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Les Echos

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Summary

Elena Whitmore est consultante en résolution de conflits, envoyée pour apaiser une dispute entre deux familles puissantes, les Ravenhart et les Draeven, autour d’une mine stratégique. Mais très vite, elle comprend que ce dossier dépasse largement le cadre économique. Au cœur de ce monde fermé, les Échos — des liens entre vampires et humains — sont censés être naturels. Pourtant, lorsqu’un Écho est retrouvé mort, vidé de son sang, une affaire plus grave éclate et un Conseil des familles est convoqué en urgence. Tandis qu’Elena tente de garder une lecture rationnelle de la situation, des rêves et des perceptions troublantes commencent à s’imposer à elle, brouillant les frontières entre réalité et quelque chose qu’elle ne comprend pas encore. Et une présence revient sans cesse dans son esprit : Ravenhart.

Genre
Drama
Author
NoraVallen
Status
Ongoing
Chapters
1
Rating
n/a
Age Rating
18+

Chapitre 1



Les couloirs semblaient interminables.

Les murs étaient couverts de portraits dont les visages lui semblaient étrangement familiers, sans qu'elle puisse en expliquer la raison.

Elle avançait, sans hésitation.

Comme si ce lieu n'avait rien d'inconnu.

Comme si elle y avait toujours appartenu.

Le regard des portraits semblait suivre chacun de ses pas, pas de manière visible, plutôt comme une impression persistante, difficile à ignorer.

Au bout du corridor, une grande porte noire. Elle n'était pas une découverte, elle était une évidence. Dessus, un symbole, un loup stylisé, réduit à des lignes nettes et tendues, comme sculpté dans une seule intention de mouvement. Le corps est allongé, presque arqué, figé dans une posture entre l'élan et l'arrêt, comme s'il hésitait une fraction de seconde avant de bondir.

Sa tête est légèrement inclinée vers l'avant, oreilles basses, non pas soumises mais concentrées, dans une attention presque violente. Le tout était enfermé dans un cercle fin et continu, comme un sceau ancien.

Les silhouettes présentes sur le passage s'écartaient immédiatement à son approche.

Certains s'inclinaient, d'autres baissaient simplement la tête en signe de respect;

Aucun ne soutenait le regard.

Un homme s'inclina légèrement :

-Seigneur

Le mot fut prononcé sans hésitation. Sans tension, comme une simple réalité.

Elle ne s'arrêta pas.

Elle ouvrit la bouche et les mots sortirent d'eux-mêmes.

Une voix d'homme, calme, assurée... mais étrangère.

-Préparez la salle.

Personne ne répondit.

Mais immédiatement, les ordres furent exécutés.

Pourtant, quelque chose n'était pas normal, ce n'était pas ce qu'elle voyait, c'était la façon dont elle le percevait. Comme si cette conscience n'était pas une personne ordinaire.

Ni même une conscience humaine.

Puis tout se coupa;

Le réveil sonna avant que la lumière du jour n'ait vraiment décidé d'exister.

Elle tendit la main sans ouvrir les yeux, cherchant le silence à la place du bouton. Le bruit s'arrêta net, comme s'il n'avait jamais eu le droit d'exister.

Quelques secondes de vide.

Puis le monde reprit place.

Tout était normal. Trop normal, comme toujours.

Elle resta un moment immobile, les yeux encore fermés, à écouter les bruits de la maison, le frigo vibrait faiblement, comme une présence mécanique qui n'avait jamais cessé de fonctionner. Son horloge mural qui accompagnait ce bourdonnement de ses clics réguliers. Aucun bruit particulier. Rien qui sorte de l'ordre habituel des choses.

Et pourtant... il y avait parfois cette sensation infirme, difficile à accrocher. Comme si une pensée passait trop vite dans son esprit pour lui appartenir vraiment.

Elle ouvrit les yeux.

Le plafond était le même que la veille. Les mêmes ombres, les mêmes repères. Rien n'avait changé pendant la nuit.

C'était rassurant... et légèrement dérangeant.

Mais une impression restait accrochée à elle.

Elle avait rêvé.

Encore.

Ce n'était jamais un rêve comme les autres, dans ces moments-là... elle n'était pas elle.

Elle était quelqu'un d'autre, elle voyait à travers des yeux différents. Des yeux plus froids, plus stables, qui observaient le monde sans vraiment y appartenir.

Des yeux masculins.

Elle ne voyait pas un visage clairement. Juste des fragments. Une présence. Une perception étrange des choses, comme si tout était plus net, plus lourd aussi.

Puis, comme toujours, le rêve se coupait net.

Sans explication.

Sans suite.

Elle se redresse lentement, les cheveux en bataille, la fatigue encore accrochée à elle sans raison claire. Elle ne se souvenait pas d'un rêve précis. Juste d'une impression, d'un déjà-vu pour être ignoré...mais trop flou pour être retenu.

Elle soupira doucement et se leva.

