Sous contrat avec un milliardaire

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Résumé

Nina Dell est une serveuse new-yorkaise au bout du rouleau, prête à tout pour offrir à son frère en phase terminale le traitement qui pourrait lui sauver la vie. Une petite annonce mystérieuse représente sa seule chance d’obtenir la somme colossale dont elle a besoin. Le seul hic ? Elle doit devenir mère porteuse pour un inconnu. C’est alors que Garth, un milliardaire ténébreux et tourmenté, entre en scène. Une nuit de passion va bouleverser leurs vies à jamais. Mais cette rencontre singulière révèle que les apparences sont trompeuses. Tandis que Nina tente de surmonter une tragédie, quelque chose continue de l’attirer irrésistiblement vers cette nuit-là. En cherchant à découvrir l’identité de cette mystérieuse inconnue, Garth réalise que des forces obscures cherchent à les séparer. Récit du destin, de la trahison et de l'intrigue, Sous contrat avec un milliardaire est une romance torride qui vous tiendra en haleine à chaque page. Attachez vos ceintures pour des montagnes russes émotionnelles, et préparez-vous à être secouée.

Genre :
Romance/Drama
Auteur :
mytopia00
Statut :
Terminé
Chapitres :
80
Rating
4.8 17 avis
Classification par âge :
18+

Chapitre un

Point de vue de Nina

La salle d’attente est baignée dans la lueur sinistre des plafonniers. Je les entends grésiller au-dessus de moi, avec ces petits crépitements électriques qui sautent d’une ampoule à l’autre.

Les murs sont d’un blanc éclatant, avec des taches jaunes par endroits. C’est censé évoquer le calme. En réalité, on dirait des traces de peinture laissées par un gamin de maternelle shooté à sa nouvelle célébrité de Picasso. Pour un hôpital appartenant à un milliardaire, ils ont vraiment fait des économies sur la déco.

Une infirmière s’approche de moi, l’air de ne pas être là pour plaisanter. Elle jette un coup d’œil par-dessus ses lunettes beaucoup trop grandes, puis sur son dossier.

« Mademoiselle Dell ? » demande-t-elle avec impatience.

Je hoche la tête, et elle me fait signe de la suivre. Elle m’emmène à travers un couloir interminable ; ses talons claquent sur le sol tandis que je marche derrière elle.

Nous nous arrêtons devant une chambre avec l’inscription « Dialyse rénale » sur la porte. À l’intérieur, mon frère Skylar est branché à une machine. À côté de lui se tient son médecin, un homme imposant aux yeux exorbités et au tour de taille proportionnel.

« Ah, mademoiselle Dell », dit-il en me serrant la main fermement. « Je suis le Dr Mason, et je serai le médecin de Skylar pendant son séjour au Saving Grace Hospital. »

J’ai envie de lui rire au nez et de crier : « Sauver qui ? Sûrement pas mon frère ! » Au lieu de ça, je le salue froidement.

« Comme vous le savez, la dialyse ne semble pas fonctionner pour Skylar. Et vous ne présentez pas les caractéristiques d’un donneur compatible, étant donné que vous n’êtes pas apparentés par le sang », explique le Dr Mason en désignant un graphique imaginaire devant lui.

« Alors, que préconisez-vous comme prochaine étape, Docteur ? » demandé-je en regardant Skylar.

Il a l’air pâle, presque translucide. J’ai l’impression que si je prenais une loupe pour l’approcher de sa peau, je pourrais voir le sang pulser dans ses veines.

« Je suggère de commencer un traitement aux antibiotiques, puis d’opérer pour retirer les kystes. Avec un peu de chance, nous aurons trouvé un donneur après l’intervention. »

Le Dr Mason feint une réelle inquiétude, mais son petit sourire en coin le trahit.

Rien que l’idée que Skylar subisse une opération me terrifie. Il n’a que 17 ans, et il a déjà dû traverser tellement de merdes dans sa vie. Je me souviens de son 15e anniversaire. Au lieu de sortir avec ses copains, il s’est retrouvé aux urgences, à se plaindre de maux de tête et d’un ventre gonflé.

Après des mois d’incertitude, une série de tests a confirmé qu’il souffrait de polykystose rénale. Les médecins nous ont dit que c’était génétique, et comme Skylar est arrivé dans notre famille en foyer d’accueil, nous n’avions aucune idée de ses antécédents médicaux.

