Marquée

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Résumé

Violet Jenkins avait toujours adoré les bonnes histoires d'horreur, du moins jusqu'à ce qu'elle se retrouve au cœur de la sienne. Kidnappée, elle est plongée dans un monde de traite des êtres humains, sauf que les victimes ne sont pas vendues à des humains, mais à des vampires. Comme si se faire enlever en pleine rue ne suffisait pas, Violet devient l'obsession d'un garde sadique qui prend plaisir à la torturer. Marcus Crow n'avait aucune intention de ramener un « animal de compagnie » de son voyage à La Nouvelle-Orléans. Furieux du manque de respect dont les gardes avaient fait preuve envers le Conseil, il avait pris le corps brisé de Violet comme preuve que la faction américaine avait besoin qu'on lui rappelle qui était aux commandes. Il n'aurait jamais imaginé que le Conseil lui céderait cette humaine si fragile. Ne sachant absolument pas quoi faire de cette fille marquée par la souffrance, Marcus l'emmène chez lui. Violet lutte pour trouver sa place dans ce monde nouveau où les monstres sont bien réels et où le sang dicte sa loi.

Statut :
Terminé
Chapitres :
46
Rating
4.9 8 avis
Classification par âge :
18+

Chapitre 1

J'ai toujours aimé ce qui est sombre et inhabituel. J'ai toujours été obsédée par le surnaturel, mais je n'ai jamais cru que tout cela était réel. Les vampires, ça ne pouvait pas exister. Ce n'étaient que des mythes et des légendes.

Je ne m'étais jamais autant trompée de toute ma vie.

Ma rencontre brutale avec leur monde souterrain fut le fruit d'une pure malchance. Je n'aurais jamais dû travailler ce soir-là. Je n'aurais jamais dû être celle qui partait si tard. C'est mon incapacité à dire non qui a changé ma vie pour toujours.

La journée avait pourtant bien commencé. À aucun moment je n'avais imaginé que je ne reverrais plus jamais ma famille ou mes amis. Jamais je n'aurais pensé que ma liberté était limitée dans le temps. Que ma vie suivait un compte à rebours.

Il faisait sombre et il pleuvait depuis le début, j'aurais peut-être dû m'en douter. J'ai toujours aimé les orages, sans jamais penser qu'ils pouvaient être le signe avant-coureur de choses pires encore. La pluie battante rendait mon trajet vers le travail presque impossible, mais je restais optimiste. C'était vendredi, et j'allais avoir un week-end de trois jours.

Si seulement je n'avais pas bêtement accepté de remplacer une collègue qui ne ferait jamais la même chose pour moi, je serais chez moi. Pas coincée dans cette cage sans aucun signe de secours. Aucune issue en vue.

La journée s'était passée assez calmement. Je travaillais dans un bureau de recouvrement, donc la plupart du temps, vous me trouviez avec un écouteur, à regarder un film sur mon téléphone ou à écouter de la musique pour faire passer le temps. Personne ne m'embêtait, et je ne dérangeais personne.

Rester tard ce jour-là signifiait ne pas quitter le travail avant 19 heures. Même si cela ne semblait pas si tard, ajoutez à cela le fait que c'était une soirée pluvieuse de novembre, et il faisait déjà une nuit noire dehors. Quand j'ai ouvert la porte arrière du bureau, j'ai marqué une pause, en regardant le projecteur de sécurité qui clignotait sans jamais s'éteindre complètement. Nous avions demandé à ce qu'il soit réparé, mais bien sûr, rien n'avait été fait. J'avais laissé mon parapluie à mon bureau, mais j'ai envoyé valser la prudence et je me suis dirigée vers ma voiture.

Je n'ai rien vu venir. Un sac a été rapidement passé sur ma tête, bien au-delà de mes épaules, comme s'il était tombé du ciel. J'ai crié de toutes mes forces, mais le tissu du sac semblait étouffer ma bouche. Mes cris ont été coupés court quand j'ai senti quelque chose me frapper violemment à la tête.

Le reste appartient à ce qu'on appelle l'histoire. Je me suis réveillée dans une pièce blanche et lumineuse, alors que mon corps était aspergé par un jet d'eau haute pression. J'avais été dépouillée de tous mes vêtements, et la seule chose que je pouvais faire était de me mettre en position fœtale et de fermer les yeux en attendant que l'agression cesse.

