Chapitre 1 - Renaissance
Tome 2 - Chapitre 1 : Renaissance
« Je me nomme Yann. Je suis ce qu'on appelle un être chanceux. Pourquoi, me diriez-vous ? Peut-être parce que j'ai survécu à un coup de couteau en plein ventre... Ou parce que j'ai été séquestré pendant des mois par une gang de malades au fond d'un trou à rats. Aujourd'hui, je me suis réveillé... Et je renais de mes cendres. »
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Le mois d'octobre avait enveloppé la ville de sa grisaille, mais au fond de la planque, Yann sortit lentement du néant. En ouvrant les yeux, une douleur aiguë lui transperça le flanc. Il était allongé sur le lit délavé, mais en bougeant les doigts, un frisson d'adrénaline le traversa : il n'était plus attaché. Ses chaînes avaient été retirées. À quelques pas de lui, Rebeka lui tournait le dos, concentrée à aligner des lames et des instruments de torture sur une table métallique. Yann comprit que c'était sa seule et unique chance.
Rassemblant le peu de forces qui lui restait, il se glissa hors des draps sans un bruit et se jeta sur elle. Rebeka laissa échapper un cri de surprise alors que les bras de Yann s'enroulaient autour de son cou pour la maintenir. Une bagarre d'une violence animale éclata au milieu de la pièce, les corps percutant la table dans un fracas métallique. Rebeka, enragée, réussit à dégager son bras et, d'un geste sec, enfonça son poignard directement dans le ventre de Yann. Le fer s'enfonça profondément dans ses chairs.
Un gémissement de douleur pure déchira la gorge du jeune homme. Mais avant de s'effondrer au sol, poussé par l'instinct de survie, Yann agrippa un des outils tranchants qui traînaient sur la table et le planta de toutes ses forces dans l'abdomen de Rebeka. Elle recula, chancelante, mais semblait inhumaine, ne s'effondrant pas malgré le sang qui coulait. Voyant qu'elle n'était pas achevable et qu'elle allait hurler pour appeler ses frères, Yann fit un dernier pas en avant, saisit sa tête par les cheveux et lui ouvrit proprement la gorge d'un coup sec.
Le corps de Rebeka s'effondra lourdement sur le ciment, ses yeux vitreux fixant le plafond au milieu d'une mare rouge. Haletant, une main pressée sur son ventre d'où le sang s'échappait, Yann réalisa qu'il venait de la tuer. La panique le submergea. Il se traîna vers la sortie, montant les escaliers un à un, et réussit à quitter la maison de l'enfer.
Lorsqu'il se retrouva à l'extérieur, l'air frais d'octobre lui brûla les poumons. Ses jambes tremblaient comme de la gelée ; cela faisait un an qu'il n'avait pas vraiment marché. Le monde extérieur le déstabilisait, le vertige lui embrasait le crâne. Chaque pas était un calvaire qui lui demandait un temps infini, mais la peur d'être rattrapé par Dave et Tommy le poussa à ramper et à se cacher dans l'ombre des ruelles.
Contre toute attente, il réussit à s'enfuir et à disparaître dans la ville sans être vu.
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Quelques jours plus tard, dans la grande maison blanche, la pénombre s'effaça pour laisser place au pire des cauchemars. Aurélie ouvrit les yeux. La tête lui tournait, lourde des drogues qu'on lui avait injectées. Elle paniqua instantanément en réalisant qu'elle était enfermée dans la pièce insalubre du sous-sol, là même où son frère Yann avait passé les derniers mois. Elle était encore vêtue de ses sous-vêtements de dentelle rouge d'il y a quelque jour, désormais froissés et tachés. Terrifiée, elle se jeta contre la porte de fer pour tenter de sortir, frappant le métal de ses poings. La porte s'ouvrit brusquement sur Marcus.
