JAMAIS, au grand jamais (Collioure 2)

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Résumé

NATHAN, ex-gymnaste et modèle, ne croit à l'amour. Blasé par son passé, sa célébrité basée principalement sur son apparence, la romance n'existe pas à ses yeux. Lorsqu'une jeune femme entre dans sa vie, une qui ne le voit même pas de cette façon, Nathan va réaliser bien vite que son coeur n'est pas mort, finalement.

Genre :
Romance
Auteur :
NotSayin'
Statut :
Terminé
Chapitres :
25
Rating
4.5 2 avis
Classification par âge :
18+

Chapitre 1 - Asseyez-vous, c'est l'heure de la petite histoire

Bonjour tout le monde! Ce petit mot vite fait pour vous prévenir que cette histoire est une slow-burn, ou commencement lent si vous préférez, ces personnages ont besoin de temps avant de plonger sous les draps... ou ailleurs si l'envie les prend. Si ce genre, ou les jurons ne sont pas votre style, à bon entendeur...

Cette histoire développe également tout un monde, d'amitiés et de romances. Si vous aimez ces personnages, le reste de la série est complète, et la première partie s'appelle Perdus et Retrouvés. La version française des deux autres histoires suivantes sera disponible très vite.

Bonne lecture :)

F.



Nathan

Je compare toujours mes séjours chez Jay, ou devrais-je dire, chez Jay et Thomas, à des bains d'amour. Et après une année de misère, je suis content de vous annoncer que je suis, à l'instant, un homme très heureux.

Je suis entouré de sept idiots, il y a du chaos, des rires et de la musique partout autour de moi, et oui, de l'amour. Beaucoup, et beaucoup d'amour Je sais, je sais, c’ est cucul la praline, mais s'il vous plaît, restez avec moi. D'abord, on en était où? J'en étais où? Ah oui, chez Jaimie. Et c'est Noël.

Enfin, je vous dis que je suis chez eux, mais c'est la seule maison où je me suis jamais senti chez moi. C'était la maison de Tatie Carole, jusqu'à l'année dernière, à peu près. Carole est la tante de Jamie, et celle qui a adopté notre gang de sales gosses il ya des lustres.


Jaimie a été ma première amie. Nous étions au college, et malgré ma popularité, j'étais un gamin très seul.

Mes parents sont des gens froids, snobs, et vieille mode. Je ne saurai jamais pourquoi ils ont choisi de m'avoir, j'ai été élevé par des babysitters et des gouvernantes, comme si nous vivions encore toujours en pleine époque victorienne. Et ça pour des Français.

Mon père a hérité de son entreprise, une énorme pharmacie antique: l'entreprise et le bâtiment qui la loge, appartenaient à son père, auparavant au père de son père, etc.

Ma mère, je ne sais pas trop, je crois qu’elle vient d’un milieu beaucoup plus modeste, mais avoir épousé un homme relativement aisé et connu (plus ou moins, le fait de tenir la toute première pharmacie existant dans les cinquante kilomètres à la ronde, fait que tout le monde connaît votre nom) lui est monté à la tête. Après un an de mariage, elle a décidé que sa position était bien au-dessus du petit peuple, sa seule amie dans notre petite ville la femme du bijoutier.

Enfin, je digresse. Tout ça pour vous dire que j'étais un enfant seul, et que ma solitude était principalement due au snobisme de mes parents. On m'avait déclaré au-dessus du foot, ou du basket, sports pathétiques juste bons pour la plèbe. Non, moi, on m'envoyait faire de la gymnastique, deux fois par semaine.

Sans l'autorisation de jouer avec d'autres mômes, et ma mère contrôlant mon emploi du temps, il n'a pas fallu longtemps pour que les heures d'entraînement ne soient récompensées. Ou punies, selon le point de vue, par les compétitions. Des compètes à tire larigot. Des prix aussi, beaucoup, même, mais qui n'avaient jamais l'air de suffire.

Un nouveau coach, que mes parents jugeaient meilleur, plus orienté vers le succès. Un homme pas très marrant, croyez-moi.

Mais bon, il m'a poussé jusqu'au niveau olympique, alors on s'en fichait, de son mauvais caractère, non?


