Chapter 1
L'avion venait à peine d'atterrir que je sentais déjà l'air tranchant de ce pays m'agresser les poumons, comme un avertissement. Les souvenirs toxiques remontent déjà.
Mon idiot de père oui cette imbéciles s'est laissé ôté la vie aussi facilement qu'un poulet, sans même esquisser un geste pour se défendre.
Un sacrifice ridicule.
mais à qui la faute il avait toujours été trop faible pour ce comporté en tant qu'homme, préférant fuir ses responsabilités plutôt que de les affronter. Et qui en payés les pots cassé ? Eh bien moi, condamné à porter ses erreurs et sa honte.
Je ne suis pas venu dans ce pays pour m'amuser et je compte bien faire payer à qui compte la mort de mon pere.
Alors que j'étais encore plongée dans mes pensées, à ressasser la médiocrité de cet homme faible, je venais d'entrer en collision avec quelqu'un. L'impact fut moins brutal, mais elle était si frêle qu'elle n'avait pas su rester debout. Elle s'est effondrée sur le ciment.
Wouah, quelle faiblesse irritante, c'en était presque dégoûtant. Sans un regard en arrière, alors que je me retournais pour continuer mon chemin à travers la foule, une voix indignée a fusé derrière moi :
- Eh, vous êtes folle ? Vous venez de me mettre à terre et vous osez feindre l'ignorance ?
Mon regard s'est posé sur elle, glacial.
- Est-ce de ma faute si vous n'avez aucun équilibre ?
Je regardais cette bonne dame, déjà lassée de sa stupidité ambiante. Que croyait-elle, franchement ?
Que j'allais m'excuser et lui faire des courbettes ?
Mon temps est trop précieux pour ça. Sa voix a monté d'un ton, attirant l'attention des passants :
- Mais pour qui vous prenez-vous pour me parler sur ce ton ?
Je restais là à réfléchir, à la jauger. Ouais, elle avait une chance insolente que je sois une étrangère encore anonyme dans ce pays, sinon je l'aurais déjà mise six pieds sous terre pour m'avoir adressé la parole. Je n'ai pas de temps à perdre ici à jouer les touristes polies.
Je commençais déjà à m'éloigner lorsqu'un détail me revint en mémoire.
Cette fille.
Sa réaction.
Depuis mon arrivée, tout le monde m'avait observée avec cette même curiosité stupide réservée aux étrangers.
Certains détournaient le regard.
D'autres fixaient un peu trop longtemps.
Mais elle...
Elle n'avait montré ni gêne ni fascination.
Elle m'avait parlé comme si j'étais une personne ordinaire.
Pire encore.
Comme si elle n'avait pas peur de moi.
Je ralentis.
Un sourire froid étira légèrement mes lèvres.
Soit elle était incroyablement idiote.
Soit elle possédait un aplomb peu commun.
Dans les deux cas, cela méritait mon attention.
Elle avait déjà repris son chemin il fallait que je l'arrête mais je n'allait quand même pas courir derrière elle j'avais mon aura à garder
La femme pressait le pas, mais elle était plus rapide. Elle gagna du terrain, traversa la chaussée avec cette assurance presque insolente qui la caractérisait, les yeux fixés sur sa proie.
Elle arriva enfin juste derrière elle. Le sang bouillonnant dans ses veines, elle leva la main pour lui tapoter le dos et l'interpeller.
C'est à cet instant précis que le décor se fracassa.Un crissement de pneus strident déchira l'air. Elle n'eut même pas le temps de bifurquer.
Un choc d'une violence inouïe la percuta de plein fouet.
Sa main ne toucha jamais le dos de la femme.
Propulsée en l'air, elle s'écrasa lourdement sur le bitume.
La douleur embruma brièvement ses pensées, mais sa rage reprit aussitôt le dessus.
Elle refusa de gémir
Une portière claqua avec force. Le conducteur surgit de son véhicule, écumant de rage.
Il se mit à brailler, alignant des mots saccadés aux sonorités dures et inconnues.
Elle ne comprenait pas un traître mot de son dialecte, mais ses gesticulations théâtrales parlaient pour lui : il l'accusait d'avoir traversé n'importe comment.
La panique ? Très peu pour elle.
Ce minable l'irritait plus qu'autre chose.
Seule dans ce pays dont elle ignorait les règles, elle comprit qu'un scandale public ruinerait ses plans. Elle n'allait certainement pas s'abaisser à négocier ou à s'excuser.
Pour couper court à ses cris et retourner l'opinion des passants contre lui, elle prit une décision purement tactique.
Elle ferma les yeux, abandonna son corps au sol et simula une perte de connaissance parfaite. Une comédie royale. Elle laissa le noir l'envelopper, impatiente de voir comment ce crétin allait se dépêtrer de son cadavres improvisé . Pathétique n'es ce pas ?
Allongée sur le bitume, je laissai la comédie se jouer. À travers mes paupières entrouvertes, j'observai le spectacle. La foule s'agita un temps, puis la fausse bonne samaritaine entra en scène.