Aurélie recula d'un bond, son cœur cognant à se briser les côtes. Elle n'eut pas le temps de crier : le médecin lui asséna une gifle magistrale en pleine gueule. Le choc la projeta au sol, la tête percutant le ciment. Sans lui laisser le temps de reprendre ses esprits, Marcus se jeta sur elle comme un animal sauvage. Aurélie pleurait et criait, mais il s'en foutait complètement.
Profitant du fait qu'elle était complètement sous le choc et brisée par ce qu'elle venait d'apprendre sur son frère, il utilisa toute sa force physique pour la dominer. Il l'empoigna brutalement, la balança par terre sur le ciment froid et la coinça sous son poids. Chaque geste de Marcus était fait pour lui faire mal et pour détruire sa fierté.
La belle robe de chambre en soie rouge qu'elle avait mise pour lui faire plaisir se fit déchirer sans pitié, il détache sa ceinture d'une main, pendant que l'autre retint les mains d'Aurélie. Il se lécha la lèvre, il avait envi d'elle de cette façon. Sous les assauts violents et sans fin de Marcus, qui la prenait sans aucun consentement, Aurélie sentit sa tête décrocher. C'était tellement douloureux et horrible qu'elle arrêta de bouger et de se battre. Elle se laissa faire, le regard vide fixé sur le mur, attendant juste que ce calvaire se termine.
Lorsqu'il se redressa enfin et quitta la pièce en reverrouillant la porte, Aurélie resta roulée en boule sur le sol froid, le corps brisé, pleurant toutes les larmes de son corps. La honte et la souillure s'imprimèrent dans sa peau à chaque seconde. Aurélie réalisa que l'homme qu'elle aimait plus que tout venait de détruire sa vie pour de bon.
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Plus tard cette semaine-là, la nuit était d'un calme trompeur. Heaven dormait paisiblement dans son lit lorsqu'un léger grattement contre la vitre de sa fenêtre la fit sursauter. Elle se redressa, le cœur battant. Une silhouette se dessina derrière le verre, avant de glisser silencieusement à l'intérieur de sa chambre. C'était Yann.
Il s'était fraîchement rasé la barbe, s'était lavé, mais ses traits restaient creusés par l'épuisement.
- Yann...? Qu'est-ce que tu fais ici? Murmura Heaven, abasourdie, en se levant à la hâte.
- C'est compliqué, Heaven... Sa voix était rauque, fatiguée.
- Tu sais-tu ça fait combien de temps qu'on te cherche partout? Tout le monde est fou!
Yann fit un pas vers elle, ses yeux sombres plantés dans les siens.
- Tu me cherchais, toi aussi?
Heaven baissa les yeux, le visage rougissant dans la pénombre.
- Je...
- Écoute, je te promets de tout te raconter, mais pour l'instant, j'ai besoin de toi. Je veux que tu restes absolument discrète sur ma présence ici. Personne ne doit savoir.
Heaven fronça les sourcils, mêlant peur et curiosité.
- Pourquoi... Pourquoi moi, Yann? Pourquoi tu es venu ici?
Yann s'approcha encore, frôlant sa peau. Il s'assit confortablement avec elle sur le rebord du matelas, leurs genoux se frôlant dans la pénombre de la chambre. Dans l'intimité du silence, il prit une grande respiration et commença à déballer tout son sac. Il prit le temps de lui expliquer, minute par minute, le calvaire absolu qu'il avait vécu pendant cette longue année de séquestration.
- Heaven, tu n'as même pas idée... Murmura-t-il, la voix brisée et tremblante. Dave et Tommy, ce sont de vrais psychopathes. Les premiers mois, ils me laissaient crever de faim pendant des jours complets, attachés sur cette putain de chaise en bois, obligée de pisser et de chier sur moi-même.
Heaven l'écoutait sans dire un mot, ses mains plaquées de force sur sa bouche pour s'empêcher de hurler, ses yeux noirs exorbités par l'horreur pure.
