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À portée de main

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Summary

"On ne mélange pas les affaires et les sentiments. Surtout quand on s'appelle Kang Do-yun." Héritier d'un empire hôtelier international, Do-yun règne sur son groupe d'une main de fer. Froid, distant et totalement imperméable à la pitié, il terrifie ses collaborateurs. Seul un homme semble capable de traverser sa carapace sans effort : Min-woo, son assistant personnel. Dans le huis clos de leurs journées interminables, l'équilibre est précaire. Entre les silences trop lourds, les frôlements interdits et les regards qui en disent trop, ils marchent sur un fil dangereux. Car dans le monde impitoyable de la haute société de Séoul, un secret de cette envergure peut détruire une vie, une lignée, un héritage. Et lorsque les ombres du passé et les mariages arrangés menacent de tout balayer, Do-yun est prêt à brûler son propre empire pour garder son assistant près de lui. Un slow-burn intense, étouffant et irrésistible entre un PDG intouchable et celui qui connaît toutes ses failles.

Status
Ongoing
Chapters
6
Rating
n/a
Age Rating
18+

Chapitre 1 - Le silence des glaces

Le silence dans la salle de réunion du cinquantième étage n’était pas le vide. C’était une pression physique, une masse d’air raréfiée que personne n’osait troubler. Dehors, la vue panoramique sur Séoul et la silhouette futuriste de la tour de notre groupe hôtelier s’étendaient à perte de vue, mais à l’intérieur, l’atmosphère était irrespirable.

À l’autre bout de la grande table en marbre noir, le directeur des opérations du pôle Asie transpirait abondamment. Sa cravate de soie semblait l’étrangler, mais je n’avais aucune intention de l’aider à respirer. Les chiffres qu’il venait de présenter sur la rentabilité de notre tout nouveau palace cinq étoiles à Busan n’étaient pas seulement mauvais : ils étaient cataclysmiques.

Je ne disais rien. Je me contentais de faire tourner lentement un stylo en argent entre mes doigts, le regard fixé sur lui. Le tic-tac imperceptible de la pendule murale marquait le temps qui lui restait avant que je ne détruise sa carrière en deux phrases.

Dans cette tour, j’étais le seul rempart et l’unique héritier de la lignée Kang. Mon grand-père avait bâti cet empire sur le sang, la sueur et une absence totale de sentimentalisme. Chaque hôtel de luxe portant notre nom à travers le monde était une forteresse qu’il avait fallu défendre au prix de guerres corporatives impitoyables. Il m’avait façonné à son image : une personne de sang-froid, un stratège sans faille, incapable de céder à la pitié. Ici, on ne pardonnait pas l’erreur. On ne pardonnait pas la faiblesse. Et surtout, on ne m’adressait jamais la parole sans y avoir été invité.

Le directeur des opérations déglutit bruyamment, sa pomme d’Adam tressaillit. Il chercha désespérément du soutien autour de lui, mais les autres membres du conseil d’administration avaient les yeux rivés sur leurs tablettes, terrorisés à l’idée que mon regard s’attarde sur eux.

« Monsieur le Directeur, » bégaya-t-il enfin, la voix brisée par une panique non dissimulée. « Nous pouvons réévaluer les projections sur le pôle restauration et... »

« Réévaluer ? » coupai-je d’une voix basse, presque veloutée, qui fit instantanément taire toute la pièce.

Le silence devint absolu. Même la ville, loin en contrebas, semblait retenir son souffle.

« Vous avez eu trois mois pour évaluer, monsieur Park. En une seule saison, vous avez réussi à saboter le positionnement haut de gamme de notre établissement le plus prestigieux en multipliant les approximations managériales. Ce n’est pas une réévaluation dont vous avez besoin. C’est une lettre de démission. »

Un frisson collectif parcourut l’assistance. Personne n’osa broncher. C’est exactement pour cela qu’on me craignait. On me respectait parce que je ne laissais rien passer. J’étais une machine, un PDG de trente ans qui n’avait jamais connu l’échec et qui ne comptait pas commencer aujourd’hui.

Je levai légèrement la main pour clore le dossier, prêt à prononcer la sentence définitive, quand un mouvement discret à ma gauche attira mon attention, court-circuitant net mes pensées.

Il était là. Debout, immobile, adossé au mur lambrissé de bois précieux.

Han Min-woo.

Mon bras droit. Mon assistant personnel.

Il ne faisait jamais de bruit. Il anticipait tout, résolvait les crises avant même qu’elles n’atteignent mon bureau, et gérait mon agenda international avec une précision chirurgicale. C’était le seul homme dans cette tour qui ne baissait pas les yeux quand je le regardais.

Et en cet instant précis, tandis que toute la salle retenait son souffle face à ma froideur, Min-woo esquissa un geste infime. Une imperceptible inspiration par le nez, et ce léger, tout petit pli entre ses sourcils qu’il avait uniquement quand il trouvait que j’y allais un tout petit peu trop fort.

Il ne me jugeait pas. Il me connaissait. Il savait exactement à quel moment je m’apprêtais à écraser quelqu’un par pur pragmatisme, et il savait aussi quand le vernis de mon cynisme commençait à craquer sous la fatigue.

Ce simple détail me coupa l’herbe sous le pied. Ma concentration vola en éclats.

