Prisonnière du temps

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Résumé

​Synopsis : L'Anomalie Roxy New ​L'Amorce (Le Début) En 2040, un petit avion de type ancien s'écrase mystérieusement sur une route déserte. Un passant secourt une femme en état de choc, Roxy New. À l'hôpital, l'inspecteur Davis Koast découvre une incohérence impossible : les papiers de Roxy indiquent qu'elle est née en 1960, mais elle paraît avoir à peine 25 ans. Elle est totalement amnésique, hantée par des visions d'un homme qui la poursuivait avant le crash. ​Le Développement (Le Milieu) Pendant que Roxy tente de reconstruire sa vie avec l'aide de Davis, une série de meurtres violents commence à frapper la ville. Les méthodes sont identiques à celles d'un tueur en série disparu dans les années 60. Davis protège Roxy, croyant que le tueur a lui aussi traversé la faille temporelle du Triangle des Bermudes. Roxy, de son côté, est terrifiée par des flashs de plus en plus précis : des yeux noirs, un vieux jean, et une montre d'argent gravée. Elle se lie d'amitié, puis d'amour avec Davis, qui devient son seul ancrage dans ce futur étrange.

Genre :
Thriller
Auteur :
stephanefortin12
Statut :
Terminé
Chapitres :
15
Rating
5.0 1 avis
Classification par âge :
13+

L’ANOMALIE DE L'AUTOROUTE 10

​La pluie de 2040 n’était pas celle des souvenirs enfouis. Elle était lourde, chargée de particules métalliques qui grésillaient contre le bitume intelligent de l’autoroute 10. Les balises lumineuses au sol pulsaient d’un bleu électrique, tentant de percer le brouillard artificiel qui enveloppait la métropole.​ Thomas s’était arrêté sur le bas-côté, non pas par altruisme, mais parce que les capteurs de sa voiture électrique avaient détecté une anomalie thermique majeure à travers le rideau de pluie.

Au début, il avait cru à l’explosion d’une batterie de transporteur. Mais ce qu’il vit en sortant de son véhicule le cloua sur place.​À travers la fumée noire et l’odeur âcre de kérosène.

— une odeur disparue des routes depuis des décennies.

— se dressait une carcasse de métal froissé. Ce n’était pas un drone de livraison ni une voiture volante. C’était un petit avion à hélice, une relique de musée faite de tôle et de rivets, dont l’aile gauche était plantée dans le fossé comme un couteau dans la terre.​C’est alors qu’il l’entendit.

Un râle. Un gémissement humain qui semblait venir d’un autre siècle.​Une femme rampait sur le goudron. Elle portait une robe d’un jaune vif, maintenant maculée de boue et de sang écarlate. Ses cheveux sombres, autrefois soigneusement coiffés, collaient à son visage pâle. Elle ne marchait pas ; elle griffait le sol, ses ongles laissant des traces désespérées sur le revêtement synthétique.

​— À l’aide… murmurait-elle dans un souffle court. S’il vous plaît… il va… il va me rattraper…​Thomas s’approcha, le cœur battant la chamade. En la soulevant, il fut frappé par la texture de ses vêtements : du coton épais, sans aucune fibre intelligente, sans capteur thermique. Elle était glacée. Ses yeux, d’un vert limpide mais voilés par la douleur, se fixèrent sur lui avec une terreur si pure qu’il en eut un frisson.​

— Qui ? Qui va vous rattraper ? demanda Thomas en activant son bracelet de secours pour appeler les urgences.​Mais elle ne répondit pas. Elle s’effondra contre lui, son corps sombrant dans l’inconscience alors que, dans le lointain, les sirènes stridentes de la police de 2040 déchiraient le silence de la nuit.​DEUX HEURES PLUS TARD

– HÔPITAL CENTRAL DE NEW-YORK, ​l’inspecteur Davis Koast détestait les hôpitaux. Trop de lumières blanches, trop de silence clinique, et cette odeur de désinfectant qui lui rappelait chaque enquête qui s’était mal terminée. Il remonta le col de son manteau de cuir usé, détonnant au milieu des murs en polymère translucide du service des urgences.​ Davis était un homme de la vieille école, du moins autant qu’on pouvait l’être en 2040. Il préférait encore le contact humain aux rapports générés par l’IA du département.

​— Inspecteur Koast ?​Une femme en blouse médicale, le Dr Aris, s’approcha de lui, une tablette holographique à la main. Elle avait l’air perplexe, ce qui n’était jamais bon signe chez une neuro-médecin de sa trempe.​

— On a la patiente du crash de l’A-10. C’est... problématique, Davis.— Comment ça, problématique ? C’est un crash d’avion privé non répertorié. On en a deux par an. Des nostalgiques qui volent sans licence.