Yann passa une main nerveuse sur son visage, le regard fixé sur le plancher, revivant chaque traumatisme :
- Tommy riait comme un malade en s'amusant à m'arracher les ongles des doigts avec des pinces rouillées. Quand je perdais connaissance à force d'avoir mal, Dave me balançait des chaudières d'eau glacée en pleine gueule pour me réveiller et recommencer. Ils s'amusaient à me faire des brûlures de cigarettes partout sur le torse et dans le dos juste pour passer le temps. Et quand ce n'était pas ça, ils me battaient à coups de barre de fer dans les côtes jusqu'à ce que je crache mes poumons et mon sang par terre. Mais le pire, Heaven... Le pire, c'est ce que Rebeka et sa gang m'ont fait endurer sur ce lit d'hôpital délavé. Ils m'injectaient de la drogue de force dans les veines pour me paralyser, et ils abusaient de mon corps à tour de rôle. Je n'avais même plus la force de crier non. J'étais juste leur jouet sexuel, un bout de viande qu'ils détruisaient chaque nuit pour le plaisir.
Des larmes de rage et de dégoût se mirent à couler le long des joues d'Heaven. Entendre ces détails crus et réels lui brisait le cœur en mille miettes, lui faisant réaliser à quel point le monde de la nuit était monstrueux et pervers.
- Oh..my..., c'est ...le docteur qui est derrière tout ça?
- Ouais... Et là, j'ai une peur bleue pour ma sœur.
- Je... Je sais même pas quoi dire, Yann... Murmura-t-elle, complètement bouleversée.
Yann ne répondit pas. Le besoin viscéral de ressentir la vie, de prouver qu’il respirait encore après avoir frôlé la mort d'aussi près, fut plus fort que toute raison. Il s’empara de son visage entre ses mains rêches, ses doigts s’ancrant dans ses cheveux bordeaux pour la coller à lui. Il l'embrassa fougueusement, ses lèvres écrasant les siennes avec une sauvagerie brute, sa langue forçant le passage pour envahir sa bouche.
- Yann... Tenta-t-elle de souffler, le souffle coupé par l’intensité de cette attaque sensorielle.
- Tais-toi... J'en ai besoin, Heaven. J'ai trop besoin de toi.
D’un geste lourd d’émotion, il la guida doucement sur les draps. Ses mains, encore tremblantes de l'adrénaline et du soulagement, s'aventurèrent sous son pyjama pour chercher la chaleur de sa peau, un contact vital qui l'ancrait enfin dans la réalité. Chaque caresse était empreinte d'une ardeur nouvelle, un mélange de désespoir passé et d'espoir retrouvé. Heaven arqua le dos, répondant à l'électricité qui émanait du corps tendu de Yann, leurs respirations s'accordant dans un rythme saccadé.
Yann se pencha au-dessus d'Heaven, plongeant son regard sombre directement dans le sien. Ses yeux descendirent lentement le long de son visage pour s'arrêter sur ses lèvres... Ces lèvres si douces auxquelles il avait eu le privilège de goûter lors de leur toute première nuit. Sans pouvoir résister une seconde de plus, il plaqua sa bouche contre la sienne. Les deux amants entremêlèrent leurs bras dans un élan passionné, et Yann s'empressa de glisser sa main sous la camisole de nuit d'Heaven.
Sa paume caressa la peau de la jeune fille, si chaude et si douce, qui contrastait drastiquement avec ses propres mains asséchées par son long calvaire.
Heaven, le souffle court, alors qu’un frisson parcourait tout son être. Elle entoura la nuque de Yann, approfondissant leur baiser pour se perdre dans la sensation de ses lèvres contre les siennes. L'alchimie entre eux était électrique.
Yann continua de parsemer sa peau de baisers légers, descendant le long de son cou avec une lenteur délicieuse. Chaque caresse, chaque effleurement semblait être une promesse. Lorsqu'il écarta doucement son short, Heaven ne chercha pas à freiner cet élan. Au contraire, elle se rapprocha de lui, cherchant la chaleur de son corps contre le sien.
