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Ma vie selon toi

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Summary

Trent vu par Artemis... Artemis vue par Trent. Entre les deux : trois ans de guerre, de désir, de mauvais choix... Et toutes leurs conséquences. Alors, qui choisirez-vous ? Publication régulière tous les jours. 57 chapitres. Cette œuvre contient : des regards insistants, une boxeuse accro au parmesan, des problèmes de communication, des garçons stupides mais solidaires, des filles dangereusement adorables, des cerises et beaucoup trop de sentiments. L'autrice décline toute responsabilité pour les rires, les frissons, les larmes ou si vous recommencez à croire à l'amour après ça.

Status
Complete
Chapters
17
Rating
n/a
Age Rating
18+

1. Artemis. Le début des ennuis !


1. POV Artemis


Je vais le tuer...

Je vais juste... le tuer.

Un liquide froid dégouline dans mon dos, en train de tremper mon haut et mon pantalon, tandis que le rire de ce débile résonne derrière moi.

Je... vais... tuer... ce... sale...

B*tard.

Je reprends difficilement mon souffle après le choc thermique soudain tandis que mes vêtements — et mes sous-vêtements — s'imbibent de soda poisseux et glacé.

Heureusement que ma veste et mes livres sont rangés dans mon casier, sinon eux aussi auraient été trempés.

Non mais quel... !

« Respire, Arty, respire... » je me répète en boucle. « Si tu réagis, il aura eu ce qu'il veut... »

Mon mantra est presque une réussite quand, soudain, le gobelet vide vient heurter mes pieds d'un air narquois en laissant quelques gouttes sur le carrelage du couloir.

Je me retourne.

Trent !

Ce monumental crétin me fait un clin d'œil goguenard, fier de son coup, au milieu de ses coéquipiers hilares tandis que les autres élèves regardent ou passent leur chemin d'un air blasé. Certains semblent même trouver ça drôle !

Mon sang ne fait qu'un tour.

Je shoote dans le gobelet en plastique épais posé devant moi, visant sa tête.

Il le frappe juste entre les deux yeux.

Le bruit mat produit par l'impact est tellement satisfaisant que je laisse échapper un rire avant de penser à m'enfuir.

Je ne lui laisse pas le temps de reprendre ses esprits et claque aussitôt la porte de mon casier, filant sous les regards médusés des autres élèves. Je suis beaucoup trop trempée pour encaisser des représailles.

Les toilettes des filles sentent le parfum bon marché mais, grâce à Dieu, elles sont désertes et il me reste une heure pour essayer de faire sécher ma tenue.

Mes habits arborent maintenant de magnifiques nuances de rouge rosé. En plus, ils sentent la cerise.

Super...

J'aime la cerise mais quand même.

Le pantalon est plus difficile à rattraper que le t-shirt, et l'eau que j'y passe ne fait qu'étaler les dégâts, mais le pire dans tout ça, c'est que je dois – à ma grande honte – mettre ma culotte dans ma poche et faire sans aujourd'hui car elle est irrécupérable.

Le sucre l'a rendue presque rigide.

Je n'ai plus le temps de la laver et encore moins de la sécher, donc il faudra que j'aille la glisser discrètement dans mon casier avant de retourner en cours.

Les voix de mes camarades emplissent à nouveau les couloirs, m'indiquant qu'il va être l'heure d'y retourner.

Je longe les murs pendant l'interclasse, embarrassée par cette horrible sensation de n'avoir que le pantalon directement sur les fesses, quand mon téléphone vibre.




30/10/26 — 9:56

Max ➜ Arty

Hey, t'es où ? Pas vue en étude 👋

9:57

Arty ➜ Max

Aux toilettes 😢

9:57

Max ➜ Arty

Malade ? 😷

9:58

Arty ➜ Max

Non, je répare une connerie de l'autre imbécile !

9:59

Max ➜ Arty

Sérieux ?! Qu'est-ce qu'il a encore fait ?! Je lui casse la gueule quand tu veux ✊

9:59

Arty ➜ Max

Y'a plus de chances si c'est moi qui lui casse la gueule 🤪

10:00

Max ➜ Arty

Ouais... sympa, frangine 😦 mais c'est pas faux 😜 Mets-le au tapis ! À toute ma championne... tu me raconteras au déj 😋




Heureusement qu'il existe celui-là, ce serait vraiment trop dur ici sans lui, mais c'est tellement dommage qu'il n'y ait absolument aucune attirance entre nous.

Depuis deux ans, j'ai appris à le connaître et je le considère comme mon frère jumeau car on adore les mangas, le ciné, les mêmes vidéos complètement débiles... Enfin... presque pareil.

