Prologue
Le palais est paisiblement endormi.
J'attends dâetre certain que les derniĂšres lumiĂšres s'Ă©teignent avant de quitter discrĂštement mes appartements.
Je me suis fixĂ© qu'une seule et unique rĂšgle : ĂȘtre toujours de retour avant le lever du soleil.
Personne ne s'est encore jamais rendu compte de mes escapades.
Je connais les rondes des gardes par cĆur ce qui me permet de ne pas me faire prendre.
Je quitte le palais par un passage habituel.
Aucun garde ne mâarrĂȘte.
Personne ne cherche Ă me retenir.
Je place ma capuche sur ma tĂȘte avant de sortir dehors.
Ce sentiment de liberté, de marcher sans garde qui me suive comme mon ombre.
Juste tout seul.
De pouvoir faire ce que bon me semble sâen rĂšgle.
Sa devrait peut ĂȘtre m'inquiĂ©ter... mais au contraire je trouve sa assez agrĂ©able.
Je finis par rentrer dans une auberge.
Une forte odeur d'alcool me pique immédiatement le nez.
Des rires me parviennent.
De la musique s'Ă©lĂšve dâun vieux tourne disque.
Je m'installe a une table dans un coins isolé observant ce qui ce passe autour de moi.
Je finis par entrer dans une auberge.
Une forte odeur d'alcool me pique immédiatement le nez.
Des rires me parviennent. Une musique s'élÚve d'un vieux tourne disque.
Je m'installe à une table dans un coin isolé, observant ce qui se passe autour de moi.
à peine suis je installé qu'une serveuse s'approche avec un verre de lait déjà entre les mains.
Elle le dépose devant moi avec un sourire.
â Bonsoir Kael, comme d'habitude, je suppose ?
Je relÚve les yeux vers elle et lui adresse un léger sourire.
Faux prĂ©nom, par mesure de sĂ©curitĂ©, sa serais bĂȘte de se faire repĂ©rer aussi facilement.
â Bonsoir... oui merci RĂ©pondis je doucement
â Je m'en doutais
Elle repart ensuite vers le comptoir, me laissant avec mes pensées.
Ici, je ne suis pas le prince Kieran Vermont de Valéria.
Je ne suis qu'un simple garçon venu boire un verre dans une auberge.
Et c'est exactement ce dont jâai besoin.
Quand je ressors, la rue est plus vide.
Plus fraĂźche.
Je reprends ma marche pour retourner au chùteau quand je sentis soudainement une présence derriÚre moi.
Je jette un Ćil en arriĂšre et je vois un homme.
Mes pas s'accélÚre inconsciemment.
Une voix s'élÚve derriÚre moi.
â Dit moi petit, tâes perdu ?
Je ne répond rien.
â Tu sais que câest pas une bonne idĂ©e de sortir tout seul ? sa peut ĂȘtre dangereux... surtout quand ont est sans protection
Sa derniĂšre phrase me fait tiquer.
Sans protection ?
Je fronce les sourcils.
Je ne rĂ©flĂ©chis pas plus et me mis subitement Ă courir, sans grand Ă©tonnement l'homme derriĂšre moi fait de mĂȘme.
â HĂ©, petit ! ArrĂȘte-toi !
â Laissez moi tranquille...
Je bifurque Ă une ruelle.
Je mâarrĂȘte net.
Un deuxiĂšme sort de cette derniĂšre me barrant la route.
Il s'avance vers moi dâun sourire tout sauf rassurant.
Je recule, commençant sérieusement a paniqué.
â Quâest ce que... que me voulez vous ?
Les deux hommes échangent un regard complice.
Puis un sourire.
â Tu te rends compte de la chance quâon Ă ...
â Le prince de ValĂ©ria sans gardes, sans rien pour le protĂ©ger RĂ©pond le deuxiĂšme
Le premier souffle un rire court.
â Le palais donnerais nâimporte quoi pour le rĂ©cupĂ©rer Continue tâil
â Ou pour Ă©viter que quelquâun dâautre ne le fassentâŠ
Un silence tombe.
Puis le premier reprend.
â Et surtout... le capitaine va adorer ça
Le mot " capitaine " mis tout mes sens en alerte, j'écarquille les yeux.
Des pirates ?
Je tente de reculer encore.
Mais lâun deux mâagrippe sans mĂ©nagement, mâimobilisant contre lui.
â Tu nous offre une occasion en or... et tu crois vraiment quâon va te laisser nous glisser entre les doigts aussi facilement ? Me dis tâil dans le creux de mon oreille
â On devrait lâemmener
Je sens ma respiration se bloquer.
â Non ! relĂąchez moi !
Je me débats aussitÎt, donnant de violents coups d'épaule et essayant de repousser le pirate qui me maintient. Je me tortille dans tous les sens, cherchant désespérément à lui échapper, mais sa poigne est bien trop ferme.
â ArrĂȘte de gigoter !
Je profite d'un instant oĂč son emprise se relĂąche lĂ©gĂšrement pour le pousser de toutes mes forces. Il recule d'un pas, surpris.
Je tente immédiatement de m'enfuir.
Ă peine ai-je fait deux pas que le second pirate me rattrape par le bras et me ramĂšne brutalement contre lui.
â Ăa suffit
Sans le moindre ménagement, il me soulÚve et me jette sur son épaule. Mes pieds quittent le sol.
â Reposer moi tout de suite !
Je frappe son dos de mes poings, me tortille encore, hurle Ă l'aide.
La rue s'éloigne.
Je lutte.
Je crie.
Je me débats de toutes mes forces.
Mais c'est inutile.
Personne ne semble m'entendre.
Et avant mĂȘme que je comprenne ce qui se passe...
Un coup s'abat derriĂšre ma tĂȘte.
Puis tout devient noir.








