Sous l'abîme de tes mains
⚠️Avertissement - Contenu sensible ⚠️Cette histoire aborde des thèmes tels que : relation toxique, domination, manipulationémotionnelle, Dubious Consent (consentement douteux) et contenu à caractère sexuel.Certaines scènes peuvent heurter la sensibilité des lecteurs.Lecture conseillée à un public averti.
Informations supplémentaires :Les Abyssaux sont les prédateurs des profondeurs : puissants, froids, intouchables. Leur simple présence suffit à rappeler qui domine.
Si la moindre chose vous dérange, vous êtes prié de passer votre chemin.
Ceci est un one shot.
Les portes claquèrent à son passage. Le couloir devint muet. Son regard balaya les cages et les aquariums. Tous baissèrent la tête à son passage. Son teint presque grisâtre, ses yeux d’un violet intense. Chacun de ses pas semblait augmenter la gravité autour de lui. Sa simple présence suffisait à appeler le silence.
Son regard enfin le sien. D’une beauté irrésistible. A telle point qu’il en eut le souffle coupé l’espace d’une seconde. Ses pas avancèrent vers lui. Une sirène, un homme, dans un aquarium. Sa main se posa dessus, comme par instinct, la créature à l’intérieur fit de même.
L’abyssal sourit, son poing claqua contre la vitre. Le verre se brisa dans un enchaînement de débris tombant sur le sol. Ses bras rattrapèrent la sirène, ses lèvres allèrent contre les siennes sans hésiter. L’homme-poisson sursauta, les yeux grands ouverts.
— Chut. Faisons semblant. Je ne laisserai jamais une aussi belle créature se faire vendre. Tu es bien trop beau.
Son regard se tourna vers un vendeur, les yeux comme le charbon. Un dragon. Pourtant, même lui semblait réticent à s’approcher.
— Je le cherchais partout. Comment avez-vous pu attraper mon compagnon ? Cet sirène, est mien.
Ses bras portèrent l’esclave. Celui-ci s’accrocha par pur réflexe. Une attraction presque surnaturelle l’y obligeait. Il ne saurait dire si ce choix de se cramponner à cet abyssal était son choix ou le sien. Aucun son ne sortit de sa gorge, il ne pouvait pas. Il était mêlé entre la terreur et la fascination.
L’abyssal sortit de la salle comme il était venu. Il avait été attiré ici par pure curiosité. Comme attiré par une force extérieure. Il était sûr que cette force était cet sirène. Son corps d’une beauté irréel. Son regard le détailla, remontant jusqu’à son visage. Son pouce traçait ses ronds invisibles sur sa cuisse nue.
Sa queue de poisson disparu au contact de l’air extérieur. Un sourire orna ses lèvres. La sirène sentit une pression incommensurable sur ses épaules. Sa respiration devint difficile. Ses yeux se levèrent vers les siens et Hongjoong avança jusque la rivière d’où il venait.
— Tu vas...me laisser partir ? demande la sirène, presque dans un murmure interdit.
La créature grisâtre, avança dans l’eau, resserrant ses bras autour de sa proie. Leur regard ne se quittait pas. Une fois l’eau plus profonde, il plongea dans l’eau. Un courant se forma autour d’eux, les faisant traverser la rivière jusque la mer à une vitesse impressionnante.
La sirène ferma les yeux, se tenant fermement à l’homme. Le courant fut si puissant que sa peau eut des coupures. Une fois dans l’océan, la vitesse devint acceptable pour son corps. L’abyssal descendait, si profondément que la lumière n’était presque plus visible.
— Ce n’est pas dans mes projets de te laisser partir.
L’homme-poisson frissonna violemment. Ses mains le poussèrent, l’autre sourit, comme amusé. Il le lâcha, laissant la sirène nager. Les créatures les plus rapides des océans. Pourtant, l’abyssal fit un seul mouvement. Un courant marin se forma à nouveau. En un instant, le corps du sirénien heurta le sien.
Celui-ci peina à respirer, ses branchies abîmées par le courant. Il porta ses mains dessus. L’abyssal l’attrapa par la taille d’un bras, continuant de descendre. De plus en plus profondément.
— Si tu veux savoir. Je m’appelle Hongjoong, beauté.
Son regard devint d’un violet si intense que la sirène dut fermer les paupières. Zone bathypélagique. Quelques organismes produisaient de la bioluminescence, mais l’endroit restait quand même profond.
Puis la vitesse augmenta, l’abyssal descendit 4 000 mètres plus loin en quelques secondes. La sirène sentit sa cage thoracique s’écraser. Ses branchies se bloquèrent, une douleur atroce s’introduit dans son crâne. Une sensation de vertige le prit, comme de l’ivresse. Son corps se mit à trembler. Les bruits autour devinrent de plus en plus lointains.
Le pied de la créature grisâtre percuta une pierre. Plus loin des lumières, des bâtiments faites en pierres noires. Il ouvrit la porte et la pression retomba soudainement quand leur corps entra dans la “maison”. L’eau ne rentrait pas à l’intérieur. Le courant tournoyait telle un tourbillon, empêchant l’eau d’y entrer.
L’abyssal déposa la sirène sur le canapé. Il avait perdu connaissance. C’était à douter. Hongjoong glissa ses mains sur les branchies de son présent. Les veines de la sirène devinrent noires, un liquide passa dans tout son corps. Il secoua ensuite ses mains, tapotant ses paumes ouvertes d’une éponge de mer. Il relava la tête de la magnifique créature, s’assit et cala sa tête sur ses cuisses. Sa main resta contre son torse.
— Tu te réveilles, princesse ?
Le sirénien papillonnait des yeux. Le liquide noir venait de finir de faire le tour de ses veines. Son regard croisa le sien, immédiatement, il se redressa. Mais Hongjoong le rallongea, glissant sa main dans ses cheveux.
— Tu viens de descendre à 5 000 mètres de profondeur. Laisse ton corps s’habituer, sinon ton cœur va exploser. Sirène ou pas. Comment tu t’appelles ?
— Seonghwa...
Hongjoong hocha la tête, laissant ses doigts caresser ses mèches humides. Le regard de Seonghwa rencontra une nouvelle fois le sien. Le visage de l’abyssal s’abaissa, ses lèvres frôlant les siennes, mais la sirène se redressa une nouvelle fois.
— C’est que du flan ton excuse de cœur !
— Et bien. Essaye. On verra bien.
Les membres de la sirène tremblaient déjà. Il s’assit sur le canapé, une douleur sourde s’immisça dans sa cage thoracique. Sa gorge se serra, laissant l’air y pénétrer sans vraiment faire son travail.
— Tu vois. Un petit effort, et ton cœur souffre.
Un sourire orna les lèvres de la créature des profondeurs marines. Seonghwa sentit un vertige, son corps s’effondra sur celui de Hongjoong. Celui-ci l’attira contre lui, un air victorieux sur les lèvres.
— Allez, dors beauté.
Seonghwa allait émettre un commentaire. Mais l’abyssal posa sa main sur ses yeux, le corps de la sirène sursauta, telle un électrochoc et dans ses veines réapparut le liquide noir. Les muscles de l’homme-poisson se détendirent, la respiration de nouveau régulière.