Enfin bon, le collège. L'adolescence, avec tous ses inconvénients, et toujours pas un seul copain. Mes résultats étant jugés insuffisants par mon école précédente, où personne ne voulait comprendre, malgré les efforts stridents de ma mère pour les en convaincre, que je ne pouvais pas gérer les entraînements olympiques et les bonnes notes, il a en plus fallu que je change d'école.

Le deuxième jour dans ma nouvelle classe, et c'était déjà la même chanson. Les garçons m'évitaient, ou essayaient trop dur d'être potes, pour paraître cools. Quant aux filles, c'était encore pire: les gloussements, les battements de cils, et les balbutiements en veux-tu en voilà.

Pas pour me vanter, hein. J'ai simplement des yeux pour voir. J'ai hérité des bonnes gênes physiques de mon père: grand, les yeux bleus, des cheveux bouclés qui tombent toujours comme il faut, quoi que j'en fasse, des yeux bleus et une peau parfaite, pour laquelle j'ai toujours été reconnaissant: pas une seule crise d’acné, sur une peau bronzée toute l'année, sauf vraiment au coeur de l'hiver. Et, grâce à une activité physique intense, un corps large et musclé.

Ne m'en voulez pas pour ça, c'est juste une apparence. Ça ne dit rien sur moi, sur qui je suis.

Et c'était là le hic, personne ne savait qui j'étais, moi, en tant que personne. Les gens voyaient ma tronche, mon nom dans les papiers locaux, et n'allaient pas chercher plus loin, comme si mon identité se résumait à deux yeux bleus, des biceps et une médaille de temps en temps.


Donc, deuxième jour dans ma nouvelle classe, une nana est arrivée comme une tornade dans la classe et a commencé à engueuler un gamin qui s'appelait Jérome. Pas besoin de le connaître depuis longtemps pour réaliser que c'était le connard du collège, celui qui prenait un malin plaisir à harceler les autres, et apparemment il avait jugé rigolo de faire une sale blague à cette gamine le jour précédent.

La fille était minus, haute comme deux pommes et un calot, toute en boucle et en formes, superbe, mais avec la gestuelle de ces filles qui ne savent pas qu'elles sont belles, et elle était visiblement hors d'elle. Furieuse. Impressionnante, laissez-moi vous dire. Tellement impressionnante, en fait, qu'avant qu'elle n'ait pu terminé sa tirade, Jérome avait déclaré forfait, et décidé de présenter ses excuses, annonçant même qu’ici et maintenant, cette gamine était sa nouvelle meilleure amie.

Ils sont restés cordiaux le reste de notre scolarité.


Une fois calmée, la jeune fille a regardé autour d'elle, apparemment déterminée à aller s'asseoir aussi loin de Jérome que possible, et s'est approchée de la table double derrière laquelle j'étais vautré, seul, comme d'habitude.

“Salut, je peux m'asseoir là?”

J'ai fait un geste vague, le signe “mais je vous en prie” universel, et elle s'est assise, les joues rouges et encore essoufflée. Elle a pris une grande respiration, m'a regardé, je vous jure : sans tiquer, ni battements de cils, ni gloussements, dieu merci. Elle m'a regardé comme si je n'étais pas un phénomène de foire, et avec un large sourire qui illuminait tout son visage m'a dit “Salut, je suis Jaimie. Qu’est-ce que tu lis, il est bien, ton bouquin?”. Et à cet instant précis, comme ça, tout simplement, nous sommes devenus amis.


On est restés dans la même classe pendant des années. Au collège, puis au lycée. Et c'est là que, le premier jour, deux filles sont venues s'asseoir devant nous: Pénélope, quoi que je vous conseillerais de ne jamais l'appeler comme ça, si vous tenez à vos yeux, et à la vie en général. On se connaissait déjà, on avait eu quelques classes en commun au collège. Elle était accompagnée d’une superbe nana, blonde, avec des yeux verts incroyables, Alexis, qui prenait le bus avec Pen (ou Penny, par contre, là c’est comme vous voulez, tant que vous ne l'appelez pas, rappelez-vous, Pénélope).

De ce jour-là, nous sommes devenus inséparables. Nous avons survécu tellement de choses ensemble, les études, nos parents, avec leurs problèmes ou maladies, le décès soudain du papa de Jaimie, les cœurs brisés, enfin ceux des filles, pas le mien.

