Le job de rêve
Haley
Pour être honnête, je n'ai jamais attendu de remerciements de qui que ce soit. Mais, j'aurais au moins voulu qu'on reconnaisse mes efforts.
Apparemment, c'était trop demander.
Après cinq ans à travailler avec acharnement pour mon idiot de patron, je m'attendais à être promue. Mais non.
Il a préféré m'envoyer à la campagne dès qu'il a compris que je savais pour ses comptes à l'étranger.
Je n'aurais jamais cru qu'il serait capable de me trahir ainsi.
Comme excuse, il m'a sorti ça, calmement :
— C'est juste pour tester ta fiabilité.
Ingrat.
Mais, bon... ce n'est pas comme si j'avais le choix.
De toute façon, je vais me contenter de faire mon putain de boulot.
J'ai des factures à payer, la scolarité de mon frère à assurer, sans oublier les frais d'hôpital de mon père.
Depuis trois ans qu'il est dans le coma.
Il aurait pu la laisser partir...
Mais non.
Il a préféré la poursuivre en voiture dans cette foutue tempête.
Et depuis ce jour, il en paie le prix dans un lit d'hôpital.
Et sa fille aussi.
Cette femme nous a abandonnés en sachant très bien qu'elle laissait deux enfants derrière elle.
Est-ce que je lui en veux ?
Non.
Enfin... plus maintenant.
Aujourd'hui, je la déteste du plus profond de mon âme.
Je prie chaque jour depuis son départ pour qu'elle souffre autant qu'elle nous a fait souffrir.
Dans quelques heures, je vais rencontrer mon pire cauchemar.
Monsieur Clark Isami.
Le plus grand rival de mon patron.
Un contrat de deux ans est en jeu, censé apaiser les tensions entre nos deux entreprises et, officiellement, "favoriser leur évolution".
Sauf qu'après le scandale de l'année dernière... rien n'est simple.
Les médias s'en sont donné à cœur joie.
Comme toujours, tout est parti d'une seule personne : mon patron.
Il a voulu montrer sa supériorité en volant la fiancée de Monsieur Clark.
Et, malheureusement pour lui... il a réussi.
Cette femme est une vraie vipère.
Elle l'a quitté dès qu'elle a obtenu ce qu'elle voulait ailleurs.
Depuis, les choses ont dégénéré.
Journalistes partout. Caméras. Rumeurs.
Un enfer.
Et moi, en tant qu'assistante, j'ai été prise dans la tempête.
Un article affirmait même que j'étais le cerveau de tout ça.
Que j'avais conseillé à cet idiot de faire des avances à la fiancée de son rival.
N'importe quoi.
Et bien sûr, Eric, mon patron, n'a même pas jugé utile de démentir.
Mais, bref... c'est du passé. Non ?
Je ferme les yeux un instant.
— Papa... j'ignore si tu m'entends, mais s'il te plaît. Donne-moi la force de supporter cette vie de merde.
Je suis sûre que c'est Eric encore qui m'appel.
— hall.......lo
— HALEY
— Hey, Tania. Comment tu vas ? Ça fait longtemps que tu ne m'avais pas appelée.
Je fais semblant de ne rien comprendre.
Je sais très bien pourquoi elle m'appelle.
Mais je joue la comédie.
— Arrête de faire semblant, Hayle, sérieusement !
Sa voix est déjà agacée.
— Je suis débordée ! Tu ne peux pas déposer ton frère sans prévenir ? Sébastien n'a que dix ans, bordel ! joue ton rôle de grande sœur !
Je serre les dents.
— Je sais... je sais. Je suis désolée.
Je soupire.
— Mais je cherche un moyen de nous garder un toit. Eric m'a envoyée chez son ennemi pour un soi-disant accord de paix... je n'ai pas le choix.
Silence à l'autre bout.
Tania soupire.
— Tu abuses...
— Je sais.
Mais, elle ne raccroche pas.
Parce que malgré tout, elle reste mon amie depuis le lycée.
Elle ne me laissera jamais tomber.
— Je croyais que tu détestais ce mec ?
— c'est toujours le cas.
— Alors tu vas foutre quoi là-bas ?
— Tu crois peut-être que j'ai le choix.
Si je devais décrire Tania Brows en quelques mots, je dirais qu'elle est le genre de personne qu'on ne rencontre qu'une fois dans une vie.
On se connaît depuis le lycée. À l'époque déjà, elle avait ce caractère bien trempé qui pouvait faire fuir n'importe qui. C'est l'une des raisons pour lesquelles je suis sa seule amie. Elle dit toujours ce qu'elle pense, sans prendre de gants, et elle a cette manie agaçante de me remettre à ma place chaque fois que je fais n'importe quoi.
Mais, derrière ses airs de femme autoritaire et ses répliques cinglantes, Tania possède le plus grand cœur que je connaisse. Tania n'est pas seulement ma meilleure amie.
Elle est ma famille.
— Bon, bahh bonne chance, j'ai du boulot, rappelle-moi quand ton avion atterrit, poulette.
Je déteste ce surnom.
bordel que j'ai mal partout, c'est qui ce vieux chauve pourquoi il se dirige vers mooooi au secours !
— Mademoiselle Haley ?, bonjour.
— Oui bon...jour je peux vous aider ?
— Je suis Michel, votre chauffeur, M. Isami m'a demandé de vous chercher.
— Ah..ok
— Monté.
— On va où ?
— A la residence Clark








