SOUS CONTROLE

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Résumé

​Isabela Rivera a quitté Porto Rico du jour au lendemain, emportant avec elle un secret qu'elle protège depuis des années : son fils, Adrian. Désormais installée loin de son passé, elle tente de reconstruire sa vie en gérant son restaurant et en offrant à son enfant la stabilité qu'il mérite. Mais lorsque son chemin croise celui d'Alexander Vance, puissant CEO aussi riche qu'impitoyable, tout bascule. Froid, autoritaire et habitué à obtenir tout ce qu'il désire, Alexander est immédiatement fasciné par cette femme qui refuse de se soumettre à lui. Mais Alexander ignore une vérité capable de détruire tout ce qu'il croit savoir. Entre désir, secrets et passions dangereuses, certains liens sont impossibles à briser... même lorsqu'ils auraient dû rester enterrés. À retrouver dans cette histoire : ⚡ CEO Alpha & Dominant 🤫 Passé Mystérieux 🔥 Tension Sexuelle 🍳 Cuisine & Passion

Genre :
Romance/Erotica
Auteur :
Jann_Green
Statut :
Terminé
Chapitres :
58
Rating
4.8 4 avis
Classification par âge :
18+

Chapitre 1 - Isabela ♥️

[Les hommes cruels portent souvent les costumes les plus élégants.]

Isabela Rivera.

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Le clic sec de l’interrupteur coupa la hotte, et le silence retomba d’un coup, lourd et poisseux, dans la cuisine du Sabor de Isla.

L’odeur persistance d’huile chaude, d’ail doré et de coriandre fraîche flottait encore dans l’air, collant à ma peau.

Mes mains tremblaient légèrement.

Je les essuyai d’un geste machinal sur mon tablier taché, feignant d’ignorer les élancements qui me brûlaient les pieds. 23 h 00.

Ne pas fléchir. Encore quelques minutes pour ranger la salle, tourner la clé, et la journée serait finie. Du courage.

Quédese conmigo, mi vida, murmurai-je en poussant la porte battante vers la salle.

À la table du fond, Adrian leva les yeux de son cahier de dessin. Sans discuter, il me gratifia d’un petit sourire, creusant aussitôt ces fossettes que je connaissais si bien. Ses grands yeux en amande, bordés de cils si longs qu’ils semblaient dessinés, me fixaient avec une sagesse qui n’était pas de son âge. Ses deux dents de devant manquaient, unique vestige de ses six ans et de l’innocence qu’il lui restait.

Il était calme. Trop calme.

Un pincement familier me serra le cœur.

À cette heure-ci, il aurait dû être bordé dans un lit douillet, rêvant à des jeux d’enfants, pas suspendu à mes horaires de fermeture dans un restaurant vide. Mais une nounou à New York était un luxe que mon compte en banque refusait de comprendre.

Je me dirigeai vers le bac de plonge. Plonger mes mains dans l’eau chaude et mousseuse était mon rituel d’évasion, mais ce soir, mon esprit refusait de s’apaiser. Les chiffres et les dates se bousculaient dans ma tête.

Dans une semaine exacte, Adrian avait sa représentation. Je devais absolument récupérer son nouvel étui à violon chez le brocanteur.

Je jetai un regard à mon poignet gauche. La peau y était plus claire, marquée par l’absence des bracelets en argent massif que ma mère m’avait offerts pour ma quinceañera, à mes quinze ans.

Je les avais troqués sans un regret. Adrian jouait du violon depuis ses trois ans ; il avait un don, une sensibilité qui me transportait et pansait les plaies de mon cœur meurtri. Ses cours coûtaient une fortune, mais tant que sa musique résonnerait, je ferais tous les sacrifices possibles.

Nous n’avions pas le même registre lui le classique, moi les rythmes chauds de notre île, mais la douleur et la joie se ressentent à travers n’importe quel instrument.

En frottant une assiette, le rythme de mes mains me ramena en arrière.

Chez mes parents, à Porto Rico, les dimanches n’étaient jamais silencieux. Les tambours de la bomba résonnaient jusque dans ma poitrine, un battement de cœur sauvage qui nous rappelait que, malgré la pauvreté, nous étions libres.

Mon restaurant, ici, en plein cœur de Brooklyn, était mon hommage à ces racines.

Quand je m’y étais installée il y a sept ans, ce quartier m’avait submergée d’amour.

C’était un melting-pot vibrant, vivant. De la musique s’échappait des fenêtres du matin au soir, les rires fusaient des barbershops, les odeurs des restos s’entremêlaient, et les enfants s’appropriaient les parcs après l’école.

C’était cette identité multiculturelle forte que je voulais pour mon fils. Un nouveau départ. À vingt-huit ans, enceinte et seule, quitter mon pays natal sans rien en poche avait été un déchirement absolu.