Je la vis gesticuler, interpeller le conducteur dans leur dialecte rugueux, haussant le ton avec une assurance théâtrale.
Elle était en train de lui soutirer un maximum de fric en profitant de mon "corps inerte", c'était flagrant.
Une vraie sangsue. Mais une sangsue qui parlait français et qui venait de prouver son efficacité. Parfait. Elle venait de monter en grade dans mon estime : d'idiote unitile, elle passait au statut d'outil stratégique.
Dès que les badauds se lassèrent et que le conducteur reprit sa route, délesté de ses billets, le silence revint sur la chaussée.
Il ne restait plus qu'elle, comptant son butin avec un sourire cupide.Je me redressai d'un coup, époussetant mes vêtements avec un mépris non dissimulé. Elle sursauta, manquant de faire tomber ses liasses.
- Vous... vous pourriez m'aider à trouver un logement sûr ? Un endroit correct ? dis-je, le ton direct, sans une once de gratitude.
Elle me jaugea du regard, surprise par mon réveil opportun et mon absence totale de manières.
Sa colère face à ma feinte s'évanouit aussitôt, balayée par l'odeur du sang neuf. Un sourire presque maternel
et terriblement faux s'étira sur ses lèvres.
- Le centre-ville est hors de prix et dangereux pour vous , je connaisun tres bel endroit et un peu isolévous serai tranquille labas . Venez, j'ai ma voiture juste là.
Je jetai un coup d'œil à sa berline décrépite. Une véritable insulte à l'ingénierie automobile. Mais j'avais besoin d'un point de chute et d'un guide qui connaissait les bas-fonds de ce pays.
En montant à bord, un sourire cynique me barra le visage. Le destin servait enfin mes intérêts. Une collision, une petite mise en scène. Parfait
Cela faisait maintenant deux heures que nous roulions. Ma patience atteignait ses limites. Le paysage urbain avait laissé place à une brousse aride, puis à des pistes de terre de plus en plus chaotiques. Dehors, il n'y avait plus que des arbres squelettiques et de la poussière. Pas l'ombre d'une dépendance de luxe. Une irritation froide, bien plus coupante que l'angoisse, commença à me tirailler l'estomac. On essayait de me doubler.
- Dites, c'est encore loin ? Le centre-ville me paraissait bien loin derrière... lançais-je, ma voix teintée d'un agacement non dissimulé.
- Ne vous inquiétez pas, le paradis se mérite, répondit-elle, les yeux obstinément rivés sur la piste.Son petit air mystérieux commença sérieusement à m'échauffer les oreilles.
Je jetai un œil méprisant sur le tableau de bord. Plus aucun réseau. C'est alors que mon regard se posa sur son sac à main, resté entrouvert sur le siège passager.
À l'intérieur, plusieurs passeports de nationalités différentes dépassaient, ainsi qu'une liasse de billets de banque bien trop épaisse pour être honnête.
Au même moment, l'écran de son deuxième téléphone, resté silencieux, s'alluma. Des coordonnées GPS pointant vers un bled paumé, accompagnées d'un mot incompréhensible mais flanqué de trois points d'exclamation et du symbole dollar.
Un rictus m'échappa. Des passeports ? Un village reculé ?
Cette idiote pensait vraiment m'emmener au milieu de nulle part pour me détrousser, voire me vendre au plus offrant.Quelle audace.
Elle me prenait pour mon raté de père, ou quoi ? Croire que j'allais me laisser plumer sans broncher.
La rage remplaça instantanément l'ennui. L'adrénaline me fouetta le sang.
- Arrêtez la voiture, dis-je, d'une voix glaciale et tranchante comme un rasoir.
- Qu'est-ce que vous dites ?
- ARRÊTEZ LA VOITURE ! Je sais exactement à quel genre de vermine j'ai affaire !
Ses yeux devinrent noirs. Le masque de la gentille dépanneuse vola en éclats. Elle accéléra, faisant rugir le moteur agonisant de sa carcasse de métal.
- Tu vas fermer ta gueule et me donner ton sac, cracha-t-elle en braquant son regard sur moi. Tu n'as nulle part où aller de toute façon
Sa menace me fit presque rire. Je n'étais pas une victime, j'étais son pire cauchemar. Sans l'ombre d'une hésitation, je me jetai sur le volant pour envoyer la bagnole dans le décor.
- Tu es malade ! Lâche ça ! hurla-t-elle en me balançant un coup de coude en plein visage.
Mon nez craqua dans une douleur vive. Un filet de sang coula, mais cela ne fit qu'alimenter ma fureur. Je resserrai ma prise, tirant le volant vers la droite de toutes mes forces tandis qu'elle tentait de le ramener à gauche. La voiture zigzagua violemment, soulevant des nuages de poussière aveuglants. Nous nous colletaions comme des bêtes sauvages dans l'habitacle étroit, ses ongles me griffant les bras alors que je cherchais le frein à main pour stopper cette mascarade.
- Lâche ! On va se tuer ! glapit-elle, la panique changeant enfin de camp.
- Freine, sale folle ! Freine !
