Le braquage caligulien

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Résumé

Des jeunes désespérés, un plan méticuleusement préparé et une tension à son paroxysme.

Genre :
Action/Thriller
Auteur :
akkaiDUNDEE
Statut :
En cours
Chapitres :
1
Rating
n/a
Classification par âge :
16+

Unique chapitre


Une forte chaleur se manifestait à l’intérieur de ma gorge, telle la flamme d’un dragon prête à sortir de sa bouche.

Mon cerveau exprimait son désir d’évasion en martelant sans interruption mon crâne.

Un peu plus fort à chaque coup. Encore un de ces lendemains de soirée arrosée à célébrer mon autodestruction.

Une cérémonie aimablement sponsorisée par Jack, Johnny et Monsieur Regal.

Pourtant, la veille au matin je m’étais juré de retrouver ce fils de pute.

Cela faisait maintenant onze mois et deux jours.

Ouais, j’allais bientôt fêter l’anniversaire de ce que les mouches à scoop avaient surnommés « Le Braquage Caligulien ».

Un coup monté par mes soins avec l’appui de mon cousin Hikko et de mon meilleur pote Taz.

Le fils de pute? C’était Jacobus, l’oncle de Taz.

Moi aussi son surnom m’avait surpris la première fois.

La surprise avait été amplifiée en apprenant sa signification.

Dans les années 90, il avait pour habitude de déverrouiller les cuisses d’une jeune gazelle vanillée.

Un jour, il apprit qu’elle s’envoyait un mec de la cité adverse depuis le début de leur relation.

Sans hésitation, il décida le soir même d’arracher une dent à la jeune lycéenne avec une pince rouillée.

Il rajouta la dent à un de ses pendentifs et l’arbora fièrement autour de son cou dans le quartier.

Les mioches du coin l’avait surnommé Jacobus, empruntant ainsi le prénom du dentiste de l’horreur néerlandais.

La valeur sexuelle de la minette avait dès lors considérablement chutée.

D’après les chuchotements urbains, elle s’était faite interner peu après l’événement.

Cette prompte opération l’avait tellement traumatisée que son cerveau déclara forfait.

Lors de ma première rencontre avec Jacobus, j’appréhendais car dans la rue on le disait instable.

Taz m’avait vanté les exploits de son oncle une bonne dizaine de fois en moins d’une semaine.

Ça faisait quelques mois que j’élaborais le plan avec Hikko.

Un plan qui était le fruit du désespoir de deux jeunes noirs abandonnés à eux mêmes.

C’est lui qui a semé les graines de ce hold-up.

Sa biche secondaire était étudiante en troisième année de finance.

Pour effectuer ses études en alternance, elle avait été embauchée par HSBC.

Hikko était parti la récupérer un jour et avait pu constater que la sécurité laissait à désirer.

Son esprit miroita les sommes astronomiques qu’il pourrait se faire en les plumant.

En un coup de fil nocturne, il m’exposa le fruit de ses réflexions.

C’était un coup qui nécessitait l’énergie de quatre personnes.

Nous, plus deux larrons supplémentaires.

Trois à l’intérieur, un à l’extérieur.

Directement, nos pensées s’orientèrent sur Taz et son oncle.

C’était un vieux de la vieille, un loubard de l’ancienne école.

Le genre d’écervelé qui aurait pu dépouiller un tyrex avant leur extinction.

On les mit au parfum dès le lendemain à la première heure.

La réaction du vieux fut un large sourire dévoilant quelques dents argentées similaires aux membres de Three 6 Mafia.

On avait décidé que Taz serait celui qui resterait dans la voiture.

C’était le moins fêlé du quatuor, une sorte de Michelle Williams au masculin.

Moi ? J’étais le Beyoncé de l’opération.

Je donnerai le ton et la couleur aux autres.

On avait choisi de faire le coup un mardi car la biche de Hikko ne travaillait jamais ce jour.

Les semaines passèrent et le jour-J se pointa.

Le calendrier affichait la date suivante: mardi 8 janvier 2019.

Je m’étais réveillé avec une trique infernale ! Une bonne vidange s’imposait.

Une douche froide et un petit déjeuner plus tard, je me retrouvais au sein du véhicule de l’opération.

Hikko avait pris le soin de nous acheter des masques à l’effigie des personnages de Star Wars.

Putain, je m’étais retrouvé avec la face de l’autre lavette de Luke sur la tronche.

En ce qui concerne l’artillerie, Jacobus s’était fourni chez un ancien frère d’arme.

Ce dernier s’était reconverti en contrebandier pour le compte des anarchistes ukrainiens.

Taz gara la voiture sur le trottioir de la rue parallèle à la banque.

Il nous restait tout juste le temps pour un dernier briefing avant de passer à l’acte.

Une fois les 9mm chargés et la prière effectuée, on se dirigea à toute vitesse à l’intérieur de la banque.

Jacobus était le seul à être muni d’un Uzi automatique flambant neuf.

