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Dettes : entre haine et désir

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Summary

Alba Romano pensait que son admission dans le campus le plus prestigieux du pays changerait sa vie. Jusqu'à ce qu'elle rencontre Lorenzo Roventi. Riche. Dangereux. Intouchable. Devant tout le monde, il la méprise. Il la provoque. Il semble la détester plus que quiconque. Pourtant, Lorenzo connaît un secret capable de détruire Alba. Un passé oublié. Une vérité cachée. Une dette de sang entre leurs familles. Et plus ils se rapprochent, plus leur attirance devient impossible à ignorer.

Genre
Romance
Author
@
Status
Ongoing
Chapters
2
Rating
n/a
Age Rating
18+

1

Je déteste les endroits comme celui-ci. Ces endroits où je sens que je ne suis pas à ma place, ces endroits qui me rappellent la misère dans laquelle je vis.

Rien qu'en arrivant sur le parking, je vois déjà le fossé qui me sépare des élèves de l'Institut Valmont. Des voitures de luxe sont alignées le long du parking. Rien qu'une seule de ces voitures peut payer dix ans de loyer et assurer à ma sœur et moi le ventre plein pendant des années.

Je continue mon avancée vers l'entrée de cette école de luxe. Les murs extérieurs sont entourés de piliers décorés de statues dorées, et les sols sont recouverts de marbre de part et d'autre, au point que j'y vois mon reflet.

Je lève les yeux pour observer l'immensité de cette école. Je ne suis pas encore entrée que j'ai déjà peur de m'y perdre.

Les élèves sont tous vêtus d'un uniforme. Chez les filles, il se compose d'une jupe noire bordée de doré, d'un blazer noir aux finitions dorées couvrant une chemise blanche et d'une cravate noire et dorée. Quant aux garçons, ils portent un pantalon, un blazer et une cravate dans les mêmes tons.

Je n'y fais pas attention tout de suite mais un groupe de filles me regarde. Peut-être que je n'ai pas bien nettoyé ma bouche ce matin.

Je les ignore, préférant ne pas me faire remarquer et je tourne la tête. Un autre groupe me fixe également. Je tourne encore la tête et je comprends enfin. Tous les regards sont braqués sur moi.

Je sens la lanière de mon sac s'alourdir sur mon épaule tandis que mon cœur s'accélère, mais il se calme presque aussitôt. Vu l'endroit où je travaille, ce ne sont pas des gosses de riches qui vont me faire peur.

Je me remets en tête la tâche que je dois accomplir : trouver le bureau de la directrice.

Je me dirige vers une fille seule dans son coin, peut-être pourra-t-elle me dire où il se trouve.

— Bonjour, je suis nouvelle et je cherche le bureau de la directrice, pourrais-tu me l'indiquer s'il te plaît ?

Il y avait comme une peur dans ses yeux, elle était presque effrayée. Est-ce moi qui fais peur ? Qu'est-ce que j'ai sur le visage à la fin ?

Elle attrape son ordinateur à une vitesse affolante, le met dans son sac et s'en va sans répondre.

D'accord. Je vais devoir chercher seule.

Je poursuis mon chemin dans les couloirs et finis par trouver le secrétariat. Si je ne me trompe pas, les bureaux de la direction sont toujours de ce côté.

J'entre dans la salle qui respire elle aussi le luxe. On se croirait dans les bureaux d'un PDG milliardaire.

Mais tout ce luxe ne me fait rien. J'ai déjà accepté la condition dans laquelle je vis, et au lieu de regarder ce que je n'aurai jamais, je ferais mieux de survivre.

La secrétaire est au téléphone, je prends donc place sur un fauteuil en face de son comptoir.

Je sors mon téléphone de ma poche. Il a déjà sept ans, il faudrait que je le change.

J'ouvre l'appareil photo et cherche ce qui attire autant les regards sur moi. Rien. Mon visage est totalement normal.

Je finis par me dire que ce sont peut-être mes Converses usées et mon sac à dos qui me trahissent. Toutes les filles que j'ai croisées ont des sacs à main et des chaussures qui doivent valoir une fortune.

— Alba Romano.

Je me retourne vers cette voix.

La directrice se tient devant moi.

Petite, droite, un tailleur parfaitement ajusté comme s'il avait été fait sur mesure, les cheveux tirés en chignon et des lunettes posées sur le nez.

La secrétaire a dû l'informer de ma présence.

Madame Owens, d'après la plaque sur la porte, m'invite à m'installer en face d'elle.

— Mademoiselle Romano, je suis ravie de vous compter parmi les élèves de l'Institut Valmont, l'un des établissements les plus prestigieux au monde. Vous avez été choisie pour bénéficier d'un cursus entièrement financé au sein de notre institution. N'ayez crainte, vous n'êtes pas la seule boursière. Je dois néanmoins vous mettre en garde : cette école accueille les enfants de nombreuses personnalités influentes. Ne faites pas de vagues.

En gros : ne les contrarie pas et tais-toi si on t'humilie.

— Avez-vous compris mes paroles, mademoiselle Romano ?

— Oui, madame.

— Je vous souhaite donc officiellement la bienvenue à l'Institut Valmont. Madame Vesperença va vous guider jusqu'à votre classe.

— Madame qui ?

— La secrétaire.

— Ah... d'accord.

Je sors du bureau et la secrétaire m'attend déjà. Elle me guide à travers les couloirs jusqu'à ma salle de classe.

Salle A243.

— Nos chemins se séparent ici. Bienvenue et bonne chance. Prenez les conseils de Madame Owens très au sérieux.

— Merci.

Elle disparaît dans le couloir.

Je me retourne et j'ouvre la porte qui me sépare des autres élèves de la classe. Il y avait un énorme bruit à l'intérieur. Des groupes discutaient entre eux, certains riaient tandis que d'autres étaient déjà plongés dans leur ordinateur. Pendant quelques secondes, personne ne remarqua mon arrivée et j'en fus presque soulagée.

Mais les conversations commencèrent peu à peu à s'éteindre. Une à une, jusqu'à ce qu'un silence étrange envahisse la pièce. Tous les regards étaient tournés vers moi. Encore. Je sentis ma mâchoire se contracter sous l'agacement. À croire que j'avais réellement tué quelqu'un.

Je balayai la salle du regard à la recherche d'une place libre lorsque mes yeux s'arrêtèrent sur un garçon assis au fond de la classe. Contrairement aux autres, il ne chuchotait pas avec ses voisins. Il me regardait simplement. Son expression était fermée et son regard si froid que j'en eus presque un frisson. Il y avait également quelque chose qui ressemblait à de la colère dans ses yeux. Une colère que je ne comprenais pas puisque je ne l'avais jamais vu auparavant.

Je fronçai légèrement les sourcils avant de détourner le regard. Au même instant, la sonnerie retentit dans toute la classe et les derniers murmures disparurent.

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