Chapter 1: Prologue cosmic
Quelque part dans la galaxie, au-delà de notre système solaire.
Des vaisseaux spatiaux terriens glissent en silence entre les étoiles. Ce spectacle n'a plus rien d'exceptionnel. Les
progrès fulgurants de la science - propulsion hyperspatiale, technologies quantiques - ont transformé les frontières
autrefois infranchissables en routes familières.
C'est dans cet âge de conquêtes interstellaires que notre récit prend place.
Depuis plus de cinq siècles, l'Empire Alkebulaan règne en maître sur l'étendue connue de l'espace. Sa flotte
spatiale, la plus formidable jamais assemblée sur Terre, sillonne les systèmes planétaires avec une précision
chirurgicale. Le système solaire, jadis vertigineux par ses distances, n'est plus qu'une promenade de santé. Chaque
recoin a été exploré, cartographié, intégré à la sphère d'influence impériale.
Périodiquement, l'Empire organise des expéditions vers les confins galactiques inexplorés - autant pour percer les
mystères du cosmos que pour repousser ses frontières.
En l'an 562 du calendrier Mailam Suda - I'« Avènement de la Lumière » -, une nouvelle mission se prépare. La 809°
flotte d'exploration, commandée par l'Askia Dagomet à bord du vaisseau amiral ARS-75e. Et une formation
complémentaire de quatre appareils spécialisés :
• JV-86e : vaisseau de guerre
• AKY-5e : extracteur minier spatial
• SS-314 (SS-PI) : laboratoire flottant
• WALLIYAAN : ravitailleur logistique à long terme
Pour atteindre la frontière connue, ces appareils voyagent à bord de l'Ashanti - un gigantesque transporteur
tronconique qui rendit possible la conquête spatiale de l'Empire Noir.
La 809° flotte navigue dans le calme apparent du vide intersidéral. Ses instruments balayent l'espace, ses radars
traquent un minerai vital : l'obsidienne céleste, cristal noir aux propriétés uniques, indispensable à l'arsenal le plus
avancé de l'Empire Noir.
Depuis dix-neuf heures, la flotte est stationnée dans un champ d'astéroïdes isolé. Les relevés sont stables, les
analyses routinières. Rien ne trouble la quietude, hormis un bourdonnement presque imperceptible - que n'identifie
aucun système.Un frisson parcourt l'équipage.
Les minutes passent. La vibration s'intensifie. Les parois métalliques résonnent faiblement. Un tremblement discret,
puis plus franc. Le phénomène s'amplifie à une vitesse anormale. Des regards inquiets s'échangent.
Quelque chose ne va pas.Quelque chose d'inédit approche.
Les alarmes hurlent.
Un son strident sature les couloirs, les ponts, les cabines. Un vacarme métallique assourdissant. L'éclairage bascule
en mode urgence, baignant tout de rouge pulsant.
Dans ses quartiers, l'Askia Dagomet se réveille en sursaut. Le cœur battant au rythme des sirènes, il ouvre les yeux
sur un mur clignotant. Encore engourdi...
Tin-tin, tin-tin, tin-tin...
Son moniteur vibre avec insistance. Appel prioritaire. Il touche l'écran de sa montre.
— Bakary ? grogne-t-il, la voix encore voilée de sommeil.
— Oba. Bakary au rapport ! Désolé de vous réveiller Monsieur, mais votre présence est requise sur le pont.Immédiatement ! Nous faisons face à une menace.
— Dagomet se fige, le regard soudain clair.
— Une menace ? De quel genre ?
— Nous ne savons pas encore, Monsieur ! Mais c'est sérieux. Très sérieux.
Dagomet saisit sa veste, sort d'un pas pressé.
Dans les couloirs écarlates, l'équipage s'écarte sur son passage. Des regards cherchent des réponses dans le
silence de leur commandant.
Le pont.
Les portes s'ouvrent en silence.Il entre, s'arrête net.
Au centre de la passerelle, une projection holographique flotte dans les airs, irradiant d'une lueur bleutée. Elle pulse
lentement, comme un cœur vivant.
Dagomet s'approche. Les images tournent, s'ajustent, zooment.
Et là, le commandant devient un simple étre humain face a ce spectacle chocant qui lui devisse les machoires.
Des masses gigantesques. Des formes organiques. Des créatures.
- Par le Tout-Puissant... souffle-t-il. Qu'est-ce que c'est que ça ?
Il marque une pause et se redresse. La voix retrouve son autorité tout comme ses émotions.
- Faites venir le Griot. Immédiatement !
Puis, à l'officier de communication :
- Ouvrez-moi un canal avec toute la flotte !
