SYMPHONIE DES OMBRES

Résumé

SYMPHONIE DES OMBRES – LIVRE I : L’ÉVEIL DU CHAOS Deux amis. Une prophétie. Un monde qui brûle. Kael et Nyr sont inséparables. Leur village paisible est réduit en cendres par les Inquisiteurs de l’Empereur Malyron, tyran maître de l’Ombre Vivante. Pourchassés, ils n’ont qu’un espoir : rejoindre la Résistance. Mais la magie a un prix. Kael maîtrise la lumière, mais doute. Nyr est attiré par les ténèbres, et chaque combat le rapproche de l’abîme. Entre trahisons, créatures corrompues et révélations fracassantes, l’un des deux amis deviendra-t-il le monstre qu’il veut détruire ? Premier mouvement d’une trilogie dark fantasy intense.

Genre :
Action/Fantasy
Auteur :
Christian
Statut :
En cours
Chapitres :
1
Rating
n/a
Classification par âge :
16+

Chapitre 1 : Le village de vallembro

SYMPHONIE DES OMBRES – LIVRE I : L’ÉVEIL DU CHAOS

Prologue : La paix brisée

Il y a vingt ans, les cinq royaumes du continent vivaient en paix. Vhalmere, Solaris, Ombrelune, Fjordacier et Terres d’Aria échangeaient leurs biens, scellaient des mariages princiers, et leurs armées ne servaient qu’à parader lors des fêtes.

— Scène d’ouverture : banquet au palais de Vhalmere —

La grande salle du palais de Vhalmere était une mer de velours et d’or. Des centaines de chandelles de suif brûlaient dans des lustres de fer forgé, éclairant les tapisseries où étaient brodées les grandes batailles d’antan. L’air sentait le vin chaud, la viande rôtie et le parfum entêtant des femmes de la cour.

Le roi Théodan, assis sur son trône d’ivoire et d’ébène, leva sa coupe d’or.

— Buvons à nos enfants ! s’écria-t-il d’une voix qui portait jusqu’aux recoins de la salle. Qu’ils n’aient jamais à connaître le goût du sang !

Les convives applaudirent. C’était la fête de la Moisson, une tradition annuelle où les royaumes voisins s’envoyaient des présents et scellaient des alliances. Le vin coulait à flots. Les musiciens jouaient du luth et de la flûte.

Mais tous les sourires n’étaient pas sincères.

Près d’une fenêtre ouverte sur les jardins, le comte Aldric de Valfort – un homme maigre au nez busqué, vêtu d’un pourpoint vert – buvait son vin à petites gorgées. À côté de lui, le seigneur Marek de Terres d’Aria – un colosse à la barbe grise, les mains couvertes de bagues – souffla d’un air las :

— La paix est une chose fragile, Aldric. Elle tient par un fil. Le jour où quelqu’un coupera ce fil…

— Qui oserait ? répondit Aldric en haussant les épaules. L’Empereur d’Orient est mort sans héritier. Les royaumes sont trop occupés à commercer pour se battre.

Marek désigna du menton l’ambassadeur de Solaris, un homme au sourire faux, vêtu de soie rouge, qui se tenait près du trône en observant le roi Théodan avec une intensité gênante.

— L’ambition, mon cher. L’ambition coupe tous les fils.

L’ambassadeur, Lord Castellan, s’approcha d’eux, une coupe à la main.

— Vous parlez de moi, messeigneurs ? demanda-t-il d’une voix onctueuse.

— De la pluie et du beau temps, répondit Marek sans ciller.

Castellan eut un rire sec. « La pluie, oui. Il en tombera bientôt. Du sang. » Il s’éloigna, laissant Aldric frissonner.

— Cet homme est un serpent, murmura Aldric.

— Tous les diplomates sont des serpents, répondit Marek. Le problème, c’est qu’on ne sait jamais lequel porte le venin mortel.

— La nuit de l’assassinat —

Le roi Théodan regagna ses appartements vers minuit, un peu ivre, soutenu par son écuyer, un jeune homme de seize ans nommé Darian.

— Je suis vieux, Darian, dit le roi en riant. À ton âge, je buvais trois fois plus sans vaciller.

