la danse du démon

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Résumé

jeune danseuse se voix ça vie changer part son nouveaux patron hyper sexy mais qui est le vrais démon elle ou lui ?

Genre :
Mystery/Romance
Auteur :
Smudray
Statut :
Terminé
Chapitres :
7
Rating
4.0 1 avis
Classification par âge :
18+

Chapitre 1 kalia

Kalia

La lumière est braquée sur moi, la musique de Lindsey Stirling et Pentatonix, Radioactive, commence. Mon corps se met à bouger de façon sensuelle. Mon âme est possédée par le rythme, mes cheveux volent à chaque pas.

Mes yeux ne se posent pas sur les clients. Peu me regardent, mais je sais que certains le font.

Les serveuses naviguent entre les tables, j’entends des rires, des paroles.

Et ne parlons pas des odeurs : cigare, tabac, alcool et j’en passe.

La chanson finit. Je salue les quelques clients qui m’ont vue, ils applaudissent, ce qui donne le signal aux autres d’applaudir aussi.

Quelle bande de cons. Je sors de scène, ma consœur prend ma relève. Tout en prenant ma bouteille d’eau, j’imagine le reste de ma soirée. Je récupère mes affaires et vais dans les coulisses pour me changer : jogging, sweat. Je ne retire pas ma perruque.

On ne sait jamais si quelqu’un peut me reconnaître.

La journée, je suis une femme de vingt-deux ans sans problème, et le soir, ma deuxième personnalité, dangereuse, est là.

En sortant, je dis au revoir à Pat, notre vigile sympa. Il est plutôt grand, beau et fort, mais hyper fidèle à sa femme.

Cela me fait sourire à chaque fois, surtout que sa femme, Dodie, est une des serveuses d’un autre club.

Une voiture me sort de mes pensées. Elle s’arrête à un mètre de moi. Je donne un coup de pied sur cette foutue Aston Martin. L’homme sort, furieux, et crie sur moi.

— Mais t’es malade, toi ! Tu sais pas combien ça vaut, une voiture comme la mienne !

Il ne me regarde même pas et se dirige directement vers l’endroit où j’ai tapé, ce qui me permet de partir sans qu’il me remarque.

Pourquoi s’embêter à discuter avec des fils à papa ? Que connaissent-ils de la vraie vie ?

Même s’il était charmant, grand, blond, yeux bleu-gris, enfin, bien bâti… Il doit être un vrai pourri. Déjà qu’il ne m’a pas présenté d’excuses, ça le prouve.

Que pour sa voiture, comme si elle était le centre du monde.

J’arrive enfin à deux pâtés de maisons de chez mes parents. Je retire ma perruque blonde et la range dans mon sac de sport.

Laissant mes vrais cheveux, longs et châtains, respirer. Ils tombent sur mes reins, fins comme de la soie.

J’ouvre doucement la porte d’entrée et la referme avec prudence.

Un éclair de douleur s’abat sur ma joue et me fait reculer contre la porte.

Mon père est là, devant moi. Je réalise que c’est lui qui m’a donné une gifle.

— Où étais-tu ?! crie-t-il, mais je reste encore un peu sonnée.

— J’ai… j’étais au travail, répondis-je avec difficulté.

Je le regarde. Il est dans une rage folle. Je sais ce qui va se produire, je m’y attends comme toujours.

— Où sont mes bières ?! Tu étais censée en acheter avant d’aller à ton boulot de prostituée !

— Elles sont dans le frigo.

À ma réponse, il grogne et m’attrape à la gorge.

L’air se coupe. Je respire avec difficulté. Je joins mes mains pour défaire sa poigne. Mais il la resserre encore plus intensément.

— J’ai cherché partout ! Elles y sont pas ! T’es une déception !

Il me jette à terre, et commence à me donner des coups de pied. Je ne pleure pas, mes mains protègent mon visage.

Il continue de crier les mêmes phrases que d’habitude :

J’aurais dû te tuer quand t’étais bébé !

T’es qu’une bonne à rien !

Une prostituée comme toi devrait gagner plus !

Tu dois être si mauvaise que personne ne voudrait de toi !

Ta place est au cimetière avec ta mère droguée !

Personne pourra aimer une femme comme toi, qui a tué sa mère…

Après qu’il a fini, il part dans le frigo, trouve les bières que j’avais achetées.

Aucune excuse. Non, ce serait se montrer faible. Il s’installe sur son canapé, bière à la main.

J’attends quelques minutes avant de me relever, car si je le fais trop tôt, c’est la cave pendant trois jours minimum.

Ce n’est pas la première fois, ni la dernière. Depuis le suicide de ma mère, avec cette lettre qui disait qu’elle ne pouvait plus supporter sa vie de mère, que les cris de son enfant étaient la pire des tortures…

Mon père a décidé que c’était moi qui l’avais tuée. Je le croyais aussi, jusqu’à ce que je fasse de la psychologie en secret, la journée.

Elle n’avait fait qu’une dépression post-partum, qui, par la suite, l’a menée au suicide.

Discrètement, je me dirige à ma chambre pour être à l’abri. Je suis surprise, car ce soir, il a tapé moins fort. Je n’ai aucune trace.

Sauf à mon cou. Faudra que je le cache avec mon body, qui a un col remonté.

Devant mon miroir, je me fixe. J’aimerais tellement partir loin de lui, de cette vie que je hais de tout mon être.

Le lendemain matin, je me lève à l’aurore pour qu’il ne me voie pas. Arrivée au salon, il n’est plus là.

Je soupire de soulagement, mais je sais que je ne dois pas traîner.

Alors, assez vite, je pars de cette maison.

Arrivée dehors, je me sens libre et vivante.

L’air est doux pour un mois de septembre.

Personne n’est dans les rues aussi tôt, alors j’en profite.

Avec ma musique, je tombe dans mes rêveries, en direction de mon café préféré.

Arrivée là-bas, je m’assois exactement à la même place : au fond, mais avec un œil sur l’entrée pour voir qui rentre à tout moment.

La serveuse m’apporte mon latté caramel glacé, je la remercie et me plonge dans mes dessins.

Depuis que j’ai arrêté la psychologie, je me suis plongée dans le dessin par passion, tout comme la danse.

C’est ancré en moi.

Après une heure, je m’autorise un petit coup d’étirement, ainsi que de relever la tête.

C’est là que je le vois : l’homme de mon dessin. Celui qui a failli me renverser.

Il a une tasse à la main, son regard est fixé sur son ordinateur.

Il m’a l’air plus vieux que dans mes souvenirs…