TEMPLUM

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Résumé

L’amour d’un démon alpha sur son humain pour détruire un monde. Dans Templum, monde suspendu entre les autres, les habitants vénèrent Oros, entité de la lumière. Mais derrière cette foi pure en apparence, la haine, l’hypocrisie et la peur rongent déjà le royaume. Depuis le monde démoniaque de Mégaard, Urus, reine du chaos, cherche à répandre Larhay, un virus spirituel capable de faire éclore le mal caché dans les âmes humaines. Pour cela, elle choisit Kamélios, fils d’un puissant mage, né sans lien réel avec Oros et secrètement attiré par les ténèbres depuis l’enfance. Guidé par Mortos, fils d’Urus et prince démoniaque aussi séduisant que dangereux, Kamélios devient le patient zéro d’une chute annoncée. Mais entre manipulation, désir de pouvoir et fascination mutuelle, leur alliance devient peu à peu une relation sombre, instable et amoureuse.

Genre :
Fantasy/Romance
Auteur :
Omen
Statut :
En cours
Chapitres :
2
Rating
n/a
Classification par âge :
18+

Prologue: Naissance


Depuis l’aube des temps, les divinités se faisaient la guerre. Elles s’affrontaient par royaumes, par cultes, par panthéons, chacune voulant imposer son nom aux mondes mortels. La Terre était devenue leur principal champ de bataille, un lieu disputé où les prières servaient d’armes et où les peuples mouraient pour des puissances qu’ils ne comprenaient qu’à moitié.


Loin de cette guerre, à l’écart du regard des grandes divinités, naquit une dimension minuscule. Elle était à peine plus vaste qu’un pays terrestre, suspendue entre les mondes, invisible pour ceux qui ne cherchaient que la conquête. Avec elle naquirent trois divinités : Oros, Urus et Aras. Oros portait la lumière, Urus veillait sur la nuit paisible, et Aras maintenait l’équilibre fragile entre eux.


Pendant longtemps, leur monde ne connut ni temple, ni royaume, ni guerre. La lumière d’Oros réchauffait les plaines, la nuit d’Urus enveloppait les êtres de silence et de repos, et Aras veillait à ce qu’aucune force ne prenne le dessus sur l’autre. Ce monde fut nommé Templum, non comme une prison sacrée, mais comme un refuge oublié du reste de la création.


Puis Aras commit l’acte qui brisa leur paix. Il ouvrit une brèche vers la dimension terrestre et y vola une dizaine d’humains. Il les arracha à leur monde d’origine, les transforma, renforça leur sang et lia leur chair aux trois divinités de Templum. Ces êtres modifiés furent appelés les Manés. Ils n’étaient plus entièrement humains, sans pour autant devenir divins. Ils étaient autre chose, une création nouvelle, instable, porteuse d’une puissance qui n’aurait jamais dû couler dans des veines mortelles.


Oros vit dans les Manés une promesse. Aras y vit l’avenir de leur monde. Urus, elle, y vit une erreur. Elle connaissait la nuit, les secrets enfouis, les désirs honteux que les êtres cachent même à eux-mêmes. Les Manés avaient été modifiés, mais ils portaient encore les failles humaines : l’orgueil, la peur, la jalousie, le mensonge, la haine. Urus comprit avant les autres que ces créatures ne rempliraient pas seulement Templum de vie. Elles y apporteraient aussi le conflit.


La querelle commença par des paroles. Elle devint une fracture, puis une guerre. Oros et Aras défendirent les Manés, convaincus que leur présence donnerait un sens nouveau à Templum. Urus s’opposa à eux, persuadée que leur création condamnerait le monde à perdre son équilibre. Le sang coula pour la première fois sur une terre qui n’avait jamais connu la violence, et lorsque la bataille atteignit son point de rupture, Aras mourut de la main de sa sœur.


Oros, dévasté par la mort de son frère, fit de son chagrin une arme. Il bannit Urus loin des terres de Templum et sépara son domaine du reste du monde. Les contrées d’exil, privées de la lumière et arrachées à l’équilibre ancien, furent nommées Mégaard. Ce qui avait été la nuit paisible devint une nuit sans repos. Ce qui avait été silence devint colère. Urus, rejetée par son frère et effacée du récit des vainqueurs, cessa peu à peu d’être la déesse du repos. Dans l’exil, elle devint la reine du chaos.


À Templum, Oros éleva les Manés sous son regard. Il leur offrit des lois, des temples, des prières, et surtout une histoire. Dans cette histoire, Urus avait toujours été l’ennemie. Elle n’était plus la sœur trahie, ni la gardienne de la nuit, ni celle qui avait vu le danger avant les autres. Elle devint la meurtrière d’Aras, la corruptrice, la menace tapie au-delà des frontières sacrées. Les Manés crurent ce récit, parce qu’il venait de la lumière, et la lumière leur avait appris qu’elle ne mentait jamais.


Mais Mégaard n’était pas vide. Dans les ténèbres de son royaume, Urus donna naissance à un fils : Mortos. Il ne naquit pas comme incarnation de la destruction, malgré ce que Templum enseignerait plus tard. Mortos était d’abord le dieu de la mort, celui qui veille sur la fin des choses, sur le dernier souffle, sur le passage que tout être vivant doit un jour franchir. La destruction vint ensuite, comme une ombre collée à son nom par ceux qui avaient peur de ce qu’il représentait.


Avec le temps, les Manés découvrirent que leur sang modifié ne les rendait pas éternels. Au bout d’un siècle, parfois moins, leur corps dépérissait et leur âme quittait la chair. Les prêtres d’Oros enseignèrent alors que les âmes purifiées, lavées de leurs fautes et vidées de leurs péchés, rejoignaient le cycle de la réincarnation pour renaître dans le corps d’un nouveau-né Mané. Ceux qui avaient vécu dans la foi retrouvaient Templum sous une autre forme, comme si la lumière leur offrait une seconde chance.


Les autres connaissaient un sort bien différent. Les âmes trop lourdes, trop marquées par la haine, le désir, la honte ou la violence, ne rejoignaient pas le cycle. Elles glissaient hors de la lumière et tombaient vers Mégaard. Là, selon les récits d’Oros, Urus les capturait, les brisait et les transformait en démons à son service. À Templum, personne ne remettait cette vérité en question. On priait pour rester pur, on craignait le péché, et l’on apprenait aux enfants que la moindre faille pouvait ouvrir la route vers le royaume du chaos.


Ainsi les Manés devinrent les instruments d’une guerre commencée avant même qu’ils comprennent leur propre origine. Ils se croyaient les enfants bénis d’Oros, protégés par sa lumière et menacés par l’obscurité d’Urus. Ils ignoraient que leur monde reposait sur un mensonge ancien, sur une faute divine et sur une histoire écrite par celui qui avait gagné. Et dans l’ombre de Mégaard, la reine déchue attendait que les fissures de Templum deviennent assez profondes pour laisser revenir ce qu’Oros avait tenté d’enterrer.