Lumières vertes sur le panneau de contrôle. Il est en ligne.
- À tous les vaisseaux de la 809°, ici votre Askia ! Activez les camouflages et boucliers. Je répète : camouflages et
boucliers actifs, réduisez toute activité. Silence et invisibilité absolus.
Le pont se fige. Tous les regards convergent vers l'hologramme. L'air devient lourd, la tension s'épaicit jusqu'a
devenir palpable.
La porte s'ouvre de nouveau.
Bécaye entre, le griot de la flotte. Drapé d'une tenue traditionnelle bardée de capteurs-mémoire, il porte à la
ceinture un boitier scellé - son archive personnelle.Ses yeux se posent sur l'hologramme. Son visage se fige. L'homme s'empresse de regarder ses archivespersonnelles pour confirmer ses doutes avant de s'arreter net puis mettre sa main sur sa bouche.
- Savez-vous ce que c'est ? demande Dagomet, le regard perçant.
Un silence. Puis Bécaye hoche lentement la tête.
- Oui, mon Askia. Et ce n'est pas une bonne nouvelle.
Dagomet se tourne lentement vers lui. Sa voix, calme mais tendue, tranche le silence.
- Cette scène... s'est-elle déjà produite par le passé ?
Bécaye fixe longuement l'Askia. Un signe de tête négatif.
- Non, mon Askia. Jamais. C'est un phénomène inédit.
C'était peu de le dire.Devant eux, voguant dans le vide comme si elles y avaient toujours appartenu, une horde de baleines cosmiques
fend l'espace. Deux à cinq fois plus grandes qu'un ARS-75, elles glissent lentement entre les astéroïdes, leurs
silhouettes luminescentes traçant des arabesques étranges dans les champs gravitationnels.
Certains membres d'équipage restent figés, éblouis. D'autres reculent, l'angoisse peinte sur leurs visages.
Dagomet, voix grave :
— Vous savez ce que c'est ?
Bécaye baisse les yeux, répond presque à contrecœur.
- Malheureusement, oui. Ce que nous voyons correspond à une ancienne prophétie. La prophétie même qui est à
l'origine de l'Empire Alkebulaan : la prophétie des Toskoren.
- Toskoren ?
- En effet, mon Askia. Ce sont les hérauts du changement. Leur apparition annonce la fin d'un cycle et le début
d'un autre - dans le sang, la tyrannie et la terreur. Le commencement d'une domination qui causera la perte de
l'humanité.
Dagomet se redresse brusquement. Vers le sarkine 3e classe Pape Diop, officier communications.
— Sarkine Pape ! Contactez la Terre. Demandez le Mansa. Exécution !
- À vos ordres, Askia !
Il active un canal sécurisé.
- QG ! Ici 809* ! Identification : Sarkine 3e classe. Askia Dagomet requiert contact immédiat avec le Mansa !
— Un Instant, Monsieur...
Quelques secondes plus tard :
- Ligne ouverte, Monsieur.
Pape actionne un commutateur. Un halo de lumière se forme au centre du pont.
Tout l'équipage se lève, garde-à-vous.
L'hologramme de la plus haute autorité de la FSA - Force Spatiale Alkebulaan - apparaît. Le Mansa Koffi Konan.
- Repos, dit-il.
Tous, y compris Dagomet, répondent en chœur :
- Fahari Alkebulaan.
- Quelle urgence ? demande le Mansa.
Dagomet désigne l'écran principal.
Le Mansa regarde. Son expression se fige.
- Bon Dieu...
Dagomet entame son rapport :
- Monsieur, il y a dix minutes, pendant que l'équipe scientifique analysait ce champ d'astéroïdes, cette horde
baleine est apparue à 18 lahass de nos positions. Selon le griot Bécaye, ce seraient les Toskorens de la prophétie.
Lahass : unité de distance spatiale Alkebulaan (405 500 km, distance Terre-Lune à l'apogée).
Un silence épais. Le Mansa scrute les images, le visage durci.
- Restez en alerte. Boucliers et camouflages actifs. Mettez tous les vaisseaux dans l'Ashanti et deployer les drone
de deffense. Tenez vous pret a entrer dans le bulle dimensionnel. Aucune initiative sans mon autorisation sauf en
cas d'attaque. J'envoi du renfort.La transmission s'interrompt.
Sur la Banqaas - station orbitale géante, trois fois la taille de la capitale, la FSA. Un assemblage de vaisseaux Ashanti et QG de la FSA.
Le Mansa ordonne le deploiement d'escadrons de Jambaar des stations et colonies les plus proches vers les
positions de la 809e ainsi que l’activation du protocole ANTIT.
- Préparez ma navette pour le palais !
Commandat il.
