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Résumé

Tome 1 de la série AVERY & ATLAS 🔥 🥵 Blaze et Sapphire viennent peut-être de deux mondes totalement différents, mais lorsque l'un est mis au défi de détruire l'autre juste pour le plaisir, ils sont tous deux catapultés dans un tourbillon de chaos. Entre désir et dégoût, attirance et dédain, les deux commencent à réaliser qu'ils jouent peut-être avec le feu. Plus la température monte, plus vite ils se consument. De sales petits secrets remontent à la surface, les ennemis deviennent amis et les amis deviennent ennemis, les pécheurs deviennent saints. Les hormones du lycée en ébullition, les deux détestent s'aimer et adorent se détester, mais que se passe-t-il quand soudain c'est eux contre le reste du monde ?

Genre :
Romance
Auteur :
JeordieDravenX80
Statut :
Terminé
Chapitres :
34
Rating
4.8 81 avis
Classification par âge :
18+

Détruis-la

Blaze

« Alerte au psychopathe », ricana Jesse derrière elle.

Elle ne sourcilla pas : « Alerte à l'impuissant. »

Elle continua d'avancer dans la file de la cantine comme si de rien n'était.

Je devais lui accorder ça. Elle ne se laissait marcher sur les pieds par personne.

Elle prit son plateau, paya son repas et nous jeta un coup d'œil par-dessus son épaule. Nos regards se croisèrent. Elle se détourna rapidement pour rejoindre ses autres amis bizarres.

« Je me la ferais bien », dit Jordan. « Enfin, j'irais bien voir ce qu'elle a dans le ventre. »

Je secouai la tête : « T'es vraiment un queutard. »

Jordan se moqua de moi avec un regard blasé : « C'est celui qui s'est tapé toute la ville qui dit ça. En parlant de ça, ne regarde pas maintenant. »

Mais j'ai regardé.

Merde, c'était Erica Burke, mon ex.

« Salut ! » Elle se glissa derrière moi dans la file alors que je remontais mon sweat à capuche. « J'ai dit bonjour. »

« Tu veux quoi, putain, Erica ? » demandai-je sans me retourner.

Jordan et Jesse ricanèrent tandis que nous avancions vers le comptoir. Ils détestaient Erica probablement encore plus que moi. C’est elle qui avait essayé de me piéger pour que je lui fasse un gosse. Heureusement, grâce aux rumeurs qui couraient, je l'ai su direct et j'ai largué cette salope.

« Blaze, je pense que tu devrais accepter mes excuses. J'ai eu tort », dit-elle doucement.

Oh, celle-là, on me l'avait déjà faite.

En levant les yeux au ciel, je me tournai vers elle. Elle était toujours canon, style petite fille modèle. Elle portait une queue-de-cheval ce jour-là. Ses grands yeux marron plongèrent dans les miens : « J'ai dit que je m'en foutais. Arrête de me stalker. »

Elle s'indigna : « J'aurais pu avoir n'importe quel mec dans ce lycée et c'est toi que j'ai choisi ! »

Là, c'en était trop pour moi.

« Alors fais ce que tu sais faire de mieux et va te faire sauter par un autre ! » Je n'ai pas chuchoté. J'ai hurlé. J'ai crié si fort qu'elle a fondu en larmes presque aussitôt. C'est bien son genre. Elle chialait dès que je respirais de travers. Je savais que je n'aurais pas dû jouer avec une fille comme Erica, mais je n'avais pas les idées claires à l'époque. Je réfléchissais avec ma bite plutôt qu'avec mon cerveau. Les sept pires mois de ma vie !

Jesse et Jordan étaient assis à notre table habituelle. Nous l'avons tous regardée s'enfuir de la cafétéria. Le silence s'installa dans la pièce, entrecoupé de quelques murmures.

Nos regards se croisèrent à nouveau. Elle avait un petit sourire en coin, mais je n'arrivais pas à savoir si elle se moquait de moi ou d'Erica. Et puis, pourquoi est-ce que j'en aurais quelque chose à foutre de ce que Sapphire Soper pensait de moi ? J'étais Blaze Baxter, bordel. Je n'avais pas besoin d'être un sportif ou d'être riche pour faire la loi dans ce lycée, même si le fric aidait bien.

