Cent vingt minutes
Elle était là à l'attendre , assise sur un banc à l'ombre mais surtout à l'abri des regards. Il avait dit qu'il viendrait et qu'elle devait juste l'attendre dans le parc où il s'était vu la première fois. Sa confiance en lui s'amenuisait au fur et à mesure que l'heure du rendez vous était passée. Le soleil etait à son zénith accablant le parc de sa chaleur. Le temps s'écoulait lentement pour la jeune femme mais malgré cela elle décida qu'il était temps pour elle de partir. Au vu de l'heure, il ne viendrait pas. Mélyssa rassembla ses affaires et sortit du parc. Elle se dirigea vers l'arrêt de bus qui était de l'autre côté de la route. Elle regarda l'affiche avec les horaires de la ligne 2 qui pourrait enfin la ramener chez elle. Son bus était dans 2 minutes. Elle se posa sur le banc de l'arrêt de bus et prit son livre afin que l'attente soit moins longue. Mais son esprit n'arrivait pas à se concentrer sur les lignes. Elle relisait en boucle la même ligne de son livre
.« Le plus clair de mon temps, je le passe à t'aimer. »Et plus elle essayait de se concentrer sur le livre, plus ces mots envahissaient son esprit. Elle referma son livre dans un soupir. Ce n'était pas le moment de lire, à priori. Pourquoi l'obsédait-il autant ? C'était un homme comme les autres. Elle releva la tête et regarda les gens passer autour d'elle. Elle sourit en voyant un jeune couple assis dans ce même parc qui se tenait la main. On sentait leur amour. Et plus elle les regardait, plus le vide grandissait en elle. Elle sentit les larmes monter. Elle prit une grande inspiration et leva les yeux au ciel. Il était hors de question qu'elle pleure maintenant. Elle l'avait attendu pendant 2 heures. 2 heures qu'elle avait vu s'égrener et, au bout du compte, toute sa joie et sa hâte de le revoir s'étaient changées en un grand vide dans son cœur.Elle se leva et fit quelques pas afin de ne plus les voir. Elle savait qu'ils n'étaient en rien responsables de sa situation, mais voir leur amour au grand jour était trop dur pour elle. Elle regarda son téléphone : il y avait un message. Elle le déverrouilla avec hâte, mais ce n'était pas lui. C'était sa mère qui lui demandait si elle voulait venir manger à la maison dans la semaine. Mélyssa ferma l'application, elle lui répondrait plus tard ; elle n'était pas d'humeur pour les banalités pour le moment. Elle ralluma son téléphone, ouvrit la conversation où elle espérait tant un message, mais toujours rien.Elle commença à écrire un message lui demandant s'il allait bien, où il était, ce qu'il faisait et, bien évidemment, pourquoi il n'était pas avec elle actuellement. Son pouce resta suspendu au-dessus de la touche envoyer, hésitant entre la fierté et le besoin d'être rassurée. Mais au final, elle appuya sur effacer et vit son message disparaître petit à petit. Pour une fois, ce n'était pas à elle de faire le premier pas. C'est elle qui était venue et qui l'avait attendu et lui qui ne s'était jamais montré.
Elle vit le bus qui arrivait au loin. Elle se rapprocha de la chaussée et leva la main afin de lui faire comprendre qu'il devait s'arrêter. Le bus s'immobilisa à quelques mètres devant elle. Elle avança et laissa passer une dame âgée pour qu'elle puisse facilement monter à bord. Mélyssa respira un grand coup et monta elle aussi. Elle valida son ticket puis rangea fermement son téléphone au fond de son sac. Elle s'installa tout au fond du bus, sur un siège, seule.Le bus démarra rapidement. Par la vitre, elle revit une dernière fois le jeune couple et le parc où elle avait passé ses deux dernières heures. Elle sentit encore les larmes venir, mais elle savait se retenir. Le bus avançait.