Pendant une fraction de seconde, mes pensées décrochèrent des bilans financiers et des taux d’occupation de nos suites présidentielles pour se fixer sur la façon dont sa chemise blanche épousait la ligne de ses épaules, sur la peau de son cou qui semblait si douce, ou sur la cicatrice minuscule qu’il avait au coin de la mâchoire, un détail infime que personne d’autre ne remarquait jamais. C’était ridicule. Mais c’était là.

Je détournai les yeux d’un coup sec, m’efforçant de reprendre le masque impassible qui faisait trembler les plus grands investisseurs du pays.

« La séance est levée, » lançai-je d’une voix parfaitement neutre. « Monsieur Park, vous avez jusqu’à dix-sept heures pour vider votre bureau et rendre vos accès. »

Je me levai d’un bloc, sans un regard pour les vautours qui s’empressaient de fuir la salle. Min-woo fut immédiatement à mes côtés, emboîtant le pas à ma hauteur, conservant cette distance réglementaire d’un pas en retrait, comme le voulait le protocole.

Nous traversions le couloir immaculé aux parois de verre sablé qui menait à mon aile privée. Personne n’osa nous adresser la parole sur notre passage. Le silence entre nous était lourd, chargé de cette tension électrique qui me consumait à petit feu depuis des mois, un feu invisible que je m’efforçais d’étouffer sous des piles de contrats.

Dès que la lourde porte en bois de mon bureau privé se referma derrière nous, verrouillant le monde extérieur et ses impératifs, je jetai mon dossier sur le grand bureau en marbre et lâchai un soupir contenu en desserrant d’un geste brusque ma cravate.

« Vous aviez l’air particulièrement inspiré aujourd’hui, » murmura Min-woo en posant sa tablette sur le coin du meuble, tout en rangeant les documents de la réunion. « Le pauvre Park n’avait plus de couleur. Vous avez failli le faire pleurer sur place. »

Sa voix était calme, presque taquine. C’était le genre de familiarité qu’il ne s’autorisait que lorsque les portes étaient fermées et que nous étions seuls loin de tout regard. Et c’était précisément ce qui me faisait perdre pied.

Je me tournai lentement vers lui. Je pris un malin plaisir à réduire l’espace entre nous, à envahir sa précieuse bulle. Il ne recula pas. Il redressa légèrement le menton, plantant ses yeux sombres et obstinés dans les miens. Un défi silencieux. Le genre de jeu dangereux auquel nous jouions un peu plus chaque jour, sans jamais oser franchir la ligne rouge.

« S’il pleure pour un contrat hôtelier perdu, qu’est-ce qu’il fera quand il découvrira ce que mon grand-père est en train de mijoter en coulisses pour l’avenir du groupe ? » lâchai-je, la voix rauque, en me calant contre le bord du bureau.

Min-woo fronça immédiatement les sourcils, l’agacement chassant l’amusement de ses traits.

« De quoi vous parlez ? Encore des exigences absurdes du Conseil d’administration concernant l’expansion européenne ? »

Je ne répondis pas tout de suite. Je fis un pas de plus, réduisant la distance à quelques centimètres à peine. Je pouvais sentir son parfum, un mélange subtil de cèdre et de papier glacé qui m’obsédait jusque dans mes nuits blanches.

J’aurais dû reculer. J’aurais dû lui ordonner de retourner à son poste de travail et de me préparer les rapports de la semaine prochaine. Mais je restai planté là, suspendu au bord du précipice.

« Oublie ça, » murmurai-je, les yeux fixés sur ses lèvres un instant trop longtemps. « Il y a plus urgent tu ne penses pas ? »

Min-woo ne bougea pas d’un pouce. Sa respiration était devenue un peu plus courte, trahissant le calme de façade qu’il s’efforçait de maintenir.

« A quoi pensez-vous, Monsieur Kang ? » demanda-t-il, le souffle court, cherchant à décoder l’intensité de mon regard.

Je me penchai à son oreille, retenant l’envie folle de passer mes doigts dans ses cheveux noirs pour briser enfin toutes ces barrières invisibles.

« Aux plannings du sommet de Tokyo. Et toi ? »

Je lui lançai un sourire en coin, un de ceux dont il était le seul à bénéficier. Je le vis détourner le regard, un instant boudeur face à ma taquinerie, avant de finalement s’autoriser un soupir dépité.

« Autre chose, Monsieur Kang ? »

Je me dirigeai vers mon bureau, prenant place sur ma chaise, prêt à me remettre sur mes dossiers.

« Oui : ne rentre pas trop tôt ce soir. »

« Pourquoi ?! »

« Parce que j’ai besoin de toi ici, et sûrement pour un bon moment. »

Min-woo se figea. Un silence lourd s’installa, suspendu entre nous, tandis que ses yeux s’écarquillaient imperceptiblement. Il comprit. Il comprit que cette nuit ne ressemblerait pas aux autres. Sans ajouter un mot, il baissa les yeux, ravala le souffle court qui venait de le trahir, et battit en retraite vers la porte d’un pas un peu trop pressé.

Mais avant qu’il ne disparaisse derrière le bois massif, je vis le bout de ses oreilles rougir. Et cela me suffit amplement pour tenir toute la journée.

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Good Writing

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Compelling Plot

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Great Character

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Strong Dialog

1

Strong Dialog

author

Ok. Je vais te le dire clairement : ce truc là, cette histoire, je veux que ce soit adapté en série coréenne. Ce n’est pas une requête, c’est un ordre. Je veux aller sur Netflix et voir le nom de ce bouquin en première pages, ok ? Merci ! ( mais sinon c’est un très bon début <3 )

an hour
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