Aujourd’hui, deux ans plus tard, nous voilà revenus à la case départ. Lui, attaché à une machine, et moi, à bout de nerfs. J’ai l’impression qu’il lit dans mes pensées lorsqu’il me tend la main. Je la prends et j’adresse une prière silencieuse à l’univers.

« Nina, ne t’en fais pas. Je vais m’en sortir », dit Skylar d’une voix sèche. Ses lèvres sont gercées et ses yeux marron me supplient. « On va trouver une solution », ajoute-t-il.

Par « solution », Skylar veut dire qu’on n’a pas l’argent pour payer l’opération. Notre assurance santé s’est arrêtée il y a des mois. La dialyse seule nous a ruinés. Et maintenant, on croule sous les factures et les mises en demeure. Mon boulot de serveuse ne suffit pas à nous faire vivre tous les deux ; on arrive à peine à payer l’électricité de notre « penthouse ».

Je n’ai que 22 ans et aucun diplôme. J’ai abandonné mes études d’arts visuels, en me disant que je finirais par y retourner. Ça fait deux ans, mes rêves et mes économies ont fondu. Et puis, Skylar est ma priorité absolue.

Le Dr Mason et l’infirmière s’en vont. Je m’approche de la grande baie vitrée. Elle donne sur les gratte-ciels de New York. L’ironie de cette vue depuis une fenêtre d’hôpital ne m’échappe pas. Je regarde en bas ces centaines de gens qui vaquent à leurs occupations, comme de petites fourmis travailleuses, se bousculant sans prendre la peine de dire « pardon » ou « excusez-moi ». C’est ce que je ne comprendrai jamais chez les New-Yorkais : ils sont impolis, opportunistes et nombrilistes.

Le soleil commence à se coucher, illuminant le ciel d’un embrasement orangé. J’adorais cette heure-là, autrefois. Maintenant, elle ne me rappelle que le désespoir.

Je baisse le store et m’assois près de Skylar. Il s’est endormi, sa respiration courte faisant se soulever sa poitrine. Il a l’air tout petit, comme s’il rajeunissait, un vrai Benjamin Button.

Cette nuit-là, en allant vers le métro, une petite brise se lève. C’est l’automne, mais la soirée est inhabituellement douce. Des foules de gens se dirigent vers les bars et les clubs pour retrouver leurs amis. C’est vendredi soir et l’air est électrique, chargé de l’attente de ce que la nuit va apporter. Je me souviens de cette époque… Même si je n’étais pas du genre à faire la fête comme une folle. C’était plutôt : « Ok, j’ai bu un verre, c’est fini. Salut ! »

Alors que je monte les marches étroites pour rejoindre mon appartement, mon téléphone sonne. C’est Frances.

« Hey, comment ça s’est passé ? » demande-t-elle d’une voix grave et sensuelle.

Peu importe le nombre de fois que j’entends sa voix, elle me surprend toujours. Elle résonne contre les murs, contre les plafonds, poussant des hommes mûrs à lui offrir des verres et à lui faire des promesses de mariage.

Je pousse la porte de l’appartement froid et vide, puis je m’affale dans un vieux fauteuil usé.

« Pas très bien. » Je commence à pleurer. « Il doit être opéré et il a besoin d’un donneur, genre, tout de suite. Je ne sais vraiment pas quoi faire », dis-je en triturant le plaid élimé que ma tante Miranda m’avait offert pour la crémaillère.

Quand elle me l’a donné, il était vert émeraude éclatant. Maintenant, il a la couleur du vomi. Et l’odeur, aussi.

« Et ton assurance santé ? Elle ne peut pas couvrir une partie des frais ? » Elle connaît déjà la réponse avant même que je puisse répondre. « Et si je passais ? On peut boire du mauvais vin et je commanderai des sushis au resto du coin », propose-t-elle de sa voix tonitruante.

« Je ne pense pas être très bonne compagnie », dis-je alors que les larmes menacent d’étouffer mes mots. « Tu devrais sortir et t’amuser. Va voir tes amis funs, pas Debbie la déprime », plaisanté-je. « Va te faire baiser. Fais des mauvais choix et vis avec tes regrets. »

Elle rit. « Nan, j’ai fait ça le week-end dernier. C’était pas si génial, j’ai même choppé une MST pour prouver le coup. »

On commence à glousser toutes les deux, et elle tente une dernière fois de me convaincre.

