Le Vœu de l'Amant

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Résumé

Les dieux et déesses grecs interfèrent dans la vie des descendants modernes des Oracles, liant leurs pouvoirs à des vœux. Que se passe-t-il lorsque Callie prononce un vœu et qu'Aidan est victime d'un chantage pour le rompre ? Calliope Drakos ne vit que pour l'amour. Littéralement. C'est son métier. Bien qu'elle dirige une agence de matchmaking prospère, elle n'a jamais trouvé l'amour pour elle-même, ce que sa famille et son meilleur ami lui reprochent constamment. Après un commentaire de trop de la part de ses parents, elle laisse son tempérament prendre le dessus et fait le vœu de ne jamais tomber amoureuse. Malheureusement pour elle, la déesse Aphrodite n'apprécie pas vraiment cela. Plongez dans l'univers des lignées d'oracles grecs, des dieux et déesses qui s'ennuient, de l'amour et d'un soupçon de chantage.

Genre :
Erotica/Fantasy
Auteur :
VAddison
Statut :
Terminé
Chapitres :
53
Rating
4.9 55 avis
Classification par âge :
18+

Chapitre 1 : Callie

« Fuck me », soupirai-je bruyamment en me laissant tomber dans mon fauteuil de bureau. La tête renversée, je fixais le plafond. J'adore mon boulot, mais je me sens nerveuse ces derniers temps, et aujourd'hui, c'était pire que tout. J'avais un mal fou à me concentrer. Dans mon métier, c'est la recette idéale pour une catastrophe.

Voyez-vous, quand on est payé pour aider les gens à trouver l'âme sœur, on n'a pas le droit à l'erreur. Mon agence de rencontres marchait encore mieux que prévu et les candidatures pleuvaient. Je cherchais de nouveaux employés pour m'épauler au bureau, mais ça avançait doucement. Je suis exigeante et très sélective sur les gens que je laisse entrer dans ma vie privée ou dans mon entreprise.

En me massant les tempes, je décidai d'ouvrir un dernier profil avant de terminer ma journée. J'avais failli décrocher plusieurs fois, mais je m'étais fixé l'objectif de traiter trente-cinq dossiers avant de partir. J'avais bossé dur pendant mes études et ces dernières années pour en arriver là. Paresser n'était pas une option. Et puis, travailler m'évitait de penser à des choses bien moins importantes. Je pris une grande inspiration, la relâchai lentement, et fis claquer mon chewing-gum avant de cliquer sur la demande d'un certain Joseph Minkly. Un selfie à la salle de sport, centré sur des bras musclés, envahit l'écran. Je levai les yeux au ciel avant de lire sa bio.

« Je vais à la salle tous les soirs pour garder mes flingues chargés et faire se retourner les petites nanas. » J'éclatai de rire au point de presque avaler mon chewing-gum. Il était sérieux, ce mec ? Pour l'ouverture d'un spectacle comique, ce ne serait pas si mal. Mais comme présentation sur un site de rencontre, c'était vraiment naze. Ses fautes d'orthographe n'arrangeaient rien. Est-ce qu'il croyait vraiment attirer des filles comme ça ? Je l'imaginais déjà comme un de ces « bros » avec un énorme pick-up, obligé de soulever de la fonte pour compenser sa petite bite. Je parcourus le reste de son profil en grimaçant devant ses sous-entendus lourds et ses émojis aubergine. Sur toutes ses photos, il était torse nu. Une seule montrait son visage, et évidemment, il y avait le gros Ford surélevé de rigueur.

Je secouai la tête et envoyai un mail à Char, mon meilleur ami et associé, pour qu'il jette un œil à cette demande. J'y joignis le gif de la dame qui dit : « Ain’t nobody got time fo dat ». C’est ce qu’on s’envoie d'habitude quand on pense que quelqu'un ne prend pas notre agence au sérieux. Je rigolai d'avance en imaginant sa réaction. Je ne m'étais pas trompée. Quelques minutes plus tard, un énorme « Oh mon DIEU » retentit depuis son bureau, juste en face du mien.