Une vieille dette lui avait permis d’obtenir ce joujou gratuitement, une dette qui datait de l’époque où il était encore en treillis.

Aujourd’hui, ses ennemis n’étaient plus les extrémistes religieux.

Son nouvel ennemi ? Un compte en banque moribond depuis son retour de l’armée.

Heureusement que tout allait prendre fin après ce casse, aussi bien pour lui que pour nous.

On s’était immiscé dans la banque aux alentours de 14h, pile poil à la reprise du service.

De quoi faire gerber le déjeuner fraîchement avalé par la biche de l’accueil.

On avait immédiatement neutralisé les huit caméras de l’établissement, Hikko en canarda deux à longue distance.

Tout le personnel était tenu en joue par notre escouade, ils étaient six en tout.

Quatre biches et deux loups.

Aucune déviation du plan n’était à constater... un large sourire s’installa sous mon masque de Luke Skywalker.

Mais ça, c’était sans compter sur la sortie des toilettes de la septième membre du personnel.

Mylenah...la biche de Hikko !

Fais chier, il nous avait pourtant dit qu’elle ne travaillait pas les mardis.

Elle était censée être en cours...mais c’était les putain de satané de vacances de Noël !

Comment un pays endetté jusqu’au cou peut-il avoir autant de vacances dans l’année ?

A partir de là, le plan sombra progressivement vers la barbarie que les médias ont pu décrire par la suite.

Mylenah compliqua toute l’opération car elle était du genre tenace.

Elle refusait d’obtempérer et ça énervait fortement Jacobus.

Hikko ne pouvait pas dire à sa biche: « Eh! Oh! C’est moi bébé, je fais juste un petit braquage dans ta banque. Rien de bien méchant, ma puce. On ira manger un bout chez le libanais ce soir. »

Au bout de la troisième sommation Jacobus la gifla avec la crosse de son Uzi, elle tomba tête la première sur le sol froid de l’établissement.

Et merde, il fallu moins de dix secondes à Hikko pour qu’il perde son sang froid et sorte du script de l’opération.

C’est lui qui avait commis la plus grosse erreur en criant: « Bordel Jacobus, j’vais t’en coller une entre les deux yeux ! »

Les otages connaissaient maintenant le nom d’un membre de l’escouade.

Malheureusement, cela réduisait considérablement leurs chances de survie.

Une querelle interne s’en suivit pour décider du sort de nos hôtes.

Leur mort était inévitable pour Jacobus et moi, mais Hikko voulait protéger sa gazelle.

Ce con essaya de plaquer Jacobus au sol mais ne récolta qu’une pluie de plomb dans le corps.

Hikko était le premier cadavre d’une longue liste.

J’avais parfaitement compris le geste de Jacobus; l’autre con faisait passer ses sentiments avant l’opération.

Hikko était mon cousin mais son erreur était trop grosse pour que j’éprouve la moindre peine à son égard.

Mon erreur ? Laisser Jacobus seul avec les otages le temps de dévaliser le coffre-fort.

En à peine dix minutes, l’ensemble de nos sacs étaient remplis de liasse tandis que l’ensemble des otages étaient vidés de leur existence.

En mon absence, Jacobus avait liquidé tout le personnel de la banque...y compris Mylenah.

Le sol jusque là orné d’un gris mât quasi immaculé, se noya dans une abondante marre de sang.

On était passé d’un simple braquage à une barbarie sanguinaire sans précédent.

Jacobus prit deux des quatre sacs et les mit sur chacune de ses épaules.

Je l’entendais crier: « Eh, renoi ! Tu comptes rester ici pour nettoyer le sol peut être? »

Taz nous avait vu ouvrir la porte et s’était inséré dans la circulation pour nous récupérer.

Une fois à l’intérieur du véhicule, Jacobus et moi faisions les comptes sur la banquette arrière.

« J’espère que tu m’en veux pas pour ton cousin, mon gaillard » dit-il.

Je lui fis un signe de la tête qui représentait ma compréhension face à son geste.

Taz hocha les épaules quand il apprit que Hikko y était resté.

De vrais animaux asservis, notre seul famille/couleur/nation/religion était ce fichu bout de papier rectangulaire.

D’après le script de l’opération, on devait maintenant se diriger vers la ville du Havre.

De là, je me dirigerais vers la banlieue de Southampton en Angleterre pour y retrouver ma biche.

Quant à Taz et son oncle, ils mettraient le cap vers l’île de Jersey.

Jacobus avait un contact sur place qui falsifiait des passeports en échange d’une modeste somme d’argent.

On croirait presqu’à un happy end en m’écoutant.

Le bémol, c’est que les nègres ne se contentent jamais de ce qu’ils possèdent.

Le soir de notre arrivée au Havre, j’avais comme un mauvais pressentiment.

Comme si Dieu me forçait à écouter mon Spider-Sens.

Par mesure de précaution, j’avais planqué une somme supplémentaire dans un sac inconnu des deux autres.