Poussée par une envie soudaine d'être plus proche encore, elle prit l'initiative de renverser les rôles. D'un mouvement fluide, elle incita Yann à s'allonger pour pouvoir s'installer contre lui, dominant la scène un instant. Ses mains parcoururent le torse de Yann, s'attardant sur la boucle de sa ceinture et le tissu de son jean, impatiente de briser les dernières barrières qui les séparaient. Elle l’aida à se débarrasser de ses vêtements encombrants, admirant la force qui se dégageait de lui. Leurs corps se rejoignirent enfin dans une étreinte totale. Yann la ramena contre lui, la guidant avec tendresse sur le matelas. Le contact de leur peau, l'intimité de leurs respirations mêlées, tout convergeait vers ce moment de retrouvaille tant attendu.
Dans le silence, leurs murmures et leurs souffles saccadés témoignaient de l'intensité de leurs sentiments, jusqu'à ce qu'ils atteignent ensemble un sommet d'émotion et de complicité, se laissant porter par la vague finale de leur passion.
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Le lendemain matin, les rayons du soleil réveillèrent doucement la pièce. Yann, les yeux à peine ouverts, regarda Heaven qui s'activait devant son miroir pour se préparer.
- Tu es magnifique, Heaven... Lança-t-il d'une voix ensommeillée.
Elle rit nerveusement, un sourire timide aux lèvres.
- Tu t'en vas où comme ça, si tôt?
- L'école recommence aujourd'hui... Fit-elle en soupirant. C'est ma dernière année de secondaire.
Yann se redressa d'un coup sec dans le lit, fronçant les sourcils.
- Attends... J'ai manqué combien de temps exactement?
- Une méchante coupe de mois, Yann... Bon, allez, il va falloir que tu partes par où tu es venu. Ma mère va se réveiller, je m'en vais.
Plus tard en après-midi, Heaven sortit de son cours de mathématiques pour l'heure du dîner. En marchant vers le parc à proximité de l'école, elle aperçut Audrée qui l'attendait. Les deux amies se firent un long câlin serré avant de s'installer sur un banc pour discuter. Au milieu de la conversation, le téléphone d'Heaven vibra. Elle baissa les yeux et lut le texto secret de Yann :
** Salut. J'ai passé une super nuit... J'ai hâte de te revoir. Oublie pas... Chut. 🤫 **
Heaven ne put s'empêcher de sourire bêtement en fixant son écran, sous le regard intrigué d'Audrée.
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Pendant ce temps, dans la planque souterraine, la réalité d'Aurélie était atroce. Elle était étendue sur le matelas délavé, le corps entièrement couvert de bleus violacés et de morsures sanglantes. Elle était d'une pâleur effrayante, les yeux vides, totalement droguée par les substances que Marcus lui injectait pour la garder soumise. La porte s'ouvrit sur Marcus et son fils aîné, Dave. Sans la moindre once d'humanité, les deux monstres s'approchèrent du lit et se mirent à la violer à tour de rôle. Aurélie ne réagissait même plus, son esprit ayant quitté son corps pour ne plus ressentir la douleur.
Le soir venu, le calme était revenu dans le grand salon de Marcus. Le médecin était assis dans son fauteuil, entouré de ses deux fils, Dave et Tommy. La tension était palpable.
- On fait quoi pour Yann? Lança Dave en croisant ses bras massifs et tatoués. Il est en cavale en ville, et s'il va voir la police, il va parler.
Tommy, la barbiche soignée et le sourire vicieux, fit craquer les articulations de ses doigts :
- J'peux le trouver dans les rues et lui régler son compte une fois pour toutes?
Marcus leva une main pour les calmer, le visage de marbre.
- Cela ne sera pas nécessaire pour l'instant. Avec les blessures qu'il a, il ne pourra pas rester caché bien longtemps. On finira par le repérer.
- Et pour... Rebeka? Demanda Dave d'une voix basse. On fait quoi de son corps?
Marcus tourna un regard froid vers son plus jeune fils.
- Tommy... Tu t'en charges. Fais-la disparaître pour de bon.
