#1 Ta fille, conçue grâce à ladite saucisse
RÉSUMÉ
Steffi Johnson est une force avec laquelle il faut compter. Enfin… jusqu’à ce que son esprit perde la bataille contre son cœur et sa chatte, et qu’elle se retrouve dans un sacré pétrin.
Steffi adore le sexe. Et l’aventure. Et les plans sans attaches. Elle a toujours cru qu’un jour, elle rencontrerait quelqu’un qui lui donnerait envie de devenir une femme à un seul homme. Ou à une seule femme. Ou juste à une seule personne. Après tout, Steffi est pansexuelle, alors le genre, elle s’en fiche. Elle se disait qu’elle rencontrerait probablement cette personne vers 30 ans. Quand elle serait vieille. Prête à se caser.
À 20 ans, Steffi ne s’attendait pas à tomber sur quelqu’un qui allait retourner sa vie dans tous les sens, pour le meilleur et pour le pire. Quelqu’un qui sait exactement comment apaiser son esprit en ébullition, la baiser jusqu’à la soumission, et lui donner un sentiment de sécurité. Sauf qu’il n’est pas celui qu’il prétendait être. Pas du tout. Même pas un peu. Même pas de près.
Voilà comment Steffi se retrouve à se disputer avec ses parents et à quitter la maison. Voilà comment elle se retrouve mêlée à un tas de gens dangereux. Voilà comment elle perd son cœur, sa raison, et peut-être bien plus encore.
Reste-t-il une chance de sauver Steffi de ce type qui refuse de la lâcher ? Une chance de la sauver d’elle-même ? Et si oui… qui va la sauver ?
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Avertissement :
Ce livre contient des scènes qui peuvent être difficiles pour les personnes ayant vécu des abus (sexuels), des relations toxiques, manipulatrices ou abusives, ainsi que pour celles ayant été victimes de viol. Tous ces sujets sont abordés dans le livre.
Je vous promets une fin heureuse, bien sûr, mais ce livre est plus sombre que la plupart de mes autres romans, et les événements difficiles se déroulent en temps réel, et non pas seulement dans le passé des personnages, comme c’est souvent le cas dans mes autres livres, où les abus sont des souvenirs déclencheurs, et non la réalité du présent.
Soyez attentifs aux sujets sensibles dans les commentaires. Soyez bienveillants les uns envers les autres. N’hésitez pas à partager vos impressions, mais restez courtois, et gardez à l’esprit que certaines personnes ont vécu ces choses dans leur propre vie.
Certains chapitres comportent un avertissement spécifique en début de scène, vous pouvez donc choisir de les sauter. Mais si ces thèmes sont trop difficiles pour vous en général, peut-être vaut-il mieux éviter ce livre. Si vous le lisez et qu’un chapitre vous semble nécessiter un avertissement que je n’ai pas mentionné, dites-le-moi en commentaire ou en message privé sur Insta, et je l’ajouterai !
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INFOS [le chapitre 1 commence juste après]
La série *Sweet Caroline* compte plusieurs livres. Tous peuvent se lire indépendamment, mais ils forment un ensemble plus cohérent. Au début de chaque tome, je précise toujours quel livre il est préférable de lire en premier pour bien comprendre le passé des personnages.
La série se divise en deux générations : la première génération et la suivante. La deuxième génération met en scène des personnages qui étaient enfants dans les livres de la première.
PREMIÈRE GÉNÉRATION : 1. *Sweet Caroline* // 2. *Slutty Shaughna* // 3. *Eager Annabel* // 4. *Feisty Francesca* // 5. *Twisted Thomas* // 6. *Chef Quiroz* // 7. *Caring Christopher* // 8. *Officer Tyson* // 9. *Dreamy Dylan*
DEUXIÈME GÉNÉRATION : 1. *Blooming Rose* // 2. *Jealous Jagger* // 3. *Needy Nia* // 4. *Guarded Marcus* // 5. *Charming Creed* // 6. *Thompson Twins* // 7. *Playful Pierre* // 8. *Saving Steffi*
Vous pouvez lire ce livre seul, mais si vous comptez découvrir mes autres histoires, je vous conseille de commencer par *Sweet Caroline*.
