Chapter 1
Sarah… ne fais pas ça…
C’est l’histoire d’une fille nommée Sarah. Elle était extrêmement sympa selon les autres. Elle avait toujours le sourire… mais elle avait une vie tout autre que celle qu’elle montrait. Elle postait des stories sur Snap où elle était joyeuse. Elle allait en ville faire du shopping avec ses potes… bref, elle avait la vie rêvée de tous.
Un jour, au collège — car elle était en 4e — une fille de sa classe, Shaïma, vint la voir et lui dit :
« Salut… Bon, je ne vais pas passer par quatre chemins… J’ai vu ta story hier sur Snap. T’as plein de potes, hein, mdr… Mais là, elles sont où, hein ? Dis-moi… Tu t’inventes une vie ou quoi ? »
Sarah leva la tête et lui répondit :
« Elles ne sont pas dans ce collège… malheureusement. »
Shaïma leva les yeux au ciel et partit.
Il faut savoir que Sarah restait souvent toute seule, mais on ne la voyait jamais dans la cour ou à la cantine. En réalité, elle allait souvent aux toilettes pour s’enfermer et décompresser…
Vous allez me dire : « Décompresser ? »
Oui… décompresser. Elle pleurait à chaudes larmes, à s’en arracher la gorge… mais elle savait le faire en silence. Elle était habituée.
Car, en vrai, sa vie n’était pas comme tout le monde le pensait. Elle était… comment dire… fatigante et rabaissante. Sarah luttait pour ne pas s’effondrer sous tous ces mensonges : ces sourires, ces stories, ces fausses photos… bref, elle étouffait.
Quand elle rentrait chez elle, son père la frappait en essayant de laisser le moins de traces possible. Il la frappait pour lui aussi « décompresser » du boulot. C’était son « anti-stress », comme il le disait quand elle lui demandait pourquoi il la tapait sans raison.
Quant à sa mère, elle la torturait psychologiquement. Sans entrer dans les détails, elle lui disait des choses horribles comme :
« Pourquoi je n’ai pas avorté quand j’en avais l’occasion ? »
Des choses comme ça… vous voyez sûrement le genre.
À l’école, après les cours, des filles la prenaient derrière le bâtiment et la rabaissaient, la volaient, la giflaient. Elle n’était même parfois plus consciente… mais elle reprenait vite ses esprits. Avant, elle se débattait… mais maintenant, elle se laissait faire.
Elle se faisait du mal… parce qu’elle avait fini par croire les atrocités de sa mère.
Bref… un soir, elle alla à sa fenêtre. Elle regardait le ciel. Les larmes ne coulaient même plus tellement elle en avait épuisé. Elle n’avait plus la force de respirer… plus la force de… vivre, finalement. Alors elle se pencha par la fenêtre, regarda une dernière fois sa chambre… puis le vide faisait des va-et-vient dans sa tête.
C’est alors que sa mère entra et la regarda, désespérée. Elle lui dit :
« Sarah… ne fais pas ça… »
Et Sarah sauta…
Sa mère s’effondra, et nous n’entendîmes que le bruit de la fin de la chute de cette pauvre fille.
C’était la fin… la vraie fin.
Vous voyez, Sarah était la fille « parfaite » aux yeux de tous, avec la meilleure vie… mais ce n’est pas toujours le cas. En fait, une simple phrase peut changer notre vie. Souvent, nous pouvons nous dire : « Je ne m’inquiète pas, c’est qu’une phase… » Sarah aussi, c’était… qu’une « phase ».
Mais souvenez-vous : la dernière phrase dont elle se souviendra n’est qu’un…
« Sarah… ne fais pas ça… »