— Vous n’êtes pas vieux, sire. Vous êtes expérimenté.

— La belle manière de dire que j’ai mal au dos.

Ils traversèrent le couloir des tapisseries, où les portraits des anciens rois semblaient les regarder. Soudain, une ombre se détacha d’une niche. Darian n’eut pas le temps de crier. Une lame lui traversa la gorge. Il s’effondra, gargouillant.

Le roi Théodan voulut dégainer son épée, mais la même lame siffla dans l’air. Il sentit une brûlure froide dans sa poitrine. Il tomba à genoux.

— Pourquoi ? demanda-t-il d’une voix étranglée.

L’assassin se pencha. Il portait un capuchon noir, mais le roi reconnut ses yeux. Des yeux qu’il avait vus des centaines de fois.

— Pour que le monde renaisse, sire.

Le roi s’effondra. L’assassin glissa la dague – une lame étrangère, couverte de runes – dans la main d’un soldat de Solaris endormi dans une alcôve, puis disparut.

Au matin, on trouva le corps. La dague portait les armoiries de Solaris – maladroitement imitées, mais personne ne prit le temps de vérifier. La guerre éclata. Des milliers d’hommes moururent. Les royaumes se déchirèrent.

— La guerre —

Des scènes de bataille. Des champs de blé piétinés par les chevaux. Des villages incendiés. Des enfants pleurant sur les cadavres de leurs pères. Un narrateur omniscient décrit la chute de la civilisation en quelques paragraphes poignants.

— La naissance de Malyron —

Au milieu du chaos, un homme se leva.

Il s’appelait Malyron. Ancien chevalier de l’Ordre de l’Aube, il avait vu sa famille mourir dans les premiers massacres. Il avait vu sa fiancée, la Maîtresse de Lumière Lysara, brûlée vive par des soldats en fuite. Il avait vu son meilleur ami, Eldaris, l’abandonner au moment crucial.

— Flashback : la dernière conversation —

Sous une tente déchirée par le vent, alors que les flammes léchaient les arbres alentour, Malyron était à genoux, tenant la main de Lysara qui râlait. Son visage était noirci par la suie, ses yeux injectés de sang. Eldaris entra, l’épée dégainée.

— Il faut partir, Malyron. L’ennemi arrive. J’ai vu leurs éclaireurs à une lieue d’ici.

— Je ne la laisse pas. Elle respire encore.

Eldaris s’approcha, posa deux doigts sur le cou de Lysara. Il secoua la tête.

— Elle est morte, Malyron. Regarde-la. Ses yeux sont vitreux. Son cœur ne bat plus.

Malyron hurla. « Elle vivait ! Tu n’as rien fait ! Tu es resté derrière les murs pendant que nous nous battions ! »

Eldaris baissa la tête, mais son regard restait froid.

— J’ai obéi aux ordres. Le Conseil a jugé que défendre la citadelle était plus important que d’envoyer des renforts.

— Les ordres ? Les ordres, c’est ce qui a tué Lysara. C’est ce qui a tué ma mère, mon père, mes frères. À partir d’aujourd’hui, je n’obéis plus à personne.

Il se leva, les yeux brillants d’une lueur nouvelle – pas de la lumière, mais de l’ombre naissante.

— Je mettrai fin à cette guerre, Eldaris. Par n’importe quel moyen.

— Et si les moyens te transforment en monstre ?

— Alors je serai un monstre. Mais au moins, les enfants n’auront plus à pleurer.

Il sortit de la tente, laissant Eldaris seul avec le corps de Lysara.

— Retour au présent —

Malyron rassembla les mécontents, les affamés, les désespérés. En trois ans, il conquit la moitié du continent. Il établit un empire fondé sur la peur, la discipline, et l’interdiction formelle de toute magie de combat. Seuls ses soldats d’élite – les Inquisiteurs Noirs – pouvaient manier l’Ombre Vivante.

Il devint l’Empereur Noir. À ses côtés, son fidèle général Vorkath – un colosse au crâne rasé, dont la brutalité n’avait d’égale que la loyauté – dirigeait les armées.

— Dialogue entre Malyron et Vorkath —

Un soir, après l’exécution d’un seigneur rebelle, Vorkath trouva Malyron seul sur le balcon de son palais, regardant les étoiles.