On découvre Steffi pour la première fois dans *Eager Annabel*, alors qu’elle n’est qu’un tout petit bébé. Elle réapparaît dans les romans de la première génération en tant qu’enfant d’Aston et Anna. Dans *Thompson Twins*, on la voit adolescente, et dans *Playful Pierre*, elle a 20 ans. Certains chapitres de *Playful Pierre* donnent un petit aperçu de *Saving Steffi*, donc une partie de la chronologie de ce livre coïncide avec la fin de celui de Pierre.
Je vous recommande au moins de lire *Playful Pierre* avant *Saving Steffi*, mais c’est vous qui voyez ! J’écris tous mes livres pour qu’ils puissent se lire indépendamment, mais certaines choses pourraient vous sembler confuses si vous ne connaissez pas les autres tomes, et bien sûr, vous passeriez à côté des petits clins d’œil.
Assez d’infos pour l’instant ! Bonne lecture du chapitre 1 !
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#1 Ta fille, conçue grâce à ladite saucisse
Le moteur de la moto vrombit sous moi, les vibrations accélérant mon rythme cardiaque et faisant vibrer tout mon corps de plaisir. Putain, elle est rapide. Bien plus qu’elle ne devrait l’être, et c’est exactement ce que Bear, mon patron, m’a demandé de faire.
Légal ? Bien sûr que non.
Trop cool ? Oh que oui.
C’est d’ailleurs l’une des nombreuses raisons pour lesquelles Bear m’a embauchée. Je bricole des motos depuis que je suis gamine, et mes compétences dépassent largement ce que mon père m’a appris. Lui savait réparer les petits problèmes, point. Il m’emmenait toujours chez Bear, même quand j’étais encore une petite fille avec des couettes, et je jouais entre les voitures et les motos pendant que Bear retapait la vieille bécane de mon père et qu’ils parlaient boutique.
Pour mon père, *boutique*, c’était le club de gym Maddox. Il en était copropriétaire avec Zeke, qui était non seulement l’un de ses meilleurs potes, mais aussi un peu son beau-frère. J’ai une grande famille, mais je pense que seule la moitié des gens que je considère comme ma famille est vraiment liée à moi par le sang. C’est ce qui arrive quand ton père a un demi-frère qui a lui-même une tripotée d’autres demi-frères et sœurs. Dans notre famille, le sang ne compte pas. Ce qui compte, c’est l’amour et la loyauté. J’appelle tellement de monde *cousin*, *tonton* ou *tata* que parfois, j’en perds mon latin : qui est vraiment de ma famille, et qui sont juste des amis proches ?
Pour Bear, *parler boutique*, c’est son garage. *Bear’s Bikes and Cars*. Un nom simple, mais un boulot qui l’est beaucoup moins. Je suis à peu près sûre que la plupart de ce qu’on fait n’est pas tout à fait légal. Je n’ai pas le droit de toucher à la caisse, par exemple. On donne aux clients des factures manuscrites pour les travaux effectués, et on ne mentionne surtout pas que je démonte généralement la bécane pour y mettre un moteur bien trop puissant pour elle. Ou que je trafique le moteur d’origine, ou même que j’y ajoute un compartiment secret dont je préfère ne pas savoir à quoi il servira. Des courses, ça m’étonnerait.
J’ai appris depuis longtemps à ne pas poser de questions. Bear est réglo avec moi, et mon pauvre père n’a aucune idée que tout ce que je fais pour lui n’est pas toujours très catholique. Quand mon père vient, on utilise la caisse, comme pour certains de nos clients qui ne semblent pas comprendre que tout ce qu’on gagne n’est pas déclaré aux impôts. Mon père, c’est un dur, mais à part fumer un joint de temps en temps, il ne fait rien d’illégal, à ma connaissance. Le mec est peintre, en plus de posséder une salle de sport. Et quand je dis peintre, je parle d’un vrai artiste. Il a les bords un peu rugueux, mais c’est un gros nounours à l’intérieur.
Comme moi.
Enfin… peut-être que moi, je suis un peu rugueuse à l’intérieur aussi.
En terminant le tour d’essai de la moto sur laquelle j’ai bossé toute la journée, je me surprends à vouloir continuer à rouler. J’adore les routes dégagées, la vitesse, ce sentiment de liberté. Dès la première fois où je suis montée derrière mon père sur sa moto, j’ai eu un coup de foudre. Pas pour mon père, hein, ce serait dégueu, mais pour la bécane. J’en ai une à moi maintenant, et je l’adore, mais je mets déjà de l’argent de côté pour m’en offrir une nouvelle. J’aimerais quelque chose de plus gros, de plus puissant, de plus badass.