Comprenez-moi bien, j'ai un cœur. Et qui fonctionne. Je suis capable d'aimer. J'aime mes amies, profondément. J'aime Carole comme je devrais aimer ma propre mère. C'est l'amour romantique qui m'est étranger, je n'ai pas de place dans mon cœur pour la romance.

Mes amies, donc. Qui étaient à mes côtés après ma blessure, et ont pleuré avec moi quand mon rêve olympique s'est écroulé en ruines, avec un plâtre et des centaines d'IRM. Elles m'ont soutenu, porté même, pendant la déception bien évidente de mes parents. Déception suivie de leur désapprobation extrême, lorsque j'ai décidé d'étudier les Sports et Motricité, pour devenir entraîneur de gymnastique pour les jeunes enfants. Je voulais devenir un coach plus sympa que ceux auxquels j'ai été confronté quand j'étais môme.


À nous tous, nous avons soutenu Al, quand elle a décidé après des années d'études et d'insomnie que le journalisme lui parlait plus que d'être kiné, et a sauté des deux pieds dans de nouvelles études et une nouvelle carrière. Et pendant ses nombreuses peines de coeur.

Nous avons soutenu Pen quand elle a enfin décidé de s'opposer à ses parents, et d'exiger qu'ils la laissent vivre sa vie, et quand elle a enfin largué son ex, le bébé à sa maman qui se servait d'elle depuis cinq ans.

Nous avons porté Jaimie à bout de bras quand son père est décédé…

Et toutes ces années, Tatie Carole nous a soutenu, nous. Sa maison à Collioure est devenue notre hâvre de paix, et de sécurité, et on y passait chaque vacances, weekend et jour de fête. Et cette tradition là est restée. Même adultes, demeurant tous à Paris, Carole est toujours notre confidente, et sa maison est la maison. Notre chez nous.


Quand elle a eu son accident, en janvier, sa vie a changé pour toujours. Et je crois que la mienne a viré de bord de façon aussi radicale que celle de Jaimie.

Carole est l'heureuse propriétaire d'un petit commerce excentrique, appelé Le Café, où, tenez-vous bien, vous pouvez aller boire… un café. Ou bien choisir l'une des centaines de tisanes qu'elle offre, selon votre humeur, votre souhait, ou la place de la lune dans le ciel. Vous pouvez aussi y passer votre temps avec un bon bouquin, ou avec un chat sur les genoux, ou en dégustant une bonne pâtisserie… Ou les trois en même temps.

Enfin, je vous parlais d'accident, j'aurais dû employer de suite les mots qui fâchent: elle a été victime d'un acte criminel. Un type, supposé réparer les poutres multi-centenaires supportant le plafond, a fait une telle boucherie de son travail, que tout s'est écroulé après deux semaines, détruisant le Café, et, dans sa lancée, manquant de détruire aussi notre Carole.

Après l'accident, nous sommes allés à Collioure, et y avons retrouvé Thomas, un ancien pote de lycée. Il est sorti avec Jaimie quand ils étaient dans la même université, et après qu’elle ait rompu avec lui, il a déménagé et nous ne l'avons jamais revu.


Maintenant, ils se sont retrouvés, et vous ne trouverez pas plus amoureux que ces deux-là. Carole n'a jamais pu ni rentrer chez elle ni reprendre le travail, et a laissé son commerce et sa maison à Jaimie.

Donc venir à la maison, c'est venir chez Jay et Thomas.

Dans les jours qui ont suivi l'accident, nous avons rencontré deux pompiers, amis de Thomas. Des grands pompiers, devrais-je ajouter. Je ne sais pas si c'est l'air marin ou les fruits de mer quand ils étaient gamins, mais ces deux-là sont format montagne. Je me sens presque petit à côté d'eux.

Bref, ces deux montagnes sont devenues nos amis, et notre groupe s'est trouvé agrandi de trois hommes supplémentaires: Thomas, Louis, et Sam. Notre groupe, que Carole appelle le Scooby Gang apparemment quand elle parle de nous.


Et puis en Mars, notre gang s'est trouvé au complet avec l'arrivée de la petite sœur de Thomas: Emma. Et c'est ainsi qu'en Mars, ma vie a changé pour toujours.