Plus tard la nuit, Marcus s'enferma seul dans son bureau privé. À l'abri des regards de ses fils, les larmes se mirent à couler le long de ses joues. La perte de sa fille unique le brisait de l'intérieur, transformant son deuil en une folie meurtrière. Il serra les poings à s'en blanchir les jointures, fixant le vide :
- Tu vas me payer ça, Yann Dickson... Tu m'as arraché ma fille, et moi, je jure que je vais t'arracher ta propre vie, celle de tes sœurs et de toute ta famille!
Le lendemain, Audrée marchait sur le trottoir lorsqu'elle reçut un message texte provenant du numéro d'Aurélie. Elle s'arrêta pour le lire :
** Salut ! Je tenais à te dire que Marcus et moi, c'est terminé... J'ai besoin de temps pour digérer tout ça, alors je quitte la ville pour un bout. Prends soin de toi. Audrée, fume-t-en une bonne pour moi... -xox- **
Audrée ressentit un pincement au cœur, un peu triste de voir sa sœur s'isoler ainsi, mais ignorait complètement que ce message avait été tapé par Marcus lui-même.
Elle lui répondit rapidement :
** Prends soin de toi et occupe-tot de toi surtout. On se reparle. **
Elle rangea son cell et alluma une cigarette.
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Les semaines passèrent. Heaven s'était prit une petite job de barista dans un café branché du centre-ville. Vêtue de son tablier réglementaire, elle s'activait à servir des tasses de café à des clients installés près de la vitrine.
En essuyant le comptoir, elle jeta un coup d'œil par la fenêtre et son cœur rata un battement : de l'autre côté de la rue, dissimulé sous sa veste, Yann se tenait là, immobile, à l'observer intensément à travers la vitre.
Le soir venu, la nuit était tombée lorsqu'Heaven quitta son service. Elle commença à marcher à pied sur le trottoir désert pour rentrer chez elle. Soudain, une main l'attrapa doucement par le bras. C'était Yann.
Ils marchèrent côte à côte en silence pendant quelques minutes, s'éloignant des regards pour s'arrêter sous les structures massives d'un pont de fer en bordure de la rivière. Yann semblait bizarre, agité, le regard fuyant. Sans crier gare, il attrapa Heaven par la taille, la colla contre son torse et l'embrassa avec une passion dévorante.
Heaven participa au baiser, encerclant son cou, avant de reculer doucement pour le regarder, le souffle court.
- Yann... qu'est-ce qui se passe?
- Je...
Yann se retourna brusquement, lui tournant le dos, passant ses mains dans ses cheveux. Heaven s'approcha doucement de lui, posant une main sur son épaule.
- Yann, qu'est-ce qui t'arrive à la fin? Dis-moi.
- J'ai trop envie de toi, Heaven... C'est plus fort que moi. Murmura-t-il, les épaules secouées par une tension interne.
Heaven laissa échapper un léger rire nerveux. Yann se retourna face à elle, le visage dur, les yeux brillants de détresse.
- Heaven! Je dois t'avouer quelque chose de terrible.
Elle le regarda, totalement confuse et inquiète.
- Je me suis fait poignarder par Rebeka le jour de ma fuite...
- Rebeka... Ton ex? Attends, quoi?! S'exclama Heaven, les yeux ronds.
- Je me suis recousu la peau moi-même dans ma cachette... Mais... C'est pas le pire, Heaven.
- Je comprends rien, Yann, explique-moi!
Yann prit une immense inspiration, lâchant la bombe qui le hantait :
- J'ai tué Rebeka. De mes propres mains.
Un silence de mort s'installa sous le pont. Heaven le fixa droit dans les yeux, pétrifiée par la révélation.
- Yann...
- Ce n'est pas une blague, Heaven. C'est la vérité. Je suis un meurtrier. Je suis désolé...
Heaven le regarda. Au lieu de fuir, elle vit en lui toute la détresse d'un survivant. Portée par son propre instinct et son attirance dévorante pour le danger, elle se mit sur la pointe des pieds, attrapa le col de sa veste et écrasa ses lèvres contre les siennes. Yann parut totalement surpris par sa réaction, mais répondit au baiser sans la moindre hésitation, l'enlaçant avec force.