Et même si ça lui arrive de me charrier de temps en temps, il déteste autant que moi les vannes de cet imbécile de Trent superc*n McKay.

Trent... Presque trois ans que celui-là est quarterback, tout gravite autour de lui.

Les filles se pâment devant ses yeux bleu océan et les mecs l'admirent ou le craignent, selon les cas.

Je dois sûrement être la seule du lycée capable de le remettre à sa place quand il le faut. Mais y'a pas de mérite : nos parents sont amis et je le connais depuis douze ans.

Enfin... je connaissais surtout le Trent d'avant.

Avant qu'il devienne un tel égocentrique à cause du football américain. Avant, quand il venait régulièrement à la maison pour des soirées pyjama-ciné-jeux ou des journées entières à vélo tous les deux.

Mais je suis devenue... sa cible favorite, essentiellement ces deux dernières années... et je ne sais pas pourquoi !

Il ne se passe pas une journée sans qu'il vienne me provoquer ou me faire un coup comme celui de tout à l'heure. C'est juste notre routine et même si je ne sais pas encore quoi en faire, je suis bien décidée à lui rendre coup pour coup.

Finalement installée à ma place en maths, je sors mes affaires pendant que les autres discutent de leur programme pour la soirée. On a des travaux pratiques aujourd'hui, alors je prépare le matériel demandé. À un moment, quelqu'un ouvre la fenêtre derrière moi, me laissant simplement apprécier, en silence, le soleil d'octobre qui caresse doucement mes épaules.

Il me tient compagnie pendant tout le reste de l'heure.

Les cours de la matinée terminés, je passe rapidement au secrétariat pour expliquer mon absence en étude.

Puis, je rejoins enfin Max sur notre carré de pelouse pour déjeuner. Je le retrouve qui m'attend allongé sur son manteau.

Il fait incroyablement bon pour la saison et l'air sent encore le gazon fraîchement tondu.

Le vent joue dans ses cheveux bruns toujours en bataille. Avec son grand corps fin, cela lui donne un petit côté rock star, et je vois deux filles le reluquer en passant.

J'espère que ce cœur d'artichaut ne les a pas vues...

Tant qu'il ne s'agit pas d'histoires de cœur, il est carré, mais pour les filles...

Du coup, le fait que je n'ai jamais eu de petit ami à presque dix-huit ans le sidère.

Alors, je lui ai bien dis que sur ce sujet, je n'avais pas encore trouvé un spécimen suffisamment intéressant pour vouloir faire l'expérience et puis que personne au lycée ne semble particulièrement tenté non plus.

Quand Max et moi avions voulu vérifier si nous n'étions vraiment pas attirés l'un par l'autre, un fou rire nous avait pris juste avant que nos lèvres se touchent. Nous en avions conclu deux choses.

Petit un : Friendzone totale !

Petit deux : Je suis un cas désespéré !

Il faut dire aussi que ma tendance à ne pas trop me lier avec les gens ou à m'effacer au maximum n'aide probablement pas beaucoup sur ce sujet.

— Hey, Max !

— Hello, sœurette. Alors, t'as changé de look depuis ce matin ?

Il fixe mon t-shirt recoloré et mon pantalon récemment assorti.

— Ouais... Tu sais quoi ? Laisse tomber ou je vais m'énerver.

Je m'écroule près de lui dans l'herbe et il se penche aussitôt vers mon cou pour me renifler en examinant les taches figées sur mon épaule.

— Hmmm... Cerise, c'est ça ?

Je hoche la tête.

J'aperçois Trent, de l'autre côté de la mer de cheveux de nos camarades, qui regarde dans notre direction avec un air furieux.

Il n'a pas dû digérer le retour de gobelet.

Il est assis directement sur la table de l'équipe de foot, dominant tout le lycée pendant que nos camarades mangent dans les odeurs de spaghettis et de frites.

Impossible pour lui de ne pas se faire remarquer.

Max éclate de rire devant ma tête et, malgré moi, un sourire finit par apparaître sur mes lèvres.

— Au moins, avoue qu'il a bon goût, le footeux...

Je lui tire la langue pour avoir osé complimenter l'autre idiot et laisser entendre qu'il pourrait avoir un rapport avec mon parfum favori, et je sens ma tension redescendre.

On déballe enfin nos sandwichs.

Max me fait goûter le casse-croûte du jour – pastrami et dinde, miam – pendant qu'il pioche allègrement dans mes chips au fromage quand une ombre nous coupe brusquement le soleil.

— Dis donc, Artemissss, tu crois pas que tu as des excuses à présenter ?

Une toute petite blonde agressive en uniforme de cheerleader nous fixe de haut malgré son mètre cinquante.