Sapphire :

« Quel connard », dit Melissa en secouant la tête, les yeux fixés sur son sandwich entamé. « Erica ne vaut pas mieux, mais quand même ! »

J'ai hoché la tête : « Ils se bouffent entre eux, ma sœur. »

« Moi, je me ferais bien bouffer par Blaze Baxter », intervint Lourdes en rigolant.

« Il est tellement sexy ! » Melissa s'éventra de la main. « Éteignez l'incendie ! J'ai besoin d'une douche froide. Ces cheveux noirs, ni trop longs, ni trop courts... La façon dont ils lui tombent sur le visage quand il ne les coiffe pas en arrière ! Et ses yeux marron ! Ma fille, d'habitude j'aime les yeux bleus, mais ses yeux sont comme des billes de caramel noir qui pourraient me voler mon âme ! »

« Tu l'as vu en cours de sport ? » Lourdes fit semblant de s'évanouir, portant une main théâtrale à son front. « Il est foutu comme un dieu ! J'adorerais passer ma langue sur son torse tout lisse ! »

« Je ne savais pas que vous aimiez les gros cons », ricanai-je en attachant mes cheveux noirs avec un chouchou.

Melissa et Lourdes rigolèrent. Elles étaient obsédées par les garçons et je ne les blâmais pas. Pourtant, mes coups de cœur venaient surtout des romans que je lisais. Si ces personnages de fiction prenaient vie, je leur sauterais dessus sans hésiter. J'étais perdue dans mon monde imaginaire.

J'allais mordre dans une part de pizza quand il a capté mon regard. Pourquoi Blaze me regardait-il comme s'il voulait me mettre en pièces, m'arracher mes vêtements, ou les deux ? Je détournai les yeux. Et c'est moi qu'on traitait de psychopathe !

Blaze :

« Je me demande à quoi elle ressemble à poil », toussai-je, en fixant Sapphire avec insistance. Pourquoi est-ce qu'elle me regardait ?

« Le bal de promo approche. Propose-lui d'y aller. Les nanas adorent ça », rigola Jesse en s'empiffrant d'un cookie. « Tu devrais vraiment essayer de te la faire, mec. Juste pour voir. Enregistre-le ! »

« C'est quoi ton problème, putain ? » grogna Jordan. « Espèce de triste sadique ! »

« Ces filles-là ne font pas de bal de promo, mec ! » Je descendis mon jus de fruit. « À moins qu'il y ait du sang de porc comme dans Carrie ! Ou des sacrifices rituels ! Et je n'ai filmé qu'Erica et moi. » J'ai gardé ça pour moi, puis j'ai tout détruit parce que rien que de penser à elle, ça me donnait envie de dégueuler.

Rob finit son lait d'un trait : « Détruis cette salope. »

« Ça devient lassant », rigolai-je. « J'en suis à combien, là ? Quatre ? »

Alors oui, on n'était pas les meilleurs petits amis ni les types les plus sympas du coin, mais qui n'aime pas un bon coup ? J'étais trop jeune pour ces conneries d'engagement.

« Vous n'étiez pas amis, Sapphire et toi ? » me demanda Jesse.

Je regardai à nouveau Sapphire « La Flippée » Soper. On n'était pas vraiment amis. Nos mères se fréquentaient jusqu'à ce que mon père gagne à la loterie et nous fasse déménager à l'autre bout de la ville. Ensuite, sa mère a fini dans un hôpital psychiatrique et mon père a divorcé de ma mère pour se trouver une femme trophée. C'était le chaos.

« Nan », dis-je en secouant la tête. « Les trucs de gosses, ça compte pas, mec. »

Sapphire :

« Allez, satané verrou ! »

Une fois de plus, j'avais hérité d'un casier tout en bas, et une fois de plus, la serrure merdait à fond.

La remise des diplômes approchait, tout comme le bal de promo, et j'en avais strictement rien à foutre. Je voulais juste avoir mon diplôme et tracer ma route.

