Trois coups à la porte du paradis

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Résumé

Certaines personnes meurent si brutalement ou soudainement que leur esprit à peine franchis le seuil de la lumière , reviennent sur leurs pas. Syndrome de la mort éminente est le nom scientifique a cet événement .Et certaines font des vas et viens tout au long de leurs existences. Comme moi…

Genre :
Drama/Other
Auteur :
Christiane R.
Statut :
En cours
Chapitres :
1
Rating
n/a
Classification par âge :
16+

Chapitre 1 - Nouveau-née

Je suis née un 13 avril, 1971. Un jour saint. Et comme le Christ, avec les bras ouvert, les pieds en avant. Mais déjà à ma conception je n’étais pas commune, plutôt atypique. Un bébé né du syndrome de rhésus. Maman produisait des anticorps pour me virer de son ventre. J’ai tenu presque sept mois…


Je suis née le 13 Avril 1971. Un coursant du mois de Pacques. Et comme le Christ, les bras ouvert mais sortie par les pieds.Mais comme tout dans ma vie, je ne suis pas comme les autres, comme ma naissance et ma croissance. Un syndrome de Rhésus a difficulté la grossesse ma survie. Le système immunitaire de ma mère tentait de me détruire. Ses anticorps voulaient me combattre.J'ai quand même réussi à tenir presque sept mois, avec un traitement adéquat.


A dix heures trente, une nuit, je suis venue au monde causant maintes douleurs et peines, et une grosse perte de sang. Pendant que maman criait très fort, moi, je n'ai même pas ouvert la bouche, du tout.


Je me suis noyée.


Après avoir aspiré l'eau de mes poumons, et réanimé mon coeur, on m'a mise dans un incubateur avec toute l'aide médical que j'avais besoin, on m'a mise dans une ambulance en route vers un hôpital spécialisé.


Mon sang a été purgé. D'un bras on me l'aspirait et de l'autre on m'injectait du O+. Pendant trois mois, approximativement, j'y suis restée.Sans maman, sans lait maternel, sans maison, jusqu'à mes trois mois, jusqu'à guérir de toutes les maladies infantiles que je subissais. Comme tous les trop petits prématurés, j'ai dut prendre du poids, et augmenter mes 1750 grammes, avec lesquels je suis née.


Cela semble incroyable, non? Je suis revenue à la vie, pour la première fois, ce jour-là. C'était ma toute première vie et mon premier retour. Ne me demande pas comment et pourquoi…Parce-ce que je m'en souviens pas.


Vraiment.


Mon enfance fut difficile, je voyais la vie différemment, d'un autre oeil, ainsi que la société. J'adoras surveiller l'évolution des insectes et la seule chose que je craignais, était les humains. J'étais incapable de comprendre leurs règles. Comme si j'était un allier tombé d'une autre planète. Les enfants se moquaient de moi et riaient aux éclats. et aimaient me jouer de sales tours. Mais je ne criais pas….Je ne pleurais pas non plus. J'en avais rien à cirer vraiment. Cela m'étais indifférent. J'avais mon propre monde et ma propre réalité…..Mon imagination me suffisait.


A l'âge de six ans j'essayais de me faire des amis et je suivais docilement les petits voyous du quartier pour voler du chocolat ou autre sucrerie sur le étagères du supermarché local. Leur bureau avait un tableau rempli de mes photos….de mes actes...


Maman y était appelle assez souvent… Pour payer ou juste être mise en garde….

Cette fois-là, ce fut la fois de trop.

Et je reçu ma première grosse correction, celle dont je me souvient, du moins.


Couchée sur le ventre en travers du lit, j'attendais que les dix coups soit finis, le bâton sifflait dans l'air jusqu'à toucher la pea tendre de mes petites fesses. Dix coups avec des intervalles de 5 secondes, mais plus si je bougeais.... Mes fesses et mes cuisses étaient striées de violet, ou perdaient carrément la peau, si les coups tombaient trop sur le même endroit.

La douleur était si atroce que je me débranchais….Et je courais me réfugier dans ce monde imaginaire, serrant les paupières jusqu'à en oublier pression, je courrais à travers des prés fleuries et verdoyants. Je courais, vite, libre, j'en oubliais ma douleur….

Je me laissais envahir les poumons par le doux parfum des fleurs et la chaleur du soleil qui caressait mon visage, la douceur fraiche de l'herbe haute sous mes pieds et le long de mes jambes. A perte de vue, le vert. Au-delà de l'horizon on ne voyait que ça, avec des petites taches rouge, rose et bleu que laissaient les fleurs. J'entendais la musique des ailes des abeilles butinant de fleur en fleur, comme une douce symphonie. Et je courais le visage levé ver la brise et mes cheveux flottant derrière moi, je cours….Je vole…. Les bras ouverts, simulant une avion ou lune valse de Vienne.

