prologue
Meg
Je me réveillais brusquement. Sans savoir pourquoi, je cherchais quelque chose à côté de moi. Quoi que ce fut je ne le trouvais pas. Une angoisse terrible me prit au ventre. J’allumais ma lampe, et l’angoisse se fit plus forte: il me manquais quelque chose, j’en étais sûre. Je me levai et regardai autour de moi. Je ne me sentais pas en sécurité et ce sentiment augmentait au fur et à mesure que le temps passait. Je n’osais pas sortir de ma chambre où je m’étais enfermée. J’attendais encore un moment, regardant dans le vide, puis, après avoir débattu pendant de longues minutes avec moi même, je déverrouillai la porte de ma chambre. Je regardais la poignée, qui me mettait au défi de l’ouvrir, de regarder au dehors de cette pièce. Lentement, j’ouvrai la porte, le regrettant lorsqu’une odeur métallique me parvint aux narines. Le couloir était plongé dans l’ombre. Contre le mur, je distinguais une forme sombre, forme qui n’augurait rien de bon. Je fis un pas en avant, et poussai un petit cri: j’avais marché dans un liquide visqueux. Je me mis à trembler lorsque je me penchais pour tremper mon doigt dans le fluide tiède. Soudain, mon pied glissa, et je me retrouvais avec les deux mains immergées dans la mixture immonde. Me relevant avec peine, je décidai d’allumer la lumière. Quand je pressai l’interrupteur, je failli vomir: mes mains étaient couvertes de sang. Je fermai les yeux, me répétant en boucle: « C’est seulement un cauchemar, tu vas te réveiller Meg ». Mais, sans surprise, le sang était toujours là quand je rouvris les yeux. Mon pouls battait à mes oreilles et mon corps tout entier tremblait de peur. Pire, mon coeur rata un battement lorsque je relevais le regard: la forme sombre que j’avais vue avant n’était autre que ma mère. Ses mains étaient clouées au mur, certains de ses doigts brisés. Ses bras étaient tordus dans une position atroce, qui avait surement dû nécessiter plus d’un cassage. Ses vêtements étaient déchirés et une dague s’enfonçait dans sa poitrine couverte de bleus et d’ecchymoses. Une bonne partie de ses cheveux avaient été arrachés, et la peau était calcinée par endroits. Son nez avait été complètement cassé et le sang coagulé formait une croûte épaisse sur son visage. Une de ses jambes avait été totalement retournée et sa peau s’arrachait par endroits. Le choc me coupa le souffle, répandant une vague de peur et de désespoir dans tout mon corps. Je regardais avec dégoût la scène, lorsque tout d’un coup, elle ouvrit les yeux. Je frémis d’horreur quand elle tourna la tête vers moi dans un craquement affreux, fixant des orbites noires et vides sur moi. Je ne pouvais plus bouger, j’étais obligée de regarder l’atroce pièce qui se jouait devant moi. Elle me sourit, présentant une mâchoire où la majorité des dents avaient été arrachées. Des larmes coulaient maintenant sur mon visage pétrifié. D’un coup, elle ouvrit la bouche, et un énorme oiseau noir en sortit, gluant. Il se servait de ses serres pour sortir, laissant des sillons sanglants sur les joues de la chose qu’était devenue ma mère. La panique s’empara de moi toute entière lorsqu’il darda ses yeux noirs sur moi. Je le vis comme au ralenti quand il déploya ses ailes, croassant vers le ciel, et qu’il fonça droit sur mon visage, m’arrachant les yeux.