Ils retournèrent ensemble chez Heaven. Elle prit le temps de soigner sa cicatrice mal refermée sur son ventre, désinfectant la plaie avec douceur avant qu'ils ne se laissent emporter par le désir. Ils firent l'amour d’une façon incroyablement charnelle, passionnée et brute, s'abandonnant l'un à l'autre au milieu des secrets de la nuit.
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Le lendemain matin, ils dormaient encore collés l'un contre l'autre lorsque de grands coups violents retentirent contre la porte de la chambre. La voix d'Audrée résonna de l'autre côté :
- HEAVEN... ALLO? RÉVEILLE-TOI! POURQUOI LA PORTE EST BARRÉE?
Heaven se réveilla en sursaut, la panique lui montant à la gorge. Elle secoua le bras de Yann.
- Yann... Yann. Réveille-toi! Audrée est là!
- Fuuuuuck! Jura Yann en bondissant hors du lit.
Entièrement nu, affichant sa musculature et ses tatouages, il attrapa ses vêtements à la hâte et sauta prestement par la fenêtre pour s'éclipser dans la ruelle. Heaven prit une grande inspiration, passa une main dans ses cheveux ébouriffés et alla ouvrir la porte, vêtue uniquement de ses sous-vêtements.
Audrée entra dans la pièce comme une tempête, mais s'arrêta net. Ses yeux se fixèrent immédiatement sur le cou et la poitrine d'Heaven, parsemés de succions rouges et violacées bien fraîches.
- Coudon... Il y va fort, ce Christian, ces temps-ci! Lança Audrée avec un sourire en coin malicieux.
- Quoi? Bafouilla Heaven, prise de court.
- C'est-tu un sado ou quoi? t'as le cou complètement détruit!
- Oh... euh... ninnnnon... Je... C'est pas ça... Se défendit Heaven, le visage rouge de honte.
Audrée éclata de rire, lui donnant une tape amicale sur l'épaule.
- Hahaha, relaxe ma belle! J'adore me faire mordre moi aussi, je te comprends tellement!
- Hahaha... ouais... Força Heaven, poussant un soupir de soulagement en réalisant qu'Audrée pensait que ces marques venaient de son beau-père.
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Plus tard cette semaine-là, Yann était de retour dans son petit appartement secret. Vêtu uniquement d'un pantalon noir, le torse nu révélant sa cicatrice au ventre, il fixait son téléphone cellulaire. Inquiet, il tapa un message destiné à sa sœur :
** Coucou soeurette, je suis de retour en ville... J'aimerais vraiment te voir, tu me manques. Réponds-moi. **
Il attendit de longues minutes, assis sur son divan, mais aucune réponse ne vint. L'écran resta désespérément noir. Yann commença à trouver la situation hautement pernicieuse. Pour tenter de se vider l'esprit, il alla sauter sous une douche chaude, laissant l'eau couler sur son visage.
Lorsqu'il sortit enfin, une serviette nouée autour de la taille, son mauvais pressentiment avait doublé de volume. Il reprit son téléphone et texta Heaven :
** Salut... J'aimerais te voir ce soir. J'ai besoin de décompresser... J'ai un méchant mauvais feeling pour Aurélie. Quelque chose cloche. **
Il s'habilla rapidement, enfila sa veste et sortit dans la fraîcheur de la nuit d'automne.
Quelques minutes plus tard, sa silhouette se dessinait sur le trottoir d'en face, les yeux fixés sur les fenêtres de la maison d'Heaven.
« Vous me voyez planté là, seul devant cette maison... Mon cœur m'as conduit ici, au milieu de la nuit. J'ai un besoin dévorant d'elle... Et je sais, au fond de mes tripes, qu'elle aussi aura bientôt besoin de moi ! »









This is exasperating, when Yann was able to flee his sister got caught 😭 and the text message he sent Aurelie is a bad move for Marcus could easily know now where he is maybe 😭noooo