Prologue
Elle fixait le vide. Des larmes coulaient sur ses joues pâles, se reflétant dans la vitre de sa fenêtre grillagée. Cette fenêtre faisait partie de sa prison personnelle.
Son enfer à elle. Un enfer qui n'était pas rempli de cris, de feu ou d'âmes corrompues, mais scellé par un vide sombre et profond.
Elle ne voyait que solitude, vide et obscurité en croisant le reflet de ses propres yeux tristes et embués de larmes.
Rien de ce qui l'entourait ne lui donnait de l'espoir.
Elle se sentait comme un oiseau en cage. Un oiseau fait pour voler dans le ciel bleu, mais piégé comme un objet de valeur dont son maître se servait pour impressionner les autres.
Elle voulait explorer, s'aventurer et observer le monde extérieur. La liberté qui l'attendait dehors, derrière les barreaux, n'était qu'une illusion. C'était comme courir dans un désert après l'illusion d'une oasis, alors qu'on meurt de soif.
Le magnifique jardin, de l'autre côté de la fenêtre de sa prison, était son oasis. Une douceur paradisiaque qu'elle retrouvait chaque jour, seulement pour qu'on la lui retire, ou plutôt, pour lui rappeler qu'elle lui avait été enlevée.
Le regard vide et terne de la jeune femme devant la fenêtre traduisait son désir de liberté.
Elle posa sa main sur la vitre et tapota contre le verre, espérant qu'il se brise comme par magie pour former un bouclier autour d'elle et l'aider à s'échapper de sa cage.
Mais, même si ce matériau transparent volait en éclats, les barreaux seraient toujours là.
Le petit moineau n'avait qu'à s'en prendre à elle-même pour ce terrible ajout à sa prison. L'oiseau avait été naïf de croire qu'elle pouvait lutter contre le monde qui l'enfermait.
Elle n'avait pas gardé de cicatrices visibles de ce jour fatidique, seulement les barreaux. Ces barreaux étaient ses cicatrices, là pour lui rappeler qu'elle n'était rien de plus qu'un oiseau en cage lié à son maître.