— T’en fais pas. J’aime les sirènes qui ont du caractère.
Il s’approcha, entrouvrit ses lèvres. Sa langue rejoignit celle de l’endormi. Sa salive coula, se mêlant à la sienne. Il recula la tête. Le corps de la sirène se mit à chauffer. Il déglutit la salive inconsciemment et Hongjoong sourit, fier. Le regard désireux. Il se lécha les babines puis se leva.
— On va bien s’amuser toi et moi Seonghwa.
À son réveil. Les yeux de la sirène s’ouvrirent sur un plafond écailleux. Une légère lumière dans la pièce. Son corps avait changé de place. Il était dans un lit, confortable. Des coraux autour de lui, des gouttes d’eau tombaient de la pierre au dessus de lui. Surtout, de la fumée s’échappait de sa bouche.
Pourtant, il ne ressentait pas le froid. Une douce odeur atteignit ses narines, pourtant quelque chose le dérangeait. Il se redressa, le corps désormais habitué à la profondeur. Ses pas le menèrent à une salle commune. Salon, salle à manger, cuisine. C’était étroit, assez pour une personne. Et Hongjoong était là, il hachait des crevettes. Une étoile de mer ouverte.
Le regard de Seonghwa se détourna, mal à l’aise à la vue de cette pauvre créature. L’abyssal avait également été pêché des calmars de verres. Gélatineux. Tout venait des profondeurs.
— Tu as faim ? demande Hongjoong.
— Pas vraiment... Pas en voyant ça.
La vue de ces êtres vivants ne lui donnait aucun appétit. Hongjoong l’observa un instant, il coupa ensuite un concombre de mer.
— Je vois. Tu es une sirène végétarienne. Un choix ou c’est ton régime alimentaire ?
— Les deux. Je ne digère pas la viande.
Hongjoong ramassa deux feuilles de goémon. Une algue au goût appréciable. Plus fort que la laitue. Il la hacha et la mélangea avec ce qu’il avait coupé précédemment. Il tendit l’assiette. Seonghwa l’attrapa, il toucha les morceaux du holothurie, l’espèce du concombre de mer. Il était mou, gélatineux, presque visqueux. Une des rares choses qui poussaient dans les abysses. Il alla s’asseoir à la table, sur un rocher taillé.
Hongjoong se plaça devant lui avec son assiette de calmar, crevette et d’étoile de mer. Elle était noire avec des tâches jaunes. Seonghwa détournait le regard. Elle était bien étalée, complètement ouverte. Hongjoong prenait la chaire à l’intérieur pour la manger.
La sirène fixa son assiette. Il y avait quelque chose qui clochait. Il fronça les sourcils, emmena un bout de la texture gélatineuse à ses lèvres et la recracha directement. Il toussa et Hongjoong haussa un sourcil.
— Quoi ?
— C’est un holothurie ?
— Ouais, pourquoi ?
Seonghwa poussa doucement l’assiette, il posa sa main sur sa bouche.
— C’est pas une plante. C’est un animal.
L’abyssal pencha la tête, son regard alla sur l’autre concombre de mer. Il se leva, le saisit et le lança à Seonghwa qui l’attrapa. Celui-ci baissa les yeux, il déglutit difficilement.
— C’est vivant. Enfin, c’était.
— Ça fait quoi si tu manges ça ?
Les yeux de Seonghwa se levèrent vers lui avant de poser le concombre de mer. Hongjoong saisit l’assiette de la sirène pour trier et prendre que le goémon.
— Laisse... Il y a des traces de concombres. Et pour répondre à ta question. Mon corps ne fabrique pas de quoi digérer la viande ou la graisse du poisson. Ça stagnerait dans mon corps sans pouvoir l’évacuer et ça fermentera de l’intérieur.
Hongjoong fit une grimace de dégoût. Il mit l’assiette de côté, nettoya son couteau et prit un varech qu’il avait été chercher en même temps que le goémon. En principe, c’était la même chose. Une algue brune qui vivait près de la surface. Une fois, la salade marine prête. Il la déposa devant la sirène pacifique.
Trois types de sirènes, les sauvages, les solitaires et les pacifiques. Chacun avait une alimentation et un régime alimentaire bien distinct. Et sur les trois, il fallait que Hongjoong tombe sur la pacifique.
Lui, fixa Seonghwa. Une question au bout de la langue. Il s’avança, ses mains se posèrent sur ses épaules. La sirène se crispa, mais mangea calmement. Il essayait de faire abstraction de l’homme derrière lui. Il en oubliait que les abyssaux restaient une des créatures les plus puissances des océans.
— Je ne compte pas te laisser partir. Tout de toi est mien.
Le visage de Seonghwa se leva, croisant directement le regard mauve de l’abyssal. Lui, déposa une main sur sa gorge, ses lèvres heurtèrent les siennes. La sirène se redressa presque aussi vite, mais Hongjoong le ramena contre lui d’un bras ferme.
— M... Mon corps n’est pas fait pour vivre dans de telles profondeurs...
Son corps semblait vouloir fuir. Ses mains tentaient de pousser le torse de l’abyssal, mais lui ne bougea pas d’un pouce. Mieux, il le serra plus fermement. Ses deux bras autour de la sirène.
— Je t’emmènerai à la surface quand tu seras devenu docile. Quand tu comprendras que désormais, tu es à moi. Et à ce moment-là, je serai plus clément.
Les yeux de la sirène se fermèrent, pinçant ses lèvres en sentant celles de Hongjoong dans son cou. Il le poussa contre la table, l’y fit asseoir et se plaça entre ses cuisses. Leur corps seulement vêtu de vêtement ample, qu’on ne retrouvait que dans les royaumes des sirènes. Seonghwa se tint à la pierre.
Ses ongles s’enfoncèrent, espèrent pouvoir retirer un bout, mais c’était peine perdue. Les baisers de l’abyssal cessèrent d’eux même. Ses mains sur ses hanches, son visage devant le sien. La sirène osa rouvrir les paupières, croisant son regard.
— À partir de maintenant. Tout de toi est à moi. Et tout de moi est à toi. J’envisagerai de vivre un peu plus haut. On trouvera un juste-milieu. Crois-moi.
Le cœur de Seonghwa battait trop vite. Il ne contrôlait rien. La peur s’engouffrait et Hongjoong semblait s’en nourrir puisqu’un sourire apparu sur ses lèvres. Malgré tout, en y regardant de plus près. Il devait avouer qu’il avait un certain charme. Et il l’avait sauvé. À cette heure, sans lui. Il serait en vente et qui sait de qui aurait pu l’acheter.
Rien qu’en y pensant, il eut un frisson de dégoût. En y réfléchissant, peut-être que de rester avec lui, pour le moment était la meilleure option. Jamais des humains chercheraient un abyssal, mais ils le chercheraient lui, encore. Ceux à la salle de vente avaient été clairs. Peu importe où il ira, ils le retrouveraient. Alors pour l’instant, il décidera de se protéger lui-même en restant à ses côtés.