— Alors ? me demande Bear en s’essuyant les mains pleines de cambouis sur un chiffon.
— Elle ronronne comme un ange, je lui assure en garant la moto au fond de l’atelier. Tu devrais pas me la donner en récompense pour tout le boulot que j’ai abattu ces dernières années ?
Il sourit, dévoilant ses dents de travers. — Je crois pas, non, Mini. J’ai ajouté un petit bonus à ta paie ce mois-ci. Ça devrait suffire à te faire taire.
— Rien ne suffira jamais pour ça. Je caresse la moto, détestant l’idée de m’en séparer bientôt. T’as déjà un acheteur ?
— Ouais, Zeus passera la récupérer plus tard dans la semaine. On lui rachète sa vieille bécane aussi. Ton prochain petit projet sera de la retaper pour qu’on la revende avec une marge.
Je jubile intérieurement, mais je reste calme en apparence. — Super. Il me reste quelque chose à faire ?
— Non, t’es restée tard. Va faire ce que tu fais quand t’es pas là.
Je lance un regard taquin à Bear. — Je suis pas sûre que tu veuilles vraiment savoir.
— Je veux savoir, dit une voix grave derrière moi.
Je me retourne et vois Dice émerger de derrière un gros camion, sa salopette couverte de crasse, ses longs cheveux bruns attachés en queue-de-cheval. Il n’a que trois ans de plus que moi, mais il fait toujours comme s’il était bien plus malin, plus costaud et meilleur. Bon, d’accord, il est plus costaud – on ne m’appelle pas Mini pour rien –, mais il est loin d’être plus malin ou meilleur. J’ai fait l’erreur de lui tailler une pipe dans une ruelle un soir où j’étais bourrée comme un coing et excitée comme une puce, et depuis, il se croit sorti de la cuisse de Jupiter. Le con n’a même pas réussi à me faire jouir en me tripotant maladroitement sous ma jupe, alors je vois pas pourquoi il en fait tout un plat. Moi, en tout cas, je m’en fous. Et je suis pas gênée non plus – ça arrive quand on descend trop de shots de tequila.
— Ben, j’ai un rencard torride avec une fille que j’ai rencontrée en boîte hier soir, je lance à Dice, sachant que ça va lui faire imaginer ce qu’on va faire toute la nuit. Il va probablement se branler en y repensant plus tard. Le pauvre mec doit pas avoir beaucoup d’action. Parfois, je me demande si la seule raison pour laquelle il a joui après trois va-et-vient de ma bouche, c’est qu’il avait pas été touché depuis des lustres. Ça me fait un peu pitié, en vrai. Quand je reste plus d’une semaine sans sexe, je deviens une vraie teigne.
— Un rencard torride ? répète Dice en grognant.
— Bon, d’accord, peut-être pas un rencard. Je lui adresse un sourire mielleux. Disons que je vais chez elle.
— Pour faire quoi ? demande-t-il en passant une main sur sa barbe noire et courte.
— Je pense que tu sais très bien. J’adore le provoquer. Je parie qu’elle, au moins, elle sait me faire jouir.
Dice se raidit en repensant à cette fameuse nuit où il n’a pas réussi à en faire autant, et il lance un regard à Bear. On n’a pas le droit de flirter au boulot. Bear ne veut pas que ça interfère avec le travail, alors il ne sait pas qu’on a couché ensemble il y a six mois. C’est pour ça que c’est si drôle de le charrier. Dice ne peut rien dire devant Bear, même quand je balance des trucs comme ça.
— J’ai pas envie d’entendre ces conneries, Mini, grogne Bear alors que Dice reste muet. Allez, dégage.
Je vais faire un câlin à mon patron pour lui dire au revoir. C’est un colosse de deux mètres dix, couvert de tatouages, mais il mérite son surnom de Bear. Un vrai nounours. Il me ébouriffe les cheveux avec affection avant de me renvoyer.
