Chapter 1 : Boston
En cette agréable journée en plein mois de juin, le jeune Michael, de son nom complet « Michael Smith », venait de finir sa dernière année dans son collège à Boston. Il a fini son année scolaire comme premier de sa classe, mais pour autant cela ne le préoccupait guère. Michael est un jeune orphelin joyeux et joueur qui vit depuis treize ans dans son vieil orphelinat de Boston , situé au 842 Beacon Street .Tous les jours, depuis treize ans, il a vu les mêmes têtes, les mêmes murs fissurés, les mêmes pièces qui sentent le renfermé et les mêmes recoins sombres qui ne voient la lumière du jour que dix fois par an.
Dans cet orphelinat, à part sa tutrice Élisabeth Wilson, une femme d'une cinquantaine d'années , personne d'autre ne l'apprécie. Michael la considère comme sa mère adoptive. Lorsqu'il était enfant, il passait tout son temps collé à elle et ne voulait pas la lâcher. Elle est la seule personne à qui il ose confier ses secrets, ses peurs, ses hontes et ses amours. Elle a envers lui un amour presque maternel, elle le traite comme son enfant. Elle le gâte constamment, chose qu'elle ne fait presque jamais avec les autres enfants.
À l'école, malgré son caractère positif et joyeux Michael n'a aucun ami, il n'en a jamais eu. Tous les gens de son âge le considèrent comme une personne étrange. Tout le monde le fuit comme la peste ; à la cantine, la table de Michael restait toujours vide, un cercle invisible que personne ne franchissait. Un jour, Michael a voulu briser cette solitude sur le conseil d'Élisabeth. Il a voulu aller parler à des gens pour la première fois. Il partit voir un groupe de quatre filles pendant la récréation.
— Salut ! dit Michael, un peu stressé. Est-ce que je peux jouer avec vous ?
Les filles le regardèrent de haut en bas avec mépris.
— Non merci, t'es trop bizarre ! lui répondit une des filles.
Puis, toutes sont parties en ricanant. Michael avait l'habitude de cette solitude et des moqueries,mais là il sentit son cœur se déchirer et les larmes monter. Michael s'était habitué à cette solitude sociale. Pour lui, tant qu'il avait Élisabeth, tout allait bien dans sa vie, peu importe le reste.
Michael n'est ni spécialement laid, ni spécialement beau. C'est un gaillard d'un mètre soixante-quinze , un teint métis bien loin des stéréotypes de beau garçon d'un mètre quatre-vingts, musclé, qui conduit une voiture de marque et qui a des parents riches. Michael lui n'a jamais connu ses parents. Élisabeth lui a toujours dit qu'elle l'avait trouvé il y a treize ans à côté de l'orphelinat, quand elle était sortie pour jeter les poubelles. Elle l'a trouvé dans une boîte à chaussures devant la porte de l'orphelinat, elle l'a pris et elle l'a emmené à l'intérieur de l'orphelinat. Pour Michael, à chaque fois qu'elle lui raconte ça, il s'en moque : pour lui, c'est elle sa famille, et personne d'autre.
À l'orphelinat, sa situation n'est pas mieux qu'à l'école avec les autres enfants. À la seule différence que, à l'orphelinat, on ne fait pas comme s'il n'existait pas, mais juste, les enfants ne lui adressent pas la parole. Ils sont au total dix enfants à l'orphelinat : Michael, Andrew , les jumelles Brown ,Marie , Emma, Freddy, Alexandre, Louise, Pablo , Clara . Ils ont tous l'habitude de jouer ensemble, mais dès que Michael essaye de se joindre à eux, soit ils arrêtent de jouer, soit ils lui demandent de partir. Un jour , alors que les jumelles Brown jouaient aux cartes ensemble Michael entra dans la pièce elles ramassèrent leurs cartes et qui quittèrent la pièce, les deux autres tutrice : Madame Johnson et Madame Williams quant à elles l'évitent, car lorsque Michael avait quatre ans alors qu'il courait dans les couloirs il pointa Madame Williams du doigts et elle fut mystérieusement projetée au sol, depuis ce jour les deux femmes ont peur de lui elles partageaient à Élisabeth leurs envies que Michael parte dans un autre orphelinat, ce que Élisabeth refusée . Michael a l'habitude d'être mis à l'écart dans l'orphelinat , ce qui fait qu'il passe la plupart du temps dans sa chambre sur son ordinateur qu'il avait acheté à une brocante de fin d'année il y a un an.
