Prologue
Défaillante.
Voilà ce que je suis depuis une année.
Il y a un an, mon seul but dans la vie était d’aller à l’Université avec mon petit-ami après l’obtention de mon diplôme. Passer par l’étape des au revoir avec mes parents, prendre la voiture pour de longues heures et m’installer dans un petit studio avec James, mon ancien petit-ami. Des choses banales. Aujourd’hui, tout cela n’est qu’un lointain souvenir.
Nous savions tous que la médecine cherchait des remèdes à différentes maladies mortelles, le cancer, le SIDA et bien d’autres encore. J’étais d’ailleurs l’une des premières à faire des dons pour les encourager. Mais il est vrai que personne ne savait vraiment ce qu’ils faisaient dans leurs laboratoires, et que personne ne voulait vraiment le savoir. Personne ne faisait attention aux disparitions. Surtout les malades.
Ma vie n’était pas trop mal. Honnêtement, j’avais de bons amis, je vivais dans un bon quartier avec des parents qui n’étaient pas trop sur mon dos. Ma vie jusqu’à mes 17 ans était comme celle de toutes les adolescentes. Puis tout dégénère quand pour simple visite de routine, le médecin s’inquiète, ordonne d’autres analyses, et que l’on découvre un cancer au cerveau. Une tumeur mal placée. Un glioplastome si j’ai bien compris. En une minute, précisément celle après l’annonce de cette foutue maladie, j’ai su que rien ne serait comme avant. Mes parents se sont effondrés à côté de moi. Personnellement, je n’ai pas versé une larme, j’ai gardé mon sang froid et tout de suite demandé à mon médecin les possibilités qui s’offraient à moi.
— Écoutez, mademoiselle, je veux être franc avec vous. Le cancer est important. L’emplacement et la taille font que l’opération est presque impossible, et que la grande majorité des chirurgiens ne voudront pas tenter l’opération. Si tenter que quelqu’un veuille bien essayer, vous avez de grands risques de mourir sur la table d’opération. Le mieux est de vous conseiller un traitement qui facilitera votre vie… m’explique-t-il.
— Combien ?
— Combien de quoi, mademoiselle ?
— Combien de temps me reste-t-il ?
Il lui a été très compliqué de me répondre. Et pour mon cas, de recevoir la réponse. Je tordais mes doights trempés de nueur en tentant de reprendre un souffle normal. Il me donna un an. J’aimerais pouvoir dire que ça a été le pire moment de ma vie. Malheureusement, ce qui vient après fut pire. J’ai décidé de garder le secret, même ma meilleure amie ne sut rien. Mes parents pleuraient tous les soirs et se disputaient. Je m’étais faite à ma mort prochaine.
Les premiers mois étaient presque normaux, je m’efforçais juste de vivre. Après je perdais ma force, me lever le matin devenait presque impossible. Je loupais les cours et n’allais plus en soirée. Les professeurs, finalement, mis dans la confidence, ne me traitaient plus comme avant. Les plus emphatiques me traitaient comme une élève de primaire. Les plus rebels me disaient en secret que je devais vivre ma vie à fond en envoyant tout balader. Mon professeur de sport avait adopter une autre technique : l’ignorance. Je passais mon cours sur un banc, un livre à la main.
Au dixième mois, je tombai en dépression. J’avais tenté de tenir le coup, mais les médicaments ne m’aidaient pas. De plus, mes parents ne cessaient plus de se disputer sur la marche à prendre. Que fait-on lorsqu’il nous reste deux mois à vivre ? Dans mon cas : rien. Dans tous les cas, je n’étais ni en état physique ni en état mental pour tenter de nouvelles choses.
Puis il y a eu cet homme. Il s’est présenté à notre porte en souriant et en promettant l’infaisable. Avec sa belle carte de visite et un joli sourire, mes parents l’ont laissé entrer. Ce fut la première erreur de cette histoire. La deuxième fut de le croire.
Sur la table de la salle à manger, nous nous sommes installés, tous prêts à l’écouter.
— Je tiens à me présenter en bonne et due forme. Je suis le docteur Louis Martins. Je suis chercheur dans les traitements pour le cancer. Je travaille pour PM-Labo, le premier producteur phamaceutique du pays, et bien ailleurs. Nous sommes en voie d’un remède. Mais comme tous, nous devons avoir répondu à des tests. Votre fille sera un cas parfait.
Assise le plus loin possible, je restais choquée.
— Notre fille ? Mais pourquoi elle ? demanda mon père.
— Et bien. Au cours des dernières années, nous avons remarqué que le traitement fonctionnait mieux sur les patients aux stades plus élevés. Et la jeunesse est aussi un facteur majeur. Les jeunes sont le centre de nos recherches. Mais Mr et Mme, avant de pouvoir en dire plus, il vous faut signer un contrat de confidentialité.
Idée de merde.