J'entendis une voix familière à quelques casiers du mien. Blaze, en train de stalker une autre fille canon.

Ce type et ses manières de coureur de jupons me fatiguaient. Ses cheveux châtain foncé étaient en bataille ce jour-là, sûrement parce qu'il savait qu'il pourrait être chauve et rester sexy. Il ne prenait même pas la peine de se coiffer. Il pourrait porter un sac poubelle que les filles mouilleraient quand même pour lui.

Et puis il y avait moi. Bien sûr, il était beau, mais j'en savais plus sur lui que n'importe qui, et il semblait avoir tout oublié. Nous avions été amis il y a si longtemps.

Soudain, je me pris le cadenas de quelqu'un sur la tête.

« Aïe ! » Je portai mes mains à mon front là où le cadenas était tombé, pendant que la personne au-dessus de moi s'excusait platement.

J'entendis Blaze ricaner en éloignant la fille.

« Qu'est-ce qu'il y a de si drôle ? » demandai-je en me massant le front.

Il s'agenouilla près de moi : « Tu as la tête dans les nuages, Sapphire ? »

« Quoi ? »

« Avoue-le. Tu étais en train de me mater. »

Je ris nerveusement : « Je crois qu'il me faudrait plusieurs traumatismes crâniens pour te mater. Tu ne vaux pas mon temps, Baxter. » Je réussis enfin à ouvrir mon casier pour y fourrer mes livres.

Il se leva et me surplomba de toute sa hauteur. Je me sentais si petite face à lui. Mon Dieu, quel Zeus. Je tremblais, mais je ne savais pas si c'était d'excitation ou de terreur. Je me souvenais vaguement qu'on faisait la même taille à une époque. Maintenant, il me dépassait d'une tête.

La sonnerie retentit pour le début des cours et je jurai.

« Qu'est-ce qui t'arrive ? » Il pencha la tête sur le côté. « On est en terminale. On ne va pas se faire disputer pour un retard. »

Ses yeux couleur chocolat brûlaient mes yeux bleus comme s'il pouvait lire dans mon âme. Il me repoussa doucement contre les casiers, posant une main de chaque côté de ma tête.

Je soufflai, frustrée qu'il me parle et que j'allais être en retard : « Salut, Blaze. »

Il me rattrapa le bras, me pressant à nouveau contre les casiers : « Allez, Sapphire. Reste un peu avec moi. »

Il m'observait avec curiosité. Du coin de l'œil, je remarquai Jordan et Jesse qui traînaient. « On pourrait aller dans un endroit tranquille. »

Soudain, quelqu'un s'éclaircit la gorge. C'était le proviseur adjoint, Mr. Layton.

« Vous ne devriez pas être en cours ? » Il tapota sa montre. Jordan et Jesse s'enfuirent dans la direction opposée et je me glissai hors de l'emprise de Blaze.

Lui était intouchable et il le savait. Layton m'avait peut-être tirée d'affaire, mais il ne pouvait pas donner d'ordres à Blaze Baxter. Je ne restai pas là pour voir la suite.

Blaze avait raison. Je n'ai même pas eu de remarque en arrivant en classe.

Blaze :

« Tu sèches encore ? » me demanda Jordan, connaissant déjà la réponse.

J'allumai une cigarette en marchant vers ma voiture sur le parking du lycée : « Frère, je m'en bats les couilles de cet endroit. En plus, je vais à cette fête à Hillside demain soir. T'as intérêt à être là. » Je le pointai du doigt alors qu'il continuait de marcher avec moi.

« Merde ! J'avais complètement oublié ! » Il fit la moue. « Je suis privé de voiture. Viens me chercher. »

On arriva devant mon Impala : « Comment tu peux être privé de ta propre caisse ? T'as 18 ans ! »

Je montai avant qu'il puisse répondre. Il s'installa côté passager alors que je démarrais le moteur, la musique à fond. Jordan s'en fichait. Il sortit un joint de sa poche.

« Tu en veux ? » Il me fit un clin d'œil.

« Tu me connais si bien », rigolai-je alors qu'il allumait le joint.