Une fois terminé, on m'a forcée à me lever brutalement et on m'a donné une chemise blanche à boutons, bien trop grande pour moi. On m'a conduite le long d'un couloir rempli de ce qu'ils appelaient des cellules. Cela me rappelait vraiment une vieille prison, avec ses murs de briques et ses barreaux. Sauf qu'il n'y avait jamais de lumière du soleil. Seulement les ampoules fluorescentes qui brillaient au-dessus de moi, peu importe l'heure du jour ou de la nuit.

Si vous me demandiez depuis combien de temps j'étais prisonnière, je n'en aurais aucune idée. C'était comme si c'était des semaines, mais aussi des années. Je n'avais pas eu de chance comme certaines des autres filles. La plupart des filles amenées dans les cellules partaient après une courte période. Pourtant, je restais là, réduite à l'état de jouet.

Les gardes, faute d'un meilleur nom, me sortaient de ma cellule, je soupçonne une fois par semaine, pour me passer à nouveau au jet d'eau et me donner une chemise propre. Ce n'était jamais assez souvent. La pièce où j'étais enfermée était dépourvue du moindre confort. Le matelas au sol avait connu des jours meilleurs, et la fine couverture en laine qu'on m'avait fournie faisait peu pour atténuer le froid vif et glacial de la nuit.

Ils s'assuraient que j'aie trois repas par jour, bien que je n'appellerais pas ça des repas équilibrés. Nos repas, ou du moins les miens, étaient toujours les mêmes. Une piètre excuse pour du porridge et du lait. Un sandwich au beurre de cacahuète et du lait. Ou, si j'avais de la chance, un morceau de poulet avec des haricots verts ou du maïs, et de l'eau.

Lors de mes trajets dans le couloir pour aller prendre mes douches, j'avais commencé à remarquer que j'étais traitée différemment des autres filles. Les lumières au-dessus de leurs cellules étaient éteintes à des moments différents pour qu'elles puissent mieux dormir. Elles avaient toutes de meilleurs lits, des couvertures, et parfois même des fruits ou des sodas. Rien de tout cela n'avait d'importance pour moi ; ce qui comptait, c'est qu'aucune d'entre elles ne portait de marques. Aucune d'elles n'était couverte de sang. Il n'y avait que moi.

J'aurais posé des questions, mais plus je parlais, pire étaient mes punitions. J'avais rapidement appris à baisser les yeux et à me taire, surtout quand Bruno était de garde. Aucun des autres gardes n'était jamais entré dans ma cellule. C'était toujours lui. Comme s'il éprouvait un plaisir malsain à chaque fois que son couteau taillait ma chair.

Se débattre ne servait à rien, ses coupures ne faisaient qu'aller plus profond. Je priais pour qu'il se lasse de moi. J'avais même prié pour la mort. Il n'a jamais été aussi clément. Les rares fois où il n'apparaissait pas, je restais assise dans le coin de ma cellule, soulagée par ce calme.

Il m'a fallu du temps pour comprendre que ceux qui me retenaient captive étaient des vampires. Ils n'avaient pas les longues canines que l'on voit dans les films. Les hommes n'étaient pas pâles. Ils semblaient presque normaux, mais leurs yeux les trahissaient lorsqu'ils se nourrissaient. Quand Bruno goûtait mon sang sur sa lame, ses pupilles devenaient félines et ses yeux brillaient d'une lueur rouge.

Le monstre en lui sortait pour jouer, puis disparaissait, comme si je n'avais fait qu'imaginer tout cela.

Parfois, je doutais encore de moi. Je me disais que je devais être dans le coma et que mon esprit créait cette histoire d'horreur. Les vampires n'existaient pas. Bruno n'était qu'un sadique qui prenait son pied à me faire saigner. Égoïstement, j'espérais qu'il s'intéresserait à l'une des autres filles. Pourtant, il semblait que j'étais son élue.

En entendant le bruit du métal raclant le métal, je me suis instantanément figée. Bruno arrivait, la lame de son couteau grinçant, annonçant sa venue.

Je suis restée immobile, fixant le sol, espérant qu'il passe devant ma cellule. Le grattement s'est arrêté, et j'ai su qu'il attendait que je lève les yeux vers lui. Il se nourrissait de la panique dans mes regards. Mon cœur battait si vite que je ne serais pas surprise qu'on puisse le voir, mes mains tremblant sur mes genoux.