Avant d’aller chez ma conquête du soir, je rentre d’abord chez moi, en roulant un peu vite, comme d’habitude. J’adore cette sensation de liberté sur ma moto. Ma pauvre Stiletto – oui, je lui ai donné un nom, bien sûr – n’arrive pas à la cheville de la beauté que j’ai retapée aujourd’hui, mais c’est la mienne. Je lui donne une petite tape affectueuse après l’avoir garée dans le garage de mes parents.
Je vis toujours chez mes parents, parce que c’est tellement plus simple. Je m’entends super bien avec eux, surtout avec mon père. Vivre ici, c’est comme être à l’hôtel. Mon linge est lavé, je n’ai jamais à aider pour les tâches ménagères – ils ont une femme de ménage qui vient deux fois par semaine, et mes parents s’occupent du reste. Bref, j’ai été pourrie gâtée toute ma vie. Je ne suis pas une petite princesse, mais surtout mon père n’a jamais su me dire non. Pourquoi déménager alors que je suis bien ici et que je peux économiser comme ça ?
« Salut, ma chérie », me lance ma mère quand j’entre. Elle est encore en tenue de travail, et nos styles n’ont rien à voir. Quand je bosse au gym de mon père, je porte l’uniforme qu’il impose avec Zeke à tous leurs employés : des vêtements de sport noirs avec le logo de la salle. Et quand je travaille chez Bear, je suis en tenue décontractée, avec des salopettes. Ma mère, elle, part au boulot en escarpins, jupe crayon, chemisier impeccable et maquillage à la fois féminin et pro. Elle dirige son propre cabinet d’avocats, et c’est une sacrée pointure. Parfois, je me demande comment elle et mon père ont pu finir ensemble. En tenue de travail, elle a l’air si classe, si sophistiquée. Mon père, c’est tout l’inverse.
Comme pour confirmer mes dires, mon père débarque en titubant dans la cuisine par la porte de derrière, vêtu seulement d’un bas de survêtement, avec quelques traces de peinture sur son torse large. Il devait être dans son atelier. Ma mère ne l’a pas encore repéré, alors il me fait un clin d’œil et se glisse derrière elle pour lui attraper les fesses à deux mains.
« Aston ! » hurle-t-elle en se retournant d’un bond.
« Ouais, bébé, crie mon nom », la taquine-t-il en lui volant un baiser vorace. « On mange quoi ce soir ? »
« Je croyais que c’était toi qui cuisinais aujourd’hui. » Elle soupire en comprenant qu’il n’a même pas fait les courses. « Aston, on avait un accord. Le lundi et le jeudi, c’est toi qui t’occupes du dîner. »
« J’ai une saucisse que tu pourrais manger », grogne-t-il.
« Oh mon Dieu, bonjour, je suis encore là ! » Je lève les bras en l’air. « Votre fille, conçue grâce à ladite saucisse, mais qui n’a vraiment pas envie d’en entendre parler. »
Ma mère a l’air scandalisée et donne une tape sur le bras de mon père quand il essaie de la serrer contre lui. Lui, en revanche, s’en fout complètement. Comme d’habitude. Je l’ai déjà dit, c’est un mystère qu’ils soient tombés amoureux. Ils fonctionnent ensemble d’une manière qui n’a aucun sens, et pourtant…
Les versions de mes parents sur leur rencontre et leur histoire diffèrent totalement. Selon ma mère, ils se sont connus par un ami commun, il a accepté de l’accompagner à un événement professionnel, et ils ont commencé à sortir ensemble. Ils se sont mis en couple, elle est tombée enceinte, et il l’a demandée en mariage.
Quand on demande à mon père, il raconte qu’elle a fait du chantage à quelqu’un pour lui trouver un rencard, qu’ils ont accroché direct, se sont tripotés dans le taxi en route pour la soirée, ont couché ensemble sans attaches pendant un bon moment avant d’avouer qu’ils voulaient plus, et puis il l’a mise enceinte par accident.
À votre avis, laquelle des deux versions je crois ? Celle de mon père, bien sûr. J’ai entendu assez de rumeurs sur le début de leur relation pour deviner qu’il y a eu du drama. Ma mère qui s’amuse sans prise de tête avec le tombeur qu’était mon père à l’époque, avant de tomber raide dingue de lui, ça colle bien plus que l’histoire d’un couple qui se forme de façon *normale*. Ces deux-là, normaux ? Rien chez eux ne l’est.