— Un juste-milieu alors...
Il tendit son auriculaire. L’abyssal haussa un sourcil avant de lâcher un rire, presque froid. Son petit doigt encercla le sien.
— Tu peux rester combien de temps dans les profondeurs ?
— Moins d’un jour. Après mes organes ne supportent plus la pression.
— Alors on ferait mieux de remonter maintenant. Tu as dormi sacrément longtemps.
Il attrapa sa main, fermement. Seonghwa sentait de la possessivité dans tous ses gestes. Quand il répétait qu’il était à lui, il ne plaisantait pas. Hongjoong sortit, attrapa la sirène par la taille. La nageoire de Seonghwa revint, la pression redevint pesante. Il sentit sa gorge se contracter, tout son corps même se rétracter. Le courant les fit remonter. Hongjoong n’oublia pas d’y aller plus lentement qu’à l’aller. Il fit des pauses tous les 1000 mètres.
Ses bras l’attirèrent à nouveau. Les bras de Seonghwa se placèrent autour de lui, serrant son dos. Au fil des minutes, la pression redevint confortable. Sa tête se posa sur l’épaule de l’abyssal. Quelques poissons passèrent près d’eux. La plupart s’enfuyaient à la vue de Hongjoong. Un requin arriva soudainement, la gueule grande ouverte.
La main du grisée se leva, mais celle de Seonghwa se déposa sur la sienne, baissant son bras. Son regard croisa le requin qui ralentit, passant son chemin. Hongjoong fronça les sourcils puis baissa les yeux vers Seonghwa.
— C’est dans leur nature de protéger les sirènes. Il a cru que tu me faisais du mal.
— Mmh. Il était affreux.
— Ils sont redoutables mais pas méchants. C’est étrange qu’il soit si profond.
Hongjoong leva les yeux, la lumière arrivait.
— On était à 1500 mètres de profondeur.
— C’est ce que je dis. Ils descendent jusqu’aux 1300 mètres...
Sa voix se perdit dans les échos de la mer. Son corps se vida presque. Hongjoong s’arrêta à nouveau, le maintenant mieux dans ses bras.
— Je vais trop vite ?
— Oui... C’est...dur...
Hongjoong descendit en voyant une grosse caillasse puis s’y assit, laissant Seonghwa contre lui. Ses doigts glissèrent sur sa nageoire, d’une couleur blanche pure. Elle brillait même, telle une lanterne dans la nuit.
Ses doigts titillèrent quelque chose. Il baissa les yeux, la main de Seonghwa saisit la sienne. Hongjoong sourit, comprenant ce que c’était. Son intimité. Il était vrai que les sirènes pacifiques avaient la particularité d’être hermaphrodite. Un énorme frisson parcourut l’échine de Hongjoong.
Son corps se redressa pour sauter. Une mâchoire se referma. Un autre requin-lutin. Il s’élança vers eux, ne visant que les parties de l’abyssal. Lui recula, pas trop vite pour Seonghwa. La sirène reprit légèrement de ses forces. Il poussa Hongjoong pour qu’il le lâche, mais lui le maintint contre son corps.
Le requin sembla soudainement encore plus en colère et un autre arriva. Malgré la pénombre, la nageoire de Seonghwa donnait légèrement de luminosité. Les yeux de Hongjoong voyaient parfaitement dans le noir.
— Lâche-moi ! Montre-leur que tu ne me veux pas de mal ! cri Seonghwa. Je compte pas m’enfuir !
— T’as intérêt. Ses bras le lâchèrent.
Les deux requins foncèrent sur Seonghwa, tournant autour de lui comme un mur protecteur. Les forces de la sirène le quittèrent aussitôt. Faire des efforts pour ne pas couler, à une telle profondeur l’épuisait plus qu’il ne l’aurait cru. L’un des requins se plaça sous lui, remontant comme il pouvait.
Hongjoong fronça les sourcils. Les requins les plus dangereux des océans se montraient aussi doux que des agneaux avec la sirène. Il les suivit, Seonghwa se tenait au requin. Il déposa un baiser sur sa dorsale. Mais derrière, le deuxième requin tendit la mâchoire.
— Non ! hurle Seonghwa.
Sa main se plaça sur le long museau du requin qui referma la mâchoire. Hongjoong recula, il ne avait pas venu venir. Son regard alla sur Seonghwa, pourquoi l’avoir sauvé ? Il aurait pu s’enfuir. Un sourire orna à nouveau ses lèvres. Remontant lentement, les requins s’arrêtèrent une fois que la lumière revint.
Seonghwa arriva à nager, il remercia les deux requins d’un bisou sur le museau et de caresses puis les laissa s’en aller de nouveau dans les profondeurs. Hongjoong s’approcha à nouveau, mais une ombre lacéra l’obscurité. Avec choc, une explosion de sang au poignet de l’Abyssal, et Seonghwa fut arrachée au néant.
Ses mains s’ancrèrent d’instinct dans la peau rugueuse du mako qui l’enserrait sans l’écraser. La remontée fut un sifflement de bulles et de pression libérée. Quand ils furent à la surface, Seonghwa inhala l’air marin dans une quinte de toux salvatrice, ses propres ultrasons vibrants encore de la peur qu’il avait ressentie.
Remonter d’aussi loin avec Hongjoong avait été presque une torture. Mais avec cet animal, c’était presque apaisant. Il le laissa repartir, l’observant. Cette fois, une grosse masse arriva vers lui, Seonghwa alla de nouveau dans l’eau et un sourire orna ses lèvres. Il tendit les bras, le requin baleine ralentit, penchant sa tête vers l’avant.
— Enfin... Je retrouve ce que je connais...
Il déposa un baiser sur le gros requin. Il en voulait tant aux humains de les diaboliser alors qu’ils étaient doux. Tant de monde avait une image agressive de ces animaux. Son regard tomba sur Hongjoong. Cette fois, aucun ne l’attaqua en passant. Juste, ils surveillaient. Comme le requin à peau bleue qui fixait Hongjoong avec son regard en coin.
— J’étais sûr que tu t’étais enfui. Pourquoi ne pas avoir tenté ?
— Les requins me protègent... J’ai confiance en eux. Maintenant, je sais qu’on sera là, dans la zone mésopélagique, les requins seront là si tu tentes quoi que ce soit. Ce sont mes bébés... Nos protecteurs. Ce sont nos amis. Nos frères.
Hongjoong tendit un bras, celui que le requin mako avait entaillé avec sa mâchoire. La sirène alla vers lui, il prit son poignet laissa sa langue lécher la plaie. Les yeux de l’abyssal s’ouvrirent en grand.
— Tu me protégeras des humains. Et quand je voudrais partir... Je sais que je pourrai compter sur eux.
— Tu me donnes envie de te baiser quand tu fais ça avec ta langue.
Seonghwa cracha le sang, il s’étouffa presque à ses mots. Cette phrase avait été dite sans l’ombre d’une hésitation. La main de Hongjoong attrapa son cou, ses doigts serrèrent légèrement avant de glisser sur sa nuque. Son visage s’approcha, ses lèvres claquèrent contre les siennes. La sirène tenta de le pousser, un requin fit son apparition.