Le lendemain de la fin des cours, après avoir bien sûr fêté ses résultats scolaires la veille avec Élisabeth, Michael décida d'aller passer un peu de temps en ville et de se balader dans Boston. À huit heures du matin, alors que les autres enfants dormaient encore, Michael se réveilla en avance. Il se prépara. Une fois prêt, vers les environs de huit heures quinze, il ouvrit la porte de son dortoir et s'apprêtait à franchir la porte d'entrée pour sortir.
— Je peux savoir où tu vas, jeune homme ? dit une femme derrière lui, alors qu'il s'apprêtait à mettre le pied en dehors de la porte.
Michael se retourna. C'était Élisabeth qui était en train de faire le ménage.
— Je vais faire un tour en ville, répondit Michael, un peu stressé.
— Tout seul à cette heure-ci ? répondit Élisabeth en pointant de la tête l'horloge qui était à côté sur le mur, qui affichait huit heures dix-sept.
Michael ne savait pas quoi répondre. Il restait là, figé devant la porte en train de la regarder. Élisabeth s'avança, lui glissa dans la poche de son pantalon cent dollars et lui chuchota à l'oreille :
— Fais attention à toi, et tu rentres avant dix-huit heures.
Michael lui fit un câlin et répondit avec joie :
— Oui !
Puis il se précipita dehors.
Quatre heures s'étaient passées depuis qu'il était sorti de l'orphelinat. Michael avait pris le bus pour se rendre dans des endroits éloignés de l'orphelinat. En quatre heures, il s'était rendu à différents parcs publics comme le Boston Common et le Charles River Esplanade. Il passa également devant plusieurs musées
Vers les environs de midi et quart Michael fut pris d'un petit creux. Il demanda à un passant :
— Excusez-moi monsieur, est-ce que vous connaîtriez un endroit proche dans les environs pour manger quelque chose ?
Le passant lui répondit qu'il y avait un Starbucks Coffee dans les environs et il lui indiqua l'adresse :
— C'est au 185 Dartmouth St, Boston, petit.
Michael s'empressa d'écrire l'adresse sur le GPS de son téléphone.
— Merci beaucoup. Passez une bonne journée, monsieur ! lança Michael au monsieur en s'éloignant.
Il entra dans le Starbucks. Il aurait pensé que le Starbucks serait rempli vu qu'il est midi, mais le Starbucks est presque vide. Les seules personnes qu'il voit, ce sont les caissiers, les cuisiniers, lui et cinq hommes habillés en noir sur la table à côté du comptoir. Il trouve ça étrange, mais il ne s'attarde pas dessus. Il s'avance devant le comptoir et passe sa commande :
— Bonjour ! Je voudrais commander un sandwich au poulet, un beignet au chocolat
et un chocolat chaud, s'il vous plaît.
— Bonjour ! Ce sera tout ? lui répondit le caissier.
— Oui ! répondit Michael, un grand sourire aux lèvres.
— Ce sera prêt dans sept minutes, lui lança le serveur.
Michael acquiesça de la tête avec satisfaction.
— Bonjour ! s'exclama une voix à côté de Michael, qui le fit sursauter.
Michael se tourna à sa droite et vit une femme blonde avec de longs cheveux blancs coiffés en boucles souples, un visage ovale avec des traits fins. Elle était bien plus petite que lui à l'œil nu, et elle ne devait pas faire plus d'un mètre cinquante-deux.
— Bonjour ! Que désirez-vous ? répondit le caissier en se déplaçant vers elle.
— Je désire un expresso s'il vous plaît, ce sera tout. répondit la dame.
— D'accord, dit le caissier.
— J'ai quelque chose sur la figure qui vous attire, monsieur Smith ? dit-elle en regardant Michael droit dans les yeux.