— Vous êtes triste, maître, dit Vorkath. Je l’ai vu à vos yeux, quand la lame a tranché. Vous avez fermé les paupières.

— La tristesse est le prix de la lucidité, Vorkath. J’ai voulu la paix. J’ai obtenu le silence.

— N’est-ce pas la même chose ?

— Non. La paix est vivante. Elle respire, elle rit, elle pleure. Le silence est une tombe.

Vorkath hésita, puis osa : « Pourquoi avez-vous interdit la magie de combat ? Vous-même en usez. »

— Parce que la magie, Vorkath, c’est de l’espoir. Et l’espoir est une arme trop dangereuse pour être laissée entre toutes les mains.

Il se tut, et Vorkath n’osa pas insister.

— La Résistance —

Mais la Résistance, menée en secret par Eldaris (l’ancien ami devenu ennemi), refusait de s’éteindre. Dans l’ombre, Sylara la commandante des éclaireurs, Maître Theron le vieux sage, Capitaine Vesper l’ancien général de Solaris, et Liana la guérisseuse préparaient la contre-offensive.

— Scène : réunion secrète —

Dans une cave sous une taverne de Solaris, Eldaris présidait une réunion de cinq personnes.

— La prophétie se rapproche, dit-il. Deux enfants, liés par le sang et le destin, porteront la Marque de l’Aube. Ils renverseront Malyron.

Sylara leva un sourcil. « Vous y croyez vraiment ? Ou est-ce une légende pour lever des troupes ? »

— Je crois ce qui me sert, Sylara. Et si cette légende nous aide à gagner, alors je la ferai mienne.

Theron, le vieux sage aux yeux laiteux, toussa.

— Et si les enfants tombent entre les mains de l’Empereur ?

— Alors nous les sauverons. Ou nous les vengerons. Mais ils sont notre meilleure chance.

— Dernière scène du prologue —

Cette nuit-là, Un homme resta seul dans l'ombre dans son palais. Il sortit d’un coffre scellé une dague ancienne, couverte de runes. La même dague qui avait assassiné le roi Théodan, vingt ans plus tôt.

Il la regarda briller à la lumière de la chandelle.

— Tout a commencé par toi, murmura-t-il. Tout finira par toi.

Il sourit. Un sourire froid, sans joie.

Ce sont ces enfants que nous allons suivre.

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Chapitre 1 : Le village de Vallombre

— Scène d’ouverture : le réveil de Kael —

Le coq chanta trois fois avant que la première lumière ne perce les nuages gris. Vallombre était un village comme les autres : maisons de pierre grise, toits d’ardoise, rues pavées de galets ronds. L’odeur du pain frais sortait des fournils, mêlée à celle du fumier et du bois humide. Les chiens aboyaient. Les enfants couraient pieds nus.

Kael dormait encore quand sa mère entra dans sa chambre.

— Lève-toi, Kael. Les corbeaux sont déjà dehors.

— Encore un peu, mère…

— Non. Tu vas aider ton père à la forge. Il a besoin de bras.

Kael ouvrit un œil. Il vit le visage de sa mère – fatigué, mais doux. Elle avait les mêmes yeux gris que lui.

— Pourquoi tu me regardes comme ça ? demanda-t-elle.

— Je ne sais pas. Parfois, j’ai peur que tu disparaisses.

Elle s’assit sur le bord du lit, caressa ses cheveux.

— On ne disparaît pas, Kael. On meurt. Et c’est très différent.

— Ce n’est pas plus rassurant.

— Ce n’est pas censé l’être. La vie ne te promet rien d’autre que la mort. Tout le reste, c’est toi qui le construis.

Elle se leva et sortit. Kael resta un instant immobile, puis enfila sa tunique.

— Description du village —

Dehors, la rue principale était déjà animée. Le boulanger poussait sa charrette. Les enfants jouaient aux osselets devant le puits. Les vieux étaient assis sur des bancs, à l’ombre des tilleuls, commentant les nouvelles – les impôts qui augmentaient, les soldats qui passaient, les histoires de l’Empereur.

Kael aimait ce village. Il aimait l’odeur du pain, le bruit du marteau de son père, les rires de sa mère. Mais par-dessus tout, il aimait son ami Nyr.