Mon hésitation ne ferait que l'énerver, alors j'ai levé les yeux lentement. Il se tenait devant ma cellule, appuyé contre les barreaux, m'observant comme un petit enfant regarderait un animal au zoo.

« Bonjour, Violet. »

Sa voix était douce, dissimulant la folie en dessous. Le nom de Bruno lui allait bien. Il semblait avoir la quarantaine, ses cheveux rasés de près, comme s'il avait été dans l'armée. Bien qu'il ait des biceps énormes, il avait aussi une certaine brioche.

Une fois de plus, j'ai fixé le sol tandis qu'il déverrouillait ma cellule, entrant et claquant la porte derrière lui. Il s'est approché, s'arrêtant juste devant moi. Mes yeux se sont concentrés sur ses bottes marron quand il s'est accroupi, tendant la main pour attraper mon menton, relevant mon visage pour que je n'aie d'autre choix que de le regarder.

« Tu m'as manqué, ma poupée de chiffon ? »

Poupée de chiffon, c'était son petit nom pour moi. Il ne m'avait jamais dit pourquoi, et j'imaginais que cela venait de toutes les cicatrices qu'il laissait sur mon corps. Je savais qu'il valait mieux ne pas parler, même s'il m'avait posé une question, alors j'ai simplement hoché la tête. Secouer la tête pour dire non ne m'aurait valu qu'une gifle avant que la torture ne commence.

Parfois, Bruno était plus doux avec moi. J'espérais que ce soir serait l'une de ces nuits. En le regardant, j'ai maintenu le contact visuel, sachant que c'était ce qu'il aimait. Il a souri, tendant la main pour écarter mes cheveux de mon visage. Son sourire, cependant, n'était pas rassurant ; il était effrayant. Si les vampires n'avaient pas de longues canines, ils avaient des dents acérées, et les siennes semblaient ressortir.

J'ai dégluti quand il a cherché le couteau qu'il gardait à la hanche, le sortant de son étui. Il a tiré mon bras vers lui, gardant le contact visuel tandis qu'il passait la lame vivement sur l'intérieur de mon bras. J'ai grimacé alors que le couteau entaillait ma chair, laissant derrière lui un mince filet de sang. Mes yeux se sont levés, le regardant lécher mon sang sur la lame tranchante comme un rasoir. J'ai vu ses pupilles se transformer, virant au rouge.

Tirant mon bras bien droit, il a fait remonter sa langue le long du sang qui coulait maintenant sur mon bras. Je m'étais entraînée à rester aussi immobile que possible. Il était doux ce soir, et je ne voulais pas risquer de l'énerver. J'avais encore une entaille profonde sur la cuisse, là où il avait arraché un morceau de ma chair.

Les gémissements de Bruno alors qu'il suçait avidement le sang de mon bras semblaient presque sexuels. Au début, j'avais eu peur qu'il me viole, mais j'ai vite découvert qu'il y avait bien pire. Se redressant, il s'est mis à genoux, me poussant, et je me suis préparée, sachant qu'il s'en prenait à mes jambes. Aucune partie de mon corps n'était en sécurité. Mon visage restait la seule peau que son couteau n'avait pas encore entamée.

J'ai crié de douleur quand il m'a tranchée plus profondément cette fois, du côté de ma rotule jusqu'au haut de ma cuisse. La brûlure a irradié dans ma jambe, mais à travers mes yeux larmoyants, j'ai continué à soutenir son regard. Cette fois, alors qu'il portait sa lame à ses lèvres, le sang en coulait à flots. Il m'a adressé un sourire satisfait avant de se pencher pour lécher le sang qui jaillissait de ma blessure. Il m'avait coupée profondément, mais au moins, il n'avait pas arraché de chair cette fois.

Quand il est parti, je me suis retirée dans mon coin, pressant mes mains contre ma cuisse en sang. C'était plus profond que ce que je pensais, et je savais que ce serait douloureux pendant un bon moment. En fermant les yeux, j'ai su que je devais m'allonger. J'étais toujours plus faible après le départ de Bruno. Attrapant la couverture à mes côtés, je l'ai tirée sur mes jambes nues, priant pour qu'il ne revienne pas ce soir.