Je sentais que Taz et Jacobus n’avaient pas que notre plan en tête, et j’avais bien raison.

Ils ont attendu que je me rende aux WC pour me la mettre à l’envers.

Je remontais ma braguette quand un crissement de pneu m’alerta.

Ces fils de putes avaient mis les voiles sans moi.

Taz avait visiblement préféré les liens du sang à notre amitié d’enfance.

Le sale chien...enfin, j’aurais sûrement pris la même décision à sa place.

J’étais là, seul comme un con certes, mais un con avec un max de blé.

Il fallait que je réfléchisse à mon prochain mouvement, se venger ou tourner la page?

J’aurais pu choisir la première option mais retrouver ma dulcinée à Southampton était un bien meilleur choix.

Surtout que j’avais pas moins de 200 000 € dans mon sac de sport secret, de quoi dévaliser Fenty et Fashion Nova pour ma petite gazelle.

Pendant deux mois, les infos matraquèrent l’audimat avec « le Braquage Caligulien » estimé à plusieurs millions d’euros.

Grâce à nous, le stagiaire à l’origine de ce surnom devait sûrement se taper la secrétaire du boss ou le boss lui même.

Selon eux, Hikko était accompagné d’un seul complice qui l’aurait doublé à la fin du braquage.

Étant donné que je n’avais pas utilisé mon arme, les flics et les médias se focalisèrent sur les douilles éparpillés au sol.

Celles de Hikko pour les caméras et celles de Jacobus pour...Hikko et le personnel.

Aucun soupçon ne pouvait se poser sur moi, j’avais anticipé ce genre de complication bien avant le braquage.

Faut être rusé pour survivre dans les bas-fonds, je l’avais compris dès l’adolescence.

La police avait retrouvé le véhicule de l’opération un mois après, totalement brûlé.

Tout allait pour le mieux jusqu’au jour où les mouches à scoop annoncèrent que la police tenait un des braqueurs.

Pour recouvrer sa liberté, il devait passer à table. Une sorte de marché ou accord, bref un truc pour les fans de 6ix9ine.

Les chances que ce soit Jacobus étaient faibles, ça devait être l’autre lavette de Taz.

Il n’y avait donc qu’un seul traître.

Le soir même j’étais fixé, Jacobus m’appela vers minuit pour tout m’expliquer de A à Z.

Il n’avait jamais été question de me doubler à deux pour se partager le butin.

Dès le départ, Taz avait prévu de nous la mettre à l’envers.

Quel fumier !

Au Havre, c’était Taz qui avait pris la fuite. Jacobus s’était contenté de le prendre en filature.

Il retrouva son neveu quelques jours après pas loin de Charleroi en Belgique.

D’après lui, la stupéfaction du traître était telle qu’il eut presqu’un arrêt cardiaque en voyant Jacobus.

Il se trouva face à l’outil métallique goinfré au plomb de son oncle.

Échanges de tirs, poursuite à pied, en voiture...bref la total Netflix catégorie « Action ».

Le show prit fin lorsque Taz intégra les forces de l’ordre dans l’équation, quelle lavette.

Il était prêt à nous vendre pour négocier sa peine, prêt à ramper en liberté plutôt que marcher fièrement emprisonné.

« T’inquiète, mon gaillard. J’ai une piste sur l’endroit où crèche ce rat, il ignore que la gazelle qu’il foudroie en ce moment est une de mes connaissances » conclu avec assurance Jacobus.

Les mois défilaient et je m’adaptais progressivement au train de vie anglais.

Taz et Jacobus étaient les seules personnes pouvant me relier au braquage.

L’un des deux agissait désormais au service des poulets.

Les bars étaient devenus une sorte de rituel nocturne quotidien, j’y noyais mes peines et inquiétudes.

Ma biche ne cessait de répéter que j’étais sorti d’affaire, et elle avait raison.

Un flash info apparu sur le téléviseur du bar Conrad’s Brewery.

Le journal britannique dévoila au public que le « Braquage Caligulien » était résolu.

Cinq mois s’étaient écoulés depuis la disparition de Taz.

Des joggers avaient retrouvés son corps dans un lac d’Annecy pendant leur footing.

Le cadavre comportait l’ADN de son agresseur sous ses ongles.

Les expertises orientèrent les policiers sur la piste du vieux Jacobus. Le flash info annonça son arrestation dans la ville de Tourcoing. Pour eux, l’affaire était close.

Oui, il faut que je retrouve ce fils de pute de Jacobus.

Aucune information sur son incarcération n’a été divulguée pour l’instant.

Mon nouvel objectif ? Son évasion.

Je suis même prêt à me tatouer jusqu’au fion comme Scofield pour y parvenir.

Bien qu’il ait édenté la biche vanillée que je me tapais au lycée et buter mon cousin, il avait risqué sa liberté pour me sauver.

Et ça, c’était une dette que je ne pouvais effacer qu’en le libérant.