Quelque part à l'horizon, une voix m'appelle. Si lointaine et faible que je pensais entendre le bruit du vent soufflant à travers les branches des arbres.

Puts de plus en plus fort, et doucement je reviens à moi pour voir sa préoccupation dans ses yeux. Une fois de plus, elle était allée trop loin, trop fort sur moi.Un join elle me perdrait pour de bon…pour toujours...

Pourquoi je devais payer pour sa triste enfance?

Ou pour les choix stupides qu'elle a fait?

Ou pour ces dépressions constantes?

A chaque fois ça recommençait!

J'étais si jeune et tout ce que je voulais c'était courir à travers les prés fleuries…sans jamais arriver au bout du jardin….à l'infini…et pour toujours...


Les jours passaient les uns après les autres, les seines avec…. sans qu'une d'elles ne soient couronnées d'une correction, punition corporelle. Aujourd'hui quelqu'un a presque cassé une poupée. rien de très grave….Quelques cheveux cassés, et l'élastique qui les retenait arraché….Bon, d'accord, elle était décoiffée!

Mais ce n'était pas moi...


- Margot!!! Elle a crié et les murs ont rebondi le son de sa voix créant un écho, interminable dans ma tête.

- …

- Je ne t'appellerai pas deux fois...

- …. Oui… Je m'approchais craintive...

- Je ne t'ai pas averti de ne pas toucher à ma poupée, celle que mon papa m'a donné?

- Je l'ai pas touché!….Mes pupilles ont subitement grandi de frayeur...


Splatch!


Une baffe résonne affreusement dans la pièce couvrant le bruit de ma respiration affolée, et suivie par un silence terrifiant qui s'installe. Cela ne s'annonce pas bon du tout….j'ai un lourd présage….


Sans avertissement, elle m'attrape par les cheveux et me jette, visage en avant, contre un mu, encore et encore jusqu'à que mes jambes maigrichonnes me lâchent et je tombe.

L'air se charge soudainement de l'énergie nerveuse qu'elle dégage et elle continue, en profitant de cet instant privilégié avec moi, tout en se défoulant de sa rude journée.

Lentement je soulève mon visage et toute ma tête meurtrie du sol et je me hisse tant bien que mal, sur mes jambes maigrichonnes à l'aide de mes bras, juste assez pour le voir caché derrière la porte entouverte.

Mon petit frère.

Il regardait la correction magnifique qui lui était due.

C'était lui!


- Regarde, c'était lui! C'est sa faute!Je criais la morve au nez.

- Tais-toi ou je continue!.

- Mais maman, il rigole!!!


SPLAFF


Une dernière baffe juste pour être sûre que l'affaire est fini.


La vie m'a appris qu'il n'y a pas de justice.

Tout ce dont tu as besoin c'est d'être un petit garçon blond, un petit ange ange blond aux fossettes et au sourire tendre.


Maudite! Je n'ai même pas demandé à naître!


Je n'oublierai pas de si tôt, tu me le payeras un jour!



Quelques jours après sur le chemin de l'école...


- Tu restes à quatre pattes ou je te donne un coup de pied!

- Je vais le dire à maman!.

- Ah oui? Tu veux être puni? Je vais te taper!

- ouinnnnn, mon petit frère en larmes se met à genoux, obéissant, il marche comme un petit chien, attaché à une corde que je garde serré dans ma paume.


Je tourne vers lui mon oeil violacé, voilà ma revanche, petit ange!

JOURNéE MAGNIFIQUE.


CETTE JOURNéE S'ANNONçAIT MAGNIFIQUE et les enfants du quartier jouaient heureux devant l'immeuble sous les yeux attendris de leurs mamans, du moins ils le dépensaient, mais elles préféraient échanger des commérages tout en prétextant garder les rejetons. Assoiffés, plusieurs couraient chez eux, montant en flèches, les innombrables escaliers de chaque palier.

Moi aussi. Laissant maman surveiller mon petit frère, j'obtiens l'autorisation de me rafraîchir et revenir aussi vite que possible. Maigrichonne comme j'étais, j'avais toujours faim ,et rien ne me comblait assez, à cette âge on a souvent faim de choses sucrées… surtout quant elles sont cachées et destinées à d'autres.

En équilibre sur le bout de l'évier je dénichais la cachette du Nutella, au plus haut possible sur une étagère.

Allez une bonne cuillère à soupe et personne ne verra….encore une….

Sans pouvoir m'arrêter et le temps passait...


Soudainement….


La porte s'ouvre.

Maman….

Furieuse….

Du haut de la chaise sur laquelle je descend…. mes jambes tremblent et la chaise bascule sur le côté. Je m'agrippe tant bien que mal à une porte ouverte du placard mais les coups tombent déjà...

Cette nuit -là, une petite fille au visage et côtes meurtries pleurent enfermées dans les toilettes, les couleurs sont toujours les mêmes, sur sa peau avec une petite nouveauté, Du marron. La couleur du chocolat.