Prologue
Le vent se mit à fredonner les paroles d’une berceuse une fois que le soleil eut le dos tourné, sa voix faisait frissonner les feuilles et branchages des chênes. Il prenait tout l’espace sur la scène qui s’étirait le long de la rue. Il foulait les graviers et virevoltait. Sa mélodie atteignait la fenêtre d’une petite fille, endormie sous ses draps. Tous les soirs, elle attendait avec impatience les sept coups de tonnerre qui précédaient l’entrée en scène de la brise mélodieuse Elle se laissait ensuite bercer Chaque note pesait un peu plus sur ses paupières Le chant du vent s’ insinuait même dans ses rêves. Il la suivant la journée comme un écho lointain, tapis dans son ombre. Elle était la seule à l’écouter, à l’entendre Mais elle n’avait pas en droit d’en parler, on lui avait interdit de l’écouter. Elle faisait semblant de ne pas l’entendre, de ne pas comprendre la langue qu’il employait Mais le rythme de ses mélodies battait dans son cœur et faisait circuler son sang dans ses veines. Sang qui coulerait si elle écoutait ce que le vent lui demandait. Si ses yeux redevenaient noirs.