi il m’avait choisi moi. On était une centaine dans cet amphi cette rentrée-là. Pourtant il a choisi la place à côté de la mienne parmi tant d’autres. Dès qu’il s’est tourné vers moi pour se présenter, avec son grand sourire digne d’un golden retriever, je m’étais dit que ça ne le ferait pas. Il allait bien vite trouver quelqu’un d’autre avec qui papoter en cours.

Je me connais et je l’ai su rien qu’en le voyant, nous étions les opposés.

Lui était avenant, souriant, la peau mate, des bouclettes de couleur châtain, toujours un mot drôle et gentil, trop gentil. Il m’aurait raconté ses vacances avec ses potes de lycée au fond d’un canyon à faire des sauts de 10 mètres dans l’eau froide parce qu’il aime l’aventure, les challenges et être entouré H24 que ça n’aurait pas étonné.

Il ne l’a pas fait, mais son compte instagram oui.

Et, il y a moi. Dès que j’ai cinq minutes de libre, je sors un shonen de mon sac. Le moins j’ai d’interactions sociales, le mieux je me porte. J’utilise apparemment trop de gel pour plaquer mes cheveux, mais ça m’en touche une sans faire bouger l’autre. J’étais dans cette fac pour avoir un diplôme, qui me permettrait d’avoir mon indépendance et pas pour me faire des potes.

Mais Victor est resté à côté de moi et il s’est adapté à ma manière de fonctionner.

Dès que je quittais la pièce, il trouvait un prétexte bidon pour me rejoindre et on s’asseyait sur cette vieille table de pique-nique derrière la bibliothèque universitaire. Il savait comment me faire rire quand le moral était bas, il m’accompagnait avec enthousiasme quand un nouveau shonen sortait alors qu’il n’y connaissait rien. On est vite devenus inséparables.

Malgré la fraîcheur qui s’installe en ce milieu de premier semestre, Victor m’attend dehors sur la table de pique-nique après ma matinée en travaux dirigés.

Bientôt il fera trop froid pour y rester planqué des heures entières.

“Dis-moi que tu as compris quelque chose au cours de macroéconomie ?” me demande t-il paniqué, assis sur la table, un pied tapotant sur le banc.

“Je dirais ... 15% du truc.”

Victor prend sa tête dans ses mains.

“Quelle merde. Ma mère me laissera jamais faire mon erasmus si mes notes sont à chier.” se plaint-il.

“Demande à Erwan, il est calé.”

“Oh non il est chiant.”

“Mouais, tu as l’air de t’en accommoder quand il te colle en cours.”

“Ryan, comme je viens de le dire, j’ai besoin de réussir mes cours. Tu crois que ça m’éclate de l’avoir à longueur de journée à mes basques ?”

Il se braque. Là il est vraiment lui-même. Sa vraie nature ressort.

Je souris et profite de l’occasion pour me moquer de lui.

“Manipulateur.”

“Mais non ! Il est sympa mais ... de loin.”

“Tu me tues. Arrête de faire semblant avec tout le monde trouducul”

“... je veux pas être méchant.”

“Ouais mais là tu fais trop le gentil, t’es insup.”

C’est toujours comme ça avec Victor. Il n’est franc que lorsqu’on est que tous les deux. Devant les autres il sourit, est tout gentil, fait des blagues et se cache sous un visage angélique qui n’est pas véritablement le sien.

Alors qu’avec moi, il est lui-même.

Au grand désespoir de nos camarades, je le monopolisais sans le vouloir. C’était sa volonté à lui de rester fourré avec moi.

Par beaucoup de moments, je me suis demandé ce qu’il foutait là sans me douter une seconde de ses véritables intentions.

Je l’ai laissé s’immiscer dans ma vie. Je l’ai laissé devenir quelqu’un d’important pour moi. J’ai compris bien trop tard mon erreur.

Souvent j’ai l’impression que j’observe la vie de quelqu’un d’autre parce que ça ne peut pas être moi. Ça ne peut pas être à moi que tout ça arrive.

Après ces premières années à la fac et tout ce qu’on a vécu, je lui pose la question qui me trotte souvent dans la tête :

“Est-ce que tout n’était pas plus simple avant qu’on se connaisse ?”

“Pas pour moi.” me répond Victor de façon catégorique, avant de déposer plusieurs baisers dans mon cou.

Pourtant aujourd’hui on en est là, lui et moi. Cachés dans les toilettes de la fac, peau contre peau avec nos souffles chauds et saccadés qui s’entremêlent et nos entrejambes qui s’effleurent.

Il ne l’avouera jamais mais ça l’était sûrement quand même un peu.

Mais les problèmes ont une toute autre saveur quand celui qui vous les cause est aussi votre ancien meilleur ancien, nouveau plan cul et accessoirement l’homme dont vous êtes tombé amoureux non ?