Seonghwa sursauta, le requin-tigre prêt à croquer Hongjoong. Et cette fois Seonghwa ne bougea pas. Il accepta le baiser de l’abyssal. L’instinct de la créature des profondeurs fut plus fort. Il échangea sa place avec Seonghwa et le poussa directement dans la gueule du requin par reflex de survie.
Pris au dépourvu, le requin le lâcha, le regard perdu et frotta son museau contre lui comme une excuse. Seonghwa souffla, fixant Hongjoong qui avait les yeux sombre.
— Il a eu raison. dit-il. C’était malpoli de t’embrasser devant eux.
— C’est vraiment ça qui te choque ?
Hongjoong s’avança à nouveau, tendant une main. Seonghwa hésita, mais la prit. Il se rendait bien compte de la folie qu’il était en train de commettre. Il décidait délibérément de rester avec lui alors que les requins pourraient le protéger.
Mais un abyssal terrifiait les humains. Avec tous les requins aux alentours, s’attaquer à l’un d’eux allaient tous les rameuter. Surtout avec une sirène à côté. Il l’attira contre lui, calant sa main dans le creux de son dos, à la base de ses écailles.
— Je plaisante. Je sais bien que j’aurai dû attendre ton accord. Mais j’ai horreur d’attendre. Si je veux t’embrasser, je le fais. Si je veux te baiser, je te baise. Si je veux te toucher, je te touche. Compris ?
Ses doigts prirent son menton, Seonghwa sentait à peine sa prise.
— T’es mignon quand tu veux.
Hongjoong tiqua. Cette fois, ses doigts se serrèrent, ses lèvres frôlèrent les siennes, mais en ne voyant aucun geste de recul de Seonghwa, il les pressa. Sa main resta ferme dans son dos. La sirène n’accepta pas, mais ne refusa pas non plus. Ses doigts passèrent entre leur bouche. La peau de Hongjoong était dure, presque comme celle des requins. D’ailleurs, eux, étaient partis. La sirène ne donnant plus aucun ultrason négatif.
Hongjoong recula, reprenant Seonghwa pour redescendre. Plus lentement que la première fois. Pendant plusieurs heures, il chercha un endroit entre 200 et 300 mètres de profondeurs. Ici, Seonghwa ne ressentait pas d’effet négatif, juste le noir complet.
Le regard de l’abyssal alla vers une grotte. Il tendit la main et un tourbillon se créa. Il y passa avec Seonghwa, comme une porte, le courant les laissa passer sans les blesser. L’eau se vida au fur et à mesure. Les jambes de la sirène apparurent, ses pieds touchèrent le sol froid de la pierre. Il s’accroupit, le bas de son corps nu. Hongjoong leva un sourcil puis plaça ses mains sur ses épaules.
— Je t’ai vu nu quand je t’ai habillé, tu sais. C’est intéressant ce que tu as entre les jambes. Je ne savais pas que les sirènes pacifiques étaient hermaphrodites.
Les joues de Seonghwa prirent une couleur rouge. Il s’assit pour de bon, frissonnant de froid. Hongjoong s’avança, se plaçant devant lui. Ses mains se posèrent sur ses jambes.
— Donne-moi ton consentement. Laisse te bai...
Seonghwa claqua sa main sur sa bouche, ne le laissant pas finir sa phrase. L’abyssal mordit ses doigts, faisant reculer la sirène. Hongjoong en profita pour le pousser et se placer entre ses jambes. Il le plaqua sur le sol. Les cuisses de Seonghwa bien fermées. Il déglutit, la peur montante dans son ventre.
— Non... Je... Non... Pourquoi tu veux tant me...? Enfin... Pourquoi ?
Hongjoong baissa son visage face au sien. Il pencha ses hanches, claquantes ses genoux sur le sol et le maintint. Seonghwa avait le cœur qui battait à tout rompre. L’abyssal posa son front contre le sien et croisa son regard.
— Je veux m’accoupler avec toi. Et seulement toi. Laisse-moi te remplir. Laisse-moi te mettre enceinte.
Les yeux de Seonghwa s’ouvrirent en grand. Il posa sa main sur son visage, l’autre sur la bouche de Hongjoong qui bougea sa tête. Il détestait ça.
— Tu viens de savoir que j’étais hermaphrodite... Elle a été vite ta décision...
— Parce que je le veux depuis que je t’ai rencontré. Je t’aurai mis enceinte de force. J’aurai défié la biologie.
Seonghwa explosa de rire malgré lui. Il plaça ses cheveux en arrière, les larmes aux yeux. Il était totalement à sa merci dans cette position. Et pourtant, Hongjoong ne tentait rien. Il attendait seulement.
— Je te veux Seonghwa. Je veux que tu sentes à quel point je vais au plus profond de ton corps. Que ce soit par l’avant ou par-derrière. Même la bouche.
— Non... C’est non...
Les doigts de Hongjoong se serrèrent un instant avant de le lâcher. Seonghwa n’avait même pas réfléchi, mais son choix était fait. Il n’avait aucunement l’intention de donner son corps à cet homme et encore moins de lui donner un enfant.
— D’accord. Mais laisse moi au moins...
Seonghwa le coupa aussitôt.
— Non. Peu importe...
Les bras de Hongjoong le retournèrent, ne le laissant pas finir sa phrase. Il se retrouva sur le ventre le corps de Hongjoong au-dessus de lui. Ses cheveux se firent balayer, et il sentit des piques sur sa nuque, comme une morsure. Des dents. L’abyssal le marquait au plus profond de sa chair.
Seonghwa ne pouvait plus bouger d’un seul petit pouce. S’il essayait, c’était la paralysie assurée.
Tout son corps semblait brûler. Les larmes montèrent, la douleur passa dans toute sa colonne vertébrale comme des milliers d’épines.
Hongjoong finit par reculer, embrassant la morsure. Il se redressa, laissant Seonghwa se redresser. Son corps était tremblant, il respirait difficilement. La douleur dans sa nuque pulsait jusque dans ses os.
— Pourquoi...?
— Comme ça. Plus jamais tu ne seras loin de moi.
Le cœur de Seonghwa était lourd. Il aurait dû fuir. Il le savait. Les requins l’avaient prévenu, mais il n’avait rien voulu entendre. Une larme s’écoula lentement sur sa joue puis une deuxième. Ainsi de suite pour les autres. Un sanglot lui arracha la gorge.
— Je reviens. Je vais chercher ce qu’il te faut.
La sirène entendit ses pas s’éloignait jusqu’à ne plus rien entendre. Il baissa la tête, porta sa main sur sa nuque sanguinolente. Il sentait les gouttes de sang couler le long de son dos. Il renifla puis se retourna. Il était parti, en le laissant seul ? Avait-il bien confiance en lui ? Ce n’était pas possible.
Il s’avança, lentement, comme si c’était un crime. A quatre pattes. Sa main se tendit vers l’entrée, mais le courant du tourbillon fut si fort que son bras fut projeter en arrière. C’était ainsi. Il ne pourra jamais partir. Même en faisant appel aux requins. Il avait bien été naïf. Quelque chose en lui hurlait, douloureusement. Il porta sa main à son torse. L’absence.
