RECUEILLE DE SLAM

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Summary

Chaque mot est une cicatrice qui a appris à parler. Recueil de Slam est un voyage à travers les émotions que l'on cache, les silences qui pèsent et les rêves qui refusent de mourir. Entre douleur, espoir, colère et renaissance, chaque texte est une scène où les mots prennent enfin la parole. Je ne cherche pas à être comprise par tout le monde. J'écris simplement pour que ceux qui se reconnaissent dans mes mots ne se sentent plus seuls. Bienvenue dans le monde de PLUME NOIRE

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2
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n/a
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16+

Chapter 1: LA PRISON SANS ADRESSE

On m'a demandé d'écrire sur la prison...

Alors j'ai cherché des barreaux.

Des gardiens.

Des cellules.

J'ai cherché des murs assez hauts

pour empêcher les hommes de rêver.

Des portes assez lourdes

pour retenir les espoirs.

Puis...

Je me suis regardée dans un miroir.

Et j'ai compris

que les prisons les plus dangereuses

n'avaient pas d'adresse.

Elles détruisent

sans faire de bruit.

Elles enferment

sans condamnation.

Elles exécutent des rêves

sans procès.

Elles fabriquent des prisonniers

sans uniforme.

Car certaines prisons

ne sont ni de pierre,

ni de béton.

Elles sont bâties

avec des mots.

Des regards.

Des silences.

Des peurs.

Des blessures.

Des habitudes.

Des "tu n'y arriveras jamais"

répétés jusqu'à devenir des vérités.

...

Bienvenue...

Dans la prison du regard des autres.

Là-bas,

les miroirs sont des juges.

On ne choisit plus ses vêtements

pour se sentir beau,

mais pour être accepté.

On ne choisit plus ses mots

pour dire la vérité,

mais pour éviter d'être rejeté.

À force de vouloir plaire à tout le monde...

On finit

par disparaître devant son propre reflet.

...

Bienvenue...

Dans la prison de la peur.

Ici,

les portes sont ouvertes.

Mais personne n'ose sortir.

La peur

est un gardien rusé.

Elle ne crie jamais.

Elle murmure.

"Et si tu échouais ?"

"Et si tu n'étais pas assez ?"

Alors on renonce

avant même d'avoir essayé.

Quelle drôle de cellule...

Les barreaux

sont fabriqués

avec nos propres doutes.

...

Bienvenue...

Dans la prison des préjugés.

Le juge

ne connaît même pas ton prénom.

Le verdict est déjà prononcé.

Une couleur.

Une origine.

Une religion.

Une manière de parler.

Et voilà

qu'on te résume

à ce que les yeux voient,

sans jamais chercher

ce que ton cœur raconte.

Les préjugés

sont des lunettes si sales

qu'elles finissent par salir le monde entier.

...

Bienvenue...

Dans la prison de l'argent.

Là où certains

comptent leurs billets...

En oubliant de compter

les sourires perdus.

Ils passent leur vie

à gagner de quoi vivre...

Jusqu'à oublier

de vivre.

Ils possèdent des maisons...

Mais plus un foyer.

Des montres...

Mais plus une minute

pour ceux qu'ils aiment.

Drôle de richesse...

Quand le portefeuille grossit

et que l'âme maigrit.

...

Bienvenue...

Dans la prison des réseaux.

Un endroit

où les filtres sont plus nombreux

que les vrais sourires.

On compare son chapitre un

au chapitre vingt

de quelqu'un d'autre.

On collectionne les "j'aime"...

Mais on ne s'aime plus soi-même.

On affiche une vie parfaite.

Puis on rentre chez soi...

En compagnie de la solitude.

...

Bienvenue...

Dans la prison des traditions.

Certaines sont des racines.

D'autres deviennent des chaînes.

On dit :

"C'est comme ça."

Sans jamais demander :

"Est-ce que c'est juste ?"

À force de respecter des habitudes

qui blessent,

on finit

par appeler la souffrance

une coutume.

...

Bienvenue...

Dans la prison de la haine.

Étrange prison...

Celui qui croit y enfermer les autres

est souvent le premier prisonnier.

La haine,

c'est boire du poison

en espérant que quelqu'un d'autre

tombe malade.

Elle brûle d'abord

le cœur

qui la nourrit.

...

Bienvenue...

Dans la prison des traumatismes.

Le passé

est un gardien

qui connaît toutes nos failles.

Certaines blessures

cicatrisent sur la peau.

D'autres

continuent de saigner

dans la mémoire.

On avance...

Mais avec des chaînes

attachées aux souvenirs.

...

Bienvenue...

Dans la prison du silence.

Là où des milliers de cris

ne font aucun bruit.

Des personnes

sourient le jour...

Et s'effondrent

quand la nuit ferme la porte.

Leurs lèvres

gardent le secret.

Leurs cœurs,

eux,

hurlent dans une langue

que personne n'entend.

...

Et puis...

Il existe une dernière prison.

La plus petite.

La plus discrète.

La plus dangereuse.

Celle que l'on construit

nous-mêmes.

Chaque fois

que l'on cesse de croire en soi.

Chaque fois

que l'on laisse la peur décider.

Chaque fois

que l'on accepte

les barreaux

que les autres ont fabriqués pour nous.

Alors...

Brisez les chaînes.

Détruisez les murs.

Ouvrez les portes.

Et si vous ne trouvez pas la clé...

Souvenez-vous

qu'elle est peut-être

dans votre poche

depuis le début.

Car la liberté

ne commence pas

quand une porte s'ouvre.

Elle commence

quand un esprit

refuse enfin

de vivre à genoux.

Alors aujourd'hui...

Je ne vous demande pas

de fuir une prison.

Je vous demande

de reconnaître la vôtre.

Parce que tant que l'esprit reste enfermé...

Le monde entier

ne sera jamais assez grand

pour nous rendre libres.

Depuis le début de ce slam, je vous ai parlé de prisons...

Mais je ne vous ai jamais demandé :

Laquelle habitez-vous ?