Le rêve de l'Ombre

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Résumé

Éternelle rêveuse, Ellie n'a de cesse de se plonger dans des rêves mystérieux dans lesquels une ombre la pourchasse. Au lieu d'être effrayée, elle est fascinée par ce monde. Cependant elle risque de découvrir que ce qui se cache derrière ce visage qui l'obsède jour et nuit est peut-être bien plus qu'une simple illusion.

Genre :
Horror
Auteur :
Agathe
Statut :
En cours
Chapitres :
1
Rating
n/a
Classification par âge :
16+

Chapitre I : Le rêve d'Ellie

Chapitre I : Le rêve d’Ellie.

Heart Shapped Box – Nirvana

Il est tard, je le sais, il n’y a pas besoin de regarder mon téléphone pour connaître l’heure. Alors que ma colocataire est déjà rentrée chez elle pour les vacances d’été, comme la plupart des autres élèves de ma fac, moi je suis seule, sur mon lit à écouter de la musique. Mes parents ayant insisté pour que je reste jusqu’à la fin des cours, je ne leur en tiens pas rigueur, ce sont eux qui payent mes études. J’ai donc pour unique compagnie la voix de Kurt Cobain, le chanteur du groupe Nirvana.

C’est étrange la manière dont la musique apaise l’esprit. Quand la nuit tombe et que je me retrouve face à mes pensées, aussi sombres soient-elles, je préfère ne pas demeurer dans le silence. Comme si le vide qu’il laissait derrière lui réveillait mes plus grandes peurs.

Blaise Pascal disait “Le silence éternel de ces espaces infinis m’effraie”, toutes les angoisses qui me submergent sont résumées par ces mots. Comme s’ils définissaient exactement ce sentiment de vide. Qu’est ce que je représente au milieu de toutes ces choses qui m’entourent ? Penser à tout cela me semble ridicule et pourtant je ne peux nier être pétrifiée.

Les yeux clos je me laisse sombrer dans le néant et tout devient flou, s’entremêlant dans un mouvement incontrôlé avant de se reformer comme si de rien était.

C’est en ouvrant mes paupières que je réalise être dans un rêve.

L’espace semble identique à ce qu’il était il y a à peine quelques minutes. Je me trouve dans la même position, les meubles et divers objets également, à l’exception du mur juste à côté de mon lit qui a disparu, laissant place à une forêt. Je me redresse sur mon matelas, intriguée de découvrir ce qu’il s’y passe. Il fait nuit, la seule source de lumière provient d’une multitude de guirlandes et de lanternes accrochées aux branches des arbres.

L’excitation monte en moi et je me surprends à me lever sans aucune crainte, bercée par la musique. Sur le sol, des planches forment un chemin, m’invitant à m’aventurer à l’intérieur du bois. Non loin, le son du ruissellement d’un petit étang attire mon regard, des centaines de lucioles virevoltent au-dessus, formant un doux spectacle. Malgré l’aspect inconnu de cet endroit, un sentiment de sécurité réconfortant naît au plus profond de mon être. Je marche lentement afin de savourer chaque détail de cette forêt, rien ne pourrait ternir ce si beau tableau et je crois ne jamais m’être sentie aussi bien.

Seulement au fur et à mesure que je m’enfonce entre les arbres, la lumière se fait rare et le silence s’installe. Bientôt, l’obscurité m’entoure et je ne discerne plus ce qui se trouve devant moi. L’euphorie laissant place à la peur, je me retourne, plus aucune guirlande n’est allumée.

Puis la faible lueur d’une lanterne éclaire une silhouette. Ne voyant pas grand-chose, je plisse les yeux et reconnais ma mère qui se tient immobile face à moi. Ma cage thoracique se comprime, quand je crois l’entendre murmurer mon prénom : « Ellie ». Ne comprenant pas ce qu’il se passe, il me faut un moment avant d’oser parler d’une voix tremblante : — Maman ? Tu vas bien ? Pas de réponse, juste son regard, livide. Je comprends à cet instant que je suis en face de ce que je redoute le plus. Cette chose n’est pas ma mère, mais l’Ombre. Et comme par instinct animal, je me mets à courir sans plus d’hésitation, fuyant ce que je ne connais que trop bien. Du plus loin que je me souvienne, l’Ombre a toujours été un membre à part entière de mes cauchemars. Chaque nuit, je fais des rêves et quelques fois, elle apparaît et me poursuit.

Son but ?

Je ne sais pas, tout ce que je sais, c’est qu’elle prend la forme d’une personne que j’aime. Lorsque le masque tombe, la chasse commence. Avec le temps, j’ai appris que le seul moyen de lui échapper était de revenir à l’endroit exact où le rêve a débuté. Cependant cela s’avère être complètement impossible, entre le monde qui se déforme, les chemins qui disparaissent et l’incohérence des divers éléments, je finis par me réveiller en sursaut sans savoir ce qu’il arrive quand l’Ombre me rattrape.

Le souffle court, je peine à me repérer étant plongée dans une obscurité quasi totale. Ma vue brouillée, mes oreilles captent cependant des bruits effroyables que je ne saurai identifier. Sa présence envahit ma peau, comme si elle se trouvait de chaque côté, englobant l’espace tout entier. Ce sentiment me donne l’impression de ne pas courir assez rapidement et, au moment où je pense qu’il est trop tard, j’aperçois enfin ma chambre à une centaine de mètres.

La tension monte, il ne me suffit que de livrer un dernier effort et je suis sauvée. L’adrénaline qui pulse dans mes veines est intense alors qu’il ne me reste qu’une faible distance à parcourir. Seulement je n’avance plus, mes jambes étant bloquées, je me retrouve alors soudainement projetée en arrière par une force d’une puissance déconcertante. Sonnée, il me faut un moment avant de me redresser et de reprendre la course.

Inexorablement mon regard est attiré par ce qui se trouve derrière moi. L’Ombre possède une forme indéchiffrable, je n’ai jamais vraiment vu son visage, me semblant brouillé et indiscernable. Comme si plusieurs visages étaient mélangés, donnant un résultat sans forme me glaçant l’échine à chaque fois que je tente de l’observer. Ma course est effrénée, je pousse le plus fort possible et parvient finalement à retourner dans ma chambre. Le mur se referme et je me réveille d’un geste brusque.

Mon cœur cogne à toute vitesse dans ma poitrine, de la sueur froide coulant le long de mon épine dorsale, comme si ce qu’il venait de se passer était réel. J’enlève mon casque de mes oreilles, n’ayant plus de batterie. D’un coup d’œil, je regarde l’heure sur mon téléphone et, étonnamment, il est déjà trois heures du matin. Je me rallonge, espérant me rendormir rapidement, même si mon rêve me tient en éveil. Malgré sa nature horrifique, je n’ai pas peur, au contraire, mes rêves et cauchemars sont pour moi, précieux. Tous les soirs avant de tomber dans les bras de Morphée, je me les remémore. Chaque endroit, chaque atmosphère et chaque scénario, les plus étranges soient-ils, me procurent un sentiment de paix.

Au début, j’étais terrifiée par ce monde onirique, la nuit était un enfer, mes parents dépassés par cette situation avaient pris la décision de me faire consulter une psychologue. Seulement encore aujourd’hui, mes rêves n’ont aucun sens à leurs yeux. J’en suis venu à ne plus en parler, gardant tout cela secret.

La fatigue prenant enfin le dessus, je finis par me rendormir, sereine