Dans la salle de bain, le mirroir lui renvoya son image sans hésitation. Un visage ordinaire, des cheveux bruns ébouriffés signe d'une nuit agitée, et des yeux verts entourés de légères cernes et des lèvres légèrement sèches, comme oubliées par la nuit.

Elle se fixa quelques secondes de trop.

Puis cette sensation revint.

Pas une pensée claire. Pas une voix.

Plutôt un décalage. Comme si quelque chose en elle n'était jamais totalement aligné.

Elle fronça les sourcils.

-Encore ça...

Elle ouvrit l'eau froide et passa ses mains sous le jet. Le contact la ramena un peu plus solidement dans le réel.

Ça passait toujours comme ça. Comme si ce n'était rien.

Elle secoua la tête.

Pas maintenant.

Elle se doucha et enfila des vêtements simples, sans vraiment y penser. Les gestes étaient automatiques, comme si son corps savait déjà quoi faire avant elle.

Dans la cuisine, le bruit du réfrigérateur remplissait le silence. Elle attrapa une tasse contenant son café de la veille.

Elle souffla légèrement, agacée à l'idée même de ne pas l'avoir lavée. Elle fit son café, le termina sans goût particulier, puis prit ses affaires. Oubliant une nouvelle fois de laver sa tasse.

Dehors, la ville était déjà en mouvement, les gens passaient, pressées, sans lever les yeux.

Elle suivait son chemin habituel, sans vraiment y prêter attention.

Mais aujourd'hui n'était pas une journée comme les autres.

Une légère tension, presque imperceptible, restait collée à elle depuis le réveil. Elle n'aurait pas su dire pourquoi.

Dans sa poche, son télèphone vibra.

Un message court, une confirmation de mission.

-Nouvelle affectation validée, réunion stratégique, conflit Ravenhart/Draeven. Départ immédiat requis.

Elle s'arrêta une seconde, relut les lignes.

Rien sur son visage ne changea vraiment, mais elle sentit, quelque part, que la journée venait de basculer. Elle n'était pas surprise par ce genre de message.

C'était son travail.

Elle faisait partie d'un cabinet de conseil stratégique indépendant, spécialisé dans l'analyse de conflits économiques complexes

Ravenhart.

Draeven.

Deux familles parmi les plus influentes du monde économique. Deux noms qui revenaient sans cesse dans les journaux.

Trop puissant pour être ingorés, trop influents pour être traités comme de simples clients.

Elles intervenaient dans des secteurs différents, mais leurs intérêts se croisaient régulièrement sur des projets sensibles.

Et quand cela arrivait... aucun compromis n'était vraiment simple.

Des consultants en stratégie et en résolution de conflits économiques avaient déjà été mandatés sur ce type de dossiers. Aucun n'avait réussi à stabiliser la situation sur le long terme.

Dans son métier, ces noms revenaient régulièrement. Toujours associés à des dossiers complexes, toujours synonyme de tensions.

Elle rangea son télèphone dans son sac.

Très bien.

Elle savait déjà dans quoi elle mettait les pieds.

Le bâtiment se dressait au centre du quartier d'affaires, sobre et imposant sans chercher à l'être trop.

Du verre sombre, des lignes nettes, une architecture pensée pour impressionner sans jamais avoir besoin de le dire.

Elle s'arrêta un instant devant l'entrée, une sensation étrange, difficile à nommer, remonta brièvement en elle. Rien d'alarmant. Juste... différente du reste de sa journée, elle le sentait ce malaise parcourir son échine mais elle ne pouvait simplement pas mettre de mot dessus, ou même l'expliquer.

Les portes automatiques s'ouvrirent sans bruit.

A l'intérieur, l'air était plus frais, comme maintenu artificiellement par une climatisation trop puissante.

Le sol brillait sous les lumières blanches, parfaitement alignées au plafond.

L'accueil était discret.

Une réceptionniste leva les yeux vers elle, vérifia son nom sur une liste sans poser de question inutile.

-Vous êtes attendue

Pas d'émotion.

Pas de curiosité.

Juste une information.

Elle fut dirigée vers un ascenseur sans attendre davantage, les portes se refermèrent dans un silence feutré.

La montée fut lente, trop silencieuse, comme si le bâtiment retenait sa respiration.

Lorsqu'elle arriva à l'étage de la réunion, l'atmosphère changea immédiatement.

Le couloir était plus sombre, plus lourd et pourtant parfaitement ordonné.

Deux agents parfaitement habillés étaient postés près d'une grande porte.

Ils ne la regardèrent pas vraiment.

Mais elle sentit leur présence.

Comme une évaluation silencieuse, ils savaient sûrement qui elle était et pourquoi elle était là.

Les agents ouvrirent la porte.

Des voix étouffés filtraient de l'intérieur.

Elle inspira profondément comme pour se préparer mentalement à la suite, puis elle avança.

Elle entra dans la salle en essayant d’ignorer la légère tension qui s’était installée dans son ventre depuis son arrivée dans le bâtiment.

Elle refermit la porte, dans un claquement presque trop fort.