— Rencontre avec Nyr —

Nyr l’attendait adossé au puits. Il avait seize ans, comme Kael, mais il paraissait plus vieux. Ses épaules étaient larges, ses bras musclés par des années de forge auprès de son père. Ses yeux noirs semblaient toujours chercher quelque chose à l’horizon.

— T’as mis le temps, dit-il en lui lançant une pomme.

Kael l’attrapa au vol. Il mordit dedans. Acide.

— T’es allé te baigner ?

— L’eau était froide. Parfaite.

— Tu vas attraper la mort.

— La mort m’attend ailleurs, répondit Nyr avec un sourire qui n’était pas tout à fait une plaisanterie.

Ils marchèrent vers la forêt. C’était leur rituel : chaque matin, avant que les adultes ne se lèvent vraiment, ils partaient explorer les sentiers oubliés.

— Dialogue dans la forêt —

— Tu es sûr qu’on ne risque rien ? demanda Kael en dégainant son épée d’entraînement.

— La magie de combat est interdite, oui, répondit Nyr en souriant. Mais ce n’est pas de la magie. C’est… de la gym.

— Les Inquisiteurs ne verront pas la différence.

— Les Inquisiteurs sont à cent lieues d’ici. Arrête de te faire du souci. Tu te fais du souci pour tout, d’ailleurs. Pour la pluie, pour le pain rassis, pour l’avenir.

— L’avenir, c’est important.

— L’avenir n’existe pas, Kael. Il n’y a que le présent. Et le présent, c’est nous deux dans cette forêt, libres, vivants. Alors profite.

Nyr leva la main. Une onde noire en jaillit, mais elle fut faible, mal contrôlée – elle effleura à peine le tronc d’arbre.

— Tu vois ? dit-il en riant. Je ne suis pas encore dangereux.

— Tu le deviendras.

— Peut-être. Mais je le deviendrai pour te protéger. Toi et les autres.

Kael le regarda. Il vit dans ses yeux une lueur qu’il ne connaissait pas – pas de l’insouciance, mais de la détermination.

— Ne deviens pas quelqu’un que je devrai arrêter, Nyr.

— Tu n’auras jamais à m’arrêter. Parce que je serai toujours du bon côté.

— Et c’est quoi, le bon côté ?

Nyr haussa les épaules. « Celui qui gagne. »

— L’espion —

Derrière un buisson, un homme au manteau gris – on l’appelait le Corbeau – notait chaque geste sur un parchemin. Il était là depuis trois jours, payé par l’Inquisition pour signaler toute activité magique.

Ces deux-là, pensa-t-il. Le blond a la lumière. Le brun a l’ombre. L’Empereur sera content.

Il sourit en imaginant la récompense. Mais en regardant les garçons rire, une ombre passa sur son visage. Lui aussi avait eu un ami, autrefois. Avant que la guerre ne les sépare.

Le devoir avant tout, se dit-il. Le devoir avant le cœur.

Il replia le parchemin et s’éloigna dans les bois.

— Retour au village —

Ils rentrèrent pour le déjeuner. La mère de Kael avait préparé une soupe de légumes avec du pain rassis. Le père de Kael, un forgeron aux bras épais, mangeait en silence.

— Tu as encore traîné avec Nyr ? demanda-t-il sans lever les yeux.

— Oui, père.

— Ce garçon est trop turbulent. Il va t’attirer des ennuis.

— C’est mon ami.

— Les amis, ça se choisit. On ne se contente pas de ceux qui sont là par hasard.

Kael voulut répondre, mais sa mère posa une main sur son bras. « Laisse, Kael. Ton père est fatigué. »

Le repas s’acheva dans un silence pesant.

— Nuit —

Cette nuit-là, Kael ne dormit pas. Il regardait par la fenêtre les étoiles, et il pensait aux paroles de sa mère : « On meurt. » Il pensait à Nyr, à sa rage mal contenue. Il pensait à l’Empereur, ce tyran lointain dont on chuchotait les atrocités.

— Je ne veux pas mourir, murmura-t-il. Et je ne veux pas que les autres meurent.

Mais il ne savait pas encore que la mort était déjà en route.