Désormais, il comprenait. Un sourire naquit sur son visage, amer. Il tira ses cheveux, claquant son front contre la pierre sablé. Ses sanglots résonnèrent dans cette grotte bien trop étroite pour deux personnes.
— Je te déteste... Tellement...
Les jours suivants. Hongjoong refit la maison comme elle était. En plus petit, mais il s’y plaisait. Il était en ce moment contre le canapé, tenant Seonghwa contre lui. Il était à moitié endormi. De nouveau habillé.
— Il fait trop noir... se plaint la sirène.
— Tu veux remonter ?
— Non... J’ai pas la force.
La main de Hongjoong tapota son torse. Le corps de Seonghwa à moitié allongé contre l’abyssal. Le manque de lumière l’atteignait plus qu’il ne le croyait. Mais maintenant, il était coincé ici. Avec lui. Cet homme dont il ne pouvait plus quitter. La marque le rendait de plus en plus dépendant malgré lui. Il avait besoin de son touché, de savoir qu’il était là. Pour le plus grand bien de Hongjoong.
Lui avait enfin quelqu’un avec qui passer le temps. Il n’était plus seul dans cet enfer noir. Tous les jours, c’était comme ça. Pour Hongjoong c’était le quotidien, mais pour Seonghwa, c’était une prison. Le lendemain, il demanda pour sortir. Hongjoong tendit ses doigts, le tourbillon traça une porte.
Seonghwa sauta à l’extérieur sans attendre. Sa nageoire apparut enfin, elle lui avait manqué. Il alla un peu plus loin puis commença à monter. Au moins pour revoir la lumière. Il souffla, la poitrine serrée à l’effort. Il tendit la main et une autre la saisit. Une sirène. Les larmes montèrent dans les yeux de Seonghwa qui s’avança pour le prendre dans ses bras. L’autre sirène sursauta, frottant son dos, maladroitement.
— je suis tellement content d’enfin voir quelqu’un.
— Hé... Viens avec moi...
Il garda sa main dans la sienne et nagea doucement vers la surface avec lui. Seonghwa renifla, soufflant de soulagement. Il ne saurait dire combien de temps, il avait passé à nager, mais il commençait à voir des requin-chabo. Des petits, entre 70 et 90 centimètres. Ils se servaient de leurs nageoires comme des pattes pour se déplacer dans le sable.
Seonghwa en caressa quelques-uns, ça faisait si longtemps. Il monta sur un rocher avec l’autre sirène, leur nageoire à moitié dans l’eau pour la garder immergée.
— Moi, c’est Wooyoung, et toi ?
— Seonghwa...
Wooyoung hocha la tête. Il s’allongea sur le rocher, Seonghwa fit de même. Ses cheveux quittèrent ses épaules et le visage du nouveau se redressa. Sur son épaule, les veines de Seonghwa étaient noires.
— Hé... Depuis quand t’es là-dessous ?
— J’en sais rien... Un abyssal m’a marqué...
Les yeux de Wooyoung s’ouvrirent tellement en grands qu’ils auraient pu sortir de leur orbite. Il s’assit de nouveau, posant sa main sur sa bouche. Il recula, ses prunelles remplies d’une peur profondes.
— Mon dieu... Tu... Tu vas mourir...
Seonghwa se redressa à son tour. Mourir ? Ses épaules se détendirent, les doigts tremblants malgré lui.
— Tant que tu ne l’acceptes pas... Ton corps se battra contre cette attraction et tu mourras.
— Quoi ? Et je dois juste l’accepter ?
— C’est pas si simple... Tu dois l’aimer.
La gorge du marqué se serra et devint sèche. Il tourna la tête, voyant quelque chose approcher. Il reconnut l’aura de Hongjoong. Il frissonna et poussa Wooyoung.
— Fuis ! S’il te voit, ça va mal finir !
Il plongea à son tour, rejoignant Hongjoong qui s’arrêta. Sa main vint dans ses cheveux puis un baiser s’abattit sur ses lèvres, plus douces que ce que Seonghwa avait prévu. Mais ses épaules se détendirent.
— Tu es parti bien loin.
— C’est un peu cliché, mais se prélasser sur des rochers... Ça me détend. Je peux rester encore un peu ?
Hongjoong haussa un sourcil, souriant puis croisa les bras contre son torse.
— Seonghwa. Tu n’es pas prisonnier. Tu vas où tu veux. Je veux juste savoir où quand tu vas trop loin comme ça. Tu comprends ?
Seonghwa poussa un soupir de soulagement et hocha la tête. Apprendre à l’aimer. Une tâche hargneuse. Pourtant, quelque chose en lui, lui disait que ce n’était pas impossible. Il remonta alors sur le rocher, laissant Hongjoong le rejoindre.
Celui-ci grimaça à la lumière du soleil, mais s’allongea. La sirène ferma les yeux, sa nageoire sortie de l’eau. Comme il y avait des vagues, elle ne disparaissait pas. Il se tourna, calant sa tête contre le torse de Hongjoong qui le serra contre lui, plaçant un bras autour de ses épaules. Son souffle contre ses cheveux.
Seonghwa tentait de faire abstraction de tout ce qu’il avait fait, se concentrant seulement sur ses petites attentions. Il n’avait pas tellement envie de mourir maintenant, ni jamais. Il était trop jeune. Il devait lui rester encore une centaine d’années à vivre.
— Si je t’autorise à ce qu’on s’accouple, tu seras doux avec moi ?
Hongjoong baissa les yeux vers son visage, le lui relevant. Son front contre le sien.
— Bien sûr. Mais ça ne se fera pas du premier coup. La grossesse n’est pas obligatoire. C’est même pas sûr que ça fonctionne, on est pas de la même espèce. Tu le veux ?
— Non... Je t’avoue que je suis vraiment pas prêt.
— Parfait... On va juste coucher ensemble. Comme font les humains quand ils s’aiment.
Le regard de Seonghwa croisa le sien. Tout son corps prit de tremblement imperceptible. Lui-même se demandait ce qu’il était en train de faire. Il venait de l’autoriser à l’impensable. Au fond de lui, il était certain que cela pouvait résoudre ce problème de marque. Ou l’aggraver. C’était une chance sur deux.
Les iris de Hongjoong allèrent sur le cou de Seonghwa et sa gorge se noua. Il glissa sa main sur ses veines noires, baissa la tête puis les embrassa. Il ferma les paupières, le serrant plus fermement contre lui.
— Encore...
Ce ne fut qu’un murmure, mais Seonghwa l’entendit. Sa main retrouva ses cheveux et les larmes montèrent sans raison. Tout son corps s’emballa.
— Hongjoong... Je peux te demander une faveur ?
Le visage de l’abyssal se redressa, se plaçant devant le sien.
— Tout ce que tu veux.
— Je pourrai choisir ma nourriture moi-même ? Je t’avoue... J’en ai assez de la varech.