« Je dois survivre à ce putain de cours de maths sans me flinguer », dit-il entre deux taffes. « Et mon père paie les traites de la voiture, alors je ne peux pas déconner. Apparemment, ne pas avoir emmené ma connasse de demi-sœur chez le coiffeur a causé ma perte. »

« Tu t'es fait baiser parce que tu n'as pas emmené Jackie se faire coiffer ? Mec, ton père est totalement soumis ! Par contre, ta belle-mère est grave bonne. Je me la ferais bien », lui dis-je en prenant ma taffe à mon tour. « Tu vas avoir la haine si Jackie lui ressemble plus tard ! »

« Aucune chance ! Cette garce ressemble trait pour trait à son bûcheron de père ! »

Je m'étouffai tellement je riais.

« Oh, regarde ! La Flippée ! » Il pointa du doigt devant moi, manquant de me frapper. Je le repoussai et j'aperçus Sapphire.

« Et alors ? » Je lui rendis le joint.

« Va essayer de la draguer », me poussa-t-il. « Parle-lui de la fête chez Franky demain soir. »

« Pourquoi ? »

« Je veux la voir à poil », grogna-t-il. « Ce sont toujours ces meufs bizarres les plus jolies. Elles se cachent juste ! » Il tira la dernière taffe sur le petit joint avant de l'écraser dans mon cendrier.

« T'es un grand malade, Jordan », rigolai-je. « File en cours que je puisse me barrer d'ici. Je te récupère demain. »

« Salut ! » Il me fit un check et sortit de la voiture. Je m'engageai sur la route principale et j'aperçus Sapphire. Elle marchait la tête basse. Comme d'habitude.

Je fis vrombir le moteur en avançant doucement à sa hauteur.

« Hé ! »

Elle se tourna vers moi, mais accéléra le pas quand elle comprit que c'était bien moi.

Sapphire :

Oh mon Dieu. Qu'est-ce qu'il voulait encore ?

Il n'arrêtait pas de m'appeler par la fenêtre ouverte et je continuais de l'ignorer. Il finit par s'énerver et resta appuyé sur le klaxon jusqu'à ce que je m'arrête.

« Je peux t'aider ? » demandai-je en le foudroyant du regard.

Il me sourit : « Tu veux que je t'emmène ? »

« Tu es en train de me mater ? » le nargai-je. « Non merci ! » Je lui fis signe de passer, mais il continuait de rouler au pas à côté de moi.

« Il y a une fête demain soir chez Franky ! » disait-il. J'étais au courant. Je n'en avais rien à foutre. « Tu devrais venir ! Amène tes copines ! »

Je n'allais pas me faire piéger dans un de leurs jeux de bizutage débiles, alors je me contentai de lever le pouce.

« Bon, à plus, Spooks ! » Il démarra en trombe, faisant crisser ses pneus.

Je vis ma voiture arriver en sens inverse, en faisant des embardées. Mon père était encore bourré au volant.

Je suppose que Blaze l'avait remarqué aussi, car il resta un moment au stop. Je pouvais sentir l'odeur d'herbe qui sortait de sa voiture. Peu importait qui me ramenait, je devais prier pour rester en vie.

« Monte, Sapph ! » hurla mon père, comme si je n'étais pas déjà en train de traverser. « À qui tu parlais ? »

« Juste un camarade de classe », répondis-je.

« Une traînée comme ta mère », bafouilla-t-il.

Ses paroles ne m'atteignaient plus. Mes sœurs et moi avions entendu bien pire presque toute notre vie.

« Oui, papa. » Je n'aurais pas dû répondre. La douleur de sa gifle envoya une onde de choc à travers tout mon corps.

« Laisse-moi sortir ! » exigeai-je.

Il accéléra, grillant le stop suivant. Tant mieux, car il y avait un flic. Mon père était un abruti fini, violent et alcoolique.

Et tiens donc ? Je tenais ma joue, regardant par la fenêtre alors que cette maudite Impala passait à côté. Nos regards se croisèrent, alors que je me tenais encore le visage.

Était-ce de l'inquiétude ou de la curiosité ? Ça n'avait pas d'importance. Tout le lycée était au courant pour ma famille.