Mais la réalité de Porto Rico les cartels, la drogue qui rongeait les rues, la corruption à chaque coin de rue ne laissait aucune chance à l’enfant que je portais.

Je soupirai, les yeux fixés sur la mousse qui s’éteignait dans l’évier. Depuis trois ans, le rêve de Brooklyn s’effritait.

Le quartier était devenu gris, monotone, presque fantomatique. Autour de moi, les rideaux métalliques s’étaient baissés les uns après les autres, les vitrines colorées étaient devenues opaques.

Un géant de l’immobilier, un de ces magnats sans visage, rachetait méthodiquement chaque bâtiment pour raser notre histoire et bâtir un immense complexe hôtelier pour touristes fortunés.

Mon amie Lody, la coiffeuse d’en face, fermerait bientôt son salon définitivement. Lody... Mon pilier.

Celle qui passait chaque matin m’apporter un cappuccino saupoudré de cacao, celle qui récupérait Adrian à l’école quand j’étais au coup de feu, celle qui m’avait offert mon tout premier four de cuisine. C’est dans ce four que j’avais cuisiné mon premier Arroz con gandules vendu à Brooklyn.

Je me rappelais encore l’odeur de l’ail doré et de la coriandre qui s’en dégageait, une machine à voyager dans le temps qui, en une bouffée, vous ramenait sous le soleil des Caraïbes.

C’était pour cela que j’avais créé ce menu, composé uniquement des recettes de la famille Rivera.

La cuisine portoricaine ne nourrit pas juste le corps, elle est humaine, ancestrale, chargée d’émotions.

Ma grand-mère dressait ces tables colorées chaque dimanche après l’église. En cuisine, je m’évadais, je dansais, je souriais. Et voir mes clients ressentir cette chaleur me remplissait de fierté. Si seulement cette fierté payait les factures.

Je coupai l’eau et calculai mentalement, une énième fois, la fin du mois. Le loyer du restaurant, celui de notre petit appartement, les cours de violon, les matières premières, l’assurance de la voiture... Une fois tout payé, il me restait 120 dollars. Une misère.

Je voulais tellement utiliser cet argent pour acheter à Adrian une nouvelle paire de baskets pour la rentrée.

Mes pas me menèrent devant le cadre photo suspendu au mur, près du comptoir. Cela faisait sept ans que je ne parlais à mes parents que par les appels vidéo de Messenger.

Je refusais de remettre les pieds là-bas par sécurité.

Alors, pour les rassurer, je les appelais toujours depuis la salle du restaurant. Derrière moi, le champ de la caméra affichait des couleurs chaudes, des carillons, des instruments suspendus. Une ambiance festive, parfaite.

Une bulle de bonheur factice.

Sauver les apparences était devenu ma seconde nature, mais ma réalité était bien plus sombre.

Heureusement, mon propriétaire, Monsieur Lopez, refusait de céder au promoteur.

Par compassion pour nous, ses compatriotes, ou parce que l’offre était trop basse, il tenait bon. Je me disais souvent que si un jour il vendait, je devrais rebondir, peut-être me lancer comme traiteuse à domicile pour les mariages ou les anniversaires. Mais pour l’instant, tant que nous restions discrets, nichés dans notre petit coin, nous ne risquions rien.

Nous étions en sécurité.

Les deux derniers clients se levèrent enfin, me saluant d’un signe de tête fatigué avant de pousser la porte.

Enfin seule.

Je dénouai mon tablier, sentant une vague de soulagement m’envahir.

— Adrian, range tes feutres s’il te plaît. C’est fini, on va aller faire dodo.

Mon fils commença à rassembler ses affaires. Je m’avançai vers la porte pour tourner le loquet. Trop tard.

La poignée s’abaissa. Le carillon de l’entrée tinta, brisant le silence de la nuit d’une note cristalline et glaciale. L’air frais de Brooklyn s’engouffra dans la pièce, faisant vaciller la flamme de la bougie sur le comptoir.

Sur le seuil, l’homme ne ressemblait en rien à un client tardif. Grand, sculpté dans un costume sombre sur mesure qui jurait avec la simplicité de mon restaurant, il dégageait une autorité terrifiante.

Derrière lui, une ombre colossale au crâne rasé fermait la marche.

L’inconnu ancra ses yeux dans les miens. Un regard d’un gris d’orage, froid, calculateur.

Puis, lentement, son attention glissa vers la table du fond. Vers Adrian.

Mon cœur rata un battement. Cette terreur pure que j’avais fuie à Porto Rico remonta d’un coup sec dans ma gorge.

L’homme esquissa un sourire poli, presque cruel, et franchit le pas de la porte.

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