Prologue
Je tomba à genoux, le regard complètement épouvanté.
Soudainement, j'entendis un cri. Il y'avait encore des gens à l'intérieur. Ils étaient prisonniers de ce brasier incandescent et se débattaient pour survivre. Cette simple constatation m'épouvanta. Je voulu leur prêter secours mais Elle m'en empêcha. J'ignorais même qu'Elle était dans les environs.
- Où vas-tu ? Me demanda-t-elle avec tout le sang froid et le détachement qui lui étaient propres.
- Il y'a des gens à l'intérieur faut les sauver, répondis-je paniqué.
Elle me dévisagea comme si je venais de lui annoncer que je venais de prendre une tasse de café.
- Non tu n'en feras rien car tu ne te mettras pas en danger pour eux.
- Mais c'est de ma faute...
- Justement personne ne le sait. Il vaut mieux que personne ne sache que tu étais présent, fit-elle en me dévisageant.
- Et ces gens ?
- Allons-nous en, ordonna-t-elle en me tirant loin de cette scène macabre.
- Mais il y'a des gens à l'intérieur. Ils vont mourir, lui dis-je en m'opposant à son geste.
- Et bien qu'ils crèvent, fit-Elle froidement. Tu as le choix : eux ou toi. À toi de voir.
Comme une poupée de chiffon, je me laissa faire. Je la laissa m'éloigner de ce brasier dont j'étais l'unique responsable. Je n'essaya même pas de lui résister, condamnant ainsi le sort de ces innocents.
- Lâche, me hurlait mon subconscient.
- Je n'aurai de toute les façons pas pu sauver tout le monde, essayais-je de me convaincre.
- Lâche ! Persista la voix dans ma tête.
- Quelqu'un d'autre les aidera.
- Poule mouillée !
- J'y aurais laisser ma peau et ma réputation inutilement, grondais-je intérieurement.
- Bâtard !! Me hurlait ma culpabilité.
- Tu n'aurais de toute façon pas pu faire grand chose, me lança-t-Elle en ouvrant la portière d'un fourgon stationné près d'une haie.
Comme toujours elle avait su déceler le combat intérieur que je menais avec une facilité déconcertante. C'est donc sans hésitation que je grimpa dans le véhicule, vite suivi par Elle.
Le chauffeur démarra. De la vitre où j'étais, le spectacle était magnifique. Il avait quelque chose de poétique. Solaria se tenait fièrement au milieu des flammes qui l'engloutissaient presque entièrement. Malgré la résistance qu'elle témoignait depuis des minutes maintenant, Solaria finit par s'effondrer sous les flammes, dans un bruit à vous glacer le sang.
..............
L'odeur de café avait envahi la pièce tandis que flottait un air de jazz. Past servit une tasse à toutes les personnes présentes dans la pièce, soit onze personnes. Elle ne leur posa aucune question sur leur préférence en matière de café car ici le café on le prenait de la même façon : noir et avec un morceau de sucre.
- J'espère que cette fois-ci cette petite comédie ne s'éternisera pas car j'ai à faire, fit un jeune homme svelte et très agréable à regarder.
Il était vêtu d'une chemise monochrome bleue marine et d'un pantalon blanc. Sa peau couleur café au lait était donc parfaitement mise en valeur.
- Toujours à vouloir attirer l'attention Perfect, lui réprimanda Impératrice assise sur un sofa dans un coin de la pièce. Tu te comportes toujours comme si tu étais le seul de cette famille à posséder un emploi.
- Je n'ai pas à me tracasser plus que cela pour le faire ma chère. Je ne suis pas comme toi qui est toujours à la recherche d'un moyen de lécher le cul de la sorcière, répliqua aussitôt le dénommé.
- Perfect! Lâchèrent Emperor et Present scandalisés.
- Je formule juste tout haut ce que les gens pensent tout bas
- Qui dans cette pièce à part Past a besoin de ton aide pour formuler haut et fort sa pensée ? Répliqua Century sans même dénier lever son regard de son portable.
- Du coup c'est méchant pour Past, fit Time.
- Méchant ? Je ne trouve pas, répliqua Gift sa sœur jumelle. Century n'a fait qu'énoncer un fait et il a raison. Past est la seule qui ne sait pas se servir correctement de sa bouche.
- Gift ! La reprimandèrent Present et Emperor.
- Quoi ? C'est la vérité. En plus vu qu'elle ne se défend pas c'est qu'elle doit reconnaître au fond que ce que je dis est vrai. Pas vrai Past ?
L'insolence de Gift voulut amener Present à répliquer mais Past le devança :
- Tu as raison Gift. Parler n'est pas mon fort.
Perfect pouffa puis lâcha un << Pathétique >>.
- Le café est délicieux comme d'habitude. Merci Past. C'est réellement le meilleur café qui m'ait été donné de goûter, fit Future.
- Merci Future. N'hésite pas à me signaler si tu veux une autre tasse.