Blaze

Bordel de merde ! Est-ce qu'il venait de lui mettre une baffe ? Pourquoi ?

Je ralentis un peu alors que les flics les arrêtaient. C’est qui le vieux ? Sûrement son père. Génial, on dirait qu'il part au poste. Enfin, au moins elle sait conduire. Je me souvenais l'avoir vue au permis le jour de mon examen.

Je m'étais garé sur un parking pas loin pour observer l'arrestation. Mieux que la télé ! Il me disait quelque chose, mais heureusement qu'elle ne lui ressemblait pas. Putain, il faisait peur à voir.

Elle m'a vu. Je voyais qu'elle était gênée, mais elle n'a pas détourné les yeux. C'était intéressant. La plupart des filles fuient mon regard quand elles ont honte. Celles qui sont des grosses salopes battent des cils comme si elles me parlaient en morse.

Je ne dirais pas que j'avais la grosse tête si on ne me l'avait pas donnée, mais je n'étais pas un ange non plus. Je ne savais pas comment être gentil. Je suppose que ça m'excitait, qui sait ? Tout le monde a des cadavres dans le placard. Dommage pour elle que son père expose les siens en pleine rue.

Sapphire traînait avec ma petite sœur, Star. Elles travaillaient sur leur projet de fin d'année ensemble. Oui, ma petite sœur qui était dans la même classe que moi parce que je suis d'octobre et qu'elle a sauté une classe. Merde, je m'en foutais aussi du moment que j'avais la moyenne.

Maintenant, j'espérais un peu qu'elle vienne à cette fête.

Sapphire :

Seigneur, pourquoi nous fixait-il encore ? Il ne faisait preuve d'aucune discrétion. Ce bouffon avait fait un demi-tour brutal juste pour voir mon père se faire arrêter. La classe.

Enfin, c'était toujours plus classe que ma situation. Mon père n'a même pas pris la peine de s'excuser en me tendant les clés.

« Abîme pas ma bagnole ! » cracha-t-il avant d'être menotté et poussé dans la voiture de patrouille.

Je me sentais anéantie, mais je n'allais SURTOUT pas montrer ça à Blaze Baxter ! Je levai le nez et démarrai. Une fois le coin de la rue passé, mes larmes coulèrent à flots.

Blaze

Je suis sûr qu'elle ne leur a pas dit qu'il l'avait frappée. J'avais tout vu, mais ce n'était pas mes oignons. Ou peut-être que si ?

Bof, pas mon problème. J'avais dû croiser cette fille trop de fois ces dernières semaines, tout ça parce que ma sœur Star voulait une nouvelle meilleure amie.

Je savais que Sapphire voyait notre frère, Fox, ces derniers mois. Je ne voulais pas admettre qu'elle tournait autour de lui, parce que ça signifiait admettre que mon grand frère, celui que j'avais admiré si longtemps, était un toxico et un proxénète. Et même pas un bon, juste un petit malfrat de quartier. Elle le fréquentait parce qu'elle se souciait de lui. C'était plus que ce que je pouvais dire de mon père. Je n'ai raconté à personne la fois où j'ai trouvé Spooks en train de lui faire un massage cardiaque parce qu'il avait fait une overdose, ou quand elle m'a rejoint à l'hôpital après l'y avoir emmené pour une crise, ou même quand Fox m'a dit qu'elle était son ange et qu'elle essayait de le convaincre de faire une cure. Elle ne posait pas de questions, mais j'avais trop honte de lui pour seulement la remercier.

Depuis que Fox avait commencé ses conneries, il vivait dans le sud de la ville, le quartier où habitaient Spooks et ses amis. Ça me rendait dingue qu'il préfère ça à ce qu'il avait ici. J'avais envie de la traiter comme de la merde. On me traitait comme de la merde...

Sapphire

Quand je suis entrée dans l'appartement, tout était calme. J'ai trouvé un mot de ma sœur, Emerald, me disant qu'elle avait emmené nos neveux et nièces dîner dehors.

J'ai décidé de ne pas l'embêter avec l'histoire de papa. Elle l'apprendrait bien assez tôt quand il l'appellerait. Vu son état, il allait sûrement cuver avant d'être libéré sous caution de toute façon.

