Chapter 1
Hope ur ok- Olivia Rodrigo
Marchant dans les rues parsemés de neige, j’essaie de mettre de coté mes orteils engourdis. En plus d’etre la dernière de l’année, cette journée est aussi la plus froide. C’est pour cette raison que je force sur mes jambes et accélèrent encore le pas jusque chez Giulia, une de mes meilleurs amies.
Quand j’aperçois enfin la porte vert foncé, un soupir de soulagement franchi mes lèvres.
J’entre sans prendre la peine de toquer.
Milla est dans le salon. Elle soupire en essayant de brancher son téléphone à la batterie capricieuse.
Sans la prévenir, je lui étreins le dos.
Coucou El ! Elle lance joyeusement.
Salut !
Elle tourne la tête et m’adresse un sourire, toujours en guerre contre son portable. Puis elle me crie quand je m’éloigne :
Les filles sont à l’étage !
Je traverse le couloir, attrape une pomme dans la panière et suit la direction indiqué par Milla.
Au fur et à mesure de mes pas, j’entends des voix en haut.
Giulia ! C’est notre dernière soirée de l’année, tu peux pas porter ça !
Ca, c’est Ginny.
Déjà, merci, et cette robe est magnifique.
Un sourire m’échappe. Giulia s’habille tout les jours comme dans un défilé de mode. Ginny veut surement qu’elle porte quelque chose de plus sexy.
Le bruit caractéristique de son placard qui s’ouvrent résonne.
Et en plus, on a une soirée prévu la semaine prochaine, Ninny !
Mais on sera en 2027 !
C’est ce moment que je choisi pour passer le pas de la porte.
Saluuuut ! Couinent-elles en coeur.
Je lève la main, observant la scène.
Qu’est-che qu’il che pache ? Je demande en croquant dans ma pomme.
Ginny arrache le ceintre des mains de Giulia avec un sourire.
Juju veut porter cette robe pour la soirée !
Le vêtement qu’elle tient tient est magnifique. Il est chic et cette couleur lui va particulièrement bien.
Parfait !
J’en rajoute une couche juste pour faire rager Ginny.
Milla lève la main, l’air de dire « Voilà ! » et la rousse se jette sur le lit en lachant un cri de frustration.
Ginny est notre drama-queen officielle. À neuf ans déjà, elle hurlait à la mort quand la prof ne voulait pas qu’on se mette a coté l’une de l’autre.
Pendant qu’elle se roule pratiquement sur les draps, je jette un oeil à la penderie de mon amie.
Au bout de quelques minutes, je déniche une robe vert foret courte et moulante mais qui semble assez habillée pour Giulia. Elle devrait surement convenir aux exigences de Ginny. De l’extérieur, son comportement pourrait paraitre énervant. Mais nous avons toutes appris que l’un de ses love langage s’est de s’assurer qu’on soit les plus belles possibles. Elle dit souvent que c’est le pourcentage de superficialité qu’elle à hérité de sa mère.
Elle est géniale !
Ginny a pratiquement hurlé.
Pourquoi tu ne me l’as pas montré , elle demande à Milla.
Elle hausse les épaules.
Je l’avais oublié.
Elle te va ?
Leur voix deviennent un écho quand je quitte la chambre et croise Milla dans l’escalier. Une fois en bas, je récupère mon sac. Avant de remonter, je ne peux empêcher mes yeux de détailler avidement chaque portrait de famille. Un pincement de jalousie me serre le ventre. Je le chasse avant de m’engager dans le couloir.
Les filles sont en train de se maquiller.
Milla porte un haut bandeau rose pale à dentelle et une jupe satiné assortie. Une tenue plutôt estivale pour un soir de décembre, mais elle attrape un pull de la même couleur dans le placard de notre hôte, tout en appliquant du blush sur les joues de Ginny. Celle-ci à revetu une jupe noir à paillette et un haut drapé de la même couleur et matière. Elle essaye d’enfiler ses bottes à talons tout en gardant le visage droit pour ne pas ruiner son maquillage.
Lili ? Tu veux bien m’aider ?
Giulia m’indique la fermeture éclair dans son dos.
Qu’est-ce que tu met, toi ? Me demande Milla en soufflant sur l’eye-liner de la rousse qu’elle maquille.