- Tu as fait le même commentaire sur le café que l'on a bu dans ce restaurant Cubain, fit Impératrice.
- Vraiment ? S'exclama Future.
- Est-ce surprenant venant d'un goinfre ? Il pourrait avaler de la bouse de vache qu'il trouverait cela exquis, lança Eternal.
- Hey ! S'offusqua Future. Je ne suis pas un goinfre.
- Ouais c'est ça, firent en cœur les personnes présentes exceptée Past qui demeura immobile près de la cafetière.
Choqué, Future se mit à bouder.
- Aller, boude pas mon cœur, dit Eternal.
- Ne m'appelle plus jamais ''mon cœur''. Même pour plaisanter. Et puis m'insulter ? Moi le plus adorable de cette famille de serpents ? fit Future de manière théâtrale.
- Je ne t'insulte pas mon cœur, répondit Eternal en insistant sur les deux derniers mots. Vois-tu, tu es un goinfre et c'est un fait connu de tous. Même tes coéquipiers pourront en témoigner.
- Arrête avec ce surnom. Ça me donne des nausées.
- Tu préférerai que je t'appelle mon fils ?
- Tu es prêtre certes mais toi et moi avons été portés par le même utérus. Donc tes Histoires de père-fils ne fonctionnent pas sur moi.
- En es-tu certain mon fils ? Lâcha Eternal moqueur.
Les autres éclatèrent de rire, ce qui vexa énormément Future qui s'apprêtait à bondir sur son frère lorsque la porte s'ouvrit sur une dame d'un certain âge vêtue d'une robe cache-coeur en velours noir. Un silence mortuaire suivi son entrée. Et comme un seul homme, les douze personnes présentes se levèrent pour saluer silencieusement cet arrivée. L'arrivante rejoignit les autres sur la longue table où tous étaient installés hormis deux personnes.
- Past vient prendre place voyons. Tu es ridicule à te tenir là comme une vulgaire servante.
- J'attendais pouvoir vous servir moi-même mère.
- Tu es adorable ma puce mais ce n'est pas nécessaire. Perfect le fera. N'est-ce pas Perfect ?
Le dénommé bondit presque de sa chaise pour servir une tasse de café.
- Et toi Impératrice ? Que diable fais-tu dans ce coin comme une lampe de chevet ?
- Je voulais m'éloigner du bruit pour terminer le dossier de la mairie.
- Tu es très travailleuse. C'est ce que j'apprécie chez toi. Mais ce dossier ne s'envolera pas si tu le lâchais dix minutes, fit gentiment la femme.
- Bien mère, fit Impératrice en rejoignant la table.
Mais pour parvenir à l'unique place inoccupée, elle devait passer près de Perfect Qui remuait la tasse de leur mère à l'aide d'une cuillère.
- Toujours à jouer les fayottes, souffla-t-il à sa sœur.
Celle-ci lui lança un regard noire avant de gagner sa place. Leur mère était la seule installée à l'une des deux extrémités de la table. Elle ne prit pas place contrairement à ses enfants.
- Mes amours, si je vous ai réuni en ce jour c'est parceque l'enquête sur Solaria a été réouverte.
- Comment cela ? Vous-en êtes certaine ? Demanda Far.
- Bien sûre qu'elle en est certaine, fit Impératrice. Tu penses qu'elle aurait convoqué une telle réunion sur la base de simples suppositions ?
- Qui vous en a informé ? Demanda Emperor.
- Le gouverneur...il n'est pas doué pour tenir sa langue. Cette fois ceux sont des inspecteurs venus de la capitale qui mèneront l'enquête.
- Mais pourquoi ? Cela est absolument absurde, dit pour la première fois Immortal. Le dossier a été clos il y'a cinq ans et on avait conclu qu'il s'agissait d'un simple accident. Un problème logistique.
- Il a donc dû se produire un truc grave pour qu'il réouvre l'enquête, fit Time. En plus ils envoient des gens de la ville cette fois.
- Peu importe, fit Melingui. Du moment que vous ne répondez à aucune de leurs questions sans ma présence ou celle d'Impératrice tout ira bien.
- Mais on a pas à s'en faire étant donné qu'aucun de nous ne l'a fait pas vrai ? Demanda Time.
Il eut des échanges de regards mais aucun mot ne fut prononcé. Melingui s'approcha donc de son plus jeune fils et lui prit la main.
- Mais oui mon ange. Quelle idée ! Aucun de nous n'aurait pu le faire. Mais dans ce genre de situation mieux vaut toujours rester sur ses gardes. S'ils envoient des inspecteurs c'est pour trouver un responsable. Et ils n'hésiteront pas à en créer un.
Puis se tournant vers le reste de ses enfants elle dit :
- Nous sommes une famille. Cette phrase prend réellement son sens dès aujourd'hui. Je compte donc sur vous pour me prouver que vous savez ce que cela signifie. Et je ne tolérai aucun égard de comportement. Mais cela ne risque pas d'arriver pas vrai mes amours ?