L'appartement était petit. Trop petit pour autant de monde. Emerald semblait penser que je devais m'occuper des enfants tout en allant au lycée, en travaillant et en me faisant tabasser par mon père. La mère des petits, ma sœur Ruby, faisait des allers-retours en cure et leur père était en Californie. Il ne savait rien de ce qui se passait et je comptais bien que ça reste ainsi. Je ne pouvais pas risquer de briser ma famille. Il aimait les gosses, mais le tribunal lui avait interdit de les voir parce que lui non plus n'était pas un modèle de vertu. Ruby avait eu un bon avocat et il avait reçu les papiers alors qu'il était en prison pour conduite en état d'ivresse.

Ma mère était dans un asile. La vie était merveilleuse.

Je n'arrivais pas à penser à autre chose qu'à Blaze Baxter et ça m'énervait. Je tomberais à ses pieds si j'en avais l'occasion, et puis je me détestais pour ça, ainsi que mes hormones.

Je fis un peu de vaisselle et préparai les vêtements des enfants. Emerald franchit la porte, furieuse. Elle était seule.

« Papa est en taule ! J'ai laissé les gosses chez Opal ! » cria-t-elle alors que je sortais des chambres. Opal était notre sœur aînée.

« Je sais qu'il est en prison. » Elle vit le bleu sur mon visage et son expression s'adoucit.

« Je ne paierai pas sa caution avant demain », me dit-elle. « Je vais prendre des affaires pour les petits et forcer Opal à les garder pour le week-end. Elle pourra les emmener à l'école et à la crèche lundi. Tu as une vie, alors profite-en. »

Je soupirai. J'essayais.

« C'était comment au lycée ? » demanda-t-elle en prenant un soda dans le frigo.

« C'était ennuyeux. Il y a une fête demain à Hillside. »

« Hillside ? Tu as été invitée ? »

« Plus ou moins... »

« Tu devrais y aller ! »

PING !

Mon téléphone vibra. Un SMS de Star, la sœur de Blaze. Elle m'invitait aussi à la fête. Au moins, j'aurais une raison d'y aller en dehors de LUI.

« J'irai avec toi. Je sais qu'il y aura des étudiants », dit Emerald, les yeux pétillants. Elle n'avait que quelques années de plus que moi.

Le mieux dans tout ça, c'était l'invitation de Star. Ça me donnait l'air moins désespérée. Pour une raison inconnue, Blaze Baxter avait une étrange emprise sur moi, et c'était terrifiant.

Blaze

« Tu peux m'emmener à la fête de Franky ? » me demanda Star alors que je sortais de la douche. Sacrées petites sœurs. Elle avait une voiture, mais elle n'aimait pas conduire. Qui n'aimerait pas avoir cette liberté ?

« Non. » Je n'avais pas pris la peine de m'essuyer les cheveux, alors je l'éclaboussai en me secouant. Elle râla et me repoussa. « Fais attention, Star. »

« Allez, Blaze ! » Elle me suivit dans ma chambre, en boudant.

« Je dois passer chercher Jordan », lui dis-je en m'allongeant sur mon lit, les mains derrière la tête. « Tu ne peux pas demander à quelqu'un d'autre ? »

« Non, et j'ai dit à Sapphire de m'y retrouver », dit-elle en faisant tourner ses cheveux autour de son doigt, comme elle le faisait toujours pour obtenir ce qu'elle voulait.

« Sapphire ? » Je me frottai le menton. « Pourquoi ? »

« Je l'aime bien », me dit-elle franchement. « Je trouve que vous vous comportez comme des cons avec elle. »

« Elle sait se défendre », lui dis-je en allumant une clope. « C'est bon. Je t'emmène. Maintenant, dégage. »

Elle me remercia, mais claqua ma porte de toutes ses forces en sortant.

Star faisait mon sale boulot pour moi sans même le savoir.

J'allais bientôt avoir Spooks Soper dans le creux de la main. Elle ferait tout ce que je lui demanderais, et après ?

Eh bien, je la détruirai.