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Aletheia Sokratés :
Le froid piquant de Chicago me donnait la chair de poule. Mon ami Leo et moi marchions côte à côte en ville, ou plutôt dans les quartiers chics. On essayait de décider si on allait tenter un vol à la tire ou non.
On marchait comme un couple. On surveillait du coin de l'œil les hommes ou les femmes avec des sacs de luxe, trop occupés à envoyer des textos ou à téléphoner. C’était le moment idéal.
« Ils tendent vraiment le bâton pour se faire battre », dis-je en riant. Leo me jeta un regard amusé.
« Tu m'étonnes... Allez, on y va. Celui qui ramasse le plus gros butin gagne. Le perdant paie le déjeuner avec ses gains. » Il haussa un sourcil et je le regardai d'un air de défi.
« Que le meilleur pickpocket gagne. » On se serra la main et j'acceptai avec plaisir de me séparer de lui. Nos paris habituels ne durent jamais plus de dix minutes. On se retrouve ensuite à notre endroit habituel.
Je resserrai ma veste contre moi pour me réchauffer. Je glissai mes mains dans mes poches en avançant dans la foule. Soudain, une femme qui discutait avec une amie attira mon attention. Son sac à main magnifique semblait m'appeler par mon nom.
Bingo. Je me mordis la lèvre en jetant un coup d'œil rapide autour de moi. Personne ne faisait attention. Quels idiots. Je passai à l'action en la bousculant de l'épaule. Elle poussa un petit cri et lança un regard glacial vers la coupable, c'est-à-dire moi.
« Désolée », marmonnai-je en m'éloignant d'elle. Je sortis de la foule avec un portefeuille de luxe à la main. Je me dépêchai d'aller derrière un coin de rue pour voir ce que j'avais récupéré...
« Waouh. » Mes yeux s'agrandirent en trouvant 436 dollars à l'intérieur. Je souris jusqu'aux oreilles en rangeant l'argent dans ma poche. Comment une femme peut-elle porter autant de liquide sur elle ? Je m'en fichais, c'était mon jour de chance. Je jetai le portefeuille à la poubelle.
« Je crois que tu as perdu, Leo », ris-je tout bas. Mes yeux furent alors attirés par un restaurant très chic. Deux belles voitures étaient garées devant. Je trottai jusque-là, voyant qu'il me restait du temps pour un autre coup.
Mais qui choisir et quand ?
« Merde », murmurai-je en posant les mains sur mes hanches. Je commençai à marcher tranquillement quand trois hommes sortirent du bâtiment. L'un d'eux sortait vraiment du lot. Il avait l'air glacial et très puissant. Il était surtout très beau, avec des tatouages partout.
Ouah.
Puis, je le vis ranger quelque chose dans sa poche arrière droite. Son portefeuille, peut-être ? Allez ! Ce mec a l'air bourré de fric. Vas-y, dépêche-toi, Aletheia ! Au fond de moi, je me sentais nerveuse. C'est une sensation que je n'avais plus ressentie depuis mes débuts.
Pour une raison inconnue, il me faisait hésiter.
Je pris mon courage à deux mains et je passai à l'acte. Je le frôlai rapidement alors que cet homme tournait la tête pour me fixer. Son regard me fit l'effet d'une décharge électrique glaciale dans tout le corps.
Nos yeux se rencontrèrent. Son regard était impitoyable et très perçant. Mais cela ne m'arrêta pas. Je réussis à sortir l'objet de sa poche. Pourquoi ai-je peur tout d'un coup ? Je regrette vraiment de l'avoir choisi comme cible.
« P-pardon monsieur. » Ma voix, d'ordinaire douce, trembla bizarrement. Avant qu'il ne puisse voir quoi que ce soit, je mis l'objet dans ma poche pour m'éloigner de lui au plus vite. Soudain, j'enfreignis la règle d'or et je me retournai. À ce moment-là, j'eus un frisson de terreur et mon cœur sombra jusque chez Hadès lui-même...
L'homme fonçait droit sur moi avec le regard le plus furieux que j'aie jamais vu.
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