« On pourrait se bourrer la gueule, trouver un bar miteux, et tu pourrais perdre ta virginité dans les toilettes avec l’inscription ‘Johnny est passé par ici’. Ce serait épique », marmonne-t-elle avant de lâcher un pet.

Vu le bruit, Frances a déjà une bonne longueur d’avance et en est probablement à son deuxième verre.

« Nan, ça va. Il faut que je range un peu et que je sorte les poubelles. Tu serais juste dans mes pattes », dis-je.

« Ok, mais promets de ne pas broyer du noir. Quand tu broies du noir, ton cerveau part en couille et tu commences à paniquer », supplie-t-elle.

Je lui murmure que je promets, et je raccroche.

Maintenant, je suis assise seule avec mes pensées. Celle qui me pèse le plus est de savoir comment je vais payer l’opération de Skylar. Quand on a des heures sup au resto, on est comme des chiens qui ne lâchent pas leur os. Tout le monde est dans la même galère, et on essaie tous de joindre les deux bouts.

Le salon est un vrai bordel. Les vêtements de Skylar traînent partout sur le sol et sur la table de la cuisine. Je commence à ramasser des trucs en me dirigeant vers sa chambre. Enfin, ce n’est pas vraiment une chambre, plutôt un coin cloisonné dans la pièce principale, qui se trouve être la mienne.

La première fois qu’on a vu l’annonce pour l’appart, on était fous de joie. Fraîchement débarqués du Minnesota, on a vu une annonce qui disait :

« Penthouse dans un quartier très recherché du centre-ville de Brooklyn. »

On était convaincus d’avoir touché le gros lot. C’est seulement après avoir payé un acompte hors de prix qu’on a réalisé que c’était un tas de merde infesté de rats au sommet d’un immeuble de quatre étages.

Quelques mois après notre emménagement, on rigolait de notre naïveté. Vivre à New York nous a appris à grandir vite, peut-être trop vite. Parfois, je me demande s’il regrette d’être venu à New York avec moi. Je sais, moi, que je regrette de l’avoir arraché à son ancienne école, à ses amis et à tante Miranda.

De temps en temps, je me demande s’il aurait eu de meilleurs soins et une meilleure chance s’il était resté là-bas. Si je le perds, alors j’aurai échoué en tant que grande sœur. C’est moi qui suis censée le protéger et veiller sur lui, et je n’arrive même pas à faire ça.

La nouvelle norme, ce sont les visites nocturnes aux urgences ou moi qui le serre dans mes bras dans le lit pendant qu’il se tord de douleur.

Un souvenir remonte à la surface : lui debout devant le petit évier de la cuisine pendant que j’essayais de lui faire des mèches blondes. Ça a fini en désastre, il ressemblait à un jeune Johnny Depp sous amphétamines. Si on regarde de près, on peut encore voir les traces de cette teinture ratée. Heureusement, il ne m’en a pas voulu longtemps.

Je me sers le reste du chardonnay de la veille et j’ouvre mon ordinateur portable. Il doit bien y avoir un boulot quelque part qui peut nous maintenir à flot pour le moment. Parcourir les petites annonces sur Craigslist finit par me donner mal au crâne… Ou alors, c’est le vin.

Quand j’arrive à la fin des annonces « escortes recherchées », ça fait déjà deux heures que je cherche. Et là, je la vois, une annonce qui dit :

« Mère porteuse recherchée. Rémunération généreuse. Discrétion totale exigée. Postuler ci-dessous. »

Le sang commence à monter à ma tête, et j’ai une sensation de picotements tandis que mes neurones se connectent. Qui pourrait poster un truc pareil ? Je commence à rire et je pense tout haut : « Univers, c’est toi qui te joues de moi ? »

L’adresse mail est un compte Gmail, alors forcément, ça doit être une blague ? Mais une partie de moi se dit : « Et si c’était vrai ? »

Il y a un instant, je cherchais des boulots d’escorte. C’est finalement un cran en dessous du niveau de désespoir que je suis prête à atteindre.

N’ayant rien à perdre, je rédige un court mail et je clique sur « envoyer ».