Un large sourire aux lèvres, je vis sa réponse s'afficher dans ma boîte mail. « Le corps est délicieux, mais il devrait peut-être muscler son cerveau de temps en temps ! » Je ris de bon cœur. Il était le cliché du meilleur ami gay. Il disait souvent essayer de calmer son « côté queen », mais il ne pouvait pas s'en empêcher. Il était impertinent, hilarant et doté d'un humour décapant. Il venait d'une « famille comme il faut » en Angleterre. Mais depuis qu'il avait fait son coming-out, ses parents lui avaient fortement suggéré de partir vivre ailleurs, là où son mode de vie de païen serait accepté. Charles Sharpe était donc venu faire ses études en Amérique. On s'était rencontrés là-bas et le courant était passé tout de suite. J'ai su qu'on était faits pour s'entendre quand je l'ai entendu marmonner des insultes sur les idiots de notre classe, profs compris.

« Hella ! J'ai presque de la peine pour les hommes : ils naissent avec deux têtes mais seulement un demi-cerveau. Sauf toi, évidemment. » J'ajoutai un smiley avant d'envoyer ma réponse.

« Bloody right ! » hurla Char depuis son bureau. Je le vis traverser le couloir pour me rejoindre. Je m'enfonçai dans mon fauteuil en cuir noir ultra souple, les mains croisées sur le ventre. Il s'installa sur le canapé de mon bureau, le dos contre l'accoudoir. « Alors, tu penses qu'il est récupérable, ce type ? » me demanda-t-il. Je lui jetai un regard noir quand il commença à poser ses pieds sur la petite table basse. Il s'arrêta, retira ses chaussures et utilisa enfin la table comme repose-pieds. Je levai les yeux au ciel mais le laissai faire. « Ou est-ce qu’on lui dit d’aller se faire foutre ? »

« Eh bien, on peut lui envoyer notre message habituel : "on est une agence sérieuse, pas une centrale de plans cul", et voir sa réaction. Ce serait curieux de voir si celui-là aussi me traite de salope. »

« J'adore quand ils font ça. Ça me redonne foi en l'humanité. » Il dégoulinait de sarcasme en essayant de garder un visage sérieux. Il ne tint que quelques secondes avant qu'on ne s'esclaffe tous les deux. « Tu devrais peut-être le rencontrer en personne, pour voir s'il y a un truc qui te plaît. »

Je haussai un sourcil. « Sérieusement, Char ? Toi aussi, maintenant ? »

« Je ne vois absolument pas de quoi tu parles. »

« Tu sais très bien de quoi je parle ! Tu essaies de me convaincre de sortir avec ce mec. Ce n'est même pas mon style ! Juste pour ça, c'est toi qui l'appelleras pour l'entretien initial. »

Il leva les yeux au ciel, puis plissa le regard. « Tu dois sortir davantage. Tu as besoin d'un rendez-vous. De pécho quelqu'un ! Pas besoin d'un engagement pour la vie. Tu n'as fréquenté personne depuis ce connard de Carl. Ta chatte va finir toute sèche avant même que tu aies l'occasion de t'en servir. »

« Oh mon DIEU, tu n'as pas osé dire ça ! » J'essayais de ne pas l'encourager, mais je ne pouvais m'empêcher de rire. « Tu sais que mes parents me harcèlent pour que je trouve quelqu'un depuis un an. Et ils ont réussi à embrigader mes frères et sœurs. Il ne manquerait plus que tu t'y mettes aussi. »

« Tu sais qu'on t'aime et qu'on veut juste que tu sois... »

« Heureuse, ouais, j'ai compris. Mais je ne suis pas malheureuse. Et puis, si je ne peux pas être heureuse seule, comment un homme pourrait-il changer ça pour moi ? »

Char hocha la tête d'un air pensif. Je n'avais pas vraiment envie de savoir ce qu'il mijotait. J'étais fatiguée, mes parents venaient demain matin et je savais que j'allais avoir droit au même refrain. J'éteignis mon ordinateur et ramassai mes affaires.

« Je... je rentre, Char. On verra quoi faire de Broseph un autre jour. »

« Ha ha ha, très drôle. Broseph. » Il se leva et me prit dans ses bras avant que je puisse m'échapper. Il ne dit rien, mais je me sentis rassurée de voir qu'il restait de mon côté. « À plus tard, cupcake. Et bonne chance avec tes parents demain. »

Je ricanai et marmonnai : « Ouais, parce que je vais en avoir sacrément besoin. »