Le grisé pouffa et hocha la tête. Plus il l’observait et plus, Seonghwa remarquait qu’il n’était pas si terrifiant. Enfin si, il faisait peur, mais maintenant qu’il était habitué, il lui trouvait une certaine beauté. Les lèvres de Seonghwa rencontrèrent les siennes et pour la première fois, la sirène ne resta pas passif, mais participa.
Sa main se glissa sur la nuque de l’abyssal, augmentant doucement la pression du baiser. Assez pour que les bras de Hongjoong l’enlacèrent.
Cette fois, Seonghwa se disait qu’enfin, il avait changé. Mais ça, au fond de lui, il se doutait qu’il se berçait d’illusions. Les mois passèrent.
Trois pour être plus précis. Les deux s’étaient habituées à la présence de l’autre.
Seonghwa partait plus souvent, Hongjoong lui laissait plus de liberté. Lui ne le suivait plus. Il allait même souvent dans le monde des humains pour lui ramener quelques vrais légumes de la surface. Il l’entourait d’un courant puissant afin qu’il ne se désintègre pas.
Cette fois, il ramenait des raisins. Un fruit que la sirène n’avait jamais gouté. Pour maintenir la pression, il devait se concentrer au maximum. S’il relâchait, ne serait-ce qu’une seconde, la grappe exploserait. Arrivé à la grotte, l’air était stable. Seonghwa faisait une collection de coquillages, il se faisait des colliers.
Son regard se leva vers l’abyssal, il attrapa les fruits, le regard doux. Ses doigts attrapèrent une boule verte et l’amenèrent dans sa bouche. Ses yeux s’ouvrirent en grand à l’explosion de saveur et de sucre. Il toussa tellement, c’était sucré, mais sourit, les pupilles pétillantes.
— Wow... C’est trop bon.
— Je peux goûter ?
La tête de Seonghwa se hocha. Il tendit un raisin, Hongjoong le prit, mais au lieu de le placer dans sa bouche, il le plaça entre les lèvres de la sirène. Il se baissa, leur visage si proche. Les yeux du brunet se fermèrent. Leur bouche se scella, la langue rugueuse de la créature des profondeurs pénétra dans la sienne. Il attira le raisin entre ses dents et celui-ci se mêla à leur deux palais.
Ce genre de chose, Seonghwa ne l’avait jamais fait. Ça ne lui viendrait même pas à l’esprit. Mais sentir le désir ainsi de Hongjoong lui donnait chaud. Sa langue contre la sienne. Le goût du raisin qui explosait en bouche. Le corps du grisé s’avança, tel un affamé. Sa main se glissa sous son haut, dans son dos. Il en voulait plus, tellement plus. Les doigts de la sirène serrèrent ses épaules.
La déglutition se montrait plus difficile que prévu. Le corps de Hongjoong produisait beaucoup plus de salive que lui. Il dut rompre le baiser pour avaler, à peine cela fait, que l’autre reprit sa bouche en otage. Sa main attrapa ses cheveux, l’autre glissa sur sa cuisse, faisant frissonner le concerné. Il le souleva sans grand effort, le plaquant contre la paroi humide de la grotte. Son bassin se fraya un chemin entre ses jambes.
Seonghwa avait du mal à suivre. Il ne savait où placer ses doigts. Respirer devenait un luxe, mais embrasser ainsi avait une certain addiction. Sentir ainsi la salive de Hongjoong le rendait fou.
— Hong...joong...
Le concerné rompit le baiser, encrant son regard dans celui dilaté de désir de Seonghwa. Un sourire orna ses lèvres. Son corps tremblait sous lui. Et lui n’était pas sans reste non plus. Il l’attrapa par la taille et plaqua son dos contre la table à manger faite en pierre. La sirène sursauta à cette agressivité soudaine.
Ses jambes perdirent leur tissu. Hongjoong se plaça au dessus lui, écartant ses cuisses. Il s’abaissa, revenant l’embrasser sans retenue. Cette fois, Seonghwa tenta de suivre le baiser. Sa langue rejoignit une nouvelle fois la sienne. À la sensation de sa salive, son corps se détendit, comme une drogue. Il avait l’impression qu’il ne pourrait plus s’en passer.
Lentement, leurs vêtements rejoignirent le sol. Leur bassin se toucha, leur donnant un violent frisson. L’abyssal poussa un soupir de plaisir, il s’abaissa, déposant ses lèvres sur la peau de la sirène. Lui trembla, mettant sa tête en arrière.
Ses baisers étaient comme de douces brûlures. Il ne comprenait pas pourquoi ses pensées devenaient floues. Pourquoi dire non lui semblait soudain si compliqué ? Pourquoi tout paraissait trop bon pour être vrai.
Mais il ne voulait plus y penser. Il n’en avait pas la force, ni l’envie. Tout ce que Hongjoong lui faisait lui donnait le besoin d’avoir plus, toujours plus. Chaque muscle de se détendait. Même celle de sa fente génitale. Et Hongjoong le remarqua.
Quand ses doigts explorèrent son corps. Il écarta ses jambes plus franchement. Sa salive coula sur ses phalanges, son majeur le pénétra. Seonghwa ouvrit complètement les yeux, il allait parler, mais la langue de Hongjoong revint chercher la sienne.
La sirène lâcha des gémissements de plaisir. Il ne contrôlait plus rien. Ses muscles se crispèrent en sentant un deuxième doigt en lui. Il attrapa les cheveux de Hongjoong, tentant de rompre le baiser, mais celui-ci augmenta la pression. La salive rentra de nouveau dans sa bouche. Le plaisir grimpa une une nouvelle fois. L’abyssal cala son front contre le sien.
— Je vais te faire l’amour.
Ce n’était pas une question. C’était une affirmation. Et Seonghwa ne pouvait rien y faire. Incapable de réfléchir correctement. Tout ce que son cerveau arrivait à filtrer était le plaisir. Ses mains attrapèrent les joues du grisé, son regard voilé d’un désir ardent.
— Fais-moi l’amour...
Il ne saurait dire si c’était sincère ou non mais ce qui était sûr ce que son corps en mourrait en d’envie. Il ferma les yeux, les doigts de Hongjoong commençaient de lents mouvements. La chaleur gravit chaque partie de son anatomie. Une sensation encore inconnue l’inonda.
Son bras se plaça contre son visage. Un premier gémissement passa ses lèvres, puis un deuxième. Hongjoong embrassa sa peau de sa salive. Son majeur et son index frottèrent la chair interne de la sirène avec soin. De son autre main, il saisit sa longueur, intimant les mêmes mouvements et le même rythme que ses doigts.
— Je crois que ton corps est prêt.
Seonghwa frissonna à la sensation de vide soudain. Ses doigts attrapèrent les épaules de Hongjoong. Une lueur apparut dans ses prunelles, son regard rencontra le sien. L’abyssal plaça son membre en face de sa fente. Les idées de la sirène étaient embrumées, il ne savait plus réfléchir correctement.