Maieuh... Un peu de tranquillité quand je mange, c'est trop demandé.

— Je vois pas de quoi tu parles, Missssy...

Je soupire bruyamment.

— Ben ! Je parle du gobelet que tu as lancé sur Trent !

Je serre les dents.

— Rendu...

— Quoi ? glapit-elle.

La table à côté de nous s'est mise à chanter plutôt fort, alors je hausse la voix :

— Je lui ai RENDU le p*tain de gobelet qu'il m'avait RENVERSÉ et LANCÉ dessus.

Elle me regarde, interloquée, tout comme nos voisins, pendant que je jette un regard noir à Trent, toujours installé sur sa table comme le roi fantoche qu'il est.

À côté de moi, Max rit dans sa barbe et elle admet :

— Ouais, OK...

Je crois l'affaire terminée, quand :

— Mais tu te rends compte si ça l'avait touché aux yeux, juste avant le match contre les Bears ?

Des murmures commencent à circuler autour de nous.

Ma respiration accélère.

Cette conversation doit s'achever immédiatement.

— Eh bien, on se serait juste passés de sa grosse tête de crétin sur le terrain.

— Mais... mais c'est le quarterb...

— Et j'ajouterais que s'il a quelque chose à me dire, il peut prendre ses c*uilles et venir me parler lui-même...

J'hésite une seconde avant de trancher :

— Au lieu d'envoyer son petit roquet aboyer à sa place.

Pause.

Je la regarde droit dans les yeux, la défiant de répondre.

Allez, vas-t'en...

Rouge de honte et de colère, elle me fusille du regard avant de repartir vers ses amis et son pauvre petit Trent adoré.

Max éclate de rire.

— Là, c'est sûr, tu l'as vexée.

— Rien à f*utre.

En réalité, je n'aime pas parler comme ça aux gens, mais impossible de me laisser marcher dessus.

Question de survie.

Nous reprenons donc notre repas en silence car mes grommellements furieux n'invitent pas vraiment à la discussion, pourtant Max semble soudain impatient de me parler.

Et très nerveux.

Après un long moment, il finit par me demander :

— Dis, Arty... je pourrais te demander un énorme service ?

— Quoi ?

Son air grave m'inquiète aussitôt.

— T'as besoin d'un rein ?!

— Non !

Il secoue la tête, amusé, et souffle un coup avant d'hésiter de nouveau.

— Ben... y'a cette fille...

Je lève les yeux au ciel.

— Encore une...

Il m'attrape par les épaules.

— Non ! Pas encore UNE. Enfin si... mais non. Cette fois c'est la bonne, Arty ! Elle est beaucoup trop bien pour moi, mais elle a accepté qu'on sorte ensemble... enfin, en groupe. Et elle veut que je vienne accompagné d'un ami et j'avais pensé à une amie en particulier.

Il débite ça à toute vitesse.

— Aloooors... je vais devoir venir et tenir la chandelle ?

— Non ! Elle vient aussi avec ses potes et elle veut juste rencontrer des gens proches de moi. Voir si on est compatibles, tout ça...

— Ah ! Une potentielle avec un cerveau. Oui, elle est trop bien pour toi, je confirme.

Je le taquine, mais il le prend sérieusement.

— Je sais ! Et puis elle est intelligente et jolie et gentille et pleine de talent et...

Je le regarde avec un sourire un brin moqueur.

— Oh, ça va ! Arrête avec cette tête.

— Mais c'est qu'il est encore amoureux, le petit Maxou.

Cette fois, il me fixe sans rire du tout.

— Je plaisante, Max. Je l'admire déjà si elle réussit à te mettre dans cet état avant même le début de votre relation. Je ferai tout pour t'aider.

— Sérieux ?! Alors tu viens ce soir avec nous ? S'il te plaît...

Sa demande théâtrale me fait rire : un genou dans l'herbe, les mains jointes devant lui.

Du coin de l'œil, j'aperçois Missy parler avec Trent en lui caressant le bras.

Je lâche distraitement :

— OK, d'accord. On va où ?

Le silence soudain de Max me force à tourner la tête vers lui.

Il me grimace un sourire.

Très mauvais signe.

Il regarde autour de nous.

Très très mauvais signe.

— Maaaax ?

Il ose enfin me répondre.

— C'est... euh... elle veut aller au... match de ce soir.

— Qu... Le match de ce soir ? Le match de football ? De ce soir ? Ici ?

— Oui, Arty... celui des Wolves contre les Bears.

Il me faut une seconde pour calmer mon estomac qui menace de rejeter tout ce que je viens d'avaler.

— Euuuuh... t'es sûr que tu préfères pas un rein à la place ?




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