J’en profite pour sortir ma tenue de mon sac. Le pantalon en dentelle noir- heureusement doublé de tissu de mi cuisse à mes hanches- atterrit en boule aux pieds de la blonde pour qu’elle puisse l’observer, suivi de près par mon haut manche longue bordeaux qui remonte si haut sur mon ventre que j’ai hésité à le prendre.
Dans mon sac, mon téléphone vibre. plusieurs notifications de ma mère m’attendent.
Ma mère m’a mis un couvre-feu à minuit et demi.
A ton grand age ? M’interroge Giulia.
J’aquiesce.
Sérieux, t’as dix-neuf ans, El ! Les règles, c’est toi qui les fixent.
Je ne peux m’empêchèrent de lever les yeux au ciel. Malgré ses parents strictes, Ginny n’a jamais réussi à suivre une consigne et toutes les punitions du monde-même les pires- ne l’ont empêchés de recommencer.
Dis celle qui n’a jamais obéis de sa vie.
Les filles rient et ça met fin à notre conversation.
Sans que je ne le voit venir, une boule de tissu me heurte le visage.
Je reconnait mes vêtements, éparpillés sur le plancher.
Excuse-moi !
Giulia a vraiment l’air désolé.
Je hausse les épaules.
Au fait, tenue validé.
Parfait.
Je pars l’enfiler dans la salle de bain.
Dans le miroir, je m’assure que les ouvertures sur mes cotes ne laissent pas apercevoir mes cicatrices et j’ajuste mon pantalon.
Quand j’ai appliqué mon combo lèvres et que nous avons récupérer nos affaires, nous quittons la maison pour nous réfugier dans la voiture de Milla.
On va où ?
Chez Luigi’s ! Il fait les meilleures pizzas.
C’est notre rituel. Avant chaque soirée, on va chercher un plat à emporter et on déguste le tout dans la vieille décapotable de Milla.
La route se fait sous du Britney Spears et The Neighbourhood. Quand on arrive devant la borne de la pizzeria, on baisse le son et la voix d’Olivia Rodrigo s’atténue.
Une fois nos mets embarqués, on se gare au milieu du parking désert. Milla ouvre le toit.
On regarde les flocons légers fondre sur les sièges en cuir en discutant de l’année passée. La nostalgie creuse un trou dans ma poitrine. C’était ma meilleur année. Mais les choses s’annonce moins joyeuses avec les allers-retours au tribunal.
Avec un peu de chance, ce seront nos dernières entrevues avant la case prison.
Cette idée me donne du courage et je termine la pepperoni en riant aux plaisanteries de Ginny.
Une fois nos ventres pleins, on reprend la route jusqu’à la maison de Sax, un de nos amis.
On s’arrete devant chez Rayan et nous nous serrons pour accueillir sa grande carcasse de footballeur dans la petite voiture. Il salut tout le monde et adresse un grand sourire à Milla.
Après quinze minutes harassantes à l’entendre chanter tout le répertoire à tue-tête, on sors tous de notre carrosse et Rayan nous ouvre la porte de l’immense baraque avec une révérence.
Soudain, Ginny nous entraine toutes à l’intérieur.
Arrête de faire ta rabat-joie ! Me gronde gentiment Ginny.
Il semblerait que ma meilleur amie n’affectionne pas mon couvre- feu.
Ses cheveux roux brillent sous l’éclairage de la salle de bain tandis qu’elle applique une nouvelle couche de mascara sur ses cils.
Bon, très bien ! J’abdique. Mais j’envoie un message à ma mère.
Le sourire ravie qu’elle m’offre tandis que j’attrape mon téléphone se communique à mes lèvres sans mon consentement.
N’ai pas l’air aussi satisfaite !
Je ne retiens pas ma joie et attrape mon rouge à lèvres.
Mais je suis satisfaite.
Puis elle m’ébouriffe les cheveux en riant.
Elise, Ginny ! Vous êtes là ?
Milla a passé sa tête dans l’entrebâillement de la porte.
Ca fait une éternité que je vous cherche ! c’est bientôt l’heure.
Elle nous aide à remballer nos trousses de maquillage et nous quittons la salle de bain bras-dessus, bras-dessous avec notre blonde préférée.
En bas, l’énergie est électrique. Des gobelets trainent sur chaque table et des premières années s’amusent à avaler le plus de bière possible. Je lève les yeux au ciel.
Moi qui pensais que ce genre de comportement restaient au lycée.