Pendant qu’ils se chamaillent pour savoir qui va préparer le dîner, je monte me doucher et me préparer pour mon rencard. Je vais d’abord manger un morceau avec mes parents, mais après, je ne rentre pas de la nuit. Enfin, je ne prévois pas de rentrer, en tout cas.
Quand je redescends, aucun des deux n’a commencé à cuisiner. En revanche, il manque un bouton au chemisier de ma mère, et mon père a l’air complètement niais. Beurk. Je ne veux même pas savoir ce qu’ils ont fabriqué pendant que je me douchais.
« On a commandé des pizzas », m’annonce ma mère en s’asseyant à la table de la salle à manger avec son ordinateur. « Je dois répondre à quelques mails avant qu’elles n’arrivent. »
Mon père me détaille de la tête aux pieds, l’air mécontent. « Tu sors habillée comme ça, en sous-vêtements ? »
Je lève les yeux au ciel. « C’est un corset, papa, pas de la lingerie. Et depuis quand une jupe, c’est un sous-vêtement ? »
« Si, quand elle est si courte que je vois ta culotte. »
« Tu exagères. » Bon, d’accord, il n’a pas tout à fait tort. Ma jupe arrive à mi-cuisse, et mon corset remonte mes seins tout en laissant mon ventre à l’air, avec mon piercing au nombril bien en vue. Mais je ne sors pas en soutien-gorge non plus. Tout est couvert.
Ma mère lève les yeux de son écran, l’air soucieux elle aussi. « Tu vas mettre un gilet par-dessus, hein ? »
« Bien sûr », je mens, parce que c’est plus simple.
Mon père n’est pas dupe une seconde. « Tu vas où, comme ça ? »
« Tu ne la connais pas. »
Il se détend un peu quand je dis *elle*. Mes parents sont super cool avec ma pansexualité – je crois même que mon père préfère ça à l’hétérosexualité. J’ai une nette préférence pour les femmes, et ça le rassure, je pense. Il se méfie des hommes, et ça me fait me demander comment il était à mon âge. J’ai entendu des histoires, bien sûr, mais c’est difficile de l’imaginer avec quelqu’un d’autre que ma mère. Il drague parfois d’autres femmes, ce qui, bizarrement, ne semble pas déranger ma mère, mais elle est la seule qu’il regarde comme si elle était un ange descendu du ciel. Je me demande si sa méfiance envers les hommes autour de moi vient du fait qu’il est un homme et qu’il sait comment son cerveau fonctionnait quand il était plus jeune ?
« On va la rencontrer bientôt ? » demande ma mère en tapant frénétiquement sur son clavier.
« C’est pas sérieux, alors non, probablement pas. »
« Fais attention », me lance mon père.
Je ne sais pas s’il parle de ne pas me faire enlever ou de me protéger des MST. Avec lui, c’est probablement les deux. Pour le rassurer, je prends mon téléphone et lui envoie l’adresse de mon *rencard*. Il hoche la tête en signe de remerciement.
On fait ça depuis mes 16 ans, depuis cette fois où je n’étais pas rentrée de la nuit sans répondre au téléphone parce que ma batterie était morte. Il savait déjà à l’époque qu’il ne pouvait pas me contrôler, et il n’a jamais essayé. Mais il voulait s’assurer que j’étais en sécurité, alors on a convenu que je lui donnerais toujours l’adresse où j’étais et si je rentrais ou pas. Si je ne me pointais pas ou ne répondais pas quand j’avais dit que je serais de retour, il venait à l’adresse que je lui avais donnée. Il n’a dû le faire qu’une seule fois, quand j’avais 18 ans et que j’avais encore merdé en laissant ma batterie se vider et en ne trouvant plus mes clés de voiture.
Il était fou de rage, prêt à tuer celui ou celle avec qui j’étais à ce moment-là. Mais quand je lui ai expliqué ce qui s’était passé et qu’il a compris que j’avais juste pioncé sur le canapé après une soirée un peu trop arrosée, il s’est calmé, m’a aidée à retrouver mes clés et m’a suivie jusqu’à la maison. Il était énervé que j’aie laissé mon téléphone se décharger et que je ne sache pas où étaient mes clés, mais c’est tout. Il ne m’a pas fait la morale. Ma mère, en revanche, était en larmes quand je suis enfin rentrée, et on a eu une grosse engueulade. Sans mon père, elle serait probablement encore en train de pleurer et de crier, deux ans après les faits.