Son cerveau tentait de sonner l’alerte, mais il se laissa juste aller dans le plaisir. Il n’avait pas la force, ni l’envie de résister. Sans prévenir, ni attendre. Le bassin de Hongjoong s’avança, pénétrant la sirène de toute sa longueur. Seonghwa sentit sa respiration se couper, ses parois internes s’adaptèrent à la taille du mâle.
La douleur disparut presque aussi vite qu’elle était apparue. Ses doigts serrèrent ses épaules, fermant les yeux. Hongjoong n’attendit pas plus que ça et commença ses coups de bassins. Trop fort. La tête de Seonghwa partit en arrière dans un déferlement de plaisir intense. Trop vite. Sa sensibilité de sirène n’était pas capable de capter autant de signaux.
Sa voix se coinça dans sa gorge, incapable d’émettre le moindre son. Seuls ses yeux se rouvrirent, grand ouverts. Son dos se cambra. Les mains de Hongjoong empoignèrent ses hanches. Un grognement bestial s’échappa de sa gorge.
Sa couleur de ses pupilles. Seonghwa, dans cette presque pénombre voyait parfaitement le visage de Hongjoong via sa bioluminescence. Il ne saurait dire si c’était terrifiant ou non mais ils étaient hypnotisant. Il n’arrivait plus à gérer ce surplus. Les larmes se mirent à couler, incapable de contrôler ce plaisir si intense.
— M... Mon dieu... S... Stop...
Sa main se pressa contre le torse de Hongjoong, le poussant sans vraiment d’effort. L’abyssal n’arrêta pas. Ce fut même le contraire, il accéléra. Le bruit de leur peau qui claquait résonnait dans la grotte. Seonghwa explosa en sanglots, ce plaisir était si intense qu’il en était presque douloureux. Chacun de ses muscles était pris de spasme incontrôlable.
Soudain, son ventre se contracta, si fort que son corps se crispa. Il se redressa, mais Hongjoong le rallongea, claquant son dos contre la table.
— Ton corps...demande le contraire... Regarde-toi...
Ses coups de bassins augmentèrent de puissances sans ralentir. Sa main attrapa la gorge de Seonghwa, sa bouche captura ses lèvres, humides et salées de ses larmes.
— Tremblant... De plaisir comme ça...
Sa respiration commençait à devenir erratique. Ses paupières se fermèrent quelques instants. Il allait bientôt arriver. Sentir les chairs de Seonghwa se contracter autour de lui était un vrai grâle. Juste avant de jouir, il s’arrêta brusquement. Laissant enfin la sirène reprendre sa respiration. Chaque petit mouvement lui donnait des coups de jus de plaisir.
Hongjoong se retira, descendit de la table. Ses mains attrapèrent les hanches de Seonghwa et le retournèrent sans effort, telle une simple crevette. Il l’attira vers lui, ses pieds touchèrent le sol, l’avant de son corps couché sur la pierre.
La sirène ferma les paupières. La tête posée sur la surface froide. Il ravala un sursaut et un cri à la seconde pénétration. Soudaine. Brutale. Les lèvres de Hongjoong se posèrent sur son dos, les mains posés sur sa taille marquée. Il recommença ses coups de bassins, plus franc.
Les yeux de Seonghwa s’écarquillèrent. Il griffa la pierre puis ferma les paupières. Les larmes se remirent à couler. Le plaisir remonta en flèche, ses gémissements sortirent à quelques coups. Sa voix la plupart du temps bloquée dans sa gorge.
Hongjoong colla son torse à son dos, augmentant encore plus la cadence. Tellement qu’à un moment, les pieds de Seonghwa ne touchaient plus le sol. Ses jambes se crispèrent, ses gémissements devinrent des cris. Quelque chose gonflait en lui, comme s’il allait exploser.
Une si grosse vague l’atteignit que son corps se déconnecta presque. L’orgasme fut si violent qu’il tomba dans l’inconscience l’espace d’un instant. Il n’y arrivait plus, c’était tellement intense qu’il ne savait même plus ce qu’il ressentait.
Hongjoong lui arrivait, il avait fermé les yeux. Sa tête partit en arrière en sentant la jouissance arriver. Il se déversa en lui, allant au plus loin qu’il pouvait. Seonghwa hurla soudainement, donnant un coup de pied dans le vide. L’abyssal retint sa jambe, ralentissant la cadence.
— Je t’ai fait mal ? Comme ça ?
Il recommença. Seonghwa serra les dents, ferma fort les yeux, son front contre la table. Tout son corps se crispa. Mais Hongjoong ne bougea plus une fois dans le fond. Sa tête se posa contre son dos, reprenant sa respiration. La douleur de Seonghwa se dissipa et le bassin du grisé recommença ses mouvements profond.
Seonghwa serra la mâchoire, mais au fur des allers-retours, une chaleur agréable l’envahi. Chaque fois que le bout de Hongjoong touchait son fond, ses épaules se détendirent. Il ferma même les yeux, reprenant sa respiration. Son corps se reposa sur la table puis Hongjoong se retira. Sa semence blanche, luisante coula.
Hongjoong souffla à ce spectacle. Il fixa un instant le deuxième orifice de Seonghwa, celui de derrière. Il mordilla sa lèvre.
— La prochaine fois... dit-il pour lui-même d’un sourire. Allez viens.
Il l’attira contre lui, le portant dans ses bras. Seonghwa se laissa complètement faire, encore tremblant de tout ce qu’il avait ressentit. Il sentait le liquide chaud, presque brûlant de Hongjoong s’écouler de lui.
Ils allèrent dans le canapé, une couverture que Hongjoong avait ramenée du monde des humains. Le visage de Seonghwa se trouvait contre son torse, totalement affalé dans ses bras, le souffle désormais calme. La fatigue eut raison de lui, ici, dans les bras de cette créature.
À son réveil, tout devint douloureux. Chaque petit geste lui semblait être une épreuve. Il sursauta en sentant deux mains sur son corps. Son cœur se mit à battre rapidement. Il tourna la tête, croisant le regarde de Hongjoong qui souriait. Ses lèvres capturèrent les siennes. Seonghwa détourna le menton, mais l’abyssal agrippa ses cheveux.
Sa langue entra en contact de la sienne. Les pupilles de Seonghwa se dilatèrent, son corps se remit à trembler, mais une douleur lui fit reprendre ses esprits. Il claqua sa main sur sa pomme d’Adam. Hongjoong toussa, il recula, la main sur sa gorge. Son regard fixa la sirène, sombre, noir.
Seonghwa secoua la tête, il tendit les mains pour l’empêcher d’approcher, il fixa la sortie. Les larmes coulèrent, Hongjoong fronça les sourcils. Ses bras l’enlacèrent, surprenant presque la sirène.
— Tu veux manger ? Je me suis dit... Qu’on pourrait aller à la surface ? T’en dis quoi ?
Quelques secondes. Ce fut seulement ce laps de temps que Seonghwa prit pour accepter. Hongjoong le porta, sortant avec lui, remontant lentement. La nageoire de Seonghwa avait perdu de sa brillance.
Ses paupières se fermèrent, serrant Hongjoong contre lui. Sa tête posée sur son épaule. Les oreilles de l’abyssal ne pouvaient rien entendre. Mais Seonghwa diffusaient des ultrasons imperceptibles. Seulement un seul type d’animal marin pouvait les entendre.
