Prologue
Le feu s’élevait au dessus de la maison, promesse de mort et de souffrances. Les habitants aux alentours s’étaient rassemblés dans la nuit et observaient, impuissants, l’incendie. Des pleurs résonnaient dans la rue, provenant d’une mère retenue par son mari, lui aussi ravagé par le chagrin. La lumière des flammes éclairait tous les spectateurs de sa lueur mortelle. La femme, entre deux sanglots, hurla :
“Mes enfants ! Mes enfants sont encore à l’intérieur ! Lâche-moi ! Je dois y aller je...”
L’homme la serra plus fort et lui chuchota :
“Louisa, nous ne pouvons plus rien faire, elles sont perdues, tu dois m’écouter, je t’en prie...”
À cet instant, le toit s’effondra. La femme, au désespoir, hurla :
“Non ! Ornella ! Nolia ! ”
Elle arrêta de se débattre dans les bras de son mari et s’affaissa au sol. Il s’accroupit et la serra dans ses bras tandis qu’ils pleuraient tous deux. D’autres habitants vinrent les réconforter alors que des gouttes de pluie commençaient à tomber. Les autres contemplaient toujours l’incendie qui s’éteignait en espérant de tout cœur voir sortir les deux filles dont la mère sanglotait sans cesse le nom.
Mais personne ne vit la petite ombre sortir des décombres, une autre silhouette sur le dos, avançant en boitant.