Soudain, au détour d'un virage masqué par un immense baobab, le temps se figea. Au milieu de la route, massive, immobile et visiblement sacrée au vu des ornements colorés qui pendaient à ses cornes, se tenait une immense vache blanche.
MUUUUUUUUUU !
Le choc fut effroyable. Le pare-brise éclata en une pluie de confettis de verre. Le capot se plia dans un gémissement de tôle froissée. La berline fit un tête-à-queue violent avant de s'immobiliser dans un fossé, dans un concert de vapeur brûlante et de gémissements.
Un gémissement est sorti de la carcasse de la voiture.
Cette arnaqueuse reprenait enfin ses esprits.
Je l'ai vue ouvrir la portière en douce, son sac à la main, prête à filer en douce dans les hautes herbes pour m'abandonner là. Une vraie lâche.
Mais je l'ai bloquée net en lui attrapant le bras. Prise en flagrant délit.
- Tu croyais aller où comme ça, sale vermine ? ai-je craché en la secouant.Elle a sursauté, blême, avant de regarder autour d'elle.
Soudain une troupe s'estréunisautour de nous , les lances pointées sur nous, le visage peint en blanc.
J'ai lâché un rire moqueur.
-C'est quoi cette blague ? On est en 2026, qui ose encore se déguiser comme ça ? ai-je lancé à voix haute.
La conductrice, complètement perdue, a balayé la foule du regard. Elle ne connaissait visiblement pas cette tribu non plus.
- Je... je n'en sais rien, a-t-elle bégayé, la voix tremblante. On est parties trop loin sur la piste... C'est quoi leur problème ?
- Regarde-les, c'est pathétique, ai-je répondu en désignant un guerrier du menton.
Ils croient faire peur à qui avec leurs bâtons et leurs peintures ? On n'a pas le temps pour leur carnaval.
- Dis-leur de s'écarter, j'ai des affaires à régler.
- Tu es folle ! Regarde par terre, on a tué leur vache ! Ils vont nous massacrer ! a-t-elle hurlé en reculant contre la tôle froissée.
Autour de nous, les cris des hommes ont redoublé. Ils ne comprenaient pas notre français, mais mon ton méprisant et mes gestes commençaient sérieusement à les énerver. Le chef a avancé d'un pas, son fusil à la main.
Le chef de la tribu a fait un pas de plus vers moi. Le visage serré par la colère, il a levé son fusil et a pointé le canon directement entre mes deux yeux. La conductrice à côté de moi a laissé échapper un cri de terreur pure et s'est jetée au sol, les mains sur la tête.
Moi ? J'ai d'abord bloqué un instant, surprise. Puis, un énorme fou rire m'a échappé.
- Non mais sérieusement, c'est pathétique ! ai-je lancé au milieu de mes éclats de rire, en fixant le canon du fusil sans ciller.
Le guerrier a froncé les sourcils. Il ne s'attendait visiblement pas à ce qu'une étrangère lui rie au nez alors qu'il tenait sa vie entre ses doigts. Autour de nous, les murmures de la tribu se sont coupés net. Le silence de la brousse est revenu d'un coup.
- Tu es complètement malade ! Relève les mains, ils vont nous tuer ! hurlait la voleuse depuis le sol, en pleurant de trouille.
- Regarde-le avec son vieux fusil rouillé, c'est ça qui doit me faire peur ? ai-je répondu en la regardant de haut, un sourire moqueur aux lèvres. On est en 2026 ! Ce mec sort tout droit d'un musée ou d'un documentaire pour touristes. C'est ridicule.
Je me suis avancée d'un millimètre vers l'arme, le regard provocateur. Toute cette mise en scène m'amusait beaucoup. Ces gens pensaient m'impressionner avec leur bétail et leurs menaces, mais ils ne savaient pas que la peur était un sentiment que je ne possédais pas.
- Bon, le déguisement est réussi, la blague a assez duré, ai-je dit au chef d'un ton sec, comme si je parlais à un serviteur. Baisse ton jouet et trouve-nous une autre voiture. On a des choses plus importantes à faire que de regarder ton spectacle
Le chef a serré les dents, comprenant très bien le mépris dans ma voix.
Sans un mot, il a déplacé le canon de quelques centimètres vers la droite, visant directement le vitre intact de la voiture, et il a appuyé sur la gâchette.
Une détonation monstrueuse a fait trembler le sol.Le verre a volé en éclats à un millimètre de mon visage. L'odeur de la poudre m'a pris la gorge.
Ce n'était pas un jouet.
Ce n'était pas un carnaval.
La voleuse s'est mise à hurler de terreur, mais moi, je n'ai pas bougé.
Mon cœur s'est emballé d'un coup sous l'effet de l'adrénaline. Le chef a ramené le canon fumant juste entre mes deux yeux, un sourire cruel aux lèvres. Ses hommes ont armé leurs lances dans un bruit sec.
Pour la première fois depuis mon arrivée dans ce pays, mon sourire s'est effacé
Salut à tous
J'espère que ce premier chapitre vous auras plut 🌬❤️
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