- À vos ordres !
Sa secrétaire, Shaka 3e classe Zeynab Yaiche, transmet les instructions depuis sa console-table tactile avant de le suit
avec sa tablette.
Sur la Banqaas, c'est l'effervescence. Haut-parleurs répétant « ANTIT activé ». Même scène dans les colonies et
stations spatiales dispersées aux frontières de l'empire. Une guerre semble imminente. Les Jambaars - soldats de
la FSA - se préparent. La logistique charge munitions, vivres, matériel. Rien n'est négligé.
Palais de la Lune, résidence du Mailam.
Le Mansa franchit les hautes portes. Accueillit par Menelik, le Kailam - commandant suprême de la garde impériale,
incarnation d'une rigueur silencieuse et d'un rempart inviolable. L'invite a le suivre d'un geste muet.
Ils traversent les cours et jardins du domaine avant d'atteindre les galeries marbrées, ornées de fresques anciennes,
éclairées de torches plasma. Devant les portes ouvragées de la salle du trône, Menelik s'arrête, incline la tête.
À l'intérieur : notables, ministres, hauts gradés déjà rassemblés. Tous se lèvent à l'entrée du Mansa. Il se dirige vers
le trône, suivi de Zeynab.
Quant a Menelik, il s'en va rejoindre l'empereur
Des murmures inquiets s'élèvent, créant un bourdonnement confus.
Soudain, une voix grave, claire comme un tambour sacré, tonne depuis l'entrée :
- Que la salle se lève pour honorer la lumière d'Alkebulaan !
Roi du monde !
Gardien du Jollof !
Chef Suprême des pieux!
Rempard de l'humanité!
Symbole de l'unité!
Protecteur des traditions!
L'incarnation de la morale!
L'Humble serviteur du Tout Puissant!
Successeur du Père, unificateur et fondateur de l'Empire Noir!
Sa majesté le Mailam........
Mbaye Mbaay, griot de la cour, chef du seul clan de griots de l'empire. Sa voix impose la solennité.
Puis, un silence de cathédrale s'en suit. Tout le monde se léve mains croisées au nombril, tête baissé. L'atmosphère
change brusquement et devient glaciale.
Seule les battements de coeur se font entendre, avant que ce son ne se fasse éclipsé par....
Des pas.
Réguliers.
Inexorables.
Posés.
Inébranlables.
Imposant...Un rythme.
Une gravité.
Une présence.
Il entre... L'homme qu'on dit, le plus puissant de la Terre, et au-delà.
Un homme de taille moyen, 1,80 m environ. Teint d'ébène, cheveux bouclés tombant sur les épaules, encadrant un
visage serein. Il ne porte ni habits luxueux ni or ni couronne. L'homme est simplement vêtu d'un pagne blanc
descendant jusqu'aux chevilles, noué par une ceinture de cuir ornée de pièces argentées. Une vieille étoffe
couverte de fresques couvre son torse et à ses poignets, on distingue deux bracelets d'argent - seuls attributs
matériels de sa fonction.
On le dit frêle. Des visiteurs étrangers chuchotent, étonnés : « C'est donc lui, le Mailam ? » Étonner de la modestie
de le personne qui est a la tête de l'empire noire.
Mais ceux qui savent... se taisent.
Il marche derrière Menelik. Derrière lui sa suite - le Zailam et quelques conseillers vers son trône - plateforme surélevée, siège sculpté dans le bois d'un arbre ancestral - Menelik s'écarte. Le Mailam monte, s'assoit.
Pas un mot. Pas encore.
Il est le dix-huitième a porter le titre de Mailam - « Lumière ». Un nom qui n'est pas un homme, mais un héritage.
L'héritage d'une volonté.
Celle de deffendre, de guider. D'illuminer.
Ily a plus de cinq siècles, ce titre fut porté pour la première fois par Abdoul Qadir, fondateur de cette Utopie, appelé
depuis, Mailam...
Il hérita d'un continent brisé, pillé, humilié. Un continent que le monde croyait perdu. Mais sous sa conduite,
l'Afrique - Alkebulaan, son vrai nom - se releva.
Contre les chaînes. Contre l'oubli. Jusqu'à devenir l'astre dominant du monde connu.
Maintenant, son descendant trône. Son histoire, son destin, semblent être liés aux événements qui s'annoncent.
Mais qui était-il ?
Qui fut ce Abdoul Qadir, l'homme qui unifia et régna sur un empire continental ? Et surtout comment a t-il réussi a unifier le continent.









I like the first chapter it started on a good step. Hope the next chapter will as good as this first one. Consistance is important. I encourage you to keep writing this story cause this is fire