La pièce était plus grande qu’elle ne l’avait imaginée. Une longue table sombre occupait presque tout l’espace, entourée de silhouettes déjà installées. Des dossiers ouverts, des écrans allumés, quelques verres d’eau abandonnés près de blocs-notes. L’ensemble était impeccable, organisé avec cette rigueur froide propre aux entreprises qui avaient l’habitude de gérer des sommes dépassant l’entendement.

Plusieurs regards se levèrent lorsqu’elle franchit la porte.

Rien d’inhabituel.

Elle avait l’habitude.

— Bonjour. Elena Whitmore, consultante en résolution de conflits économiques.

Sa présentation fut accueillie par quelques signes de tête polis.

Alors qu’elle balayait la table du regard pour identifier les différents représentants présents, ses yeux s’arrêtèrent sur un homme assis légèrement en retrait.

Mr.Ravenhart.

Il était grand, même assis cela se voyait. Ses épaules larges remplissaient naturellement l’espace sans qu’il ait besoin d’adopter une posture particulière. Son costume sombre, parfaitement ajusté, renforçait encore cette impression de présence tranquille.

Ses cheveux noirs étaient soigneusement coiffés vers l’arrière, laissant apparaître un visage aux traits marqués. Une mâchoire nette, adoucie par une barbe courte parfaitement entretenue, un nez droit, des pommettes discrètement dessinées.

Il n’avait rien de l’élégance lisse des mannequins que l’on voyait dans les magazines.

Sa beauté semblait plus brute.

Plus réelle.

Et puis il y avait ses yeux.

D’un brun si foncé qu’ils paraissaient presque noirs sous certaines lumières.

Des yeux calmes.

Trop calmes.

Lorsqu’ils rencontrèrent les siens, Elena eut la sensation désagréable qu’il l’observait depuis bien plus longtemps qu’elle ne l’avait observé lui.

Il ne détourna pas le regard.

Pas une seconde.

Quelque chose chez lui évoquait un animal sauvage parfaitement immobile.

Pas parce qu’il paraissait dangereux.

Parce qu’il semblait attendre, il la jaugeait, il la fixait.

Trop longtemps.

Trop intensément.

Une gêne diffuse s’installa dans sa poitrine.

Comme si ce regard s’attardait un peu trop longtemps.

Comme s’il voyait quelque chose qu’elle n’avait jamais eu l’intention de montrer.

Elle avait l’habitude des regards. Mais celui-ci était différent. Il lui donnait l’impression inconfortable d’être plus transparente qu’elle ne l’aurait voulu.

- Vous pouvez vous asseoir.

La voix la tira brusquement de cette situation.

Elena détourna les yeux de Mr.Ravenhart avec un soulagement qu'elle trouva aussitôt ridicule.

Puis elle tourna la tête vers l'homme qui venait de parler.

Lui aussi dégageait quelque chose. Quelque chose de différent. Elle comprit que c'était Mr.Draeven.

Là où Mr.Ravenhart semblait absorber l'attention sans le vouloir, cet homme paraissait né pour l'obtenir, comme si c'était un due.

Installé à l'extrémité de la table, il affichait une aisance tranquille qui donnait l'impression qu'il connaissait déjà chaque personne présente, chaque dossier, chaque issue possible à cette réunion.

Ses yeux bleus la détaillèrent briévement.

Pas longtemps, juste assez.

Et contrairement à Mr.Ravenhart, elle comprit immédiatement ce regard.

Il l'évaluait.

Comme on évalue une professionnelle que l'on apprête à entendre travailler.

Ni plus, ni moins.

Elle connaissait leurs nom bien avant cette réunion. Comme la plupart des gens.

Mr.Ravenhart et Mr.Draeven apparaissaient régulièrement dans les journaux économiques, les classements d'influence ou les articles consacrés aux grandes fortunes du pays. Des photographies soigneusement choisies, des interviews controlées, des sourires parfaitement maîtrisés.

Pourtant, les voir en personne n'avait rien à voir.

Les images paraissaient soudainement plates.

Incomplètes.

Aucune photographie n'avait réussi à capturer ce qu'ils dégageaient réellement lorsqu'ils se trouvaient dans la même pièce.

Quelque chose dans leur présence attirait naturellement l'attention.

Pas seulement parce-qu'ils étaient beaux. Il existait chez eux une forme de magnétisme difficile à expliquer, une assurance presque instinctive qui poussait le regard à revenir vers eux malgré soi.

Elena compris alors pourquoi les articles parlaient souvent de leur influence avant même d'évoquer leur fortune.

Certains hommes occupaient une fonction.

Eux semblaient occuper l'espace lui-même.

-Merci.

Ce n'est qu'en rejoignant sa place qu'elle réalisa qu'ils se faisaient face.

Mr.Ravenhart d'un côté.

Mr.Draeven de l'autre.

Comme si toute la pièce avait été construite autour de cette opposition silencieuse.

Et sans vraiment comprendre comment, Elena avait déjà l'impression de s'être retrouvée au milieu de quelque chose qui la dépassait.


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