Chapitre 1 : Une rencontre lunaire .
Cette histoire a commencĂ© alors quâil Ă©tait encore trĂšs jeune . CâĂ©tait un enfant doux et rĂȘveur , qui souhaitait dĂ©couvrir son monde .
Il a toujours eu un cÎté poétique et simple , et a à jamais gardé son innocence enfantine .
Il est vrai que cette face de lui mâa toujours intriguĂ©. Je rĂȘvais Ă cette Ă©poque dâen savoir plus sur lui , mais maintenant , alors que je commence a peine ce rĂ©cit , jâespĂšre que je rĂ©ussirai Ă transmettre son tempĂ©rament sans me tromper .
â pourquoi elle est comme ça ? mâa tâil un jour demandĂ© .
â Qui ça ? rĂ©pliquais je
â La Lune ! Pourquoi est elle toute seul la haut dans le noir ? Elle nâa pas dâamis , pas de famille et pourtant elle veille sur nous . Pourquoi jamais personne sur cette Terre nâest venue lui rendre visite ?
â Parce que personne ne le peut mon garçon ! Cesse de rĂȘver ! Lui ai je rĂ©pondu .
Je dois avouer que jâai encore honte de lâavoir abordĂ© comme ça . Il a pourtant continuĂ© son chemin , sans se soucier de ma rĂ©ponse. Je ne savais pas son prĂ©nom , ni son Ăąge , ni rien qui puisse mâapprend qui Ă©tait ce drĂŽle de petit ĂȘtre avec ses questions sur la Lune .
Bien que cette premiĂšre rencontre fut pour moi trĂšs Ă©trange et curieuse , je sentis naĂźtre en moi une petite flamme comme un sentiment nouveau qui me rendait rieur et Ă©panoui ou prĂšs de mes proches. Ce nâest quâaujourdâhui que je sais que le sentiment si fort Ă©prouvĂ© il y a si longtemps devait ĂȘtre lâamour , lâamour dâune amitiĂ© si forte qui devait me changer a jamais .
Cette semaine la , je pris comme lâhabitude de promener la nuit tombĂ©e dans ma belle ville . Jâaime le silence de la nuit . Câest comme si les ombres silencieuses des hĂȘtres plantĂ©s au travers des trottoirs nous protĂ©geaient. Je contemplais souvent les vitrines illuminĂ©es et entourĂ©es de milliers dâarticles divers . Ici , les jouets de bois colorĂ©s des petits enfants , et lĂ les tableaux de guerre dont on hume lâodeur de poussiĂšre et du temps . Alors que je passais pour une Ă©niĂšme fois devant la petite librairie , jâaperçu une petite silhouette, concentrĂ©e sur un tas de feuilles parcheminĂ©es, couvertes dâune Ă©criture longiligne et ronde .
Je reconnus soudain mon enfant , lâenfant de la Lune . Je sentis la flamme en moi sâembraser soudain . Jâentrai , et je mâassis doucement Ă cĂŽtĂ© de lui . Je sentis sa merveilleuse odeur de miel et admirait ses beaux cheveux chĂątains , parsemĂ© de mĂšches blondes . Je lui chuchotais en demandant la raison de sa prĂ©sence ici Ă une heure si tardive , et ce quâil faisait . Mon enfant rĂ©pondit dâune voix posĂ©e et trĂšs douce :
- JâĂ©cris aux planĂštes . Car quand je serais lĂ haut , comment ferai je pour la retrouver ? Je serais bien perdu .
Nous entamĂąmes alors une longue discussion , profonde mais douce qui dura jusquâa lâaube . Alors , comme dans une rĂȘve , je le vis se lever de sa chaise grinçante , emporter ses lettres , et me souhaiter une bonne journĂ©e dâun petit sourire . Il ouvrit la porte et sâenfuit alors dans la rue , magnifique dans les couleurs chaudes du matin .