— Ce n’est pas l’avion le problème, coupa le docteur en activant une projection devant lui. C’est la passagère.​Davis observa les données. La femme était stable, mais plongée dans un coma léger.— On a trouvé un portefeuille sur elle, continua Aris. Un vieux modèle en cuir véritable. À l’intérieur, il y avait un permis de conduire de l’État de New York, délivré en 1958. Au nom de Roxy New.​Davis fronça les sourcils, une ride marquant son front.

— 1958 ? C’est une blague ? Elle a quel âge selon tes scanners ?

— Biologiquement ? Vingt-six ans. Maximum vingt-huit.​Davis eut un rire nerveux.

— Alors c’est sa petite-fille. Elle utilise les papiers de sa grand-mère.

— Non, Davis. Regarde les empreintes. On a fouillé les archives numérisées des vieux dossiers criminels et civils. Les empreintes correspondent à 100 % à la Roxy New née en 1960. Les dossiers médicaux de l’époque, les dossiers dentaires... tout concorde.​Davis resta silencieux.

Son cerveau de détective tournait à plein régime.— Tu es en train de me dire qu’une femme née il y a 80 ans vient de s’écraser sur l’autoroute avec un avion de la même époque, sans avoir pris une seule ride ?

— C’est exactement ce que je te dis. Et il y a autre chose.​Elle changea l’image holographique. On voyait une montre d’argent, photographiée dans un sac de preuves. Une pièce ancienne, avec un cadran mécanique. Au dos, deux lettres étaient gravées de manière artisanale, presque brutale : A. S.​

— On a trouvé ça dans sa poche, dit Aris. Elle ne la portait pas au poignet, elle la serrait si fort dans sa main qu’on a eu du mal à lui retirer.​Davis s’approcha de la vitre de la chambre. Derrière le verre, la femme semblait si fragile. Son visage était calme, presque angélique, loin de la violence du crash.​

— Elle s’est réveillée ?

— Quelques secondes. Elle a hurlé. Elle cherchait quelqu’un. Elle a dit qu’elle s’était échappée. Que le “tueur” était dans l’avion avec elle. Mais Davis... on a fouillé les débris. Il n’y avait qu’un seul siège occupé. Elle était seule.​Davis nota le détail dans son carnet. Le tueur.

— Le Triangle des Bermudes, murmura-t-il.

— Pardon ?

— L’avion. Les radars de la garde côtière ont capté un signal inhabituel près de la côte est, juste avant le crash. Une perturbation électromagnétique massive. C’est une vieille légende, mais certains disent que des appareils disparaissent là-bas pour réapparaître des décennies plus tard.​Le docteur secoua la tête.— Je ne crois pas aux légendes, inspecteur.

Je crois aux faits. Et le fait est que cette femme ne devrait pas exister.​Soudain, un bruit de verre brisé retentit à l’intérieur de la chambre. Davis et Aris se précipitèrent.​ Roxy était assise sur son lit, les électrodes arrachées, ses yeux écarquillés de terreur. Elle fixait le mur en face d’elle, là où un écran affichait l’heure et la date : 14 AVRIL 2040.​

— Non… non c’est pas possible, hoqueta-t-elle. On était en octobre… la neige allait arriver… New York n’est pas comme ça…​Ses mains tremblaient violemment. Elle vit Davis et se recroquevilla contre la tête de lit.

— Qui êtes-vous ? Où est-il ? Où est l’homme à la montre ?​Davis s’avança doucement, les mains levées pour l’apaiser.— Calmez-vous, Roxy. Je m’appelle Davis Koast. Je suis inspecteur. Vous êtes en sécurité ici.

— Il est là… je sens ses yeux… murmura-t-elle, sa voix changeant soudainement de ton, devenant plus basse, presque rauque.

Des yeux noirs… comme des trous dans le ciel…​Elle ferma les yeux brusquement. Un spasme traversa son visage. Pendant une seconde, une fraction de seconde, l’expression de terreur disparut pour laisser place à un calme plat, glacial, qui pétrifia Davis. Ce n’était plus la même femme.​Puis, elle rouvrit les yeux, et les larmes coulèrent à nouveau.

— Je ne me souviens de rien, sanglota-t-elle. Je me souviens juste de l’avion… du froid… et de ce besoin de courir. Pourquoi tout est si différent ?​Davis s’assit sur le rebord du lit. Il sentit une étrange protection naître en lui pour cette rescapée du temps. Il ne savait pas encore que cette amnésie était le plus parfait des masques.​— On va trouver, Roxy.

Je vous le promets.​Alors qu’il sortait de la chambre, il ne remarqua pas que Roxy fixait son reflet dans la vitre sombre de la fenêtre. Pendant un court instant, ses pupilles semblèrent s’élargir jusqu’à envahir tout l’iris, effaçant le vert pour un noir absolu.​Un flash traversa son esprit : une ruelle sombre en 1960, une pluie fine, et le reflet d’une lame d’argent. Elle frissonna, persuadée que c’était le souvenir de son agresseur. Elle ne savait pas encore que c’était son propre miroir.