— Euh, je... attendez... comment connaissez-vous mon nom ? répondit Michael, totalement surpris et déstabilisé que cette inconnue connaisse son nom.
— Tu as bien grandi depuis la dernière fois que je t'ai vu, répondit la dame, amusée par la réaction de Michael.
— Vous êtes qui ? Je ne vous connais pas, répondit Michael, toujours aussi déstabilisé.
— Quelle impolitesse, j'ai oublié de me présenter. Je m'appelle Emma Carter, dit-elle avec un sourire aux lèvres.
Michael la regarda dans les yeux. Il était toujours légèrement surpris qu'elle connaisse son nom, mais il n'était plus déstabilisé. Pour ne pas donner l'impression d'être intimidé, il relança rapidement la conversation :
— D'accord ! Mais ça ne répond pas à ma question : comment connaissez-vous mon prénom ? lança Michael en essayant de planter son regard dans le sien, le dos bien droit.
— Oh ! Le petit garçon se sent poussé des ailes on dirait. Dites-moi, monsieur Smith, à l'œil nu comme ça, vous faites maximum treize ans. Vous osez parler comme ça à votre aînée de vingt-neuf ans ? dit-elle, visiblement amusée, en esquissant un énorme sourire.
Michael esquissa un demi-sourire provocateur que seule Élisabeth lui connaît, balayant sa timidité.
— vingt-neuf ans ? J'aurais pensé trente-sept vu les rides au niveau des yeux, répliqua-t-il d'un ton parfaitement calme.
— Cough-cough ! entendit Michael venant de derrière lui.
Il se tourna et vit que les hommes derrière lui, qui buvaient leur café il y a encore dix secondes, étaient à présent en train de le regarder avec un regard sérieux.
— Vous, retournez à votre café ! s'exclama Emma en pointant du doigt les cinq hommes.
— Oui, madame, répondirent-ils.
Michael se tourna vers Emma, totalement confus :
— Vous les connaissez ? lui demanda-t-il.
— Disons que nous sommes collègues de travail, répondit-elle.
—Ça veut dire que je suis vieille selon toi ? enchaîna-t-elle.
— Euh, non... comment expliquer ça... ça veut dire que vous êtes une femme mature, dotée d'une grande sagesse en ce qui concerne les expériences de la vie, répondit Michael avec un sourire aux lèvres pour cacher qu'il commençait à stresser.
— Tenez monsieur, voilà votre commande ! lança le serveur qui venait de poser la commande de Michael sur le comptoir.
— Euh, je voudrais le prendre à emporter s'il vous plaît, lui dit Michael.
Le serveur acquiesça de la tête et mit la commande de Michael dans un sac en papier puis lui tendit le sac. Michael attrapa le sac, avança de trois pas vers la porte d'entrée, puis s'arrêta. Il se tourna vers la dame et lui lança de manière provocatrice, avec un sourire d'enfant innocent :
— Heureux de vous avoir rencontrée, madame... ou monsieur... vu qu'il y a également la petite moustache à prendre en compte.
— Espèce de petit insolent ! répliqua Emma, les yeux grands ouverts, en faisant semblant d'être offensée.
—Nous nous reverrons très bientôt, petit insolent, sois-en certain, enchaîna-t-elle.
Michael sortit du café, encore un peu ahuri de ce qu'il s'était passé dans le Starbucks. Une montagne de questions jaillit dans son esprit :
— Elle n'a pas répondu à ma question : comment ça se fait qu'elle connaisse mon nom ? Qui étaient ces hommes ? Pourquoi lui obéissent-ils ? Pourquoi m'a-t-elle dit qu'on se reverrait ?
Michael fut tellement absorbé dans son esprit à se poser des questions pour comprendre le pourquoi du comment qu'il n'a pas réalisé qu'il avait déjà parcouru quatre-vingts mètres depuis qu'il avait franchi la porte du Starbucks.
— Excuse-moi petit ! Tu n'aurais pas quelque chose à manger ?