Une main attrape soudain mon bras et je me tourne vivement. Giulia nous guide toutes sur la terrasse. Avec ses yeux aussi sombres que ses cheveux et sa peau dorée, Giulia a de toute évidence boycotté ses origines françaises et pris chacune des gènes italiennes de son père. Elle possède une de ces beautés douces qui vous tirent un sourire.
Une fois arrivées sur la plateforme bondé qui borde la piscine, nous retirons nos talons et dansons jusqu’a en avoir mal aux pieds. Je ris avec Zion. Danse un slow avec Milla. J’oublie même que je désobéis à ma mère et que l’heure de mon couvre feu doit être proche à présent.
Je m’aperçois à peine du monde qui nous à rejoins dehors. Nous arrêtons tous de danser et je jette un oeil à mon portable.
23:59.
Pile à l’heure.
10,9,8…
On crie tous si fort que j’entends à peine le son de ma voix.
Les filles affichent un sourire ravi.
3,2…
1 !
Mon téléphone affiche maintenant 0:00.
Bonne annéeeee ! Me hurle Ginny en me sautant au cou.
Je m’asphyxie presque dans son cou tant elle me serre fort.
Pour cette nouvelle année, je te souhaite que tout se termine enfin, elle souffle dans mon oreille.
Cette simple phrase me serre le coeur.
Je ne crois pas que ça se finira un jour.
Elle me regarde un instant avec d’enfouir encore sa tête dans mon cou, et de me serrer avec tout l’amour qu’elle a.
Soudain, un corps percute mon dos. Un sourire étire mes lèvres. Milla s’est jointe à notre étreinte. Bientôt, tout notre petit groupe s’enlace en hurlant des « bonne année ! » plus ou moins fort.
Un sourire aux lèvres, j’observe Rayan porter Milla. Il la regarde comme une déesse.
Milla, elle, a l’air simplement heureuse d’être dans ses bras.
Nous dansons et rions sous les feux d’artifice qui explosent dans le ciel.
Lili, ton portable sonne, me prévient Giulia.
Je me tourne vers elle et l’enlace comme je n’en ai pas encore eu l’occasion.
Je t’aime, mon italienne préférée !
Bonne année !
Notre câlin est interrompu par une seconde vibration de mon téléphone. Je jette un coup d’oeil dessus. Une photo de ma mère et moi est affiché sur mon portable et son nom défile sur l’écran. J’ignore son appel.
2:12
J’ai amplement dépassé mon couvre-feu. Ça ne m’empêche pas de danser encore.
Je laisse la musique me guider et bouge mon corps sous la lumière colorée.
J’essaye de chasser le mauvais pressentiment qui enfle soudainement sous ma peau. D’ignorer l’odeur de fumée qui me chatouille les narines.
Ce n’est probablement rien. Des idiots on du faire flamber quelques branches.
Une sirène sonne au loin.
Ginny m’apporte un shot.
Des lumière rouges clignotent contre la façade de la maison.
Je l’avale d’une traite.
Un camion de pompier passe devant le portail.
Nous rions toutes.
Eh, mais il y a le feu !
Saxon, notre hôte et ami, indique un lotissement en contrebas de la colline. Nous cessons soudain de rire. Quelque chose cloche, mais le déclic ne se fait pas sous mon crâne. Milla se tourne vers moi.
Ce serait pas…
Sa putain de maison ! s’exclame Gulia.
Clic.
Je n’attrape même pas mon sac et m’élance jusqu’au portail. Je ne sens même pas le goudron sous mes pieds. Je ne vois même pas les filles qui me suivent en courant.
Est-ce que ma mère est à la maison ?
Tout est flou tandis que je sprinte sans m’arrêter. Je remarque à peine les passant qui s’amassent dans les rues.
Je tourne à gauche.
A droite. Encore une fois. Tout droit. A gauche.
Je freine sur le bitume et une dizaine de gravillons pointus s’enfoncent dans mes pieds. Je ne grimace même pas. Les filles me rejoignent peu après et entame le même dérapage sur le sol.
Une main serre doucement mon épaule.
Je sens la chaleur sur mon visage.
Les poutres craquent devant moi.
Les flammes qui lèchent la façade sont immenses.
Le toit s’effondre sous mes yeux.
Un rire fou m’échappe, sans que j’arrive à le retenir.
Enfin. Cette putain de barque à la décence de bruler.








