CHAP 1: LE PRIX DE L'EXCELLENCE
Le jour où mon nom est apparu sur la liste des admis, j’ai cru toucher le ciel du doigt. Décrocher son baccalauréat et franchir les portes de l’université, c’est le rêve de tout élève. Pour ma famille, c’était une fierté immense ; pour moi, c’était le début de la liberté, le premier pas vers la réalisation de mes grandes ambitions. J'allais enfin apprendre mon futur métier, devenir une femme indépendante et prouver ce que je valais.
Je me rappelle encore mes premiers pas sur le campus. Tout y était immense : la foule d'étudiants qui couraient dans tous les sens, le bruit des discussions, et surtout, ces grands amphithéâtres qui m'impressionnaient tant. Au début, on ressent une sorte d'euphorie. On se dit que le plus dur est derrière nous, qu'il suffit de travailler pour réussir.Mais la lune de miel avec l'université n'a pas duré longtemps.Très vite, le rythme est devenu vertigineux. Au secondaire, nous étions encadrés, suivis, presque portés par nos enseignants. Ici, nous n'étions que des numéros parmi des centaines d'autres. Les professeurs dictaient ou projetaient leurs cours à une vitesse folle, sans se soucier de savoir si tout le monde suivait. Pour ne rien arranger, la complexité de certaines matières me dépassait complètement. Moi qui avais l'habitude de m'en sortir, je me suis retrouvée face à des concepts académiques qui me semblaient être du chinois.Chaque soir, dans ma chambre, je relisais mes notes avec un nœud à l'estomac. Je passais des heures à essayer de comprendre, mais les pièces du puzzle ne s'assemblaient pas.Puis, les premières évaluations sont arrivées. Et avec elles, le premier vrai choc de ma vie étudiante.Lorsque les résultats ont été affichés, mes yeux ont cherché frénétiquement ma note. Quand je l'ai vue, mon cœur a raté un battement. C'était une note catastrophique, bien en dessous de la moyenne. Moi ? Échouer ainsi ? Une vague de chaleur m'a envahie, suivie d'un froid glacial. Autour de moi, les autres étudiants criaient de joie ou se plaignaient, mais je n'entendais plus rien.C'est à ce moment précis qu'une voix toxique a commencé à murmurer dans ma tête : « Tu n'es pas au niveau. Tu t'es trompée de voie. Tu vas décevoir tes parents. Tu vas échouer. »La peur de l'échec est une maladie invisible qui paralyse l'esprit. Elle efface vos forces et ne vous montre que vos faiblesses. Je me sentais minuscule, perdue et terriblement vulnérable. Je voulais désespérément de l'aide, un conseil, un guide pour me dire comment remonter la pente.Je ne savais pas encore que cette détresse, que je pensais cacher si bien, se lisait sur mon visage. Et surtout, je ne savais pas que sur un campus, les moments de faiblesse des étudiants sont parfois guettés par ceux qui devraient les protéger.