Je n’ai jamais rencontré personne qui a une relation comme la mienne avec son père. Littéralement personne de mon entourage n’enverrait l’adresse de la personne avec qui il couche à son père. Moi, je lui fais confiance. Je sais qu’il ne débarquerait que s’il avait peur que je sois en danger. C’est étrangement rassurant de savoir que quelqu’un te couvre comme ça.
Après avoir mangé des pizzas avec mes parents, je file enfin chez Cassandra, impatiente de passer à l’action. Ça fait quelques jours que je n’ai rien eu. Bon, d’accord, je l’ai embrassée en boîte hier soir, mais c’était soft. Par-dessus les vêtements. Là, j’ai désespérément besoin d’un orgasme que je n’aurai pas à me donner moi-même.
Cassandra m’ouvre la porte de sa résidence avec un sourire timide, les yeux brillants en me détaillant. Elle est le parfait mélange de nervosité et d’excitation, exactement comme je les aime. J’adore les filles qui n’ont pas trop d’expérience, leur apprendre exactement ce qu’il faut faire pour me satisfaire, et leur montrer à quel point elles peuvent prendre du plaisir.
« Tu es vraiment canon », murmure-t-elle en se mordillant la lèvre.
Je la reluque à mon tour : son jean moulant bleu et son chemisier transparent vert qui laisse deviner son soutien-gorge en dentelle noire. J’en ai déjà l’eau à la bouche. « Toi aussi. »
Il s’avère que Cassandra a trois colocataires avec qui elle partage un petit salon et une cuisine, mais elle a sa propre chambre, minuscule. Elle me présente à ses colocataires avec une nervosité évidente, se tordant les mains. Elle m’a dit hier soir qu’elle venait de faire son coming out il y a quelques semaines, et ses colocataires ont l’air très intéressées par ma présence, alors je suppose qu’elle n’a encore jamais ramené de fille. Je passe un bras autour de ses épaules en discutant avec elles sans complexe. Je ne suis pas là pour passer un entretien d’embauche et devenir sa première petite amie. Je suis là pour du sexe torride, et ses colocataires n’ont pas besoin de m’apprécier pour que ça arrive ce soir.
« On va dans ta chambre ? » je propose en lui attrapant les fesses pour les serrer.
Elle sursaute, les joues en feu. « O… okay. »
Je ferme la porte derrière nous et la verrouille. Elle déglutit, l’air un peu hésitante.
« Tu as déjà fait ça, non ? » Je vérifie. Après tout, elle a 21 ans, et hier soir, elle n’avait pas l’air *aussi* nerveuse. Elle vient peut-être de sortir du placard, mais je suppose qu’elle a déjà été avec des filles avant.
« Pas vraiment… Enfin, j’ai déjà embrassé des filles, un peu tripoté, mais je n’ai jamais… »
Oh, une autre vierge. Ça m’excite encore plus. Je n’ai rien contre le manque d’expérience, même si c’est agréable de temps en temps d’être avec quelqu’un qui sait exactement comment me rendre folle, sans que j’aie à tout diriger. En général, je me retrouve toujours attirée par des filles innocentes, intactes.
« Pas de problème », je la rassure en m’approchant pour glisser une mèche de ses cheveux blonds derrière son oreille, mes doigts s’attardant sur sa peau rougie. « Tu sais pourquoi je suis venue, hein ? C’est bon si tu as changé d’avis, je peux tout à fait partir ou rester pour du pelotage par-dessus les vêtements comme hier soir. Mais je veux être claire : je suis venue ce soir en espérant qu’on couche ensemble. »
Elle est rouge comme une tomate, mais elle soutient mon regard. « Je n’ai pas changé d’avis, et tu as été très claire sur tes intentions quand on a prévu de se revoir. »
« Parfait. Alors pourquoi on ne s’embrasse pas ? »
Je la laisse faire le premier pas, ne voulant pas la brusquer. Après un bref instant, elle prend mon visage entre ses mains et presse ses lèvres contre les miennes. Comme hier soir, des étincelles crépitent entre nous, et je suis presque sûre que ce n’est pas que moi qui suis déjà trempée alors que nos corps se collent l’un à l’autre.
Oh oui, cette nuit va se terminer exactement comme je l’espérais.
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