Et dans le silence de la mer, en dessous d’eux jaillit. Hongjoong hurla, sa jambe attrapée par une mâchoire imparable. Seonghwa recula en le poussant de toutes ses forces et de nouveau, une fusée apparut. Pris dans la gueule, le requin mako l’enserra, juste assez pour sentir sa dentition sur sa peau.
Les larmes de Seonghwa coulèrent. Il explosa en sanglot contre le requin qui l’emmenait aussi loin que possible.
Du côté de Hongjoong, lui ne pouvait rien faire. Deux autres requin lutin vinent l’attraper. les trois piquèrent vers le fond, aussi vite que possible. Hongjoong sentit tous ses organes se contracter. Il n’avait pas été à plus de 500 mètres de profondeurs depuis des mois entiers. Son corps n’était plus habitué.
Une douleur aigüe lui prit la tête. Il serra sa mâchoire, tirant sur ses membres pris par les dents lacérées des requins. La vitesse était tellement puissante qu’il n’avait pas le temps d’utiliser les courants marins. Le sang fusa dans l’eau.
1000 mètres, et les requins continuèrent. Hongjoong porta une main à son torse. Tant qu’ils n’allaient pas plus loin que 5 000 mètres, il pourrait survivre. Mais il était sûr qu’ils n’y arriveraient pas.
Et pourtant, même après 2000 mètres, les requins lutins ne perdirent aucune force bien qu’eux aussi devaient souffrir.
Ils vont vraiment se sacrifier ? Mais pourquoi ?! J’ai tout fait pour lui !!Pense-t-il, le cœur serré.
À 3 000 mètres, les yeux d’un des requins explosèrent ainsi que ses organes. Sa mâchoire relâcha la jambe de Hongjoong pendant que les autres continuaient. Hongjoong ne pouvait rien faire. La descente était trop rapide, même pour lui. Son corps n’avait pas le temps de s’habituer. Pourtant, ce type de requin n’était pas censé être aussi rapide.
Un autre explosa à 4 000 mètres. Hongjoong sentit ses organes se contracter. Une douleur puissante pulsa dans son crâne. Il sentit quelque chose céder. Plus aucun bruit, juste un bip incessant. Ses tympans venaient d’exploser.
Le dernier requin rendit l’âme à plus de 4 500 mètres de profondeurs. Mais avec la vitesse prit depuis plusieurs kilomètres, il n’arriva pas à s’accrocher ou à créer un courant à temps. Il sombra dans les fonds, allant plus loin que les abysses. Son corps ralentit à partir des 6 100 mères. La zone hadale. Les enfers des océans.
Les pieds de Hongjoong touchèrent le sable. Aucune lumière, absolument aucune. Même ses yeux n’aidaient pas. Son corps céda. La pression était énorme. Il n’avait plus rien pour se repérer. C’est en tendant la main qu’il toucha quelque chose. Un poisson. Il reconnaissait au toucher.
— Non... C’est pas possible...
La douleur qu’il ressentait dans son crâne était insoutenable. Maintenant, il comprenait pourquoi. Le poisson devant lui, il devrait le voir. C’était un concombre de mer. Il devrait briller. Pourtant, il ne voyait rien.
Ses yeux avaient implosé avec la pression en même temps que ses tympans.
Maintenant, la mort l’attendait, telle un sablier en train de s’écouler.
Plus loin, beaucoup plus loin. Le requin mako continuait sa course, mais il ralentissait. Ils venaient de parcourir plus de 8 km en moins de 10 minutes. Seonghwa tapotait ses flans.
— Stop... S’il te plaît... Tu vas t’épuiser...
Le requin coula presque, mais Seonghwa le retint contre lui, déposant un baiser sur son museau puis doucement, il le lâcha. Le laissant partir doucement.
— Merci... Infiniment...
— Seonghwa...?
Les épaules de la sirène sursautèrent et son regard croisa celui d’une autre. Wooyoung. Sa gorge se serra. Wooyoung fonça sur lui, le prenant contre lui. Les deux se serrèrent l’un contre l’autre.
— J’ai réussi à fuir... Mais je vais tout de même mourir... souffle Seonghwa.
Il était vrai que la marque se remettait à s’étendre depuis son réveil.
— J’ai cru... J’ai cru qu’il avait changé.
— Non. S’il te plaît, ne t’en veux pas ! Ce n’est pas ta faute et tu ne vas pas mourir !
Il prit son visage entre ses doigts et le regarda dans les yeux. Seonghwa déglutit puis baissa son attention sur la fiole que Wooyoung avait attachée en collier. Celui-ci posa sa paume dessus. Leur regard se recroisa. Celui de Wooyoung brûlait d’une détermination sans faille.
— J’ai cherché. Voici le remède pour que la marque disparaisse. Il faut que tu le boives.
Les paupières de Seonghwa s’écarquillèrent. Avant même que sa réponse n’arrivât, Wooyoung lui saisit le bras pour l’emmener à la surface. Rien autour. Aucun bateau. Wooyoung prit la fiole, retira le bouchon et le tendit à Seonghwa.
Lui, le prit. Les doigts tremblants, il déglutit. Et si ça ne marchait pas ? Il avait toujours la salive de Hongjoong contre sa langue. L’envie d’en recevoir revenait. Mais il fit abstraction et versa le liquide vert dans sa bouche puis l’avala. Il n’en laissa pas une seule goutte.
— L’effet n’est pas instantané. Il faudra quatre semaines. Il ne faut pas que tu changes de forme ou que tu vas trop profondément. Reste au-dessus des 200 mètres, d’accord ?
Seonghwa attrapa ses mains quand il les tendit, surprenant légèrement Wooyoung.
— Pourquoi...? Tu ne me connais même pas...
— C’est vrai...
Il baissa les yeux, son regard devenu soudainement d’une tristesse infini que Seonghwa aurait pu en pleurer. Sa gorge se serra. Wooyoung ouvrit la bouche, murmurant, assez fort pour que son ami puisse entendre.
— Mon meilleur ami...
Un sanglot s’échappa.
— Il a perdu la vie à cause de la marque d’un abyssal...
Les larmes coulèrent en même temps que ses hoquets. Seonghwa l’attira contre lui, si tendrement que Wooyoung se sentit bercé. Son front se posa sur son épaule confortable.
— Je suis désolé... Comment... tu l’as trouvé ? Ce remède ?
— Au fond de la mer... Un marchand fabrique toute sorte de chose en échange de quelque chose...
— Et qu’est-ce que tu as donné ?
Les yeux de Wooyoung se fermèrent un instant avant de les rouvrir. Un sourire orna ses lèvres, pas le genre qu’on aimerait voir sur quelqu’un.
— Mon utérus...
Seonghwa ouvrit grand les yeux, il le serra plus fortement. Il souffla, sa tête contre la sienne.
— Merci... Merci infiniment...
Hé bien, quel os !
Première publication sur cette appli, bien le bonjour :)
J'espère qu'il vous a plu !