Michael sursauta, totalement surpris, car il n'avait pas fait attention à son environnement tellement de nombreuses questions étaient en train de surgir dans son esprit. Michael se tourna à sa gauche et vit un sans-abri assis par terre. Il fut pris d'une immense compassion.
— Attendez, dit-il en fouillant dans son sac Starbucks.
Il sortit son sandwich et le donna à l'homme avant de lui souhaiter une bonne journée et de partir prendre son bus.
Vers les environs de treize heures quarante , Michael sortit du bus et marcha en direction de l'orphelinat. Il était à peine quatorze heures. Même si Élisabeth lui avait permis de rester dehors jusqu'à dix-huit heures, Michael décida de rentrer avant, se sentant lassé après seulement moins de cinq heures trente au total. Sur les cent dollars que lui avait donnés Élisabeth, il en avait dépensé quatre-vingt . Avant de prendre son bus pour rentrer à l'orphelinat, Michael s'était empressé de partir au magasin pour rapidement acheter un bouquet de fleurs pour Élisabeth, dans le but de lui faire une surprise.
Sur le chemin du retour, alors qu'il était à deux pâtés de maisons de l'orphelinat, il commença à voir une foule qui s'était agglutinée devant l'établissement et qui était bloquée par les barrières de police. Il commençait également à entendre des sirènes de voitures de police. Michael commença à sentir le stress l'envahir, son cœur commençait à battre à deux mille à l'heure. Michael laissa tomber son bouquet et se mit à courir vers l'orphelinat. Il savait très bien que les policiers ne le laisseraient pas traverser la barrière, alors il décida qu'il allait la sauter et rentrer dans le bâtiment.
Une fois arrivé au niveau de la foule, il commença à pousser tout le monde pour se frayer un chemin et il sauta la barrière. Les policiers et la foule ont commencé à crier :
— Viens ici, petit ! Ne rentre pas là-dedans !!!! lui lança un policier paniqué.
Lorsqu'il arriva au niveau de la porte, tous les policiers se sont mis à courir derrière lui pour le rattraper et l'empêcher de rentrer dans le bâtiment, mais Michael fut plus rapide qu'eux et pénétra dans le bâtiment. À peine rentré dans l'orphelinat, il se précipita dans le salon. Il traversa en courant le couloir. Ce couloir qu'il avait connu gris avec des fissures et qui sentait la poussière pendant treize ans se retrouvait maintenant peint de sang, avec de longues et profondes fissures, comme si une bête avec de longues griffes avait frappé le mur. Avec le stress, il ne perdit pas de temps à se demander qui avait pu faire ça : il tourna à droite du couloir.
— Élisabeth, je...
Michael n'eut point le temps de finir sa phrase qu'il était face à une véritable vision d'horreur : Andrew , les jumelles Brown ,Marie , Emma, Freddy, Alexandre, Louise, Pablo , Clara , Madame Williams et Madame Johnson ,tous étaient réunis dans le salon morts, leurs corps éparpillés dans la pièce .
Michael commença à suffoquer et à sentir son cœur se déchirer dans sa poitrine.
— Éli... Élis... Élisabeth ? dit-il en essayant de l'appeler.
Mais sa voix était à peine audible tant il essayait de reprendre son souffle, qui s'était coupé sous le coup de l'émotion. Les jambes de Michael cédèrent et il tomba au sol, à genoux.
C'est à ce moment-là que les policiers arrivèrent dans la salle. L'un d'entre eux s'avança vers Michael pour le prendre et le ramener dehors, mais avant même qu'il ne le touche, les policiers commencèrent à entendre des bruits de craquement dans la maison. Tous se tournèrent vers Michael et virent des fissures commencer à s'ouvrir sous ses pieds. Avant même qu'ils ne comprennent ce qu'il se passait, tous furent propulsés en arrière par une force invisible, comme s'ils s'étaient heurtés à un mur invisible.
À l'extérieur, les gens commencèrent à voir des failles s'ouvrir sous le sol de l'orphelinat et se propager tout autour de la zone. Tout le monde commença à être pris de panique et à s'enfuir. Au centre de ce chaos, le cœur brisé et endeuillé, Michael s'effondra face contre terre et perdit connaissance.








